‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 9 sur 219 · IL\C · texte numérisé non relu

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pins et chats sont couverts d'un long poil soyeux fort célèbre dans les manufactures de l'Orient. D'an- Ires animaux sont sujets à ces changements, car l'evaque lléher nous apprend que les chiens et les chevaux conduits de l'Inde dans les maniaques, sont bientôt couverts de laine comme la chèvre à duvet de châle de ces climats (a).

Si nous examinons la forme générale et la structure des animaux, nous verrons ces deux choses sujettes aux plus grandes variations. Aucun animai no montre cela plus clairement que le bceuf, parce que sur aucun autre l'art et ta domesticité n'ont élé essayés en tant de lieux divers. (Juel contraste n'y al-il pas entre cet animal lourd, massif, à longues cornes, qui iraverse les rues de Home, el ce bœuf à petite tète et aux membres agiles que les fermiers anglais piisent si fort ! Se!on Basiuaii, « les chiens européens dégénèrent à la Co;c-d'Or en peu do temps d'une manière étrange; leurs oreilles deviennent longues et droites comme celles du renard, vers la couleur duquel ils incline il pareillement; en sorte qu'en trois ou quatre ans, ils deviennent trèslaids, et au bout d'autant de générations, leur aboiement se change en une sorte de hurlement ou de glapissement. > Barbot dit de même que i les chiens du pays sonl très-laids et ressemblent beaucoup à nos renards. Ils ont les oreilles longues ei droites, la queue longue, grêle et pointue par le bout, sans aucun poil; leur peau esl seulement nue cl lisse, laclictée ou unie; ils n'aboient jamais, sen'emcni ils hurlent. Les noirs les appellent cabre de matlo, ce qui en portugais signifie une chèvre sauvage, el cela parce qu'ils les mangent et estiment plus leur chair que celle du mouton (b). » Ainsi il parait que le climat on d'autres circonstances locales ont, dans ce cas, le pouvoir de léduire en peu de générations une espèce d'animaux amenée d'un autre p.ys, à la même condition que la race native; au point qu'on pourrait à peine reconnaître leur souche primitive, dont ils ont presque perdu les caractères. Le chameau présente également un exemple de modifications extraordinaires.! Dans quelques caravanes que nous avons rencontrées, dit un voyageur modeine, il y avait des chameaux d'une espèce beaucoup plus grande que tons ceux que j'avais vu-, auparavant; ils différaient autant du chameau d'Arabie dans leurs formes el leurs proportions qu'un mutin diffère d'une levrette. Ces chameaux avaient la tête grosse; de leurs cous épais pendait un poi« brun-foncé, long et rude ; leurs jambes étaient courtes et les jointures épiisses, le corps el les hanches él lient arrondis et charnus; néanmoins ils étaient d'un pied plus hauts que les chameaux ordinaires des déserts d'Arabie (c). i Et eu parlant de cet animal, je ferai observer que son caractère le plus saillant, la bosse de sou dos, qui est double dans la variété baetrienne, est considéré par quelques naturalistes comme une déviation accidentelle du type original, provenant d'une matière sébacée ou grasse, déposée dans le tissu cellulaire du dos, par l'action continue de la chaleur, exactement comme la bosse du zébu ou bœuf indien; ou la queue des moutons de Barbarie et de Syrie; ou la lormalion analogue observée sur les reins des Hollentols Bosjinans {d). En vous citant ces exemples, j'ai moins cherché à repioduue les faits recueillis par les autres qu'à ajouter à leurs lecherclies quelques nouvelles preuves. Mais cela suffit pour démontrer que des variétés sporadiqucs on accidentelles peuvent non-seulement se reproduire, mais, ce qui va mieux à noire sujet, peu-

(rt) Narrative ofa Journeq throuqh the Uppar provinces oftndia, ±K édit. Lond , WÏA, vol. 11, p. 219. [I>) New collection o[ voyages, eie., p. 712.

(c) Voyaget en Assyrie, Méaie et Ferse, par J.S. Buokin„'!iain, 2e édil. Lo'ud., 1850, vol. I, p. 21.1.

(d) LevaiUaut, Deuxième voyage, loin. II, p. 207. Virey, loin. I, p. 218.

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vent même se propager parmi 1 •-•» animaux. Il ne sérail pas difficile d ■-• multiplier les exemples de ce dernier lait; car la grande dissémination dei animaux albinos, routine les lapins blancs, OU loi chevaux couleur de crème, qui probablement M>nl venus é*a« boni «le maladie, prouve avec quelle facilité ces variétés accidentelles peuvent se reproduire. Mais le docteur Pricbard donne on luire exemple tout a fait remarquable; C*Otl celui d'une nue de moulons

élevée depuis peu d'années en Angleterre, et connue

sous le nom de Ancon, ou race de loutre. Elle naquit •l'une variole accidentelle on, pour mieux dire, d'une difformité dans un animal qui communiqua si complètement ses singularité* à sa progéniture, que la race est complètement établie ci promet d'être perpétuelle; on l'estime beaucoup à cause du peu de longueur de ses jambes, rpii ne lui permet pas de franebir aisément les barrières des ebamps (a). Il est bien reconnu aussi que la race qui a fourni l'énorme bœuf de Durbam a été produite artificiellement en croisant les individus qui semblaient réunir le plus de points de perfection de toute esi èee; la base était le Kiloé ou petite race des Iligblands, et tout le bétail qui arrive à des dimensions extraordinaires est allié à celle race. Les raisonnements sanctionnés par ces faits ont une large base d'analogie applicable à l'espèce humaine, et il n'est pas aisé de voir pourquoi des variétés aussi grandes n'auraient pas pu se produire et se transmettre par descendance parmi les hommes connue parmi les animaux inférieurs. Il paraît certain, en effet, que des diversités afTeclant également la forme du crâne, la couleur et la texture des poils, et la forma générale du corps, proviennent parmi les animaux d'une souche unique; de plus, il semble démontré que des différences de celte nature peuvent originairement surgir de quelque variété accidentelle qui, sous des circonstances particulières, devient fixe, caractéristique ei iransmissible par descendante. Ne pouvons-nous pas alors considérer comme très-probable, que, dans l'espèce humaine, les mêmes causes peuvent opérer d'une manière analogue et produire des effets non moins durables? El les variations de ce gïnre qui paraissent dans notre espèce n'étant pas plus éloignées l'une de l'autre que celles qui ont été remarquées parmi les brûles, il n'est pas besoin pour les expliquer de recourir à une cause plus violente et plus extraordinaire. Mais abordons de plus près la difficulté, et serrons-la plus étroitement.

