‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 11 sur 219 · FUI · texte numérisé non relu

FUI

révélée est prouvée ou non prouvée , par conséquent, vraie ou Fausse ; donc si nous sommes obligés de nous délier de celle lunéant ne saurait douier, et qmnd même j* me tromperais, il s'ensuivrait par mon erreur inèine que je suis quelque chose, puisque le néant ne peut se tromper. » Traiié de l'Existence de Dieu, part. Il, chap. F, § 6- M, de Lamennais avoue lui-même qu'il nous psi également impossible de révoquer en doute l'existence des corps qui nous environnent. Essai, t. Il, p. 19. On dira peut-être que l'assentiment que nous donnons à ces vérités n'est pis rationnel; mais (•lie lumière intérieure par laquelle nous jugeons et qui nous entraîne par une évidence irrésistible, if estelle donc pas la lumière de la raison? Qu'est-ce que la certitude, sinon l'impuissance de douter, fondée sur la perception cidre et distincte de la vérité?

c Voyons maintenant si notre esprit ne peut pas, par un enchaînement facile de principes iucontesialilis et de conséquences nécessaires, s élever de ces vérités primitives et Fondamentales jusqu'à la con- RaiâSance de Dieu.

« Tout être existe par lui-même et en vertu de sa propre nature, ou doit son existence à une cause étrangère. Qui oserait soutenir que tous les éléments matériels qui composent cet univers existent nécessairement, qu'il n'y a pas un insecte, une ieuillc «l'arbre, un grain de sable, un atome dont on puisse concevoir l'anéantissement ou la non-existence ? Un être nécessaire ne saurait avoir des propriétés accidentelles ; de qui les aurait il reçues? Pourquoi aurail il les unes pltilft que les autres? La matière qui, sous la main de l'homme, prend des Formes si diiîéi entes; ces corps que nous voyons naître, se développer, décroître et périr; le inonde, en nu mot, doit donc son existence à une cause étrangère. A qui li d> it-il ? Au hasard? Le hasard n'est rien, et s'il n'est rien, si c'est un défaut cl une privation de cause, pluiôi qu'une cause rentable el effective, ii s'ensuii qu'on nous trompe quand on nous dit «pie c'est h- hasard nui a faille monde. » Abhadie, de la Vérité de ta lleli-j. chrci., seet. 1, chap. 5.

« Un a supposé une succession infinie d'êtres contingents qui se reproduisent perpétuellement; mais on a mihlié de nous dire qui a dmiu ■ à ces élres lu Faculté de se- reproduire, qui a déterminé l'ordie, les loodilioiis, le temps de celle reproduction perpétuelle. D'ailleurs, « admeure une succession infinie dètrcs muahles cl dépendants sans aucune cause première, c'esl supposer qu'il n'y a rien dans l'univers qui exis e par lui-même et nécessairement. Or, si rien n'existe nécessairement, par qui ci comment «eue succession délies a-t-clle été de tnuie éternité plutôt déterminée à être qu'à n'eue pas? > liai ko. Ue l'Elis ence de Dieu, chap. 5,

« r.iiliu, la matière lut-elle éternelle, nous demanderions encore d'oii viennent les lois qui la régissent, si, inerte et passive de sa natuie, elle s'> si donné à clle-mèine le mouvement, « Concevoir, dit J.-J-. Itinisseau, la mat. ère productrice du mouvement, c'est concevoir un clfet sans cause, c'esl ne concevoir absolument rien. . . . Diles-moi si, quand on vous pat le d'une lorce aveugle rép indue daus toute la nainre, ou | orle quelque véritable idée dans votre esprit. On croit dire quelque chose par « es mots vagues «le lorce tuthersrite, de mouvemenl nécessaire, cl l'on ne «lu r.en du loin. > Emile. 1. III, p. ij.

