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montre les boucs cl l'usage légitime que
nous en devons faire. C'est d'examiner avec soin s'il est vrai que Dieu a parlé; dès que re fait est solidement prouvé, ia raison ellemême nous dit qu'il faut rroire, qu'il faul imiler la docilité de l'aveugle-né et des iguor.iuls, à l'égard d'un nomme qui leur apprend des choses qu'ils ne voient, ne senîcnt ni ne comprennent.
D>s que l'on venl appliquer les arguments des incrédules à loin autre objet qu'à la religion, ils sont d'une al surdité révoltante: vouloir démontrer les forces et les droits sacrés de la raison en déraisonnant, ce n'est pas le mo] on do persuader los esprits sensés ; mais ils trouvent malheureusement des esprits superficiels et peu attentifs qui se laisscnl étourdir parleurs sophismes.
1° La raison, disent les déistes, est le srul (jitide que Dieu a donné à l'homme pour se conduire, pour diriger ses actions, pour connaître I);eu lui-même; il se contredirait s'il nous ordonnait d'y renoncer..
Réponse. La fausseté de cette maxime est déjà démontrée ; il est faux que la raison soit notre seul guide. Tour la plupart de nos actions naturelles* Dieu nous a donné pour guide l'instinct et le sentiment, parce que la raùon ne nous servirait de rien à cet regard. Est-ce la raison qui nous apprend qu'un tel Irait, qu'un tel aliment, nous est salutaire ou pernicieux, que l'eau peut é'ancher la soif, que des habits peuvent nous défendre des injures de l'air? Cent fois les philosophes ont avoué que si l'homme n'avait point d'autres guides que la raison, le genre humain périrait bientôt. Dans les questions de fait t-l d'expérience, le raisonnement ne sert à rien ; nous sommes forcés de prendre pour guide le témoignage, ou de nos propres sens ou de ceux d'auli ni, de nous fier à la certitude morale ; et celui qui, dans ces circonstances, ne voudrait consulter que sa raison, serait un insensé.
A l'égard de la religion, Dieu, dès le comnicncement du monde, s'est fait connaître à l'homme par les sens, • n l'instruisant de vive voix, cl par conséquent par la révélation. Quel secours l'homme pouvait-il tirer alors de sa raison? Il n'aurait pas seulement eu un langage formé, si Dieu ne le lui avait donne en même temps que la faculté de parler. Or, celle religion primitive révélée à notre premier père a dû servir pour lui et pour ses descendants; et tous ceux qui s'en sont écartés, ou par malheur ou volontairement, et n'ont plus eu d'autre guide que la raison, sont tombés dans lo polythéisme et dans l'idolâtrie, il est donc absolumcnt faux que la raison soit le seul guide que Dieu nous a donné pour le connaître, pour nous convaincre de son existence, et [tour savoir quel cuit, nous devons lui rendre (1).
(t) Quelques philosophes, et parmi eux HT. l'abbé liaut.iin, ont enseigné qu'on ne peut prouver l'existence île Dieu par la raison, Nous empruntons
.S' ronde ohjction. Du moins, disent les incrédules, c e I par la ru non sru le que bons
pouvons savoir si une religion prétendue
aux conférences de Riveux une réponse pércmplnue a celle il ingerense erreur :
< Vers la On du dernier série, Emmanuel Kanl entreprit de remonter jusqu'à la source de taule* les court stances humaines, etde réformer Peu* seignetnenl philosophique des é oîes. Ne voyant ilatrs les corps que de simples phé amènes, n'admettant d'autre principe <le certitude que l'expérience, il prétendit nu'il n'y a aucune relation nécessaire entre n- s idées et la réalité des choses extérieures qui ei sont l'objet. De là il conclut que l'existence de Dieu n'appartient pointa la science, ei (pie la raison ne pedl nous fournir aucune preuve démonstrative de cette vérité fondamentale, « Je suis, dit-il, pleinement convaincu que la raison est impuissante à établir des assertions allirmatives, et qu'elle est plus incapable encore d'affirmer quelque chose de m sur celle que-lion. > Criliqut delà raison pure, i. Il, p. 360. Cdie étrange doctrine eui bientôt un grand nombre d'admirateurs aveugles et de partisans enthousiastes. Eu Allemagne, Ficble, Schctling, ll-gel, eu ont fait la base de leurs sys émes absurdes et impies. Hermès a essayé de la 1 6|iio luiie sous une forme nouvelle ; il a épuisé tontes les subtilités du la métaphysique pour apprendre aux nommes que leurs éludes philosophiques et religieuses doivent nécessairement commencer par le doute positif, universel et absolu; que la conscience immédiate est le principe primitif de loue certitude , quoique cependant nous ne puissions admettre sûrement comme réelle l'existence de noire conscience immédiate, ni la connaissance de la pensée nécessaire que nous en avons. Introduction philosophique, p. 1-27.
< En France, des écrivain? catholiques ont voultl au>si se frayer des roules nouvelles; s'ils ont repoussé l'idéalisme des philosophes allemands, il n'ont pas craint de soutenir que la raison seule ne saurait conduire l'homme à la connaissance certaine d'aucune vérité. L'auteur malheureusement trop célèbre de l'Essai sur l'indifférence en mal. ère de religion n'avait pas < ncore rompu le lien sacré de l'unité, quand il employa tontes les ressources de sou talent à la défense île ce dangereux principe. S'il faut l'en croire, « l'homme ne tient, par ses seules forces, s'assurer pleinement d'aucune vérité. - . . fi*— sai, t. II, p. 2. Le consentement commun est pour nous le sceau de la vérité, et il n'y en a point d'autre » Ibid., p. "20.
« Los preuves qu'emploient les apologistes de la religion cl) ic ienne pour établir l'existence de De i sont incomplètes, faute d'un premier principe sur lequel elles s'appuient. Défense de f Essai, p. !59. D'antres enfin, substituant la révélation au lémuignago universel du genre humain, ont affirmé que, sais h lumière de la foi, nous ne pouvons avoir aucune certitude de l'existence de Dieu.
« Ces différents systèmes , qu'on adopte quelquefois avec tant de confiance, méritent-ils en effet le suffrage et l'approbation des ho urnes sages et éclairés ï Quelles que soient la faiblesse de l'esprit humain et l'incertitude de la plupart île nos opinions, il v ■ ecpend.uii ihs vérités que nous ne pouvons refuser d'admettre; nous ne sommes p is même obligés d'examiner si elles émanent d'un principe antérieur ; nous le^. croyons malgré nous. l!u philosophe peuicniasserd.uis ses livres le» paradoxes et les sopbismes pour les combattre, chacun des actes de sa vie sera la condamnation de ses conceptions bizarres et de ses théories i sensées. Ainsi il n'est pis un seul homme qui puisse douter sérieusement de son existence. < J'ai beau vouloir douter de toutes chtscs, disait Féuelou, d m'est impossible de !o lier si je suis. Le