Il me parait clair que, dans chaque famille ou rare de l'espèce humaine, il s'est produit accidentellement des variétés tendant à y établir les caractères d'une autre race. Par exemple, les cheveux rouges paraissent, appartenir presque exclusivement à la famille caucasienne ; cependant il existe dans presque toutes les variétés connues des individus avec celle particularité. Charlevoix l'a observée parmi les Esquimaux, Sonnerai parmi les Tapons, Wallis parmi les Tahitiens, et Lopes parmi les nègres (b). Cela n'est pas plus surprenant que de trouver parmi nous des individus avec les cheveux frisés, cl je crois que ceux qui y ont fait attention auront souvent observé dans ces personnes une tendance vers quelque autre trait caractéristique de la famille éthiopienne, comme un teint foncé et des lèvres épaisses. Dans les spécimens de crâne publiés par Blumenbach et provenant de son muséum, il y a celui d'un Lithuanien qui, vu de profil, pourrait être pris pour un crâne de nègre (c). Mais l'exemple le plus curieux que j'aie rencontré de « elle tendance sporadique à produire dans une race humaine les caractères d'une autre race, se trouve dans un voyageur récent, qui a presque le premier exploré le Maman, ou disiriet au delà du Jourdain.

(a) Vol. II, p. 550.

((>) Blumenbacu, p. 169.

(c) Uecaïkicraïuorutn, plaach.xxu, p. 6.

« La f..ruille qui réside ici (à Abu-el-Ce ijy i, dit-il, ayant < barge du sanctuaire, e-4 remarquable on ceci ;' a l'exception du père, tous ont 'es traits nègres, ua • couleur noir-loncé ci des cheveux crépus. J'.ti pensé que cela résultait sans doute de ce que le;ir mère était négresse, car on trouve quelquefois parmi les Arabes des femmes de celle couleur, soit c > irnte é|uiu-es légitimes, soit comme concubines; mais en même temps je ne pouvais douer, d'après moii o'>servaiion personnelle, que m chef actuel de la famille ne fui un Arabe de pure race, de sang non mélangé. On m'assura aus-i que les hommes cl les femmes de la génération présente et de> générations antérieures étaient tous Ar die* purs, par mariage et par descendance, et que dan> l'histoire de la famillu on n'avait j iroail connu de négresse, ni comme épouse, ni comme esclave. C'est une particularité très-prononcée des Arabes qui habitent la vallée du Jourdain, d'avoir les traits plus aplatis, la peau i lus noire et les cheveux plus rudes qu'aucune autre tribu; particularité qu'il faut, je pense, attribuer à la chaleur continuelle et intense de c-tte région, plutôt qu'à aucune autre cause (a), i Si lous ces faits et toutes ces circonstances sonl regardes comme suffisamment élab'is, nous avons certainement ici ui\ exemple bien frappant d'individus d'une famille qui approche des caractères distinclifs d'une autre lamille, ei de la transmission de tes caractères par descendance.

Il y a même des exemples de variétés beaucoup plus tranchées et beaucoup plus étranges que celles qui conslituenl les caractères spécifiques d'am une race, et, qui plus est, ces variétés ont passé du père au fils; assurément elles auraient rendu notre problème beaucoup plus difficile à résoudre qu'il n'est à présent, si elles avaient surgi dans quelque partie éloignée du globe et t'étaient étendues sur une population considérable. La plus remarquable est sans doule celle dont on a suivi la trace pendant trois générations, dans la famille de Lambert, connue généralement sous le nom de C homme porc-epic. L'auteur de cette race extraordinaire lut d'abord, étant jeune garçon, montré par son père en 1731, et venait du voisinage d'Euskui-Hall dans le Suffolk. II. Ma. hin, celte même année, le décrivit dans les Irunsadiom philosophiques, comme ayant le corps couvert de verrues de la grosseur d'une ficelle et d'un demipouce de long ; toutefois il ne le nomme pas (b). Lu 1755, on le fil voir de nouveau sous le même nom, el il fut décrit par M. Baker, dans une notice présentée comme supplément de la première : mais ce qui est plus important, c'est qu'ayant alors quarante ans, il avait eu six enfants qui tous, à la même époque, neuf semaines après la nai-sance, avaient présenté la même singularité; et le seul qui survécût, garç n de huit ans, se faisait voir avec son père. M. Uaker donne une planche représentant la main du fils, comme M. M.chiii avait fait pour celle du | ère (c>. En 180:2, les enfants de ce garçon étaient montrés en Allemagne par un M. Jeamiy, le jiiel prétendait qu'ils appartenaient à une race trouvée dan> la .Nouvelle-Hollande ou dans quelque aune pays trèséloigné. Le docteur Tilésius, cependant, I s examina très-scrupuleusement, et publia la description la plus exacte que nous ayons de cette singulière lamille, avec les figures en pied des deux lières, John, qui avait 21 ans, et Richard qui en avait 15 (d) Leur père, jeune garç m de la nolicc de M. Baker, vivait encore et était garde-chasse de lord Ituuimgfield, à

(a) Bucklngbam, Traiels among Uie Arab. Tribes London, \Sùb, p. 14.