« La raison de l'homme n'est donc pas dans l'impuissance absolue de s'élever jusqu'à Dieu. Il f.m néci ssairemetil admettre l'exUleMee d'un être infini, éternel, qui a créé le monde par sa louc-puissmce, qui le gouverne par sa sagesse, ou btea il Faut s'engager dans un \asle l..h\ runln; d'égaieu.enls el il'err«:urs. Quelles smii eu «fiel les uunscqueiiceti de [■■<,-; re* systèmes qu'a euFanlés la philosophe moen.c? Il n'eu est [»as u;i ïcuI qui lie doive naturellement

mière, nous n'avons point d'autre p.'trli a prendre que le pvrrhonisine ou le scepticistnc en lait de religion.

Réponse. C'est à la vérité par la raiiot seuie que nous devons juger si les preuves d'une révélation sont réelles ou supposées, solides ou seulement apparentes ; mais ces preuves sont des laits. Or, les faits se prouvent par des attestations et par des monu- ( mente, et non par des raisonnements ou par un examen spéculatif de la doctrine révélée. L'examen des faits est à la portée des hommes les plus ignorants, puisque c'est sur des faits que porte toute la conduite de la vie : il n'en esl pas do môme de l'examen de la doctrine; il faut discuter pour savoir si cllo

conduire au scepticisme ceux qui auraient l'imprudence de l'adopter.

< 1* Déduire toute la science de l'homme à savoir, non ce que les choses sont eu elles -mêmes , mai* seulement ce qu'elles paraissent êlie: rejeter hor& des bornes de toute connaissance certa'ne l'existence des corps, notre libre arbitre, la vie future, el même ces axiomes consacrés par l'assentiment universel, c'est évidemment détruire toute vérité el anéantir l'intelligence humaine.

< 2" M. de Lamennais, qui accuse les philosophes allemands d'extravagance et de folie, a-i-d été luimême plus sage? Pour soustraire les hommes au scepticisme, il ne sulfit pas de leur offrir un principe de certitude, de leur présenter l'autorité comme l«: fondement inébranlable de nos croyances, il Faut encore leur donner les moyens de cou naître celte autorité: Mais s'il est vrai que souvent les sens nous trompent, que le sentiment intérieur nous trompe, que la raison nous trompe, el que nous n'ayons en nous aucun moyen de reconnaître quand, nous nous sommes trompés; si nous ne pouvons rigoureusement i.ffirmer quoi que ce soit, (Essai sur l'indifférence, t. Il, p. â&), comment connaîtrons-nous ce consentement commun hors duquel il n'y a, dit-on, que doute et incertitude? Une vérité appuyée sur îles témoignages humains ne saurait être plus certaine que l'existence des témoins qui déposent en sa faveur ; mais si la r aiso i ne sait ce. quelle est, ni si elle esl, si son existence est un problème qu'elle, ne peut résoudre qu'à l'aide de Cautviié du genre humain, Ibid., p. 52, quelle certitude pou \onsnous avoir de l'existence d« s hommes dont le témoignage est, dit-on, la seule lègle infaillible de nos jugements?

«5° La loi, que quelques-uns ont voulu substituer à l'autorité générale du genre humain, n'est point une simple persuasion murale, elle n'est pu un me croyance aveugle, elle doit nécessairement reposer sur des principes certains. Mais quelle sera pour chacun de nous la. certitude de ces principes? comment d'ailleurs pourrons-nous constater, sans craiulj aucune d'erreur, le fait de la révélation divine, peser la valeur des témoignages qui attestent ce fait, si notre raison individuelle esl faillible eu loin? Donner la loi comme la condition première de toute. c> n ■ un. séance, de toute science, de toute philosophie. (!,'• Morale de l'L'vangilo comparée à celle des pli loso>phes, p. 5a), c'esl mériter le reproche que M. de Laineiina.s a fait injustement à Descaries, c'e-t poser au milieu des ans la première perre de l'édifice qu'on eiitieprend d'élever. Aussi M. de Lame. mais a lélu'': Un. tes ces opinions et il s Vsl réfute lui-même quai \ il a du : < Si la raison m-us ordonne de d»ulcr ' i iimi, la nature nous le défend. ... Il u'exisie p< i ,1, il n'exisieia jamais de véritable pyrrbonieu ; le du iitj uuiver.se , absolu, auquel nous condamne une -e- Mae logique, est itoj'ossib e aux hommes. Euai , t. Il, p. jD.

