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le docteur Strauss en convient lui-même, i Maintenant encore, dit-il, ce n'est pas sans fondement (|iie les apol gicles soutiennent que la transition subite du désc-poir qui saisit les disciples à la mort de Jésus et de leur abattement, à la Toi vive et à l'ardeur avec laquelle, cinquante jours après , ils proc'amèrenl qu'il était le Messie, ne peut s'expliquer, à moins de reconnaître que quelque chose vraiment extraordinaire a, pendant cet intervalle, ranimé leur courage. > Oui, il s'est passé quelque chose ; mais quoi ? n'allez pas croire que ce fut un miracle. On sait comment les rationalistes, précurseurs de Strauss, posant en principe que les léthargies étaient très-fré itientes dans la Palestine , à l'époque où vivait Jésus, ont fait intervenir la syncope et l'évanouissement , afin d'expliquer sa mort apparente, et par suite sa résurrection. Depuis 1780, le rationalisme n'a pas suivi d'autre tactique, et, s'il enlevait au monde chrétien le vendredi saint, il lui donnait cependant encore un joyaux jour de Pâques. — Strauss se présente : il admet aussi , comme nous l'avons vu, quelque cliose, mais peu de chose. — La résurrection é ail trop ! Contrairement à ses précurseurs, il arrache donc par fragments aux chrétiens le jour de Pâques, et leur laisse le vendredi sain». Voici comment : Les apôtres, des lemmes, l<s cinq cents Galiléens dont parle saint Paul, / Corintli. , xv, (J, s'imaginèient avoir vu Jésus ressuscité, et ce sont ces visions qui, dans la vie des apôtres, déterminèrent la transition soudaine du désespoir à la joie du triomphe. Pour rendre raison de ces visions , on a encore recours aux explications naturelles données déjà des miracles; on veut bien même, par condescendance, Vas Leben Jesu, th. 2, p. 057, faire intervenir les éclairs et le tonnerre; mais le mieux serait de s'en débarrasser. Saint Paul, il est vrai , dont le témoignage présente un certain poids, parle de la résurrection comme d'ui lait ; mais ce fait n'existe que dans son imagination el celle de ses compagnons. Il faut bien cependant admettre aussi dans sa vie quelque chose , si l'on veut comprendre l'impulsion qui lui est imprimée; on admet alors ces visions, au moins comme quelque chose de provisoire, qui fera l'effet d'un pont vo!anl pour passer de VEvangile aux Actes des apôtres, jusqu'à ce que la critique, se plaçant dans une région plus élevJe , puisse, sans intermédiaire, franchir cet abime. Passons donc sur ce pont volant, bâti on ne sait si c'est par l'imagination de l'orientaliste novice, (tu par celle du critique allemand ; passons de l'histoire évangélique aux Actes des apôtres. Suivant, alors, dans IYxamen de l'hypothèse de Strauss, la loi proposée p>r Gieseler, Cieselcr, Versuch uber die Entslchung der Evangelien , s. 142, afin de juger l'hypothèse sur l'origine des Evangiles, nous demandons : Quelle conclusion l'histoire qui nous reste du corps de Jésus- Christ, c'est à-dire de son Eglise , nous fait-elle porter sur celle de son chef? — Deux voies différentes, dit-il , se présentent à quiconque regarde l'histoire des miracles évaugéliques comme le produit de l'imagination de l'iglise primitive, produit qui lut déterminé par le caractère de celte Lglise elle-même. Peut-être jugera -t-il que, frappé* par ces visions récentes et par la croyance que ce ressuscité était le Messie d'Israël, les chrétiens se mitent à l'œuvre, recuejilirenl ce qui avait paru extraordinaire dans sa vie el parvinrent ainsi à fabriquer une histoire merveilleuse. Toutefois si , comme le prétend Strauss, la vie de Jésus ne présenta rien d'extraordinaire, on ne conçoit pas trop comment les disciples purent s'imaginer avoir remarqué dans leur maître ce qu'ils n'avaient jamais vu. Mais voici une autre opinion qui lève cette difficulté. L'Eglise primitive alla chercher dans l'Ancien Testament toutes les prophéties relatives au Messie, les réunit afin d'orner avec elles quatre canevas d : la vie de Jésus ;
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elle se mil ensuite à les broder à l'aide d'arabesques miraculeux. Contente de son œuvre, elle termina là son travail, auquel elle ajouta cependant peut-être encore quelques volutes isolées. Celle prétendue conduite de l'Eglise chrétienne sert de point de départ à Strauss. Le grand argument sur lequel il s'appuie pour justifier son interprétation mythique de la vie de Jésus, c'est qu'on ne pourra jamais démontrer « qu'un de nos Evangiles ait été attribué à l'un des apôtres cl reconnu par lui. » Il pense que , pour celle composition mythique , ils ont dû réunir leurs forces. Quant aux détails qu'ils ne réussirent pas à faire entier dans la vie de leur maître , ils les réservèrent pour la leur. De là ces aventures dans des îles enchantées, ces tempêtes qui les jetèrent enfin sains el saufs sur un rivage fortuné ; en un mot, toutes les réminiscences prosaïques des anciens temps, la vie des compagnons du Sauveur nous les présente. Heureusement nous avons l'histoire des apôtres écrite par un compagnon de sainl Paul, et plusieurs lettres apostoliques que les critiques, même protestants, regardent, en général, comme authentiques. Le caractère de ces écrits nous permet de porter un jugement sur ces deux opinions, et pariant sur l'hypothèse relative au caracière mythique de VEvangile. Si la première opinion est vraie, les Actes des apôtres, ainsi que leurs Epîtres, nous les représenteront comme des hommes aveuglés , guidés par le fanatisme, et qui transforment en miracles des faits naturels. Si la seconde est fondée, ces documents nous montreront dans les apôires des hommes qui sortent si peu de l'ordre ordinaire que le miracle n'occupe aucune place dans leur vie. Or, le caractère de leurs Actes et de leurs Epîtres renverse ces deux hypothèses. Nous y trouvons, il est vrai , des miracles ; mais la conduite de leurs auteurs est si prudente et si sage, qu'il nous est impossible de concevoir le moindre doute sur la modération et la véracité de leur témoignage. D'un autre côté, toute leur vie se passe au milieu d'un inonde que nous connaissons déjà ; nous voyons des personnages, des événements qui ne nous sont pas étrangers ; mais, de plus, ils opèrent dis miracles qui semblent jaillir comme des éclairs du sein d'un monde plus élevé.