(b) Jolm Mâchai, PhilosopMcal Trans., vol. XXXVI' p. ~id'j.

(c) Ibid., vol. Max, p. 21.

(d) Àusfuhftuhi Bescl<rtibimg und Abbildwig der oaden so genaimien StacheUchwem-Meii&hen ans der bektamun enytisclicH Familie. Lambeit. Alieuburg I8J-» fol

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ncavfnin-linm Hall dans le Snffolk. Quand on leur tit voir le dessin qui représentai! sa main, dans les Trousnciicns j'Iiilosophiqucs , ils la reconnurent à l'instant tous les deux, à cause d'un bouton d'une forme particulière qui fermait le poignet de la chemise («). La description de Ti'ésius, de la page 30 jusqu'à la lin de ce livre, est trè<-détaillée et correspond exactement avec celle qu'on avait donnée de leurs pères. Tout le corps, excepte la paume des mains, la plante des pieds et le visage, était couvert d'une quantité d'excroissances cornées d'un rouge brun, dures, élastiques, d'environ un demi-pouce de long et bruissant l'un contre l'autre quand on les froissait avec la main. Je ne sais à quoi je pourrais mieux comparer l'apparence de ce bizarre tégument, tel que nous le voyons dans les planches de filés ins, qu'à une multitude de prismes basaltiques, les uns plus longs, les autres plus cnurts, comme ils sont généralemen: groupés dans la nature. Tous les ans, ces excroissances cornées tombaient, et leur chute était toujours accompagnée d'un certain malaise; elles cédaient aussi à l'action du mercure qui fut essayé dans ce but ; mais dans l'un et l'autre cas, tout levenail graduellement eu très-peu de temps (6). Les conséquences que 11. Ikiker tire de ce phénomène extraordinaire sont u es- justes et ont encore un plus grand poids maintenant qu'il s'est reproduit dans une aune génération et dans deux cas di-lincts. « Il parait donc indubitable, dit-il, que cet homme pourrait propager une race particulière, ayant la peau hérissée d'un léguaient semblable. Si cela arrivait, et qu'on oubliât l'origine accidentelle de cette variété, on pourrait fort bien la prendre pour une espèce dilférente de la notre. Cette considération nous conduirait presque à imaginer que si l'humanité est sortie d'une seule et même souche, la peau noire des nègres et plusieurs autres différences de mê ne nature, peuvent bien être dues originairement à quelque cause accidentelle (c).i Une autre variété plus commune et qui prévaut dans des familles entières, consiste en doigts surnuméraires. Dans l'ancienne Rome, elle fut désignée par un nom particulier, et les sedigiti sont mentionnés par Pline et d'autres auteurs graves. Sir A. Carlisie a tracé avec soin l'histoire d'une semblable famille pendant quatre générations. Son nom était Co'burn, et cène singularité fut introduite dans la famille par la bisaïeule du plus jeune enfant que l'on examina : cela n'était pas régulier et se remarquait seulement chez quelques enfants dans chaque génération. Mauperluis en a cité d'autres exemples en Allemagne ; et un célèbre chirurgien à Berlin, Jacob Ruhe, appartenait à une famille qui avait Celie particularité par le coté maternel («")• iNous avons donc prouvé déjà, tant par l'analogie que par des exemples divers : 1° qu'il y a une tendance i erpétuelle, je pourrais dire tin effort dans la nature, pour produire dans notre espèce des variété» souvent d'un caractère tresexiraotdinaire, quelquefois approchant d'une manière prononcée des caractères spécifiques d'une race différente de celle dans laquelle naissent ces variétés; 2° que ces particularités peuvent se communiquer du père au fils dans des générations successives. Nous avons doue obtenu ainsi un puissant motif de présumer que les différentes ramilles ou races humaines peuvent devoir leur origine à quelque occurrence semblable à l'apparition accidentelle d'une variété qui, sous l'influence de circonstances favorables, par exemple, l'isolement de la famille dans laquelle elle a cornu. encé, et les inlermaria^es qui ont clé la conséquence de cet isolement, est devenue fixe et indélébile dans les générations suivantes.

(a) Pag. t.

(b) Philos. Tran'act., vol. ILIX, p. 22.

(c) lbul.

\d\ Plùlosopkical Transactions, roi. CIv", 18 U, part, i , . 94. ('richard, vol 11, p. 857.

Mais vous me demanderez si nons avons quelque exemple de nations entières ainsi changées, ou, en d'autres termes, si nons avons des exemples que c*s phénomènes se développent sur une grande échelle? Répondre à celle question serait, vous l'avouerez, en finir d'un seul e»up avec toutes les difiicull s du sujet, et je ne sais où je pourrai; mieux interrompre nos recherches sur cette matière qu'au point où nous sommes arrivés.

