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Ainsi l'enseigne saint Paul, Ephts., c. iv, v. 1 1. Il dil que Jésus-Christ a donné les uns pour apôtres, les autres pour prophètes : ceuxci pour évangélistes, ceux-là pour pasteurs et docteurs; que leur ministère et leur travail est pour la perf ction des siints et pour l'édification du corps de Jé*us-('hrist, jusqu'à ce que nous soyons tous arrivés à l'unilt de la fui et è la connaissance du Fils de Dieu, et afin que nous ne soyons pas emportés à tout vent de doctrine. L'Apôtre met les fonctions et le ministère des pasteurs cl des docteurs au même rang que celui des apôtres et des prophètes. Il dit de même , / Cor., c. xii, v. 28: Dieu a éta->li dans l'Eglise, d'abord des apôtres, ensuite des prophètes, en troisième lieu des docteurs, enfin les dons des miracles, et il met au nombre de ceux-ci la fonction de gou\erncr, gubernationcs ; il suppose que tous ces dons viennent également de Dieu; ce n'est point aux hommes qu'il appartient de se donner des pasteurs et des docteurs. Cette doctrine est expliquée et confirmée par la conduite des apôires. Après la mort tragique de Judas, saint Pierre dil à l'assemblée des disciples qu'il faut que l'un d'entre eux soit subrogé à la place de ci l apôtre infi lèle. Conséqucmment tous prient Dieu de faire connaître par le sort celui qu'il choisit pour succéder à la place, au ministère et à l'apostolat duquel Jutlas est déchu par sa prévarication, Act., c. i, v. 25. Le sort tombe sur saint Matthias, et il est mis au nombre des apôtres , sans aucune différence entre eux et lui. Ils n'en mettent aucune entre eux et les évoques qu'ils établissent comme pasteurs. Saint Paul dit à ceux d'Ephèse, Act., c. xx, v. 20 : Veillez sur vous et sur tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques ou surveillants pour gouverner l'Eglise de Dieu, v. 32 : Je vous recommande à Dieu et à sa grâce; lui seul peut édifier et donner l'héritage (ou la succession) à tous ceux qui sont sanctifiés. La mission, l'apostolat, le gouvernement de l'Eglise, telle est la succession qui a passé des uns aux autres. Saint Pierre dit aux fidèles, / Petr., c. v, v. 1 : Je prie les anciens ou les prêtres qui sont parmi vous, en qualité de leur collègue (consenior) et de témoin des souffrances de Jésus-Christ ; paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, et pourvoyez à ses besoins, etc. Le caractère et la charge des apôtres ont donc été transmis aux pas eurs. Saint Paul dit aux Hébreux, c. i, v. 7 : Souvenez-vous de vos piiéposés qui voui ont annoncé la parole de Dieu , et en considérant la fin de leur vie imitez leur foi : il parlait des apôtres. Ensuite, il ajoute, v. 17 et 2i : Obéissez à vos préposés, et soyez leur soumis, parce qu'ils veillent sur vous
comme devant rendre compte de vos âmes
Saluez tous vos préposés et tous les saints. Ces préposés sont évidemment les pasteurs, ou les successeurs des apôtres. Par quel moyen s'est établie celte succession? Saint Paul nous l'apprend encore. Il dit à Tiino- Ihée, Epist. I, c. i, v. H: Ne négligez point la grâce qui est en vous, et qui vous a été
donnée par révélation, avec l'imposition et s mains des prêtres. Il Tim., c. i, v. 6 : Je vous avertis de réveiller la grâce de Dieu qui est en vous par l'imposition de mes mains Personne ne disconvient que cette imposition des mains ne soit l'ordination. Conséqucmment il charge Timothée de faire tout ce que pouvait faire un apôtre. Il écrit à Tite, c. i, v. 5 : Je vous ai laissé en Crète afin que vous corrigiez ce qui manque encore, et que vous établissiez des prêtres dans les villes, comme je l'ai fait pour vous-même. Et il lui expose les qualités que doit avoir un évéque.