i\ K.U RAI ri

«•si in elle-même vraie oh fausse, tl cette ea «l'autre secours pour connaîtra Dieu et

discussion ne pool êire faite que par des la vraie religion nue la raison toute nue ;

hommes 1res- instruits, encore sont-ils expo- e'eil une erreur. Dieu leur a donné à tous

bés a s'\ tromper lourdement. des grâces surnaturelles el inlérieurci ; l'ilg

S'il y eut j.'imflis une question qui parut avaient été fi I les à j correspondre, ils au-

ftlrè du ressort de la raison, < •'< i i d'exami- raient reçu des secours ploi abondants et

nérs'il n'y a qu'un I)ieu ou s'il y en a plu- plus prochains pour parvenir à la connaU-

sieurs ; si toutes les parties delà nature sont sance de la rérité. Ils sont donc inexcusa-

a minées ou non par des intelligences, par blés, comme saint Paul l'd décidé. J o//.Cu,ice,

des esprits, par des génies puissants et arbi- § 3, litpinèLBS, etc.

Irffe rie nos destinées, si c'est â eut qu'il Ta ut Quatrième objection. C'est à la raison

adresser noire culte, et non à u\\ seul Ktre, seule de juger en quel sens il bol prendre

créateur el gouverneur du monde : cepen- les paroles de l'Ecrilore sainte , de voir s'il

dant Ions les peuples s'y sont I rompes, et faut les entendre dans le sens littéral ou

les philosophes aussi bien nue les peuples, dans le sens figuré , de choisir entre deux

Les Juifs seuls et les chrétiens instruits par passages qui semblent se contredire , cel i

la révélation se sont préservés de celte er- qui doit expliquer l'autre ; pourquoi ne

reur. Ce n'est poinl donner dans le pyrrho- serait-elle pas aussi en état «le dérider la

nisme que de refuser à la raison l'examen question en elle-même et indépendamment

des questions qui ne sont pas à sa portée, de l'Ecriture?

lorsqu'on lui soumet la discussion des faits Itépotiêe. Nous nions absolument ce prfn-

dint elle peut être juge compétent ; toute la cipe des déistes , qui est celui des prolet-

dilTérence qu'il y a entre nous el les incré- lants . et qui e>>t une des premières sources

tlules, c'est qu'en dit de religion ils reover- du déisme; c'est donc aux protestants seuls

sent l'ordre de l'examen que la raison doit qu il importe de résoudre celle objection, et

(aire. Ils vcu'cnl que l'on commence par nous n'en connaissons aucun qui s'en soit

voir $j (clie doctrine est vraie ou fausse en donné la peine. Pour nous, nous soutenons

< Ile-même, el qu'au cas qu'elle paraisse que personne ne peut être absolument cer-

tansse, Ton conçue qu'elle n'<sl pas rêvé- faiu du vrai sens de l'Ecriture que par l'en-

lée. Nous soutenons au contraire que l'on geignement de l'Eglise catholique , el nous

doit examiner d'abord si elle est révélée ou l'avons prouvé ailleurs. Yoy. Ecriture

non, parce (jue c'est un l'ait; et que si elle sainte.

l'est, on doit en inférer qu'elle est vraie, S'il était nécessaire , nous n'aurions pas quand même elle nous paraîtrait spéculali- beaucoup de peine à démonlrer la faiblesse veinent fausse. Nous n'en demeurons pas là, de la raison humaine , l'incertitude de ses nous prouvons que tel est l'ordre naturel et jugements et la multitude de ses erreurs en légitime, 1" parce que le commun des hom- l'ail de morale, de d/oil naturel, de lois, d'urnes est plus en état de vérifier un fait que sages et de coutumes. Hérodote (lisait déjà de discuter un dogme ; 2° parce que l'on se autrefois que si l'on demandait à des homirompe moins souvent dans le premier de mes de différentes nations quelles sont les ces examens que dans le second ; M" parce meilleures lois et les coutumes les plus rai- <:ue les preuves de fait font sur nous beau- sonnables, chacun d'eux ne manquerait pas coup plus d'impression que les arguments de répondre que ce sont celles de son pays. spéculatifs, etc. Voy. Fait. Lorsqu'il s'agit de décider si une action est