En traitant de cette science, nous sommes mal heureusement privés de l'usage d'un ensemble d'arguments qui ont une grande influence sur ses résul lats; je veux parler de ces ressemblances morales entre les hommes de toutes les races, qui pourraient difficilement se rencontrer chez des créatures d'origine indépendante. J'ai entièrement omis, comme peu nécessaires , les discussions habituelles des zoo'ogisles et des physiologistes sur ce qui est suffisant ou nécessaire pour constituer les distinctions des races ; car je pense que, laissant de côté la pa< lie technique d'une pareille recherche, comme inutile pour noire but, nous sommes suffisamment fondés à considérer, comme d'espèces différentes, les animaux dans lesquels nous découvrons des habitudes et des caractères, si je puis ainsi parler, d'une nature complètement dilférente. Le loup et l'agneau ne sont pas mieux distingués l'un de l'aulre par leur enveloppe extérieure et par leur physionomie dilférente, que par le contraste entre leurs dispositions. Et si cela vous paraissait une comparaison d'extrêmes opposés, je dirais que la sauvage féro; ilé du loup, et les ru-es et les stratagèmes du renard , l'agression par bandes tumultueuses de l'un, et les larcins solitaires de l'autre, servent plus clairement à les classer dans notre esprit que la différence de leurs formes. Maintenant , si nous considérons l'homme dans les états les [tins disgemblab es de la vie sociale, quelque abruti ou quelque cultivé qu'il soit, nous trouverons certainement des rapports de sentiments, une similitude d'affections et une facilité de rapprochement el d'union, qui démunir nt clairement que la faculté correspondante à l'instinct des animaux, est identique dans la race entière. Les Mohawks et les Osages, les habitants des îles Sandwich ou des îles l'ellew, par un commerce trèscourt avec les Européens, ont appris, surtout quand ils sont venus dans nos contrées, à se conformer à tous les usages de la vie, comme nous les entendons, el ont formé des unions, con. raclé des aminés intimes et profondes avec les hommes d'une autre race. La différence d'organisation dans les animaux est toujours liée avec une différence de caractère ; le sillon qu'un muscle quelconque imprime sur les os du lion, révèle ses habitudes et sa nature; le plus petit os de l'antilope montre des i appuis avec la disposition timide de cet animal et sa promptitude à fuir. Mais dans l'homme, soit qu'il ail pendant plusieurs générations coulé ses jours à moi né endormi sur un divan comme l'indolent Asiatique, ou qu'il ait, comme le chasseur américain, dans ses courses infatigables, poursuivi sans relâche le daim sauvage dans ses lorèts vierges, il n'y a rien dans son organisation qui montre que par l'habitude ou 1'éducaliou il n'ait pas pu échanger une occupation tonne l'autre; rien ne prouve que la nature l'ait destiné à l'un ou à l'autre de ces étals.

Au contraire, la similitude des attributs moraux, la faculté permanente des affections domestiques, h disposition à fonder el à maintenir des intérêts mutuels, le sentiment général sur ce qui touche à la propriété et sur les manières de la protéger, l'accord sur les points fondamentaux du code moral nonobstant les déviations accidentelles, et, plus que. tout le reste, le don sacré de la parole qui as-.ure la perpétuité de tous les autres signes caractéristiques de l'humanité, prouvent que le» h mimes, sur qui Iqie partie du globe qu'ils soient ciablis, quelque

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dégrades qu'ils puissent pami.re maintenant, étaient « ei laineineut destinés (tour le; même étal, et par conséquent «mt dit y être placés originairement, i.t ••.cite considération doit assurément être d'un grau I poids poir établir l'identité d'origine de loui les hommes, comme* une considération parallèle Ta Fait pour les autres animaux. Ce raisonnement se irouvc en opposition avec la théorie vulgaire de la plupa t des philosophes, savoir <pie la marche naturelle de riiuinauité est de la barbarie a la civilisation, et que le sauvage doit être considéré comme le type original de la nature humaine, dont nous nous sommes éloignés par des efforts graduels. Mais mon raisonnement garde sa force, et, pour repousser l'idée que l'état sauvage serait autre chose qu'une dégradation, un éloignement de la destinée originaire de l'homme, une déchéance de sa position piinitive, il suflil de celte réflexion bien simple : que la nature on plutôt son auteur place ses créatures dans l'i tat pour lequel il les a destinées ; q ie si l'homme a été tonné avec un corps et doué d'un esprit pour une vie sociale et domestique, il ne peut pas plus avoir é é jeté originairement dans un désert ou dans une lui et, voue à un éiat sauvage et à une ignorance absolue , que le coquillage marin ne peut avoir d'abord été pioduil sur le sommet des montagnes, ou l'éléphant créé parmi les glaçons du pôle. Tel est le point de vue adopté par le savant F. Schlégel, dans un ouvrage précieux qu'un de mes amis a e.ifîn traduit dans noire langue, à ma graude satisfaction, et j'cspèie qu'il recevra assez d'encouragements pour se décider à compléter -sa tache en traduisant les d deniers ouvrages de ce philosophe.

i Lorsque l'homme, dit-il, fut une fois déchu de sa venu première, il ne fut plus possible d'assigner une limite à sa dégradation et de déterminer "jusqu'où il pourrait successivement descendre, en s'approchant par degrés du niveau de la brute ; car comme il était essentiellement lihie par son origine, il était capable de changement et avait même dans ses facultés organiques une très-grande flexibilité. Nous devons adopter ce principe comme le seul fil qui puisse nous guider dans nos recherches, à partir du nègre qui, par sa force et son agilité comme par son caractère docile et eu général excellent, est Lien au-dessus des plus bas degrés de l'échelle humanitaire, jusqu'au monstrueux Patagon.au Peshwerais presque imbécile et à l'horrible cannibale de la Nouvelle-Zélande, dont le portrait seul excite l'horreur de celui qui le regarde. Ainsi, loin de chercher avec Rousseau et ses disciples la vér. table origine de l'humanité et les vraies bases du contact social dans la condition des peuplades sauvages même les plus avancées, nous n'y verrons au contraire qu'un étal de dégénérescence et de dégradation (a.)i

Ceci est assurément plus consolant pour l'humanité que les théories dégradantes de Virey ou de Lamaik, et pourtant il s'y mêle encore quelque légère amertume d'humiliation. Car s'il élan révoltant de penser que notre belle nature n'est rien de plus que le perfectionnement de la malice du singe , ce n'est pas non plus sans quelque houle et quelque douleur que nous voyons cette nature, quelque part que ce soit, tombée et dégradée de sa beauté originelle, et cela au point que des hommes aient pu soutenir avec quelque apparence celle odien.-e affinité. Toutelois ceci peut nous servir à modérer l'orgueil que nous inspire trop souvent la supériorité de notre civilisation. Rappelons-nous- le bien, si nous et le plus abruti des sauvages , nous sommes frères et membres d'une seule famille, nous sommes comme eux d'une humble origine; ils sont aussi bien que nous appelés à la plus sublime destinée, et, selon les

(a) Philosophie de l'histoire.

parole* du divin poêle, nous somme» tout également

. Vcrtnl i f rmar P anfrellca farfj la, Chfl \ola alla gfui iz j tfnsi scherrni («).

