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inunion, île peur que l'estomac du prêlre qui en consommera les restes n'en soit trop chargé. Nous rougissons de rapporter ces odieuses accusations , mais il est bon de montrer jusqu'où l'entêtement et l'esprit de vertige peuvent pousser un protestant. Basnage a fait tout son possible pour prouver que les anciens Pères de l'Eglise n'ont cru ni la présence réelle ni la transsubstantiation ; et le voilà qui leur attribue la conséquence la plus fausse et la plus révoltante que l'on puisse tirer de c^s deux dogmes.
Origène est le seul que nous prendrons la peine de justifier. Lorsque ce Père parle d'aliment consacré dans ce qu'il y a de matériel,ûq la substance du pain, ou il n'a pas cru la présence réelle, ou il a supposé l'impanation ; et nous avons fait voir que, dans l'un et dans l'autre système, le slercoranisme ne peut pas lui être imputé. Si Origène a seulement entendu les qualités matérielles et sensibles du pain, comme nous le pensons, l'accusation est encore plus absurde, et nous l'avons prouvé. ï'oy, les notes des éditeurs d'Origène sur cet endroit.
Les protestants se fâchent, lorsque nous attribuons des erreurs aux hérétiques anciens et modernes, par voie de conséquence, et ils ne cessent de recourir à cette méthode pour imputer aux Pères de l'Eglise entière non-seulement des erreurs, mais des infamies. Basnagc avait avoué qu'aucun transsubstantiateur n'a jamais été assez insensé pour admettre le slercoranisme, non-seu'emenl à cause que le respect qu'il a pour le corps du Fils de Dieu s'oppose à cette pensée, mais encore parce que ce corps adorable étant dans l'eucharistie invisible, indivisible, impalpable, insensible, il est impossible de croire qu'il est sujet à la digestion et à ses suites, ibid., c. 6, § 3. S'est-il repenti de ce trait de bonne foi ? non ; mais il a voulu prouver que les Pères n'admettaient point la transsubstantiation, puisqu'ils admettaient le stercoranisme. Encore une fois, ceci ressemble à un délire. Si les Pères n'ont pas cru la transsubstantiation, il faut du moins qu'ils aient cru la présence réelle, autrement l'accusation de stercoranisme est absurde. S'ils ont supposé la présence réelle, que l'on nous dise comment ils l'ont conçue, et alors nous prouverons que celle odieuse imputation est toujours également opposée au bon sens.
Si c'est à Basnage que Mosheim en voulait, lorsqu'il a dit que le stercoranisme n'est qu'une imputation maligne, il n'avait pas tort. Les incrédules en ont profité pour vomir des blasphèmes grossiers et dégoûtants contre le mystère de l'eucharistie.
* STEVENISTES. Slevens , vicaire général du diocèse de Namur au moment du Concordat, perdit ses pouvoirs lorsque les sièges de Liège et de Namur furent remplis. II s'était acquis une grande estime parmi tous les prêtres belges. Il continua, comme docteur particulier, à éclairer et à diriger beaucoup (l'entre eux. La petite Eglise faisait alors du bruit. Elle eut de l'écho dans la Belgique. Plusieurs prêtres, se couvrant du nom <le Slevens, liient une vive
opposition au Concordat. Slevens les condamna el leur donna l'exemple d'une entière soumission aux volontés du souverain pontife. Il sut toujours distinguer les actes qui émanaient de l'autorité ecclésiastique de ceux qui procédaient uniquement de l'autorité civile. Il attaqua les articles organiques; il blâma le serment prescritaux membres de la Légion d'honneur; il déclara en 1809, lorsque le pape l'eut excommunié, qu'aucun prêtre ne devait plus prier pour Napoléon. Tous ces actes firent regarder Slevens comme sectateur par les partisans de l'empereur; il était cependant dans le vrai. Il se montra toujours soumis au saint-siège, et mourut plein de vertu eu 1828.
STIGMATES, marques ou incisions que les païens se faisaient sur la chair, en l'honneur de quelque fausse divinité. Celle superstition était défendue aux Juifs, Levit., c. xix, v. 28 ; l'hébreu porle : Vous ne vous ferez aucune écriture de pointe, c'est-à-dire aucun caractère ou aucun stigmate imprimé sur la chair avec des pointes ; c'était un symbole d'idolâtrie.