Troisième objection. Si le commun des bonneou mauvaise, conforme ou contraire au

hommes n'est pas en état de discerner par droit naturel, un homme désinléresséen juge

la raison seule la religion d'avec, la supers- ordinairement assez bien : s'il a le moindre

•it ion, le culte vrai d'avec le culte faux, tous intérêt à la chose, il trouvera vingt sophis-

ccux qui sont nés dans le paganisme ont été »»es pour justifier l'opinion qui lui est la

excusables; ils n'ont pas pu cire justement plus favorable. Oui s'avisa jamais de con-

jiunis pour s'être trompés sur la question de sulîer un juge qu'il sait ère prévenu ou

savoir s'il n'y a qu'un Dieu ou s'il y en u passionné? Cependant tous font profession

plusieurs. de suivre et croient suivre en dïel les plus

lic'punse. Pour juger jusqu'à quel point pures lumières de la raison, parce que tous

les païens ont été excusables ou puui-sa- confondent le diclamem de la raison avec c< lui

Ides, il faudrait connaître les causes de fer- de leurs préjuges , de leurs habitudes, do

reur de chaque particulier; jusqu'à quel leur intérêt el de leurs passions. Au reste,

poinl les passions , la négligence de s'ms- ce n'est pas d'aujourd'hui que les mécréants

truire et de réfléchir, L'orgueil et l'opiuiâ- accusent les orthodoxes de dégrader et de

treté, etc. , ont influé sur son égarement: mépriser la raison humaine. « Pour tous,

I>icu tient peut le connaître. Saint Paul a disait le manichéen Fausle à saint Augustin,

décidé que du moins les philosophes ont été i- xviu, c. 3, vous croyez tout aveuglément

inexcusables {Hom. i, 20] ; que les autres se el sans examen , vi us condamnez dans les

sont laissé conduire comme des animaux hommes la raiion, le plus précieux des dus

stupides (/ Cor. xu, % : il y aurait de la té- de la nature . vous vous faites Scrupule de

mérité a s'élever contre cette décision i et il distinguer le rt ai d'avec le faux , (t vous

ne nous importe en rien d'entier là-dessus redoutez dut a r.t le discernement du bien ..i.

dans aucun examen. Eu second lieu , celle du mal . que les enfants craignent les es-

objection suppose que les païens n'ont point p r 1 1 s el les lutins. » Mais Terlu;hen a t. es-

c* riAM RAT El

bien remarqué quo quand les sectaires pro- Christ. Ce mente dimanche a été appelé ûll-

niellentàquelqu'underemellrelouteschos' s trefois d'ininifu compst-ntium , parce que

an jugement de sa raison . ils ne cherchent ce jour. les culée h u mènes venaient Ions en-

.iu*à le séduire par une tentation d'orgueil, semblo demander a l'évéque la grâce du

Dès qu'une fois ils vous tiennent, dit il . ils baptême, qui devait cire administré le tli -

rx'gent que vous les croyiez sur parole, manche suivant. Ml comme, pour les y pré

l.ribnitz a tait à ce sujet des réflexions très- parer, on leur lavait la tète ce même jour,

judicieuses ; il démêle fort bien l'équivoque il fut encore nommé Capititavium. Enfin , ta

du mol raison, ei il fait voir que , dans une coutume dea empereurs et des patriarches,

infini é de choses, la raison même nous or- d'accorder des grâces ce jour-là, lo lit nom

donne de iccourir à un autre guide, Esprit mer *e dimanche d'Indulgence. Noies de Mé-

,ie Leibnilt, lom. I. p. '253 et suiv. nard sur le Sneram.de S. Grégoire ; 'tlm-

Quand la raison de l'homme sérail une massin. Traité des F êtes , elo.

lumière cenl fois plus pénétrante et plus RATION AL , ou PECTORAL. Vuy Or agio.