< Nous avons à démontrer d'abord le caractère historique des Actes des apôtres. 0 i est forcé de reconnaître, et l'auteur lui-même le déclare formellement, qu'ils ont été composés par un ami et un compagnon de l'apôtre saint Paul : pour prétendre le contraire, il faudrait soutenir que l'ouvrage loin entier est supposé, ce à quoi ou n'a pas encore songé. D'ailleurs, l'impression qu'il laisse dans l'esprit du lecteur est assez décisive, et, si elle s'était effacée de sa mémoire, il lui suffirait de lire le c. xvi depuis le verset 11 jusqu'à la fin, pour ne conserver aucun doute sur ce point, el se convaincre que le narrateur a dû vivre sur les lieux où les faits se sont accomplis. Souvent même, notamment quand il fait la relation du irajel vers l'Italie, on éprouve une impression semblable à celle que fait naître la lecture d'un journal de voyage. On suit les stations, on mesure la profondeur de la mer, on sait combien d'ancres ont été jetées ; en un mot, Ions les événements sont rapportés avec tant d'ordre que l'on peut demander à tout historien : Est-il vraisemblable qu'après plusieurs années une description aussi détaillée eût pu être composée d'après des documents transmis oralement': Ou saint Luc, favorisé par une heureuse mémoire, doit avoir écrit la relation de ce voyage aussitôt après l'avoir achevé ; ou il doit avoir eu entre ses mains un journal de voyage (a). Il n'a pas été témoin des événements consignés
(«) Meyer, dans son Commentaire sur les Actes des apôtres , p. 355 , lait aussi la remarque suivante : « La clarté qui règ icdans tout le récit de celle navigation, son étendue, portent à croira que saint Luc écrivit celte rcla-
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dans la première partie des Acte* «/es npàtres. Quoi nue prétendent ScJrieiermarher et Riehm (')ans rfc FontibiK Actorum aposl.), le style, toujours le môme, que l'on remarque dans tout cet ouvrage, rend inadmissible, ainsi que pour Wvanaile, une colleclioa rie documenis inaltéré-;. Mais Wolil ne pai le pas seulement du caractère historique de la première partie . il examine aussi le caractère du style, et il soutient que saint Luc a employé des notes écrites, ou s'est attaché à reproduire assez cxaclement*les relations des Juifs; car, dit-il , il est inégal, moins classique que dans les autres morceaux , depuis le chapitre x\, où l'auteur paraît avoir été abandonné à lui-même. Rleck , dans l'examen de l'ouvrage de Mayerhoff, a cmhrassé la même opinion , et il cherche à prouver que saint Luc doit s'être servi d'une relation écrite, Studien und kritiken , 1856. 11.4. L'est aussi le sentiment d'Ulrich, Und., 1857, II. 2. « Examinons maintenant le caractère historique des Actes des apôtres. Plusieurs points difficiles à accorder, et notamment riesdiff reuces chronologiques se présentent à nous, il e-t vrai . quand nous les comparons avec les Lettres de saint Paul ; mais aussi nous y trouvons une concordance si frappante, que ces deux monuments de l'antiquité chrétienne l'ourlassent des preuves de l'authenticité l'un de l'autre. Que l'on considère surtout les Actes des apôtres dans leurs nombreux points de contact avec Pliistoire, la çéographie et l'antiquité classiques, on ne tardera pas a voir ressortir les qualités de saint Luc comme historien. La scène se pa<se tour à tour dans la Palestine, la Grèce et l'Italie. Les erreurs commises par un mythographe grec, sur les usages et la géogaphie des Juifs , et. à plus forte raison, par un mythographe juif sur les coutumes des païens, n'eusgi-nt pas manqué de trahir leur ignorance. — Ici la vie est pleine d'incidents divers dans les Eglises de la Palestine, dans la capitale de la Grèce, au milieu des sectes philosophiques, devant le tribunal des proconsuls romains, en p ésence des rois juifs, des gouverneurs des provinces païennes , au milieu des (lois louleversés par la tempête ; partout cependant nous trouvons des indications exactes, dans l'histoire et la géographie, des noms et des événements que nous connaissons d'ailleurs ; ce serait là surtout que l'on pourrait découvrir le mythographe fanatique. Nous avons déjà eu l'occasion (Glaubwùrdigkeit lier cv Uesclt. , s. 160 ) de soumettre à un examen approfondi les détails donnés par saint Luc sur les gouverneurs juils et romains qui vivaient de son temps ; il a résisté victorieusement à celte épreuve. Klle a l'ail ressortir la vérité historique de son Evangile, il nous reste à pailer encore de quelque; antiquités. || nous suffira de parcourir trois chapitres de I ouvrage de saint Luc, les capitres xvi à xviu, où il se présente à nous comme le compagnon de voyage de l'Apôtre. Nous trouvons dans ces chapitres, comme dans tous les autres, des indications géographiques exactes, conformes aux connaissances que nous possédons d'ailleurs sur la topographie et sur l'histoire de celte époque. Ainsi la ville de Philippe* nous esi représentée comme la première ville d'une partie de la Macédoine, et comme une Colonie, ttocÔt» tfiç fieoiào; z-à; Masevsvtftf no),tç , zoXwvt«. Nous pouvons laisser les exégèles disputer quant à la manière d'enchaîner -.:y'„ t.-, dans le corps du discours. Il suit de là, 1* que la Macédoine élan divisée en plusieurs parties : or, Tile-Live nous apprend qu'Amelius Pauius avait divisé la Macédoine eu quatre parties. Livius, xlv, 29. — 2" que Pliilippes étail u"« colonie. Celle ville lui , en effet , colonisée
lion intéressante aussitôt après son débarquement, pendant l'hiver qu'il passa à Malte. Il n'eut qu'a consulter ses iuipressions,récenles encore, consignées peut-être dans son journal de voyage, d où elles pissèrent dans son histoire. » Rappelons-nom maintenant que l'écrivain qui montre taut d'exactitude «jI aussi l'auteur de l'Evangile.
