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mais il l'a louée dans Jean-Baptiste, et saint Paul dans les anciens prophètes. C'est donc un acte de vertu de l'embrasser lorsqun Dieu y appelle, et qu'aucun devoir de justice ou de charité ne s'y oppose. Ne craignons rien pour la société ni pour le genre humain, Dieu y a pourvu par la variété de ses dons. Mais comme les protestants ne veulent point entendre parler des conseils évangéliques, ils soutiendront plutôt des absurdités que de les admettre. Voy. Conseils ÉVANGÉLIQUES.
SUAIRE. Ce terme, tiré du latin sudarium, signifie dans l'origine un linge ou un mouchoir dont on se sert pour essuyer le visage; le grec c-ovSàpov qui exprime la même chose, ne se trouve que dans les évangélistes. il ne faut donc pas le confondre avec crivSwv ; celui-ci était un linceul, et il désignait quelquefois un vêlement, il tenait lieu de chemise. Dans les pays chauds l'on voit encore pendant l'été les jeunes gens pauvres couverts d'un simple linceul ou morceau de toile carrée ; ils le passent sur leurs épaules, ramènent les deux coins sur la poitrine, croisent le reste sur leur corps et rattachent par une corde ; ils n'ont point d'autre vêlement. Dans la saison du froid et des pluies l'on met un manteau pardessus. 11 est dii dans l'Evangile, Marc, c. xiv, v. 51, qu'un jeune homme qui suivait Jésus-Christ, lorsqu'il fut pris au jardin des Olives, n'avait qu'un sindon sur sa nudité , que les soldats voulurent l'arrêter, qu'il laissa son sindon et s'enfuit. Judic., c. xiv, v. 12 et 13, Samson promit trente sindons, lïebr. sidinim, et autant de tuniques aux jeunes gens de sa noce, s'ils pouvaient expliquer l'énigme qu'il leur proposa. Prov., c. xxn, v. 24, il est dit que la femme forte fait des sindons el des ceintures, elles vend aux Chananéens ou Phéniciens, haï., c. m, v. 23, parle des sindons des filles de Jérusalem.
Nous lisons dans l'Evangile que Joseph d'Arimathie , pour ensevelir Jésus-Chrisi, acheta un linceul, sindonem, el en enveloppa le corps du Sauveur. Il paraît que ce linceul fui coupé en bandelettes, pour serrer autour du corps et des membres les aromates dont on se servait pour embaumer ies morts ; Joseph y ajoute un suaire ou mouchoir, pour envelopper la lête et le visage ; saint Jean, c. xx, v. 6, dit qu'après la résurrection de Jésus-Christ, sainl Pierre entra dans le tombeau, qu'il n'y trouva que les linges ou bandelettes , ol o0oW placés d'un côté, et de l'autre le suaire qui avail été mis sur la tête de Jésus. H dit de même, c. xi, v. 44, que Lazare ressuscité sortit du tombeau ayanl les pieds el les mains liés de bandelettes, et le visage couvert d'un suaire. De là on conclut que le corps de Jésus-Chrisl ne fut point enveloppé d'un linceul entier, mais seulement avec des bandelettes comme Lazare. Ainsi les linceuls ou suaires que l'on montre dans plusieurs églises ne peuvent avoir servi à la sépulture du Sauveur, d'autant plus que le
tissu de ces suaires est d'un ouvrage assez moderne.
H est probable que, dans le xii" et le xm* siècle, lorsque la coutume s'introduisit de représenter les mystères dans les églises, on représenta, le jour de Pâques, la résurrection de Jésus-Christ. On y chantait la prose Victimœ paschali , etc., dans laquelle on fait dire à Magdeleiue : Sepulcrum Christi viventis et gloriam vidi resurgenlis, angclicos testes, sudarium et vestes. Au mol sudarium on montrait au peuple un linceul empreint de la figure de Jésus-Christ enseveli. Ces linceuls ou suaires, conservés dans les trésors des églises , pour qu'ils servissent toujours au môme usage, ont été pris dans la suite pour des linges qui avaient servi à la sépulture de notre Sauveur ; voilà pourquoi il s'en trouve dans plusieurs églises différentes, à Cologne, à Besançon, à Turin, à Brioude, elc. ; et l'on s'est persuadé qu'ils avaient été apporlés de la Palestine dans le temps des croisades.
Il ne s'ensuit point de là que ces suaires ne méritent aucun respect, ou que le culte qu'on leur rend est superstitieux. Ce sont d'anciennes images de Jésus-Christ enseveli, et il paraît certain que plus d'une fois Dieu a récompensé par des bienfaits la foi et la piélé des fidèles qui honorent ces signes commémoratifs du mystère de notre rédemption.