infaillible qu'elle n'est, il y aurait encore „ RATI0NVL,SMK> „ |(, ,(! j()lir ^ i(J<) ,,

oe I ingratitude a dédaigner et a rejeter le ^^^ n,(tmme „' ë U(l fr|lf|,;le ,•„,„.,

secours précieux que Dieu veut bien y ajou- (|e |a scit,|l0tî d|l |)je|| n (I|| ma, u a vo!l|ll ^ lo|||

(er par la révélatiou. li n'y a certainement p:ir |a raison. Il a voulu mesurera son iulelligenCM

pas de lumière plus l rillanle que celle du |,.s choses divines. De la le désordre dos idées reh-

soleil ni plus capable de nous éclairer; ce- gieuses de certains peuples, tant dans l'ancien (em; s

pendant lorsqu'il faul descendre dans un <iu'à noire époque. L'histoire de toutes léseriez.

souterrain, nous sommes forcés de recourir humaines, est l'Iiistuire de la raison qui a v< ulu s'in-

à un nambcao. C'est la comparaison dont se sufger contre la vérité révélée. Cependant le mm, de

. : , n i „. i. . i ,„ r. iài .„ a „.. raliona usine a Ole teserve a ces ecu es qui ont >v*-

sert saint Pierre ; l exhorte les l Je os a se ,. , . , ■ -, . .. ■ i • . J

,,,,.,', , ... lemaliquement cl exclusivement mis la i-atson i our

rendre Attentifs aux leçons des prophètes, buse de tomes les croyances. Nous poumon, din-

( omme a une lumière qui brille dans un lieu tingner trots époques principales où le rationalisme

o.iscur en tri tendant que le jour vienne (/ ain'>i compris a dominé. l° Pendant le rèfine de la

Pflr. 1,19). Voy. Rationalisme , Révéla- philosophie greci|tie, Pythagore pourrait servir de

tiov. point de départ. L'élu. le des divers systèmes d<*

philosophie, de celle époque appartient au Dciion-

I.aison (Cule de la), t oy. Fête de ca raison. |iaiie de philosf plti,: qui d.-vra exj.oscr ce que ce,

RAMEAUX. Le dimanche qui commencé I*ijw>pl'e8 «enaieni ^ la tradition et de leur préla semaine sainte et qui est le dernier du Le'La dixième époque comprend .'école d'Aloxanlarêmc, est appelé le dimanche des Hameaux, {h]e< qili (nôiaU ,0 p|8l0„jcjsrne au christianisme. <lohiiuica l'a'mannn, a cause de l'usage ela- C'est cette école qui a donné naissance à h multitude lili i\ès les j rentiers siècles parmi les fidèles, des sectes gnostiques- que nous avons fait connaître île potier ce jour-là en procession et peu- dans le cours de ce dictionnaire. Voy. Gnostiqi ;r.s, daut l'office divin des palmes on des rameaux Alexandrie, Valektimens, etc.— {Voy. aussi L)i.:t. d'arbres. en mémoire de rentrée triomphante de Théol. mor., t. Il, Hix'.oire de la théolog<e.) de Jésus-Christ à Jérusalem huit jours avant La /«'«îsèine époque, celle qui peut prendre le la pâque. Il est dit dans les cvangélistes, no!11 ,e rationalisme proprement du, est celle do . ,. j „ . , . o., » noire temps. Au siecie dernier il se manifesta sous que le peuple, averti de 1 arrivée de Jésus a ,e ll0llI de philosophisme ; il avait pour hui d'alta- Jerusalem , alla au-devant d* lui ; que les «uer directement le christianisme et de le détruire.

uns étendirent leurs vêtements sous ses pas, Nous avons lait c nuire cette espèce de raiiuiia-

«lue les autres couvrirent le chemin de lirait- Usine dans un grand nombre d'articles de ce cUeiiuu-

« h -s de palmier; qu'ils l'accompagnèrent uaire. liejEgier semble n'avoir eu d'autre lâc'e que

ainsi jusque dans le temple en criant: Pros- ,io le combattre* Aussi il y a fort peu d'articles de

périté au Fils de David! béai soit celui qui •?" dictionnaire où le rationalisme philosophique

» rent au nom dm Seigneur ! Malth. , C. xxt ; J*"'? s;ec!e P*»'1 fn.™»**- U rationalise <e

,i„ „ , •* „. . ' . ,.,' notre temps s est fail chietieu tu ur mieux an orhe.