par Octave, et les partisans d'Antoine V lurent liantportés. Dio Cass. lin. i.i , pag. 4i5 ; Pline, Histoire naturelle, iv, Il ; Digesl. leg., 36, Îi0. D'après le verset 15, dans celle ville se trouvait, près d'une rivière , un oratoire, Trfoaevyri. Le nom de la rivière n'est pas indiqué, mais nous savons que le Stryuion coulait près de Pliilippes. L'oratoire étail placé sur le bord de la rivière ; nous savons que les Juils avaient coutume de laver leurs mains avant la prière, et, pour celte raison, ils élevaient leurs oratoires sur le bord des eaux (a). — Au verset 14, il parle d'une femme païenne donl les Juifs avaient fait une prosélyte. Josèphe nous apprend que les femmes païennes, mécontentes de leur religion , cherchaient un aliment pour leur intelligence dans le judaïsme, et qu'à Damas, par exemple, plusieurs l'avaient embrassé. Celle femme s'appelait Lydia ; ce nom, d'après Horace, était usité. C'était une vendeuse de pourpre de la ville de Thyalire. Thyatire se trouve «tans la Lydie ; or, la coloration de la pourpre rendait la Lydie célèbre. Val. Flaccus, IV, 508; Claudien, Rap. Proserp., I, 274; Pline, Histoire naturelle, VII, 57; Elien , Histoire animal., IV, 46. Une inscription trouvée à Thyalire atteste qu'il y avait des corps de teinturiers. Sponius, Miscell. erud. antiq., III, 93. — Le verset 16 fait mention d'une fille possédée d'un esprit de Python , 7rv:v;/.a ll09wvo£. Ilûftav est le nom d'Apollon, le dieu des prophètes, appelés pour cette raison nuS&mxoi , et TzuO'Awcoi ; les ventriloques recevaient aussi le même nom lorsqu'ils s'occupaient de la divination , Pluturcli., De oracui. defectu , c. 2. — On lit , versel 27, qie le geôlier de la prison dans laquelle se trouvait saint Paul voulut se tuer, croyant que les prisonniers s'étaienl enfuis. Le droit romain condamnait à ce châtiment le geôlier qui laissait les détenus s'échapper. Spanlieiit , De. «su et prœst. tiumismat., t. 1 , riiss. 9 ; t. Il , dissert. 15; Casaubon , sur Athénée, V, 14. « y . 55. Les magistrats de la ville sont appelés GTpavnyoi. C'esl, en effet, le nom qu'on leur donnait à celle époque, surtout dans les villes colonisées. Ces magisirais n'envoyèrent pas des se-rviteus ordinaires, les vnwpézxt, par exemple, que le sanhédrin de Jérusalem (Act. apost., c. v, y . 22) envoya dans la prison de saint Pierre; mais, d'après la coutume des Romains, ils envoyèrent des licteurs p'aoâoù^ouf. — y. 58. Les magistrats furent saisis de crainte en apprenant que les prisonniers étaient citoyens romains. On se rappelle ces mois de Cicémn : « Celle parole, ce cri touchant, je suis citoyen romain, qui secourut tani de lois nos concitoyens
(a) Carpzov, Apparat, aul'iq , p. 320. — Philon, décrivant la conduite des Juifs d'Alexandrie, dans certains jours solennels, raconte que, « de grand matin , ils sortaient en foule hors des perles de la ville pour ;dler aux rivage^ voisins (car les proseuques étaient détruits), et. là, se plaçant dans le lieu le plus convenable, ilsélevaienl leur voix o'un commun accord vers le ciel. » Philo, in Flace, p. 382. Idem, Devila Mos., l.m, et De légal, ad Caium, passim. — Ces socles d'oratoires se nommaient en grec upo*^,, «foiiJXTiij'.o», et en latin proseucha :
Ede, ubi consistas, in qua te quœro Proseuclia. JuvEN,Sai. 3, 29(i.
Au rapport de Josèphe, Antiq., I. xiv, c. 10,§2(, la ville d'Halicarnasse permit aux Juifs de bâtir des oratoires ; « Nous ordonnons que les Juifs, hommes ou femmes, qui voudront observer le sabbat et s'acquitter des rites sacrés prescrits par la loi, puissent bdlir des oratoires sur le bord de la mer. » Terluïieu ad Nat., I. i, c. 13, parlant de leurs rites et de leurs usages, tris que les fêles , sabbats, jeûnes, pains s ms levain, etc., mentionne les prières faites sur le bord de l'eau, oraliona littorales. Nous ajouterons que les Samaritains eux-mêmes avaient, d'après saint Epipbane, Hœrcs. 80, cela de commun avec les Juils. Ou peut voir dans la Synagogue judaïque de Jean lîuxlorl' les prescriptions des rabbins , qui défendaient aux Juifs de. vaquer à la prière avant de s'être purifiés par l'eau. Voir H. labbé Claire, Introduction à l'Ecriture sainte, t. V, p. 598.
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chez des peuples barbares el aux extrémités du monde. Cicero, in Vcrrem, orat. 5, n. 57. » La loi Valeria défendait d'infliger à un citoyen romain le supplice du fouet el de la verge.
< [Vous arrivons au chapitre xvii Au commencement de ce chapitre nous voyons placées près l'une <le l'antre les villes d'Ampliipolis el d'Apollinie, puis Thessalonique. — Le verset 5 rappelle cette foule des ùyopaïm, subroslrani, subbasilicani, si communs chez les Grecs et les Romains ; dans l'Orient, les gens de celte sorte se rassemblent aux portes de la ville. V. 7. Nous trouvons un exemple des accusations de démagogie portées si fréquemment alors devant les empereurs soupçonneux. V. 12. Nous voyons de nouveau un certain nombre de femmes grecques qui embrassent la croyance des apôlres. Riais ce qui surtout est remarquable et caractéristique, c'est la description du séjour du grand apôtre dans Athènes. Comme tout se réunit alors pour nous persuader que nous sommes au sein même de cette ville ! Il parcourt le< rues, il les trouve pleines de monuments de l'idolâtrie, et remarque une multitude innombrable de statues el d'aulels (au temps des empereurs , ils encombraient Rome, au point qu'on pouvait à peine traverser les rues de cette ville ). Isocrate, Himérius, Pausanias, Aristide, Strabon , parlent de la superstition, Sswtâixiuovta , des Athéniens, et des offrandes sins nombre, «v«9ÂaaT«, suspendues à la voûte des temples de leurs dieux. Welslein. Sur la place publique, où se rassemblaient les philosophes, il rencontre des épicuriens et des stoïciens ; des paroles de dédain sortent de leur bouche. Mais le nombre des curieux est encore plus g'and que celui de ces hommes hautains. Ou se rappelle le reproche adressé autrefois aux Athéniens par Démosthène et Thucydide, et renouvelé par saint Luc : Vous demandez toujours quelque chose de nouveau. Il paraît devant l'aréopage ; mais quel fut le discours de saint Paul ? Quel mytliogiaphe juif eûl pu mettre dans la bouche du grand apôtre des paroles si propres à peindre son caractère ? Il a vu un autel élevé à un dieu inconnu. Pausanias et Philoslrale parlent de ces autels (a); son discours nous