Ki dans l'eue rompleva de l'homme, il d >it, ce semble, y avoir naturellement, nécessairement, quel m*» mélange de celte sorte, quelque combinaison pareil*1 d'existence, pour manifester la double alliance de l'homme ateC un monde supérieur et on monde inférieur. Il faut une variété de condition telle qu'elle puisse prouver l'existence de deux forces en lulie, o'uue force qui le fait tendre en haut par l'expansion de ses facultés, et d'une autre force qui pèse sur lui et l'attire en bas, vers les jouissances de la vie purement animale. Car ainsi, pour conclure avec les éloquentes paroles d'un vrai philosophe chrétien, « l'homme se pose comme une individualité vivante compo»ée de matière et d'esprit, d'un être extérieur et d'un être intérieur, de néce.-sité et de liberté ; pour lui-mè ne un mystère, pour le momie des esprits un objet de profonde pensée; la preuve la plus parfaite de la toute-puissance, de la sagesse et de l'amour de Dieu. Voilé de tous cJiés par sa nature corporelle, il voit Dieu c mine à distance, et est aussi certain de son existence que les esprits célestes; le fils de la Révélation et le héros de la foi; faible, ci cependant fort ; pauvre, et pourtant \ t s-e-scur du plus haut empire de l'amour divin ! (b) >

RACHAT des premiers-nés. Voy. \\\i.

Rachat du genre humain. V . Rédemption.

Rachat de l'autel (1) , c'esl un droit ulules évoques se faisaient payer par les moines ou les laïques qui s'étaient emparés des dîmes, à tous les changements de vicaires établis pour la desserte des églises.

Lorsque, vers le xir siècle, on conlraignil les religieux de rentrer dans leurs cloîtres et d'abandonner les paroisses aux préires séculiers, on distinguait l'église d'avec I'omlel. Par église , on entendait les dîmes, les terres et les revenus ; par autel , le titre de l'église exercé par un vicaire, ou bien le service même de ce vicaire.

Les évoques , ne pouvant pas s'emparer des dîmes et autres biens, obligeaient les moines de leur racheter Yaulel lonles les fois qu'il fallait nommer un nouveau titulaire, sous le prélexe que le droit de pourvoir à Vautel leur appartenait : ce droit se nommait Rachat de l autel , Allarium redemptio. Celait un abus que condamna le concile de Clermonl. 11 considéra celle vente des autels comme une simonie de la part des évoques, et il ordonna, en conséquence, que ceux qui jouissaient de ces ailles depuis Ironie ans, ne pourraient plus élre inquiétés à l'avenir , et que l'évéque n'exigerait pas d'eux le droit de rachat. Cette décision fut confirmée par un décret du pape Paschal : cl, à ce moyen, les mouasières et les chapitres onl retenu plusieurs autels qui peut-éire noleur appartenaient pas ; et ils oni été exempts de payer les droits que les évéques exigeaient après la mort des vicaires, pour accorder la liberté d'en mettre d'autres à lear place. (Extrait du Dictionnaire de Jurisprudence.)

RAILLERIE (dérision). Saiul Paul, Ephes.,

(a) Purq.it. x.

(6) Pabsi, Ver Mensch und seine Gesch'whte , Wien , 1830, p 50.

(1) Reproduit d'après l'édiiion de I.ié^e.

M RM RAI 42

c. v. v. ^, lit défend aux chrétiens. « Que l'on 11 est des railleries d'une espère (ml op-

irriileit.il> parmi vous, dit-il, ni p.'i rôles otw - posée, eo sont les raillerie* contre la reli-

cènes, ni discours insensés, ni railleries qui pion; elles n'ont pour but que île recuire les

ne conviennent pniui, mais plutôt îles d s- hommes irréligieux et impies. Les païen «

eotirs obligeants et gracieux. » Nous n'.ii- mômes nnt condamné celle licence : « Dam

mons point voir les auttvs ri e à nos dépens ; des matières si «raves, dit Cicéron, ce n'esi

nous ne devons dune jeter sur personne nu pas le lieu de railler. » De Divin. I. 11. C'est

ridicule que nous ne voulons pas souffrir principalement par «les sarcasmes que les

nous-mêmes. S ;inl Ambroise interdit celle philosophes païens ont attaqué le chrislia-

lieeace surtout aux ecclésiastiques , Offic nisroe, parce qu'ils manquaient de raisonne*-

I. 1, c. 23. « Onoiqncles railleries honnête-: , monls solides pour le CO n battre; les incré-

dii-il, plaisent souvent et soient agréables , dules modernes les oui surpassés dans ce

elles sont cependant contraires aux devoirs genre de guerre , par la même raison,

des ecclésiastiques; comment pouvons-nous Le sage Leibnilz condamne hautement ce

nous permettre ce que nous ne voyons point procédé; il réfute directement l'anglais Shaf-

daus l'Ecriture sainte? Celle pensée de saint lesbury qui voulait que le ridicule servît de

Ambroise n'a pas trouvé grâce devant le pierre de touche pour éprouver ce qui es!

critique de la morale des Pères; elle lui a vrai ou faux. Leibnilz obseive qui; les igno-

paru ridicule, « comme si rien n'était permis, raMs saisissent mieux une plaisanterie

dit-il, que ce qui est formellement autorisé qu'une bonne raison ; et qu'en général les

p ir l'Ecriture sainte, ou comme si le silence hommes aiment mieux rire que raisonner.

de l Ecriture était équivalent à une défense Esprit de Leibnilz, t.I, p. 1Y7.