Marc., c. xi ; Luc, c xix. C est ainsi qu ils ,e c|llisli:ini5llie. C'est surtout en Allemagne q.r',1 i

le reconnurent pour le Messie. A raison de pns naissance et a débordé sur mus les autres pays.

celle cérémonie , le peuple, dans plusieurs Nous lui avons consacré un granJ nombre d'artic e».

jrovinees, appellele dinianchedes Hameaux, Voy. Kaxtisme , Ciuticjsme , livÉcÈss n.uvii.lk,

{'â/ues fleuries. EaÉgètks allemands, IIécel, Sciielling, Ixl c-

L'usage de l'Eglise est de bénir ces ra- ï'sme, Ecole écossaisk, I'hoguès (Doctrine duK etc.

meauj- en priant notre Sauveur d'a,rréer La cause du rationalisme vient de cette maxinio

l'hommage que les fidèles lui rendent comme »«|ueU,euse, que C homme ne doit admettre « <e ce

-, i...... - ; ■ a i„.. c : i « i i ■ <7" » comprend ; maxime demeuuc inr a titatiuim

a leur rot et a leur Seigneur. Le P, Leslee, 4noUd,e...io. car l'homme a le MnH.uie.il ifa son

dan, ses ^ ote-< sur le Missel mozarabiaue, ob- exisieme, de s.t vie, sans pouvoir les comprendre.

serve que cette bénédiction a été en usage M. de Ravignau a donné une conférence qui combat

dans les tlanlea et en Espagne avant la fin le principe fondamental du rationalisme ; nous al-

du vu siècle; mais elle peut èlre beaucoup Ions en rapporter les principaux passages.

plus ancienne, quoique l'on n'en ait pas des * y" se demande avec étoiuiertiém, dit cet auteur,

preuves posiiiv-s. Alcuin dans s >n livredes co ,t:"1 '' a °" se laiie 'l"e> d;i"s lout le (',,|,rs des

O/Êcet divins, nous apprend que, dans quel- i"é,;les. Umi d'incertitude et tant d'incohérence

•m mm ;.reiic, i'ni. „ ;, , ■ i soient venues entraver et obscurcir les réciterai • s

ue» églises, I usage etail de dacer le livre ,.„„„„„.,., (I:111S ,eg „M ràllia b.eludîah elle.

Je l Evangile sur -ne espère de fauteuil, qui UtèiM . u'Iiisioire de la phi:o,ophie est en gran.lu

«M ait porte a la procession par deux diacres, partie P..istoire des travaux rnir.-pn, par r.spni

anode représenter ainsi le triomphe de Jésus- Imiudiu pour parvenir à se cumiuhru. Ce sont aâ»»l

RvT

1rs archives nnn-tculcmcui les plus eu ieu e- ii étudier, mai* aussi les |>lus instructives, si l'on sait eu l'ioiurr. Quand un vciii mûrement y Ibo, et n-nuier attentivement les données philosophique* sur la nature île l'âme, sur la puissance el le* droits île la raison, Oll trouve alors que deux systèmes pimcipaiix sont Pli pi (•■••née.

« Les uns, frappés <b-s impressions exlérienrei et sensibles qui accueillent l'Iioinnif! au lierceau, qui l'environnent ei i*accom|Kigiient dam looieg les phases de snn existence moi telle, frappés île ces relalions entretenues sans cette au dehors par l'action 'lis nrg n s el des sens, les uns, dis-je. ont Cm que le rnuileuieiit de nus counais-ances, h puissance réelle de l'Allie Ct les droits de la rai-o:i dev;i .ni être surtout placés dans l\-x| érh-ucc. C'est ce qu'on ;i nommé l'empirisme; et parce mut, je ne veux pas seuli'iiienl exprimer ici l'abus, niais encore l'usage de l'observation el de In sensibilité concilié rées, selon quelqucs-cu-, comme le principe même de nos connaissances.