(a) Pausanias, qui écrivait avant la fin du u« siècle, parlant dans la description d'Athènes d'un autel élevé à Jupiter Olympien, ajouie : Et près de là se trouve un autel de dieux inconnus, npiç auto S' Unis àfv6<nuv ©eûv poi^oç : '• v, c. 14, ri. 6. Le même écrivain parle dans un aune endroit d'autels de dieux appelés inconnus. Bu^i a ©eûv te ivo^^ivuv K-fvc^TU)/. L. i, c. I , n. 4. Ph dos traie , qui 11 irissair, au commencement du iue siècle, fait dire a Apollonius de Thyane, * qu'il était sage du parler avec respect de tous les dieux, surtout a Athènes, où l'on élevait des autels aux génies inconnus. » Vila Apoll. Thyun., 1. vi, c. 3. — L'auteur du dialogue Vliilopalris, ou\ rage attribué par les uns à Lucien, qui écrivait vers l'an 170, et par d'autres à un païen anonyme du ive siècle , l'ait jurer Oilias par les dieux inconnus d'Athènes, et sur la lin du dialogue d s'exprime ainsi : « Mais lâchons de découvrir le dieu inconnu a Athènes, el alors levant nos mains au ciel, oH'rons-lui nos iouanges et nos actions de grâces.» Quant à l'introduction de ces dieux inconnus ilaus Athènes, voici comment Diogène Laërce raconte le fait. Au temps d'Epiménide (c'està-dire, comme ou le croil communément , vers l'an 600 avant Jésus-Christ), une pesle ravageant cette ville , et l'oiacle ayant déclaré (pie, pour la faire cesser, il fallait la purilier ou l'expier (xaOf.pai), on envoya eu Crète pour faire •enir ce phi osophe. Arrivé a Athènes , Epiménide prit des brebis blanches el des brebis noires , et les conduisit au haut de la ville où était l'Aréopage; de la il les laissa aller, ayant eu soin toutefois de les faire suivre, partout où elles voulurent aller. Il ordonna ensuite de les immoler lorsqu'elles se seraient arrêtées d'elles-mêmes , au dieu te plus voisin ou au dieu qui conviendrait; il parvint ainsi à faire cesser la peste. Diogène ajoute : « De là vient (|u"encore aujourd'hui ou voit dans les faubourgs d'Athènes des aulels.sans nom de dieu (àvuvûnouO , érigés en mémoire de l'expiation qui fut faite alors. » Diogen. Laert. inEpimen.,\. î. § 10. D'après ces témoignages divers, estil permis de douter qu'à l'époque où saint Paul se trouvait à Athènes, il y eûl des aulcls portant cette inscription?
présente le commencement de l'hexamètre d'un distique grec, el nous trouvons jusqu'au yùp lui-même dans un poème composé par vn compatriote de C Apôtre, Aralus de Cilicie, Phœnomena , v, 5. L'n grand nombre d'hommes ne se convertirent pas à ce discours, comme des mythograpbes n'eussent pas manqué de l'imaginer, alin de relever davantage la première prédication de saint Paul dans la capitale de la Grèce; quelques-uns seulement s'allachèrent à lui. Quant aux philosophes, les uns se retirèrent avec le dédain des épicuriens sur les lèvres ; les autres, véritables stoïciens, contents d'eux-mêmes, direni : « Nous vous entendrons une autre fois, i Sommesnous sur le terrain du mythe ou sur celui de l'histoire? drap, xvni. Le 2e verset rapporte un lait historique: l'expulsion des juifs de Rome, par l'empereur Claude , et Suétone dit : Judœos impulsore Chresto assidue tumultuanles Româ expulit Claudius (Suet., in Claud., ch. 25). Le 3' nous rappelle une coutume des Juifs, chez lesquels les savants s'occupaient à faire des lentes. Celle profession n'eût pu s'allier dans un philosophe grec avec l'enseignement ; parmi les Juifs, les savants avaient coutume de l'exercer ; les rabbins se livraient alors aux ouvrages manuels, Nergl., Winer, Realworlerbuch, u. d. W. llaudwerke. L'apôtre saint Paul avait même un motif particulier pour choisir celle profession. Dans la Cilicie , sa pairie , on l'exerçail généralement, parce qu'on y trouvait une espèce de chèvres dont on employait le poil dans la fabrication des loiles appelées pour celle raison xàtxix. Plinius, Ilist. nal. 23. Servius, rem. sur Virgile, Georgica, 3, 513. Les versets 12 el 13 présentent aussi avec l'histoire un rapport frappant... Nous avons examiné quelques passages seulement de l'ouvrage de saint Luc ; sur tous les points les résultats seraient les mêmes Si nous passons aux derniers chapitres des
Actes des apôtres, il est impossible de ne pas admettre que Théophile connaissait l'Italie, quand on voit l'auteur, lorsqu'il parle, ch. xxvn, des rivages de l'Asie et de la Grèce, indiquer avec soin la situation et la distance relative des lieux qu'il mentionne, tandis qu'à mesure qu'il s'approche de l'Italie, il les suppose tous connus; il se contente de nommer Syracuse, Rhégium , Pouzzoles, et même le petit marché d'Appius dont parle Horace, lloral., Sat. i, 5, 5, el les Trois Hôtelleries (très tabemœ ) que Cicéron nous fait connaître, Ad Alticum, i , 13. Lorsque Josèphe et Philon nomment la ville de Pouzzoles, ils n'emploient pas, il est vrai, la dénomination romaine HotkAoî. Josèphe, racontant dans sa Vie , ch. 3, son premier voyage à Rome, cite celte vdle et lui donne le nom grec Atxat«px'K » ma's il ajoute : w> UoTtoïov; 'Irùlél y.cù.wavj. Le même nom se pr sente encore deux fois dans ses Antiquités, Autiq. , I. xvit, ch. 12, § 1, et xvm, 7. U en est de moine de Philon, Philo in Flaccum, 1 , 2 , p. 521, v. 12.
« Et remarquons comme tout rappelle exactement les usages de cette époque. Saint Paul, transporté par un vaisseau d'Alexandrie, débarqua à Pouzzoles. Or, nous savons que les vaisseaux d'Alexandrie avaient coutume d'aborder dans ce port, Slrab.f I. xvn, p. 793, édit. de Casaubon. — • Seneca, Lpislola, 77, in pr'mcipio, d'où, au rapport de Slrabon, ils distribuaient leurs marchandises dans toute l'Italie. Il dut aussi se diriger de là vers Rome, i Ses amis, remarque Hug, l'attendaient, les uns au marché d'Appius (forum Appii), les autres aux Trois- Ilôlelleries. 11 s'embarqua apparemment sur un canal que César avait creusé au travers des marais Pontins, afin de rendre le trajet plus facile; il dut par cela même passer au Marché d'Appius, qui, à
Comme, d'un autre côté, aucun monument historique ne m'entre ailleurs l'existence d'un autel semblable , peul-on concevoir qu'un faussaire eut saisi une circonstance aussi extraordinaire? Voy. M Glaire, ibid., p. 379-400.
