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de la cavale îe ; aujourd'hui encore la seule milice de l'Egypte sont les raameloucks, qui sont tous cavaliers. Voyage en Syrie et en Egypte, i ar Volney, tome H, n* part., c. 11.
MERCI. Les pères de la Merci ou de h rédemption des captifs sont un ordre religieux qui prit naissance à Barcelone en 1223, à l'imitation de l'ordre des trinitaires, fondé en France par saint Jean de Mat ha. Ce n'était au commencement qu'une congrégation de gentilshommes, qui, excités par le zèle et la charité de saint Pierre Nolasque, gentilhomme français, consacrèrent une partie de leurs Liens a la rédemption des chrétiens réduits à l'esclavage chez les infidèles. On sait avec quelle inhumanité ces malheureux étaient traités par les Maures mahométans, qui dominaient alo. s en Espagne ; leur sort était encore plus cruel sur les cotes de Barbarie.
Le nombte des chevaliers ou confrères dévoués à cette bonne œuvre augmenta bientôt ; on les appela les confrères de la congrégation de Notre-Dame de miséricorde. Aux trois vœux ordinaires de religion, ils joignirent celui d'employer leurs biens, leur liberté et leur vie au rachat des captifs. Rien, sans doute, n'est plus héroïque ni plus sublime que ce vœu ; il fait également honneur à la religion et à l'humanité. Les succès rapides de cet ordre naissant engagèrent Grégoire IX à l'approuver, cl il le mil sous la règle de saint Augustin, l'an 1235. Clément V ordonna, en 1308, que cet ordre fût régi par un religieux prêtre. Ce changement causa la séparation des clercs et des laïques ; les chevaliers furent incorporés à d'autres ordres militaires , et la congrégation de la Merci ne fut plus composée que d'ecclésiastiques ; c'est sous cette dernière forme qu'elle subsiste encore.
Outre les provinces dans lesquelles cet ordre est divisé tant en Espagne qu'en Amérique, il y en a une dans les parties méridionales de la France. Le père Jean-Baptiste Gonzalès du Saint-Sacrement, mort en 1618, y introduisit une réforme qui fut approuvée par Clément VIII ; ceux qui la suivent vont pieds nus, pratiquent exactement la retraite, le recueillement, la pauvreté, l'abstinence. Ils ont deux provinces en Espagne, une en Sicile et une en France.
Les ennemis de l'état monastique diront sans doute : Pourquoi ne pas laisser la congrégation de la Merci telle qu'elle était d'abord, sur le pied d'une confrérie de laïques? Parce qu'une simple confrérie n'aurait pas été de longue durée. Pour lui donner de la stabilité, pour établir une correspondance entre les différentes parties de cette congrégation, il fallait des vœux, une règle, un régime monastique ; l'expérience prouve que tout établissement d'une autte espèce ne subsiste pas longtemps. Voy. Rédemption, Trinitaires.
MERCREDI DES CENDRES. Voy. Cendres.
MERE DE DIEU, qualité que l'Eglise catholique donne a la sainte Vierge Marie l/usâgu de la qualifier ainsi est venu des
Crées, qui l'appelaient eto-ro/.oc, nom que les Latins ont rendu par Deipara et Dei genitrix. Le concile d'Ephèse, en *31, confirma cette dénomination; et le concile de Constantinople, en 553, ordonna qu'à l'avenir on nommerait toujours ainsi la saime Vierge Ces deux décrets furent portés pour terminer une longue dis mte, et pour étoutl'er une erreur. Lorsque Nestotïus était patriarche de Constantinople, un de ses prêtres nommé Anastase s'avisa de soutenir, dans un sermon, que l'on ne devait point appeler la samte Vierge mère de Dieu, mais mère du Christ ; ces paroles ayant soulevé tous les esprits et causé du scandale, le patriarche prit très-mal à propos le parti du prédicateur, appuya sa doctrine, et se fit condamner lui-même.
En effet, pour refuser à Marie le titre de mère de Dieu, il faut ou soutenir, comme les gnostiques, que le Fils de Dieu n'a pas pris une chair réelle dans le sein de Marie, et qu'il est né seulement en apparence; ou enseigner, comme les ariens, que Jésus- Christ n'est pas Dieu, ou prétendre qu'il y a en lui deux personnes : savoir, la personne divine et la personne humaine; qu'ainsi la divinité et l'humanité ne sont pas unies on lui substantiellement, mais moralement ; que c'est une union d'adoption, de volonté, d'action, de cohabitation, et non une incarnation : c'est ce que Nestorius fut obligé de dire pour se défendre, et ce qui fut légitimement condamné. Ainsi, le nom de mère de Dieu est non-seulement une conséquence évidente du dogme de l'incarnation, mais il ne fait que rendre exactement les expres-ions de l'Ecriture sainte. Saint Jean dit que le Verbe s'est fait chair; or, il a pris cette chair dans le sein de Marie; donc, ou le Verbe n'est pas Dieu, ou Dieu n'est pas né de Marie selon la chair. Saint Paul nous l'apprend, lorsqu'il dit que le Fils de Dieu est né, selon la chair, du sang de David (Rom. i, 3); qu'il est né d'une femme (Galat. iv, h-).
Les Pères des trois premiers siècles, saint Ignace, saint Irénée, Tertullien, etc., se sont servis de ces passages pour prouver aux anciens hérétiques la réalité de la chair de Jésus-Christ ; ceux du quatrième les ont employés pour étafrir sa divinité contre les ariens. Le concile de ÎNicée a décidé que le Fils unique de Dieu, vrai Dieu de vrai Dieu, consubstantiel à son Père, s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit, est né de la vierge Marie, et s'est fait homme. Ou il faut renoncer à cette profession de foi, ou il fai-t donner à Marie le titre de mère de Dira. Saint Ignace, disciple immédiat des apôtres, dit en propres termes que Notre- Seigneur Jésus-Christ est Dieu existant dans l'homme, né de Dieu et de Marie. Epist. ad Ephes., n. 7. Ce passage est cité et adopté par Théodoret, qui n'était rien moins qu'ennemi de Nestorius. Voy. Pétau, de lncarn., 1. v, c. 17. Il ne s'ensuit point de là que Marie a engendré la Divinité, ni que Marie est mère de la nature divine, comme le cou-