< L'an ti e système, d'un spiritualisme plus noble et plus élevé, plan; la nature île l'àinc, ses droits, son pouvoir premier dans l'idée même purement inlellectiii Ile. Ainsi, au moyen île l'idée puie, lame conçoit el développe la vérité par son énergie propre • t mlune. C'est l'idéaMsine. Il ici encore, je ne M'iix pas non plus iinnim-r seulement un excès. L'expérience donc, l'expé ience sensilile et l'iilee pure, voilà, ie crois, les deux bannières distinctes sous lesquelles on peut ranuirla plupart des théories laborieusement ei fi niées pour exprimer le principe i e nos connai-sanc.es, I" nature même de l'âme et les droits de la raison. Les uns ont semblé tout rapportera l'expérience, les antres à luire II fauls'anêler :ivec I'clvI d'une considération attentive sur ces disposit on- e\(ln-ives el contraires des hommes uni l'iilènl i nés sages an sein de l'humanité.

« l>es esprits exclusifs et tr«p déliants peut-è re à l'ég rd de- pin es el liantes, spéculai ons de la pensée s'emparèrent de la matière el des sens, et s'y établirent.» omine au siège même de la réalité-, i's crmeiit pouvoir y recueilli- tous les principes, tontes es Connaissances el les idées de toutes choses, ils adoptèrent l'empirisme ; d'immenses abus s'eiisuiviren'.

il. de Itavigjiaii trace l'histoire (le l'empirisme nu <'ç la philosophie e\|ié tmetilale en 0 ient, en Giè^e, en Angleltne et eu Fiance. Il expose égilenenl l'histoire de l'idéalisme, et rappelle que les plus illustres repiésentan s de cette philosophie fuient, ave ç les cuitieiuplalifs de l'Inde, l'ylhagore, les métaphysiciens d'Elbe, l'.aion , rt depuis le christianisme, >aint Augustin, saint Anselme, De caries, Mallehranche, Bossuei, Fé eloil, Lciinil/,. L'école allemande vint ensuite, el l'orateur montre qu'elle se prée pila dans tous les abus de l'idéalisme le plus ouiré.

« Des hommes, dif-jï, qui ne manquaient assurémeul ni de force ni u'é-ciidue dans l'intelligence, se sont un jour séparé- de Mus les enseignements de la traduit n. Ils ont méprisé les travaux des via:s sages el tomes les données du sens commun : ils se sont emvrés de leurs propies pensées, L'orgueil de l'es pi il el ses illusions, qu'ils .-e dissimulaient peut è re ii eux-ii èmes, les mil culmines bien loin, bien loin du biil. Alors tout a vacillé à leurs i égards, tout a paru moi. va .t t'ev.ini leurs yeux ; leur vue s'est obstinée. Il- n'ont plus rien ap-rçti de stahle ni de lixe. ils n'ont plus r<t ounu de bases el n'uni plus retrouvé d'appuis. La foi était la terre de refuge el de saiu • Ce- h n: mes n'avaient plus la loi. La pierre angula re, le Christ pi rmanenl dans l'Eglise, s'était lia informée pour eux en vagi e phétiomèue, en vaine évolution de l'idée, pas atitre chose. .M. us abus la vie *crii. blc :> fui de ces âmes, cl elles n'oi.l eu pour dernière ci nsulati.oii el pour dernière espérance (.u'..ii ullici.i désespoir dans u e uég.liun uuiver-

si-Ile et absolue. Il fut d ■ i •■i,:ra.'eusenieni re-(er

dans son bon sen-, il laul é»ilt-r courageu-emenl les exliêines, il faut respecter ie- h -ses po-ées el rcllechii lonftempi avant de prononcer. Il bol reconnaître les i orne- avi -.- lesdioits el l'aclion véritable de la rai-ou humaine >

Il y a, Selon !•• grand oraieur, trois sources de cnnnai--ance- ; l'idée, l'expérience el la loi.