formelle. » Traité de la Morale des Pères , C< lui de tous les incrédules modernes qui

c. xiii. § PJ et suiv. a lancé le plus de sarcasmes contre la reii-

Ohservons d'abord qu un protestant qui gion , et qui n'a p;is dédaigné les rai 1er i a soutient que l'Ecriture sainte est la seule les plus basses , s'est condamné lui-même. règle de croyance et de conduite, a mau- .« La plaisanterie, dit-il, n'est jamais bonne veise grâce de blâmer un passage qui sem- dans le genre sérieux, parce q Telle ne pqriu h'e le favoriser. En second lieu, il y a du j im.iis que sur un côté des ohje s qui n'est ridicule à prendre dans les écrits des Pères pas celui que l'on considère, elle roule prèstous les mots à la rigueur, comme si c'étaient que toujours sur des rapports fauv et sur des paroles sacramentelles. Saint Ambroise des équivoques. De là vient que les pliiprélfud qu'un ecclésiastique cherche princi- sauts de profession ont presque tous l'esprit paiement dans l'Ecriture sainte les leçons et faux autant que superficiel. » Il ne pouvait les exemples auxquels il doit conformer sa pas mieux peindre le sien. Mélanges de litconduite; nous soutenons qu'il n'a pas tort, ter. et de philos., c. 53.

et nous ne voyons dan» l'Ecriture l'exemple RAISON (faculté de raisonner). Si nous

d'aucun personnage consacré à Dieu qui se élions obligés d'apprendre des philosophes

soit permis lies railleries pour se rendre quel est le degré de firce ou de faiblesse de

agréable. la raison humaine en fait de religion, nous

C'est Barbey rac lui-même qui est répré- serions fort embarrassés. D'un côté, lés déisliensible , lorsqu'il ajoute que la raillerie les ont élevé ju q Taux nues la pénétration n'est condamnée nulle part dans l'Ecriture et l'infaillibilité de cette faculté-, afin de prousainte comme mauvaise de sa nature; le ver qu'il n'est pis besoin de révélation pour passage de saint Paul que nous venons de connaître Dieu , et pour juger quelle est la citer nous paraît une condamnation assez vraie manière de l'adorer. Do l'autre, les formelle. Il allègue des exemples d'ironie cl athées modernes ont répété tous les reprodc raillerie employés par les prophètes et cites que les épicuriens ont fails autrefois â les apôtres ; il aurait pu en citer même ui\ la raison ; ils font rabaissée au-dessous <!<• «le Jesus-Cbrist ; il ob-erve que les Pères s'en l'instinct des brutes, lîayle A tantôt exalté sont servis plusieurs fois contre les païens : les forces el les droits de la raison, tantôt il l'un d'entre eux a fait un ouvrage in'ilu- lésa réduits à rien, sous prétexte de soulé : Irrisio Phdosopho> um gentiiium. Nous mettre la raison à la foi. Ces riis-ertaleurs avouons* tous ces faits, mais comment el â auraient peut-être évité ce chaos de coutraqucl dessein ces vénérables personnes ont- dictions, s'ils avaient commencé par consiollcs employé les railleries? Pour corriger les dérer les divers étals dans lesquels la raison hommes de leurs défauts «t de leurs erreurs, humaine peut se trouver, «laiis des occasions où ils espéraient que En effet, il s'en faut de beaucoup que tous celle arme serait plus efficace que les rai- les hommes soient doués du même degré «in sonnemenls pour les loucher et les couvain - raison el d'intelligence. Cette faculté serait cre. Ce motif, sans doute , peut rendre la presque nulle dans un homme qui n'aurait raillerie permise; mais lorsque saint Paul et reçu aucune éducation, qui dès sa naissance saint Ambroise la défendent , ils parlent de aurait été abandonné dans les forêts, parmi celle qui n'a d'aulre but que de montrer do les animaux. Toutes nos connaissances sué- I esprit , d'amuser les auditeurs, el d'humi- culalivcs viennent des leçons que nous avons lier ceux qui en sont l'objet. Si Bayle avait reçues de nos semblables ; c'est par la soronsidéré cette différence, il n'aurait pis « iêlé que nous devenons loul caque nous censuréarec tant d'affectation les Pèresdel'Ë- pouvons être. Il n'y a doue aucune compaglise qui ont tourné en ridicule le paganisme, raison à fa. rc rn'rc la ra'sun d'un ptiiluso-

DlCT. 0t TlltOL. DOGMATIQUE. IV- ±

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i.lif, cultivée et perfectionnée par 4e longues mot pervrnat à ee former un plan de relleludeej el celle (l'un sauvage A peu près llu- g on pUTl el irrépréhensible ; donc il n'u j«pide el presque réduit au seul instinct; en- mais cle besoia de révélation pour aucun Ire l'intelligence d'un homme élevé dans le peuple. Quand le fait qu'ils avancent serait • ein de la traie religion, «l celle d'un iuli- aussi vrai qu'il est faux, la conséquence séné.'e Invhn dès l'rnfance des plus grossières rail encore très-mal déduite. Le gros des erreurs; entre la manière de penser d'un nations n'est pas en étal de faire les mêmes personnage naturellement vicieux , el celle éludes que les savants de la (îrèce ci d: d'une Ame. née pour la vertu. Argumenter Home ; que lui importent les lumières des sur la force ou sur la faiblesse de la foison philosophe*, si elles ne pénètrent pas juson général , en faisant abstraction des eau- qu'à lui, s'il ne comprend rien a leur docses qui peuvent l'augmenter nu la diminuer, Irine, ou si ces maîtres oigueillcux la garc'esl l'aire une spéculation en l'air, c'esl dent pour eux seuls ?

broncher dès le premier pis. A proprement Mais les anciens philosophes étaient plut

parler, lu raison n'est rien autre chose que modeste! el de meilleure loi que les inoder-