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l'extrémité île ca canal, en était le porl (a), t Une partie de ses amis l'attendait aux Trois-llotellcries. Elles étaient situées à dix milles romains plus près de Rome, Antonini, llinerar.édii. Wessetinq, p. 107, apud. Ilug, ibid, à peu près à l'endroit où la roule de Vellein aboutissait aux marais Pontins. La foule y était moins nombreuse et moins remuante ; les embarras y étaient moins grands qu'an Marché d'Appius, Il oral., Sai. i, .-al. 5, 5; aussi paraît-il que là se trouvait une hôtellerie pour les classes élevées, Cicer., ad titlic. i, 13. Voilà pourquoi < eue parlie •les amis de saint Paul l'attendait à celle station plus convenable à son rang. Ainsi, tout se trouve exactement conforme aux circonstances lopographîques, telles qu'elles étaient alors, llug, Einieit, th. I, teit. 21. D'après ces documents, il est impossib'e de douter encore si, en parcourant les Actes des apôtres, nous Sommes sur le terrain de l'histoire; et nous devons reconnaître que saint Luc se trouvait placé, pour écrire l'histoire, dans des circonstances aussi favorables qu'un Josèphe. Si ce rapport frappant qui existe entre sa narration et les connaissances que nous possédons sur l'histoire et la géographie des juifs et des païens, paraissait à quelqu'un d'un faible poids, qu'il se représente la vive impression qui nous saisirait si, entre les mille points que nous pouvons comparer à d'autres documents, et où nous croyons découvrir des contradictions, nous allions découvrir la même harmonie.
Or, celle histoire qui se trouve, sur tous les points, conforme aux laits et aux usages que nous connaissons d'ailleurs, nous présente des miracles sans nombre. Plusieurs lois des critiques de la trempe et du génie du docteur Paulus ont désiré que deux clauses de personnes (un assesseur de la justice désigné ad hoc. et un doclor medicinœ) eussent pu faire l'instruction des miracles du Nouveau Testament. Il satisfait à cette double exigence. L'histoire de l'aveugle-né, rapportée par saint Jean, ch. ix, fui examinée par les assesseurs du sanhédrin de Jérusalem; et quel fut le résultat de l'enquête ? Cet homme est né aveugle, et Jésus Ca guéri. Quant au doclor medicinœ, chargé d'instruire les miracles, les Actes des api très nous le présentent. Saint Luc fut le témoin ocularede ions les miracles opérés par saint Paul, et personne assurément ne l'accusera d'une trop grande propension pour les miracles. Un jeune homme appelé Eutyque, accablé par le sommeil, étant tombé du troisième étage, fut emporté comme mort ; on s'attend peut-être à le voir ressusciter avec pompe ; mais saint Paul se contente de prononcer ces paroles consolantes : A'e vous troublez point, car la rie est en lui (Act. xx, 10). Plus de quarante juifs réunis à Jérusalem tirent le vœu de ne boire ni manger qu'ils n'eussent tué saint Paul ! On s'attend peutêtre qu'une apparition va descendre du ciel pour avertir l'Apôtre et le défendre; loin de là : le lils de sa sœur se présente pour lui révéler la conspiration, cl Paul trouve un pro;ecteur dans le irib m de la ville, Act. ap., c. xx, v. 12 et suiv. Poussé par la tempête sur les bords de l'Ile de .Malte, il y débarqua et une vipère s\ lança sur sa main ; ou s'attend piiit-élie à le voir prononcer des paroles magiques: « Mais Paul, dit sjinl Luc, ayant secoué la vi|ére dans le feu, n'en reçut aucun mal, ibid., ch. xxvih, v. 5. > Toutefois nous savons, par le témoignage de cet historien et de ce médecin prudent, que « Dieu faisan de grands miracles par les mains de Paul, et qu'il lui sullisail de placer sur les mal ides les mouchoirs et le linge qui avaient louché son corps, et
(«) Acron, ad Horat., Serm. 1. 1, sal. 5, v. 11. « Quia ab Appii fc>ro per paludes navigalur, (pus paludes Caj.sar derivavil. » l'orphyrion, ad vert. 14. « Fervenisse ad forum Appii indieat, ubi turba esset nauiarum, item cauponuin ibï moi aolitun. » Acron, ad vers. 11. a l'cr paludes navigaruut, quia via iulerjacens dunor. /> Apud llug. Einieit Uj. 1, seit. "25.
aussitôt ils étaient gn ris de leurs maladies, et les esprits impurs s'éloignaient, ibid., ch. xtx, v. 12. i A Malte, il guérit par ses prières ci par l'imposition des mains, le père de l'homme le plus influent sur cette ile, et beaucoup d'autres s' approchèrent de lut et recouvrèrent la santé. Ibid. 28-0.
c Salnl Pierre et saint Jean furent traduits devant le Sanhédrin pour avoir guéri un malade. Saint Pierre eut le courage de reprocher aux poissants du peuple le meurtre du \5essie ; l'homme qu'ils avaient guéri était debout au milieu d'eux, et les membres du Sanhédrin s'étonnèrent ; ils furent saisis d : crainte, voyant que ses disciples poss diienl encore la puissance qu'ils croyaient avoir anéantie en tuant Jésus, et qu'ils pouvaient rendre la vie aux morts. Us n'essayèrent pas de réfuter l'accusation portée contre eux par saint Pierre; ils ne purent nier le prodige qu'ils avaient vu, et condamner à mort ceux qui l'avaient opéré. L'impression de la multitude avait élé si grande, qu'à la suile de ce miracle cinq mille hommes embrassèrent la foi nouvelle, et il ne resia d'autre moyen aux membres du Sanhédrin que de faire saisir les deux disciples de Jésus et de leur commander le silence, Actes des apôt., c. iv. Ll tous les miracles qu'ils opéraient, ils les faisaient au nom d'un seul, t Je n'ai ni or, ni argent, disait saint Pierre, mais ce que j'ai je vous le donne ; au nom de Jésus-Christ de Nazareth, levez-vous et marchez, Ibid., c. nr, v. 6. > Nous le voyons, celui qui avait promis à son Kglise de rester avec elle jusqu'à la lin du monde a tenu sa promesse. D'après les cioyauls, l'action créatrice et conservatrice de Dieu dans le gouvernement de l'univers est absolument une; il en est de même dans son Eglise. Jésus-Christ ne fut pas comme le soleil des tropiques, qui parail à l'horizon sans être précédé de l'aurore et se dérobe aux regards sans laisser aucune trace après lui. L'aurore des prophéiies l'avait annoncé au monde mille ans avant sa naissance, les miracles opérés dans soi Eglise longtemps après sa disparition furent comme le crépuscule qui constata son passage. Celle puissance de produire des miracles sans cesse agissante dans l'Eglise de Jésus-Christ, peut-elle avoir manqué à son fondateur?