SUBLAPSAIRES. Voy. Infralapsàirbs.
SUBSTANCE. Ce terme philosophique a donné lieu à plusieurs disputes entre les catholiques et les hétérodoxes. Il y eut, dans les premiers siècles de l'Eglise, de la difficulté à savoir si l'on pouvait dire, en parlant de la sainte Trinité, qu'il y a dans la nature divine trois substances ou trois hypostases, parce que l'on doutait si p ir le mot de substance on devait entendre trois essences ou seulement trois personnes. Voy. Hypostase.
Depuis la naissance de la prétendue réforme, il y a dispute entre les protestants et les catholiques pour savoir si la substance du pain et du vin est encore dans l'eucharistie après la consécration. Suivant la foi catholique, en vertu des paroles de Jésus- Christ, Ceci est mon corps , ceci est mon sang, la substance du pain et du vin est changée au corps et au sang de ce divin Sauveur, de mauière qu'il ne reste plus que les apparences ou les qualités sensibles de ces deux alimeuls ; celte action de la puissance divine est nommée transsubstantiation. Voyez ce mot. Les protestants soutiennent que ce miracle est impossible, que Dieu ne peut pas changer une substance en une autre, sans que les qualités changent ; qu'ainsi les qualités sensibles du pain et du vin ne peuvent demeurer dans l'eucharistie, sans que la substance de ces deux corps n'y demeure. Mais avant de mettre des bornes à la puissance divine, dans un sujet aussi obscur, il faut y penser plus d'une lois. Eu effet , lorsqu'il est question des corps ou de la matière, le mot subatan.ee uc
DlCT. DE TlIÉOL. DUr.MATIUl'E. IV.
SIR 5*1
présente aucune idée claire ; nous ignorons absolument en quoi consiste l'essence ou la substance de la matière abstraite de toute qualité sensible : comment donc pouvonsnous en raisonner ?
Par substance en général, on entend un être individuel qui persévère et demeure essentiellement le même, malgré le changement des modifications ou des qualités qui lui surviennent successivement , cl c'est dans le sentiment intérieur que nous puisons cette notion. Je sens que, malgré le changement des idées, des volontés, des affections, des sensations qui m'arrivenf, je suis toujours moi; ces modifications ne peuvent subsister sans moi, mais je puis être sans elles, elles ne sont pas moi. Je sens que je suis moi, et non un autre, et qu'un autre n'est pas moi. Je suis donc une substance, un cire individuel et permanent, qui continue d'èlre essentiellement le même sous une succession et une variété continuelle de modifications différentes. Ainsi le mot substance attribué à l'esprit me donne une idée claire, excitée par un sentiment intérieur qui est invincible. — Mais dans chaque masse ou portion de matière, dans un corps, y a-l-il de même un ou plusieurs cires individuels et permanents , qui demeurent foncièrement les mêmes, lorsque son étendue et ses qualités changent ? Grande question. Dans le système de la divisibilité de la matière à l'infini, nous ne trouverons jamais un être individuel ; or, peut-on concevoir une substance où il n'y a point d'individu ? 11 n'est pas étonnant qu'en suivant celte opinion, Lock ni ses partisans n'aient jamais pu comprendre ce que c'est qu'une substance, mais il ne fallait pas la chercher dans la matière, pendant qu'ils pouvaient la trouver en eux-mêmes. — Si nous revenons au système des atomes, des monades, des points physiques, nous ne serons pas plus avancés. En supposant qu'un atome indivisible de matière est une substance, nous n'y voyons rien d'essentiel que l'inertie ; c'est, à proprement parler, un être sans attributs. Un atome ne peut pas seulement être supposé étendu par lui-même, puisque l'étendue el toutes les qualités dont elle est la base résultent de l'union de plusieurs atomes. Que faut-il pour que ces atomes soient censés essentiellement changés ? Nous n'en savons rien. Nous ne savons pas seulement si les atomes qui composent les corps sont homogènes ou hétérogènes, si un corps est différent d'un autre corps autrement que par ses qualités sensibles ; ainsi, en parlant des corps , nous ignorons absolument en quoi consiste l'idéalité de substance et le changement de substance. 11 nous est donc impossible do savoir ce qu'il faut pour que des atomes qui élaieut pain deviennent le corps de Jésus-Christ ; nous ignorons si Dieu anéantit ou transporte ailleurs les atomes du pain pour y substituer d'aulres atomes , sans loucher aux qualités sensibles, ou si le miracle s'opère autrement. Que pcuvuut donc
BiiS