Plolémée Philopator ordonna d'imprimer une feuille de lierre , plante consacrée à Bacchus , sur les juifs qui avaient quitté leur religion pourembrasser celle des païens. Saint Jean, Apoc, c. xui, v. 16 et 17, fait allusion à cette coutume, quand il dit que la bête a imprimé son caractère dans la main droite et sur le front de ceux qui sont à elle ; qu'elle ue permet de vendre ou d'acheter qu'à ceux qui portent le caractère de la bêle ou son nom. Philon le juif, de Monarch., 1. i, observe qu'il y a des hommes qui, pour s'attacher an culte des idoles d'une manière solennelle, se font sur la chair, avec des fers chauds, des caractères qui marquent leur engagement. Saint Paul, Galat., c. vi, v. 17, dit, dans un sens fort différent, qu'il porte les stigmates de Jésus-Christ sur son corps, en parlant des coups de fouet qu'il avait reçus pour la prédication de l'Evangile. Procope de Gaze , in Isaï. , c. xliv, v. 20, remarque qu'un ancien usage des chrétiens était de se faire sur le poignet et sur les bras des stigmates qui représentaient la croix ou le monogramme de Jésus- Christ , pour se distinguer des païens. On dit que cet usage subsiste encore parmi les chrétiens d'Orient, surtout parmi ceux qui ont fait le voyage de Jérusalem. Les cophtes d'Egypte impriment avec un fer chaud le signe de la croix sur le front de leurs enfants, afin d'empêcher les mahomélans de les dérober pour en faire des esclaves. On a cru mal à propos qu'ils employaient cette précaution pour tenir lieu de baplême.
Les historiens de la vie de saint François d'Assise ont rapporté que, dans une vision, ce saint reçut les stigmates des cinq plaies de Jésus-Christ crucifié, el qu'il les porta sur son corps le resle de sa vie. On peut voir ce qu'en a dit Fleury, Histoire ecclésiastique, t. XVI, I. lxxix, n. 5, et les preuves que l'on en donne. Vies des Pères et des Martyrs, loin. IX, p. 392.
* STON1TES. C'est l'une des mille sectes qui pul-, liileui en Amérique. Sione, son fondateur, se donna connue l'ami des lumières. Il renouvela l'hérésie des ariens.
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* STRAUSS. Strauss est l'un des plus dangereux ennemis du christianisme des temps modernes. Après avoir éié on irdeni illuminé, il tomba dans me inerédnlité complète. Ce fui la nouvelle exégèse allemande qui l'v conduisit. Il ne put entendre sans pitié Finlerpré ation donnée à l'Ecriture par les nouveaux evéyètes : il f.iut avouer, en effel, qu'il n'y a rien de puis ridicule que les explications qu'ils daignent nous donner. Selon ces savants interprètes, « l'arbre du bien et du mal n'est rien qu'une piaule vénéneuse, probablement un mancenilier sous lequel se sont endormis les premiers Sommes ; que la figure rayonnante de Moïse descendant du mont Sinaï était un produit naturel de l'électricité ; la vision de Z:h liane, Peffei de la ruinée des candélabres du temple; les rois mages, avec leurs offrandes de myrrhe, d'or et d'encens, trois marchands Forains qui apportaient quelque, quincaillerie à l'enfant de DelhléMii ; l'étoile qui marchait devant eu\, un domestique porteur d'un (lambeau : les anges dans la scène de la tentation , une caravane qui passait dans les déserts Chargée de vivres. Pans le fait, il faut èire possédé de la manie du système pour débiter sérieusement que, si Jésus-Christ a marché sur les flots de la mer, c'est qu'il nageait on marchait sur ses bords ; qu'il ne conjurait la tempête qu'en saisissant le gouvernail d'une main habile ; qu'il ne rassasiait miraculeusement plusieurs milliers d'hommes que parce qu'il avait des niagas;ns secrets, ou que ceux-ci consommèrent leur propre pain qu'ils tenaient en réserve dans leurs poches ; enfin , qu'au lieu de mouler au cie', il s'étail dérobé à ses disciples à la faveur d'un brouillard, et qu'il avait passé de l'autre côté de la montagne : explications étranges, qui n'exigent pas une foi moins robuste que celle qui admet les miracles (a). > Un esprit tant soit peu logique devait sortir de celle voie misérable, ou pour embrasser franchement la vérité, ou pour donner complètement dans l'incrédulité. Strauss se laissa entraîner dans ce dernier parii. L'Evangile l'embarrassait avec les iniracl- s ei la vie prodigieuse de Jésus-Christ. Il résoiut d'en faire un mythe, ou une histoire naturelle, ordinaire, embellie de prodiges.
c Parce que, dil M. Cuillon , note foi chrétienne repose mit les Evangiles où sont consignées la vie et les dnctiines du divin Législateur, M. Strauss a cru que, cette base renversée, notre foi restait vaine el sans appui , et il a conçu le dessein de la réduire à une ombie fantastique. Dans celle vue , il commence par saper l'authenticité des Evangiles, en la combattant par l'absence ou le vide des témoignages soil externes, soit internes, qui déposent en sa faveur. Selon lui, la reconnaissance qui en aurait été faite ne remonte pas au delà de la lin du 11° siècle. Jésus s'était donné pour le Messie promis à la nation juive : quelques disciples crédules accréditèrent cène opinion. Il fallut l'étayer de laits miraculeux qu'on lui supposa. Sur ce type général se forma insensiblement nne histoire de la vie île Jésus, qtîi, par des modifications successives, a passé dans les livres que, depuis, on a appelés du nom d'Evangile. Mais point de monuments contemporains. La tradition orale est le seul canal qui les ail pu transmettre à une époque déjà uop loin de son origine pour mériter quelque créance sur les faits dont elle se compose. Ils ne sont arrivés jusqu'à elle que chargés d'un limon étranger. Le souvenir du fondateur n'a plus été que le fruit pieux de l'imagination, l'œuvre d'une école appliquée à revêtir sa doctrine d'un symbole vivant. Toute cette histoire est donc sans réalité; tout le Nouveau Testament n'e.sl pics qu'une longue fiction mythologique, substituée à celle de l'ancienne idolâtrie. Toutefois, ce n'est encore là que la moitié du système. Dans l'ensemble de l'histoire évaugclique, M. Strauss découvre un
(.-;) Edilioq Lefort, art. Strau>s.