« D:>ns les Actes des apôtres, saint Paul nous est apparu comme un homme qui ravil l'admiration aux esprits les plus froids. Qui peut la refuser à sou courage en présence de Festus, alors qu'il est devenu si imposant au gouvernement romain lui-même que le roi Agrippa veui connaître cet homme extraordinaire, Actes des apôt., c. xxv. v. 22. Qui peut s'empêcher d'admirer le courage et l'adresse qui éclatent dans son discours au roi Agrippa, Ibid., 26, Vgl. Tiiolutk's Abhand lung in den studien und kriliken, 1835, h. 2.; le courage, la prudence, la modération qu'il lit païaître alors que le vaisseau sur lequel il se trouvait était si violemment battu par la tempête, Actes des apôt., c. xxvn. Quand une fois l'histoire de saint Paul, ses paroles qui nous ont élé transmises par une main étrangère, nous l'ont fait connaître, comme on éprouve un dé^ir pressant de l'entendre lui-même! Ce caractère plein de courage n'est pas celui d'un fourbe; celte modération, celle prudence, n'indiquent pas un fanatique; les faits du Christianisme, le fondateur de celte Eglise, doivent être réellement tels qu'il nous les pré-ente. Nous avons de saint Paul treize Epîlres («) qui nous révèlent sullisaminenl ses pensées. La nouvelle critique a reconnu l'authenticité des principales d'entre elles. Or, quel rapport présentent-elles avec les Actes des apôtres? Confirment-elles le jugement que nous portons d'après les Actes, sur le caractère de l'histoire évangélique ? Elles nous montrent 6aint Paul toujours
(a) Tout le monde sait que les Epilres que nous avons dans nos Bibles, sous le nom de saint Paul, soûl au nombre de quatorze ; nous ne prétendons nullement adopter l'opinion deTholuck qui semble ici les réduire à treize.
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le même dans toutes les circonstances : inébranlable, plein de courage el de joie au milieu des chaînes. Que l'on parcoure en particulier la lettre aux Philippiens, el que l'on se rappelle que l'homme, qui écrivait : i Réjouissez-vous, mes bien-aimés frères; réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur; je le dis encore une fois ; réjouissez-vous, Epîlre aux Philipp., c. iv, v. 4 ; > que cet homme avait alors les nuuns chargées de chaînes, Actes des apôt., c. xxvui, v. 20. Sa modération, sa prudence, son activité, paraissent dans toutes ses Lettres et surtout dans celles aux Corinthiens, tandis que. dans son Epîlre aux Colossiens, Epîlre aux Coloss., c. il, v. 1G et 23, on voit éclater son indignation contre une piété extérieure el des observances superstitieuses. Et ce même homme, plein de modération, nous représente les prodges, les miracles cl les prophéties comme des événements qui ont marqué presque tous les instants de sa vie. Lps Actes des apôtres avaient parlé des visions pendant lesquelles Jésus-Christ était apparu à cel apôtre ravi en extase, Actes des apôt., c. xxn, v. 17 ; c. xxiii, v. 11. Il rapporte lui-même ces apparitions miraculeuses el ces extases, 2e Epît. auz Corinth., c. xn, v. 12, et nous voyons encore ici une preuve de sa modération, puisqu'il n'en parle que dans ce passage. Les Actes des apôtres lui ont attribué le pouvoir de faire des miracles ; il parle luimême « des œuvies, de la vertu des miracles el des prodiges qu'il a opérés alin de propager l'Evangile (a). — Les Actes des apôtres rapportent le don miraculeux des langues accordé aux premiers disciples du Sauveur, et saint Paul rend grâces à Dieu de ce qu'il possède ce don dans un degré plus élevé que les autres, lr« Epît. aux Corinth., c. xxiv, v. 18. D'après ses discours rapportés dans les Actes des apôtres, l'apparition de Jésus-Christ détermine toute sa conduite, Act. des apôt., c. xxn, v. 10; c. xxvi, v. 15; dans ses lettres il parle de cel événement comme du plus important de sa vie, — tantôt avec un noble orgueil, car il fonde sur lui son droit à l'apostolat, lr* Epîlre aux Corinth., c. ix, v. 1, — tantôt avec l'expression de la douleur que lui inspire lé souvenir de ses persécutions cintre le Fils de Dieu lui-même, lbid., c. xv, v. 1, 9. Il commence presque lotîtes ses Epîires en déclarant qu'il a été appelé à l'apostolat non par la volonté des hommes, mais par un décret miraculeux de Dieu. Les Actes des apôtres nous le montrent toujours le même au milieu des afflictions, toujours sous la protection miraculeuse de Dieu; tel il nous apparaît dans ses Epi-
(«) Ep'tl. aux Rom., c. xv, v. 19; Il Epît. aux Corint., c. xxm, v. 12. « (Jue l'antipathie pour les miracles fasse rejeter en masse, comme non historiques, tous les passages de l'Evangile el des Actes des apôtres dans lesquels ils nous apparaissent, plutôl que de céder à I évidence de la vérité, devons-nous en être surpris, quand nous voyons les exégèies attaquer avec leur lime tous les points de celte œuvre miraculeuse que les armes tranchâmes de la critique ont été impuissantes à renverser? Ainsi , d'après Reiche, les prodiges (mn«x«), et les miracles (-ciPax«) dont saint Paul atlirme être l'auteur, o'élaient que des rêves des uouveaux convertis. Le docteur de Wetle n'a pas cru pouvo r approuver celte prétention des exégèles ; il reconnaH que saint Paul, dans ces deux passages , parle de ses miracles ; toutefois il se hâte d'ajouter : « Mais pour déterminer la valeur de son témoignage dans un fait personnel, et même la signification exacte des ar^n*, TifM*, les moyens nous manquent, vu que les données so»il trop peu considérables. » Mais quoi! le même apôtre ne fait-il pas une longue énuméralion des prodiges et des miracles opérés dans l'Eglise? Cette indication précise ne répand-elle aucune lumière sur ce point-? n'esl-on pas forcé d'avouer que les miracles retranchés parla critique du corps des Evangiles reparaissent dans les A< les des apôtres, et, quand on les en a arrachés avec beaucoup de peine, ne faut-i-l pas reconnaître encore que lej hpitres de saint Paul nous les présentent en si grand nombre qu'il défientella lime des exégètes et les armes tranchantes de la critique? >