I a. faculté d'être instruit et de sentir ia vé- nés: ils reconnaissaient la nécessité d'une

rite lorsqu'elle nous est proposée (I ; mais révélation surnaturelle pour connaître la

ce n'est pas le pouvoir de découvrir toute Divinité el pour savoir quel colle il faut lui

vérité par nous-mêmes et par nos propres rendre; nous pour ions rassembler aisémei l

rèuVxrons sans aucun secours étranger. un grand nombre de témoignages qu'ils ont

Malheureusement nous pouvons être aussi rendus à celle vérité. Si ce sentiment n'avait

aisément égarés par de fausses leçons qu'é- pas été celui de tous les peuples, i's n'au-

claircs par des instructions vraies. Nous ne raient fias ajouté foi si aisément a ceux qui

voyons aucun homme élevé dans de faux se sont donnés pour inspirés. Il est d'ailleurs

principes quille prenne ses erreurs pour des démontré parle l'ail que, faute de ce secours

vérités évidentes (2) , chez les nations igno- surnaturel, les philosophes se s ni égarés

rantes el barbares, les usages les plus ah- en fait de religion aussi grossièrement qui;

surdes passent pour des lois naturelles et le vulgaire, el qu'ils ont consacré par leur

dictées par le sens commun. suffi âge toutes les erreurs et toutes les su-

Quaud, pour connaître Dieu el son vrai perslitions qu'îis ont trouvées établies. culte, la révélation divine n'aurait pas été Nous avons beau consulter I h stoirc et

nécessaire à un esprit sublime Ici que celui parcourir l'univers d'un h ut à l'autre,

de Platon, de Sociale ou de Cicéron, il ne pour découvrir ce que la raison a eufaulé

.s'ensuivrait pas encore qu'elle a été super- de mieux en fail de religion, nous ne irou-

lîuc pour éclairer le commun des ignorants vous partout qu'un polythéisme insensé il

aveuglés en naissant par les fausses leçons une idolâtrie grossière. Kn raisonnant 1res

d'une éducation païenne. Tel est cependant mal, tons les peuples ont jugé qu'il fallait

le sophisme ordinaire des déistes. Ils disent : adorer les astres, les éléments, toutes h s

La plupart des anciens philosophes, après parties de la nature, les Ames des morts,

avoir rassemblé les connaissances acquises même les animaux. Yoy. Ioolatrib. i. s

pendant cinq cents ans, après atoir voyagé philosophes, raisonneurs par excellence,

wl consulté les sages de toutes les nations, ont décidé qu'il fallait s'en tenir à celle religion, dès qu'elle élait établie par les lois, el

;i) Le premier sophisme des déistes esi d'envisa- qu'il y aurait de la folie à vouloir la changer la raison humaine telle qu'ils la possèdent; de ger. Tous ceux qui ont ru connaissance de partir du point de connaissances aminé i s >oiil par- R, ~t:„:« ,i„, i?.:f. i» . „ a Uns, pour estimer ce que penl tira i, ,aisoï ou ,a ™{»B»oa *•■ Juifs' ?«! condamne*. P*™ la faculté de raisonner dans tous les hommes. Mais ?"e '«S*»"8 "e voulaient auorer qu un seul la raison (Tun philosophe né dans le seio du chns- I/,eo\ En raisonnant toujours de même, ils nanisme, d'une nation -civilisée, éclajrée par la rêvé- onl «éprouvé le christianisme lorsqu'il a ete bit ion, cultivée par quarante ans d'étude; et la rai- prêche, et ils onl fait des livres entiers pour son d'un ignorant né chez les Tariares, dans les 1er- pi ou ver que cette religion nouvelle n'était res Auslialcsou dans les forêts de l'Amérique, ont- pas raisonnable. Tels onl été les grands exdles la même lâche ont-elles la même force , la r|oiis Je la raison humaine dans les siècles même étendue, la même sagaeue? Omonl i serait ,,■ „i,„, i„0 . „. i „ „.» >■ -, vrai que le premier peut se tare un svs è.ue de re- Çl che* les peuples ou elle paraissait avo.r llgion vrai, sensé, raisonnable, s'eiisml-il que le ac'!UIS Ie PIus de fo,rce el de lumière, second puisse en ïùre autant? Quand ou pourrait Aussi, lorsque les déistes viennent nous due que la révélation n'est pas nécessaire au pre- vanter la sulfisance de la rat 5 un, nous avons mier, s'ensuivrait-il qu'elle n'est pas plus nécessaire beau leur demander sur quelle expérience » «'autre. C'esl déjà uue absurdité d'affirmer que le ils en jugent, iis ne nous répondent rien, philosophe pouvait s'en passer; il est redevable à la Pour savoir ce que nous devons eu penser révélation même du degré de connaissance dont il nous avons un meilleur garant que leurs est doue. (Traite de lavraie lleliaion, t. Il , p. lij.) inioui-iiA... «',.i i „ „ i , • • • i

(t) L'édition de Mgr Gousset rappelle 'eu mue T? ■" , ™»d"«»« <1" ■ suivie la

l'impuissance de la raison pour parvenir à la con- , ,Ws l rovldence depuis la création. Dieu

naissance de la vérité. Cette assertion, condamnée " a f,,1s *',:i!,|ldu nue I homme raisonnât,

par Mgr Gousset lui-même, est beaucoup trop ab- *v8nl de lui enseigner une religion; il l'a

solué* Quoique affaiblie, notre raison peut encore, révélée à noire piemier père, pour lui et pour

à l'aide de ses seules turcs, parvenir à la connais- ses descendants. Dans l'univers entier nous

sauce de certaines vérités de l'ordre naturel. Yoy. ne trouvons qu'une seule religion vraie, sa-

Ç*aTlït»a. voir: celle que Di u a révélée aux palriar-

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cit'^ par Adam, uni Juifs par Moïse, à lous !( s peuples par Jésus-Christ. Jusqu'à ce Jim I-, après six mille ans écoules, toutes lus nations qui n'uni pas été éclairées par ce flambeau sonl encore plongées dans les mêmes ténèbres que les peuples anciens. Il nous parait qu'une expérience de six mille ans est assez longue pour nous démontrer ce dont I i raison humaine est capable. Lorsque les déistes nous présentent la prétendue religion naturelle qu'iis ont forgée comme l'ouvrage, de la raison seule, ils nous en imposent grossièrement; l'auraieut-ils inventée, s'ils n'avaient été élevés dans le sein du christianisme? pas plus que les philosophes «le Rome, de la Grèce, de la Chine et des Indes ; car ils voudront bien nous dispenser tle croire qu'ils ont plus d'esprit et de sagacité que n'en avaient tous ces raisonneurs. Leur prétendue religion naturelle est donc dans le fond très-surnaturelle, puisque quiconque n'a eu aucune connaissance de la révélation n'a jamais pensé au système des déistes.