« Si l'on reul n'accepter une les droits de l'idée pure, on risque de s'abîmer dans le gouffre des afcav tiai lions : si l'on veut n'accept.-r que l'expérience des seul tout seuls, M courbe la dignité de l'intelligence el de iVsprit sons le joug des sens et des orguies, si l'on ne v. ni m imites eboses que l'auloriié et la foi, je le dirai avec franchise, on rend l'.uitoriio et la fui impossibles a la raison. Trop généralement, I s philosophes scinde-il riioinnie et le divisent violemment Si l'on acceptait l'homme lout er.tier, tel qu'il est, avec se- lacidiés diverses : si |*ou an épiait rienooie avec sa vue intelb-ctuelle et pure, arec sa loue >-xi érimeiitale et sen-ible, avec son intime et invincible besoin de- verilé- divines et rêvé ées, alors, on aurait l'homme lotit enlier, on anrail l.i vraie nature de l'aine, les condition- el les droit- véritables d: la raison. .Mais ce n'est pas là ce (prou fait : on pi end une lacuilé, une partie, un.: loue de l'homme, el l'on y place mule la raison ei louie l.i philosophie.

< On exemple illustre va éclorcir ce que je riens d'énoncer, (juaud pescarles parut, il voulut p itétrwr loutes les profondeurs de l'âme, sonder la uaiure intime de la raison, et recommencer mélho lique eut imite la chaîne de nos Connaissances. Ce lut alors qu'il pronom;.! le mol devenu si célèbre : Je pe t-e, itonc je suis. Ouani à m i, il me semble que Descaries aurait pu tout ;uissi bien diie : Je pense et je Sin-, ou j'evisie el je pense, Car nous avons également la cou cience et de noire pensée el de notre ex s ence. Vous en conviendrez, je erois : Ces deux vér.lés sont simultanées, e.les sont évidentes au même degé pour la laison. C'esl par une seule et même peiceplînu de l'a: ne que nous connais Oui noue existence aussi bien que noire pensée.

< l'ar où, el c'est là que je veux en venir, par où vous pouvez bien comprendre que, pour a voir la notion vraie de l'ànie, les condition* constitutives du la raison, il f.ui unir sainement l'un avec l'autre l'élément empirique el l'élément idéaliste, c'est-à-dire en d'autres termes et en termes fort simples, l'idée ci l'expérience; et pourquoi? parce qu'il y a -iinuitanéine.ii dans l'homme ces deux choses, ces deux facultés, ces deux principes : l'idée et l'expérience. ht c'est ce que j'ai voulu signifier eu associant aiusi ces deux mots : je peme el j'exisle : expression, l'une du momie logique ou de la pensée, l'autre du monde expérimental 1 1 sensible. Voilà donc, si nous voilions en convenir, le double élément qui constitue d'abord, à nos regards, la nature intellectuelle ie l'homme ei la foi ce première de la raison ; l'idée, la vue intellectuelle et pure du vrai ; et l'eipéiienee, ou la c imaissauce que h s sens nuits donnent des » -bjeis f.xérieur- et sens blés. A la premièe de.- !■- (iiitts, à l'idée, cm respom.enl toutes ces notions genéiales, spirituelles, qui ne peuvent nous venir p.ir les sens, telles que les notions de l'être, du vrai, du bon, du juste, auxquelles il laut joindre l'amour nécessaire de la béatitude, le besoin d'agir pour une lin, pour un I ut, pour une lin qui suit comp e e et dernière, tl la, von- aVel le tond naturel île m le intelligence, el ce qu'on (eut nommer les premiers dnii- cutistiiués de la rat-un

« Qu'aune l-il Joue et qli'ai-je à dire encore? Ah ! la raison iuipaiienle sagi e, elle cbercîie, elle cberciie, elle avance et avance toujours, loui à coup sa vue .-', h curcil, >a vigueur s'arrête. Elle chancelé lonunc un liuiiimu i\ie. bile se débat en vjtti au i;.ilieu d'épaissis léncb;c . o .e s'esl il liOnc

Page 1