très aux Corinthiens 2e Epît. aux Corinth., c. ri, v. 4; c. t\, v. 1 1 ; c. Mil, v. 28. Plusieurs fois les Actes des apôtres parlent du pouvoir de faire des miracles accordé à l'Eglise, et saint Paul présente comme un fait bien connu celte puissance dont jouissaient les premiers chrétiens, tre Epît. aux Corinth., c. xn, v. 8, 10, 14. Et ce qui est le plus grand des miracles, c'est qu'alors même qu'il les montre s'opérant ainsi continuelle ne il, il ne compte sur la production d'aucun. Il sait qu'une apparition céleste a fait tomber les chaînes des mains de saint Pierre; il n'a pas oublié qu'à Philippes, pendant un tremb'ement de terre, les portes de sa prison s'ouvrirent, et les fers de tous les prisonniers furent brisés, Ad. des apôt., xvi; et cependant, à Rome, il porte les chaînes sans songer à l'intervention d'aucun événement extraordinaire, — il ne sait pas s'il sera mis à mort ou rendu à la liberté, Epît. aux Philipp., c. i, v. 20. Dans tous ses discours, depuis Césarée jusqu'à Kome, dans les lettres qu'il écrivit pendant sa captivité, on ne trouve pas un seul mol qui indique qu'une apparition miraculeuse le délivrera peutêtre... Cet homme ne pouvait— il pas, aussi bien que les juifs, conslaler l'existence d'un miracle? Tholuck, Glaubw. der ev. Gesch. Ile aufl., p. 370, 594. i Nous avions donc raison de dire, en commençant, que l'on peul, indépendamment des Evangiles, reconstruire i'nistoire de Jésus. Voyez, en effet : Strauss4 les rejelle, et, avec lui, nous les retranchons pour un instant du canon des livres saints ; puis nous plaçons les Actes en tète du Nouveau Testament. Leur caractère historique une fois prouvé, nous les ouvrons, el une nouvelle série de miracles opérés par les apôtres se présente à nous ; el, si nous leur demandons qui leur a donné le pouvoir de semer ainsi les prodiges sur leurs pas, ils nous répondent : Jésus de Nazareth. Leur demandons-nous alors quel est ce Jésus de Nazareth, ils proclament que i c'est un homme à qui Dieu a rendu témoignage par les merveilles, les miracles et les prodiges qu'il lui a donné de [aire (Actes, xi, 22) ; puis ils nous racontent sa naissance merveilleuse, sa vie, sa mort sur une croix, sa résurrection , son ascension dans les deux, i
STYLITE, nom que l'on a donné à certains solitaires qui ont passé une partie de leur vie sur le sommet d'une colonne dans l'exercice de la pénitence et de la contemplation : ce mot vient du grec, otô^?, colonne ; les Latins les ont appelés sancti columnares. L'histoire ecclésiastique l'ail mention de plusieurs slyliles : on dit qu'il y en a eu dès le second siècle, mais ils n'ont jamais été en grand nombre. Le plus célèbre de tous esl saint Siméon Siylite, moine syrien qui vivait dans le cinquième siècle et près de la ville d'Antioche ; il demeura pendant un grand nombre d'années sur le sommet d'une colonne haute de quarante coudées, dont la plaie-forme n'avait que Irois pieds de diamètre, de manière qu'il lui était impossible de se coucher. Elle était seulement environnée d'une espèce d'appui ou de balustrade sur laquelle le saint se reposait lorsqu'il était accablé de lassitude et de sommeil. Ce genre de vie extraordinaire le rendit fameux, non-seulcmcnl dans lout l'Orient, mais dans les autres parties du monde. 11 mourut l'an 459, âgé de soixante-neuf ans.
Les protestants ne pouvaient pas manquer de se donner carrière sur ce sujet, et do tourner les slyliles en ridicule ; leurs sarcasmes onl été fidèlement répétés par les incré-
dates. Binglnm, Orig. ecclés.,). vu, c. 2, § 3, on a cependant parlé avec modération ; il s'esl contenté do rapporter brièvement ce qu'en ont dit les anciens, sans approuver et sans blâmer celte manière de vivre. Mosheim avait «l'abord fait de même, Ilist. ecclés., v* siècle, i" part., cl, §3. Il était convenu, sur la foi des historiens, que les Libaniotes, voisins d'Antioche. a\ aient été délivrés d'une troupe de bêles féroces on embrassant le christianisme, suivant l'exliorlation et lu promesse que Siméoo leur en avait faites ; qu'il convertit aussi à la foi chrétienne les babilanis d'un canton de l'Arabie: conséquommenl il n'avait pas hésité d'appeler ce siylite un saint homme. Mais, n' part., c 3, ^ 1:2, il a changé de langage; il a nommé le genre de \ie de Siméon et de ses semblables une superstition, une sainte folie, une forme insensé* de religion. Son traducteur anglais a beaucoup enchéri sur ces expressions, il s'est servi des termes les plus injurieux que la passion puisse suggérer. Barbeyrac. Traité île la Morale des Pères, c. 17, § 12, n'a pas été plus retenu ; il a nommé Siméon un moine fanatique, et il l'a comparé à Diogène. Il lui reproche d'avoir engagé l'empereur Théodose le Jeune à révoquer la loi par laquelle il avait condamné les chrétiens à rétablir les synagogues des juifs. Hasnage, dans son Histoire de l'Eglise, s'est borné à tourner en ridicule les miracles de Siméon Stylite le Jeans, qui a vécu près de Couslanlinnple au sixième siècle.