Autre chose est de dire que la raison humaine, une fois éclairée par la révélation, est capable de sentir cl île prouver la vérité des dogmes primitifs professés par les patriarches, et autre chose de soutenir que la raison toute seule, sans aucun secours étranger, peut les découvrir. Les déistes confondent ces deux choses et fondent lous leurs sophismes sur celle équivoque ; est-ce iuatlention de leur perl ou mauvaise foi ? Un homme avec un certain degré d'intelligence est capable de comprendre le système de Newton, d'en saisir les preuves, d'en suivre les conséquences, lorsque le tout est mis sous ses yeux ; s'ensuil-il de là qu'il était en étal de l'inventer, quand même on ne lui en aurait jamais parlé?

On dispute vivement pour savoir si les mystères ou dogmes incompréhensibles que la révélation nous enseigne sont conti aires à la raison, ou si l'on doit seulement dire qu'ils sont supérieurs aux lumières de la i aison. 11 nous paraît qu'il y a encore ici une équivoque. Si la raison était la capacité de tout connaît e, les mystères seraient contraires à la raison, puisqu'elle n'y conçoit lien. Mais si notre raison n'csl dans le fond que la connaissance d'un très-petit nombre (l'objets, si nous sommes forcés d'ailleurs de croire une infinité de faits aussi incompréhensibles peur nous que les mystères île la religion, en quel sens ceux-ci sont-ils contraires à la raison? Quand on parle à un aveugle -né des couleurs, d'un tableau, d'un mir.iir , d'une perspective , il n'y comprend pas plus qu'au mystère de la sainte Trinité; cependant s'il ne croyait pas au témoignage de ceux qui ont des yeux, il sérail insensé. Si cet aveugle s'avisait de soutenir qu'il est contraire à la raison qu'une superficie plate produise une sensati j:i de profondeur, que l'œil aperçoive aussi pro.nptemeiil une clo le que le l'aile d'une maison, que h tête d'un homme soit représentée d un la bolle d'une montre, e!c. que

répondrions-nous ? Nous lui dirions : Cela est contraire sans doute à la faible mesure de vos connaissances ; mais cette mesure et la raison ne sont pas la mémo chose. Or, quand Dieu nous révèle sa nature, ses attributs, sts desseins, ce qu'il a fait, ce qu'il veut faire, ne sommes-nous pas à cet égard des aveugles-nés ?

Les déistes font contre les miracles lo même sophisme que contre les mystères; ceux-ci, disent-ils, sont contraires à la raison, et les miracles sont contraires à l'expérience. Par Y expérience, ils entendent sans doute le témoignage constant et uniforma de nos sens. Si nos sens nous attestaient tout ce qui a élé, (oui ce qui est, tout ce qui peut être , un miracle serait évidemment contraire à l'expérience; mais leur témoignage s'étend-il jusque-là ? Vous dites à un ignorant qu'un limaçon auquel ou a coupé. la léte en reprend une nouvelle : C'est une fable, répond-il d'abord; une expérience aussi ancienne que le monde prouve qu'un animal à qui l'on a coupé la tête meurt, et no peut pas en refaire une autre. Vous affirmez à un habitant de la Guinée, que par lé froid l'eau peut devenir aussi solide et aussi dure qu'une pierre : Je n'en crois rien, vous dit-il ; je sais, par une expérience constante, que l'eau e$i toujours liquide, etc. Mais que prouve l'expérience prétendue de ces genslà ? qu'ils n'ont jamais vu ce qu'on lear certifie ; il en est de même de celui qui n'a jamais vu de miracles. Or, appeler expérience le défaut même d'expérience, c'est abuser des termes aussi grossièrement que d'appeler raison le défaut de connaissance et de lumière. En confondant ainsi toules les notions, les incrédules argumentent à perte de vue, déclament contre la religion et contre ceux qui la professent. Ils disent que par la croyance des mystères on détruit la raison, et que l'on en interdit l'usage ; que les théologiens la décrient ; qu'ils veulent enlever à l'homme le plus beau de ses privilèges, qui esl de se conduire par ses propres lumières ; qu'ils insultent à la sagesse divine en supposant qu'elle a donné à l'homme dans sa raison un guide faux et trompeur; que sous prétexte de captiver l'homme sous le joug de la paroie divine, ils ne cherchent qu'à le soumettre à leurs propres idées, elc^ Clameurs insensées. C'est comme s'ils disaient qu'en altinnant aux ignorants des faits qu'ils n'ont pas vus, qu'ils ne verront peul-élie jamais, nous détruisons l'expérience, nous leur interdisons l'usage de leurs yeux et le témoignage de leurs sens; que nous insultons à ta sagesse divine en supposant qu'elle a donné à l'homme dam; ses sensations un guide faux et trompeur.

Lorsque Dieu nous enseigne par révélation des vérités que nous n'aurions jamais aperçues autrement, el que nous ne concevons pas. loin de détruire nos connaissances, il en éleud la sphère, comme celui qui apprend aux aveug;es-nés les phénomènes do la lumière el des couleurs. Il ne nous interdit pas l'usage de notre raison, mais il nous en

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