‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 97 sur 228 · Î9 MER · texte numérisé non relu

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Huaient les nestoiïcns : une "nature éternelle ne peut être engendrée d'une créature. Aussi les Pères ne disent pas simplement que Marie est mère du Verbe, mais m Ve du Verbe incurve; c'est à nous d'imiter exactement lcir langage. Si l'on peut abuser du titre de mère de Dieu, Nestorius abusait bien plus malicieusement du nom de mère du Christ, puisqu'il s'en servait pour saper le mystère de l'incarnation.

Mais ce titre auguste a déplu aux protestants, parce qu'il autorise trop évidemment les autres qualités que l'Eglise catholique attribue à la sainte Vierge, et le culte singulier qu'elle lui rend; niais on sait aussi que, par leur prévention, ils n'ont que trop favorisé les ennemis de la divinité de Jésus- Christ. Vainement ils disent que les Pères grecs ont nommé Marie Oeotôxo?, et non pjr/7/s tow ©coO ; il s'ei suit seulement qu'ils ont mieux aimé employer un seul mot que trois pour exprimer la môme chose. Par la même raison ils ont dit Xoiototô-/.*?, et non, pâ np 7oû X/>;<7tow; et il ne s ensuit rien.

H n'est pas vrai que saint Léon soit le premier des Pères latins qui ait nommé Marie mère de Dieu. Cassien et Vincent de Lérins, Commonit., c. 12 et 15, ont soutenu celte qualité contre Nestorius. Les plus anciens, te's que Tertullien, saint Cyprien, saint Hiliire, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, etc., disent que Dieu est né d'une vierge, est né d'une femme; qu'une vierge a conçu Dieu, l'a porté dins son sein, l'a enfanté, etc. Voy. Pétau, ib., 1. v, c. H, n. 9 et suivants. Chez les Pères grecs, le nom ©sotoxc se trouve déjà dans la conférence d'Archélaùs, évoque de Charcar en Mésopotamie, avec l'hérésiarque Manès, l'an 277, p!us de cent cinquante ans avant la naissance du nestorianisme. Alexandre, patriarche d'Alexandrie, s'en est servi dans sa lettre synodique à celui de Constantinople, écrite avant l'an 325. Théodoret, Hist. ecclc's., 1. i, c. 4, p. 20. C'était une courte profession de foi de la divinité de Jésus- Christ. Origène, saint Denis d'Alexandrie, saint Athanase, saint Basile, saint Proclus, Euièbe et d'autres que cite saint Cyrille, l'ont employé avant le concile d'Ephèse. Jean d'Antioche, clans sa lettre à Nestorius, lui représenta que ce terme avait été employé par plusieurs Pères, et qu'aucun ne l'avait jamais rejeté. Julien reprochait aux chrétiens cette expression, dans son ouvrage contre le christianisme. Pétau, ibid., c. 15, n. 9 et suiv. Voy. Nestoria.msme.

MERITE, en théologie, signifie la bonté morale et surnaturelle de nos actio; s, et le droit qu'elles nous donnent à une récom- " pense de la part de Dieu.

11 est clair d'abord que nous ne pouvons avoir aucun droit à l'égard du Dieu qu'autant qu'il a bien voulu nous l'accorder par une promesse qu'il nous a faite ; mais comme il est de la justice de Dieu d'accomplir exactement ses promesses, on peu', sans abuser du terme, nommer droit l'espérance bien fondée dans laquelle nous

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sommes d'obtenir ce que Dieu nous a promis si nous remplissons les conditions qu'il mais a prescrites. Droit et justice sont évidemment corrélatifs : la promesse que Dieu fait à l'homme est une espèce de contrat qu'il daigne former avec lui.

Les thé; logiens distinguent le mérite de condignité, meritum de condigno, et le mérite de congruité ou de convenance, meritum de congruo; ils disent ordinairement que le prenver a lieu, lorsqu'il y a une juste proportion entre la valeur de l'action et la récompense qui y est attachée; que quand cette proportion ne se trouve, pas, l'action ne peut avoir qu'un m>'rite do congruité. Mais comme saint Paul nous avertit que les souifrances de ce monde, par conséquent les bonnes œuvres, n'ont aucune proportion ou condignité avec la gloire éternelle qui nous est réservée, Rom., c. vin, v. 18, il parait plus simple de dire que le mérite de condignité est fondé sur une iromesse formelle de Dieu, au lieu quo e mérite de congruité n'est appuyé que sur a confiance à la bonté divine. Dans lo premier cas, la récompense est un acte de justice; dans le second, c'est une pure grâce et un trait de miséricorde : aussi les théologiens conviennent qu'il n'y a ici qu'un mérite improprement dit. Par ce moyen, le passage de saint Paul ne forme plus une dillîculté ; il est exactement vrai que nos bonnes œuvres et nos souffrances n'ont par elles-mêmes et par leur valeur intrinsèque aucune condignité, aucune proportion avec le bonheur éternel, mais seulement en ve.tu de la promesse de Dieu et des mérites de Jésus-Clnist. 11 y a dans l'Eciiture sainte des preuves et des exemples de ces deux espèces de mérite. La récompense des justes et la punition des pécheurs y sont également appelées un salaire. Saint Paul dit qu'à celui qui travaille la récompense n'est pas accordée comme une grâce, mais comme une dette (Rom. iv, k). « J'ai achevé ma course, dit-il ailleurs ; j'ai gardé ma foi ou ma fidélité ; la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, juste juge, me la rendra un jour (II Tim. iv, 7). » Si la récompense est un acte de ju-tice, l'homme l'a donc méritée : il est digne de la recevoir. En effet, Jésus-Christ parle do ceux qui seront jugés dignes du siècle futur et de la résurrection d s morts (Luc. xx, 35). Il dd de ceux qui ne sont pas souillés : Ils marcheront avec moi en habits blancs, parce qu'ils en sont dignes (Apoc. in, ï ). Voilà un mérite de condignité. Mais, encore une fois, ce mérite ou cette dignité viennent plutôt de la promesse de Dieu et de sa grâce, que de la valeur essentielle des actions de l'homme.

Les livres saints nous en montrent d'une autre espèce. Daniel, c.xxiv, v.4, ditàNabucliodonosor : « Rachetez vos péchés par vos aumônes; » il lui fait envisager le pardon de ses péchés comme la récompense de ses bonnes œuvres. Ce roi reconnaît qu'il a été frappé de Dieu et hum lié en punition

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