Examinons de sang-froid le jugement de tous ces critiques : 1° le genre de vie de Siméon était exlraordinaire , singulier, ridicule même si l'on veut ; mais il a produit de grands effets qu'une conduite ordinaire et commune n'aurait certainement pas opérés. Etait— il indigne de la sagesse divine de se servir d'un grand spectacle pour convertir les païens, ou refuserons- nous à Dieu la liberté d'altarher des grâces de conversion à tel moyen qu'il lui plaît, d'amener des peuples à la foi par l'admiration plutôt que par le raisonnement ? Outre les Libaniotes et les Arabes convertis par Siméon, il amena encore au christianisme un grand nombre de Verses, d'Arméniens, d'Ibérieus, de Lazes, habitants de la Colchide, qui étaient venus par curiosité pour le voir et pour l'entendre. Les princes el les grands de l'Arabie accouraient pour recevoir sa bénédiction. Varane V, roi de l'erse, quoique ennemi déclaré du nom chrétien, ne put s'empêcher de le respecter. Les empereurs Théodose 11, Léon, Marcien, eurent lieu plus d'une fois de s'applaudir d'avoir écoulé ses conseils. L'impérairice Eudoxie, qui avait embrassé l'eulychianisme, y renonça lorsqu'elle eut prêté l'oreille à ses exhortations. Tous ces faits sont rapportés el attestés par des contemporains dont plusieurs étaient témoins oculaires. Quand on serait venu à bout de nous persuader qu'au v' siècle toute l'Asie n'était peuplée que d'esprits faibles el d'imbéciles, nous en conclurions encore qu'il fallait un exemple tel que celui de Siméon pour faire
impression sur eux ; nous dirions avec saint Paul, que I) eu a choisi des insensés el des hommes méprisables selon le monde, pour confondre les sages el les philosophes ; I Cor., c. i, v. 27. Les prolestanls devraient faire attention que les sarcasmes qu'ils ont lancés contre Siméon Stylite ont été tournés par les incrédules contre les anciens prophètes ; haïe marchant nu au milieu de Jérusalem, à la manière des esclaves ; Jérémie, portant des chaînes à son cou, el qui les envoie ensuile aux rois voisins de la Judée ; Kzéchiel, qui se lient couché pendant quarante jours sur le côté droit, et qui brûle la fiente des animaux pour faire cuire son pain ; Osée, qui, par ordre de Dieu, épouse une prostituée, etc., n'ont pas paru plus sages à nos beaux esprits que Siméon perché sur sa colonne.
Mosheim observe qu'un certain Vulsilaicus ayant voulu faire auprès de Trêves le personnage de stylite, les évêques l'obligèrent de descendre de sa colonne. Us firent très-bien ; cet imposteur n'avait ni les mœurs, ni les vertus, ni la foi pure de Siméon ; le climat de Trêves n'est point celui de la Syrie, le plus beau de l'univers, où l'on couche sur les toits el sur Je pavé des rues ; le stylite du Nord aurait peut-être vécu pendant l'été; il aurait péri pendant l'hiver. Nous nous croyons sages , parce que nous ne vivons et ne pensons pas comme les Orientaux ; ceux-ci nous méprisent et nous délestent, parce que nous ne leur ressemblons pas.
2* Quel motif a fait agir Siméon? était-ce l'humeur sauvage, la singularité de caractère, l'ambition de faire parler de lui, la vanité de voir arriver au pied de sa colonne les plus grands personnages de son siècle, etc. Ces vices ne sont pas compatibles avec la douceur, la docilité, la patience, l'humilité du stylite d'Antioche, Les moines d'Egyple, indignés de sa manière de vivre , lui envoyèrent signifier une excommunication, il la souffrit sans murmure ; mieux informés de ses vcrlus dans la suile, ils lui demandèrent sa communion. Il s'était d'abord attaché à sa colonne par une chaîne ; revêtue d'Antioche lui représenta que quand l'esprit est constant, le corps n'a pas besoin d'être enchaîné ; Siméon ne répliqua point : il fit venir un serrurier el fit rompre la chaîne. Les évêques et les abhés de Syrie lui firent commander de descendre de sa colonne, il se mil en devoir d'obéir ; on se contenta de sa docilité. Informé par des voyageurs des vertus de sainte Geneviève, il se recommanda humblement à ses prières. Ce ne sont point là les symptômes du fanatisme ni de l'orgueil. — On nous demande quelle différence il y a entre ce. stylite el Diogène. La même qu'entre la charité chrétienne et la malignité d'un cynique. Diogène dans son tonneau méprisait l'univers entier, il insultait aux passants, il ne voulait corriger les vices que par des sarcasmes, il violait les bienséances, il ne rougissait d'aucune impudicilé:
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peut-on reprocher aucun de ces défauts à Siméon ? Puisque c'est un prolestant qui fait ce parallèle, nous lui disons hardiment que Luther et les autres prédicants fougueux de la réforme ressemblaient beaucoup plus au cynique d'Athènes que le stylite de Syrie.
3° Les conversions el les miracles opérés par ce personnage célèbre sont-ils imaginaires et fabuleux, comme les protestants le supposent? Us sont rapportés non-sculenienl par des contemporains, mais par des témoins oculaires. Théodoret, évêque de Cyr, ville voisine d'Anlioche, avait vu Siméon plus d'une fois, il avait conversé avec lui ; il est un des plus savants et des plus judicieux écrivains ecclésiastiques, ses ouvrages en font foi ; il n'attendit pas la mort du saint stylite pour dresser ia relation de ses actions, de ses vertus et de ses miracles ; il la publia quinze ou seize ans auparavant pour en instruire les contemporains et la postérité- Le moine Antoine, disciple de Siméon, fit la sienne immédiatement après La mort de son maître. Un prêtre chaldéen, nommé Cosmas, l'écrivit en chaldaïque, ta peu près dans le même temps. Evagre, habitant d'Antioche, magistrat et officier de l'empereur, fit son histoire dans le siècle suivant, après avoir interrogé les témoins oculaires. Ces quatre auteurs, qui ont vécu en différents lieux, et qui n'ont pas écrit dans la même langue, ne se sont pas copiés. D'autres contemporains ont confirmé leur témoignage, en traitant d'autres sujets. Sur quoi donc peut être fondé le pyrrhonisme historique affecté par les protestants? L'ignorant le plus stupide peut être incrédule, un vrai savaut ne l'est jamais.
4° L'on a fait contre la vie des ascètes, des moines , des solitaires, des pénitents de tous les siècles, la même objection que contre celle des stylites. Jésus-Christ, diton, n'a point ordonné ce genre de vie, il ne l'a point autorisé par son exemple, ses apôtres n'y ont exhorté personne. Si c'était une pratique louable en elle-même, tout chrétien serait obligé de l'embrasser, la vertu sans doute est un devoir pour tout le monde: que deviendraient la société et le genre humain tout entier? etc., etc.
Kst-il bien vrai que la vie de Jésus- Christ et celle de ses apôtres a été une vie ordinaire et commune ? Saint l'aul aurait eu tort de dire, 1 Cor., c. îv, v. 9. Nous sommes devenus un spectacle aux yeux du monde, des anges et des hommes ; nous paraissons insensés à cause de Jésus-Christ, il est faux que toute vertu soit faite pour tout le monde ; Jésus-Christ a décidé le contraire, lorsqu'il a dit, Matth., c. xix, v 11 : Tous ne comprennent pas ce que je dis, mais ceux à qui ce don a été accordé. Et saint Paul l'a répété, 1 Cor., c. vu, v. 7 : Chacun a reçu de Dieu un don qui lui est propre, l'un d'une manière, l'autre d'une autre. C'est pour cela même que le Sauveur n'a commandé à personne la vie des anachorètes,