grand mythe, un mythe philosophique, dont le fond est, dit-il, l'idée de l'humanité. A ce nouveau type se rapporte tout ce que les ailleurs sacrés nous racontent du premier âge de l'Eglise chrétienne, à savoir : l'humanité, on l'un on du principe humain et du principe divin. Si celle idée, apparaît dans les Evangiles sous l'enveloppe de l'histoire, et de l'histoire de Jésus . c'est que; pour eue rendue intelligible el populaire, elle devait être présentée, non d'une ma ière abstraite, mais sous la forme concrète de la vie d'un individu. C'est qu'ensuite Jésus, cet être noble, pur, respecté comme un dieu, avant le premier fait comprendre ce qu'était l'homme et lé but où il doit tendre ici-bas, l'idée de l'hutuaniié demeura pour ainsi dire attachée à sa personne'. Elh était sans cesse devant les yeux des premiers chrétiens, lorsqu'ils écrivaient la vie de leur chef. Aussi reportèrent-ils, sans le savoir, tous les attributs de celle idée sur celui qui l'avait fait uaî re. En croyant rédiger l'histoire du fondateur de leur religion, ils (iront celle du genre humain envisagé dans ses rapports avec Dieu. Il est clair (pie la vérité évangélique disparait sous celle interprétation ; que les œuvres surnaturelles dont elle s'appuie restent problématiques el imaginaires: (pie, même dans l'hypoihv>se d'une existence physique , Jésus-Christ ne fut qu'un simple homme, étranger à son propre ouvrage et dépouillé de tous les caractères de mission divine qui lui assurent nos adorations. >
C'était montrer une audace extrême , heurter de front toutes les croyances, briser la ceriiunlc historique; car, comme nous l'avons démontré au mot Evangile, contester la vérité de ce livre, c'est anéantir l'autorité de toute espèce d'histoire ancienne. Strauss apporle-l-il de nouvelles raisons? a-t-il découvert de nouvelles objections? produit-il des écrits inconnus jusqu'alors, qui montrent la fausseté de nos saints livres? Point du tout. Il réunit toutes les Objections qui ont été faites contre la véracité des récils des laits merveilleux qui se lisent dans les premières histoires profanes ; il présente sous un nouveau jour les objections qui ont été vingt fois réfutées par les apologistes de la religion, et il en conclut qu'on doit juger de la vie de Jésus-Christ comme de la vie des premiers fondateurs des fausses religions : il y a des faits naturels, mais qui ont été embellis par la renommée et admis pu- la crédulité. Nous ne pouvons rentrer ici dans une longue discussion qui a été épuisée dans le cours de ce Dictionnaire. Nous nous conienierons de présenter quelques considérations de M. Tholuck, qui a réfuté l'ouvrage de Strauss.
« Où commence, d'après le critique de la Vie de Jésus, l'histoire de celui que le monde chrétien adore comme son sauveur et son Dieu ? — Au tombeau taillé dans le roc par Joseph d'Anmathie. Debout sur ses bords, les disciples tremblants, éperdus, ont vu leur espérance s'engloutir dans s.on sein avec le cadavre de leur maître. M ds quel événement vint se placer entre celle scène du s pulcre et le cri de saint Pierre et de saint Jean : iNous ne pouvons pas laisser sans témoignage les choses que nous avons vues el entendues, Àct. apost., iv, 20. > — < Quand on embrasse d'un coup d'œil, dil le docleur Paulus, l'histoire de l'origine du christianisme, pendant cinquante jours, à partir de la dernière cène, on est forcé de reconnaître que quelque chose d'extraordinaire a ranime le courage de ces hommes. Dans celle nuit, qui fut la dernière de Jésus sur la terre, ils étaient pusillanimes, empressés de fuir; et, alors qu'ils sont abandonnés, ils se trouvent élevés au-dessus de la crainte de la mon, el répètent aux juges irrités qui ont condamné Jésus à mon : « On doit plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes. > Docteur Paulus Kommeniar, etc., th. 5,
807. Ainsi, le critique d'Ileidelberg le reconnaît, il doii s'etre passé quelque chose d'extraordinaire ;