‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 93 sur 228 · MEM · texte numérisé non relu

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.a David, au roi Àchab, aux Ninivitcs, etc., parce qu'ils en ont été touchés et ont fat pénitence. Dans ces occasions, l'Ecriture dit que Dieu s'est repenti du mal qu'il voulait faire aux pécheurs (Ps. cv, 45 ; Jercm. 26, 19 , etc.) ; parce que sa conduite ressemble à celle d'un homme qui se repent d'avoir menacé. Dieu lui-même déclare ailleurs qu'il est incapable de se repentir et de changer de volonté. Voy. Anthuopopathie.

MENANDRIENS, nom d'une des plus anciennes sectes de gnostiques. Ménandre, leur chef , était disciple de Simon le Magicien ; né comme lui dans la Samarie, il lit aussi bien que lui profession de magie, et suivit les mêmes sentiments. Simon si' faisait nommer la grande vertu ; Ménandre publia que cette grande vertu était inconnue à tous les hommes ; que pour lui il était envoyé sur la terre par les puissances invisibles pour opérer le salut des hommes. Ainsi Ménandre et Simon son maître doivent être mis au nombre des faux messies, qui parurent immédiatement après l'ascension de Jésus-Christ, plutôt qu'au rang des hérétiques. L'un et l'autre enseignaient que Dieu ou la suprême intelligence, qu'ils nommaient Ennoia, avait donné l'être à un grand nombre de génies qui avaient formé le monde et la race des hommes ; c'était le système des platoniciens. Valentin , qui parut après Ménandre, fit la généalogie de ces génies, qu'il nomma des cons. Voy. Vai.entimens. Il paraît que ces imposteurs supposaient que, dans le nombre des génies, les uns étaient bons et bienfaisants, et les autres mauvais, et que ces derniers avaient plus de part que les premiers au gouvernement du monde, puisque Ménandre se prétendait envoyé par les génies bienfaisants, pour apprendre aux hommes les moyens de se délivrer des maux auquels F homme avait été assujetti par les mauvais génies. Ces moyens , selon lui, étaient d'abord une espèce de baptême qu'il conférait à ses disciples, en son propre nom, et qu'il appela t une vraie résurrection, par le moyeu duquel il leur promettait l'immortalité et une jeunesse perpétuelle; mais, comme l'observe le savant éditeur de saint Irénée, sous le nom de résurrection Ménandre entendait la connaissance de la vérité, et l'avantage d'être sorti des ténèbres de l'erreur. 11 n'est guère possible qu'il ait persuadé à ses partisans qu'ds seraient immortels et délivrés des maux de cette vie, dès qu'ils auraient reçu son baptême. Il est donc probable que, par Y immortalité, Ménandre promettait a ses disciples qu'après leur mort, leur corps, dégagé de toutes ses parties grossières, reprendrait une vie nouvelle, plus heureuse que celle dont il jouit ici-bas. Quelque violent que soit le désir dont les hommes sont possédés de vivre toujours, il ne parait pas possible de persuader à ceux qui sont dans leur bon sens qu'ils peuvent, jouir de ce privilège. Le premier ménàndrîen (pic l'on aurait vu mourir aurait détrompé les autres. On connaît l'entêtement dès Chinois à chercher le breuvage d'immortalité, mais aucun n'a encore osé se

de l'avoir trouvé ; et quand un Chinois serait assez insensé pour l'affirmer, il n'est pas vraisemblable qu'aucun voulût F en croire sur sa parole. L'autre moyen de triompher des génies créateurs et malfaisants était la pratique de la théurgie et de la magie, secret auquel les philosophes platoniciens du iv* siècle, nommés éclectiques, eurent aussi recours dans le môme dessein. Voy. ta première dissertation de dom Massuet sur saint Irénée, art. 3, § 2 ; Mosheim, Instit. Historiœ ckristianœ , sœc. i , part, n, cap. 5, § *5.

Ménandre eut des disciples a Anlioche, et il en avait encore du temps de saint Justin ; mais il y a beaucoup d'apparence qu'ils se confondirent bientôt avec les autres sectes de gnostiques. Quelque absurde qu'ait été sa doctrine, on peut en tirer des conséquences importantes. 1° Dans le temps que Jésus- Christ a paru sur la terre, on attendait dans l'Orient un Messie, un Rédempteur, un Libérateur du genre humain, puisque plusieurs imposteurs profitèrent de cette opinion pour s'annoncer comme envoyés du ciel, et trouvèrent des partisans. 2° Les prétendus envoyés , qui ne voulaient tenir leur mission ni de Jésus-Christ ni des apôtres, ne se sont cependant pas inscrits en faux contre les miracles publiés à la préuica'ion de l'Evangile ; les anciens Pères ne les en accusent point, ils leur reprochent seulement d'avoir voulu contrefaire les miracles de Jésus-Christ et dos apôtres par le moyen de la magie. Simon et Ménandre étaient cependant très à portée de savoir si les faits publiés par les évangélistes étaient vrais ou faux, puisqu'ils étaient nés dans la Samarie et dans le voisinage de Jérusalem. 3° Nous ne voyons -pas non plus que ces premiers ennemis des apôtres aient forgédefaux évangiles; cetteaudace no commença que dans le second siècle, longtemps après la mort des apôtres. Tant que ces témoins oculaires vécurent, personne n'osa contester l'authenticité ni la vérité de la narration des évangélistes. Les hérétiques se bornèrent d'abord à l'altérer dans quelques passages qui les incommodaient; bientôt, devenus plus hardis, ils osèrent composer des histoires et des expositions de leur croyance, qu'ils nommèrent des évangiles. k° Ces anciens chefs de parti étaient des philosophes, puisqu'ils cherchaient, parle moyen du système de Platon, à résoudre la difficulté tirée de l'origine du mal. 11 n'est donc pas vi ai, comme le prétendent les incrédules, que la prédication Je l'Evangile n'ait fait impression que Sur les ignorants et sur le bas peuple. Ceux qui ont cr i et se sont faits chrétiens avaient à choisir entre la doctrine des apôtres et celle des imposteurs qui s'attribuaient une mission semblable. Il n'est pas vrai non plus que le christianisme ait fait ses premiers progiès dans les ténèbres, et sans que l'on ait pris la peine d'examiner les faits sur lesquels il se fondait, puisqu'il y a eu de vives disputes entre les disciples des apôtres et ceux des faux docteurs ; et puisque la doctrine apostolique a triomphé de ces premières

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