Ce sont donc les apôtres eux-mêmes qui se sont donné des successeurs , qui les ont regardés comme leurs collègues et leurs coopératcurs , et qui les ont chargés de transmettre celte succession à ceux qui viendront après eux. C'est ce qu'ils ont fait; celte chaîne successive dure depuis dix-sept siècles, et elle continuera jusqu'à la fin des temps. Ainsi l'a promis Jésus-Christ, lorsqu'il a dit à ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (Matth. xxvu,20). Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu'il demeure avec vous pour toujours. C'est l'Esprit de vérité, que 1-e monde ne peut pas recevoir (Joan. xiv, 1G). Cette vérité est confirmée par le témoignage de saint Clément de Home, disciple immédiat des apôlrcs, et qui a été témoin de leur conduite. Il dit que Jésus-Christ a reçu sa mission de Dieu, et « que les apôtres ont reçu la leur de Jésus-Christ ; qu'après avoir reçu le Saint Esprit, et après avoir prêché l'Evangile, ils ont établi évêques ou diacres les plus éprouvés d'entre les fidèles, et qu'ils leur ont donné la même charge qu'ils avaient reçue de Dieu ; qu'ils ont établi une règle de succession pour l'avenir, afin qu'après la mort des premiers, leur charge et leur ministère fussent donnés à d'autres hommes éprouvés.» Epist. l,n. 42,43, U.
Nous ne cessons de répéter aux protestants: Vous qui voyez tout dans l'Ecriture sainte, comment n'y voyez-vous pas la perpétuité de la succession et du ministère apos-- (olique? L'intérêt de secte et de système leur bouche les yeux. Les prétendus réformateurs voulaient établir une nouvelle doctrine, une nouvelle Eglise, une nouvelle religion : comment le faire sans mission? et s'il en faut une, de qui pouvaient-ils la recevoir? Il a donc fallu soutenir ou que la mission n'était pas nécessaire, ou que leur mission était extraordinaire et miraculeuse, ou que la mission ordinaire qu'ils avaient reçue dans l'Eglise catholique était suffisante. Nous avons réfuté ces trois prétentions au mol Mission. — H est évident que ces nouveaux, docteurs, en faisant schisme avec l'Eglise catholique, en niant la mission et le caractère de ses pasteurs, et en rejetant l'ordination, ont rompu la chaîne de la sucerssion et du ministère apostolique, el ont voulu en établir une nouvelle qui a commencé par eu*, et qui ne remonte pas plus
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naut. Lorsqu'ils ont soutenu qu'il n'est pas certain que le pontife romain soit le successeur de saint Pierre, ils auraient dû citer au moins un pape qui ait renoncé comme eux à la succession du prince des apôtres, qui ail excommunié ses prédécesseurs, comme Luther excommunia Léon X, parce que ce ponlife l'avait condamné. Non-seulement tous les évoques de l'Eglise catholique font profession par leur ordination de tenir tous leurs pouvoirs par droit de succession, mais ils sont reconnus par toute l'Eglise pour successeurs légitimes de ceux qui les ont précédés ; et c'est par ce fait éclatant que nous sommes assurés du caractère, de l'autorité et de la juridiction du ponlife romain. Lorsqu'il y a eu des schismes pour la papauté, il s'agissait seulement de savoir quel élait le vrai successeur du pontife précédent; dès qu'une lois ce fait a été éclairci, toute l'Eglise s'est réunie à l'obédience de celui dont la succession a été reconnue légitime. Loin d'accuser les papes d'avoir jamais renoncé à la succession de saint Pierre, les protestants leur reprochent d'en avoir toujours voulu porter les droits trop loin.
Un incrédule anglais s'est attaché à prouver que les pasteurs de l'Eglise n'ont point succédé aux apôtres; il en voulait principalement aux évéques anglicans, qui s'attribuent cel honneur aussi bien que les évéques catholiques; mais comme ces objections attaquent également les uns et les autres, nous devons y répondre. Si la religion, ditil, avait eu besoin d'une succession non interrompue, de pasteurs elle aurait eu pareillement besoin d'une succession tic talents , de connaissances, de miracles et de grâces d'en haul, supérieurs à ceux que Dieu donne aux laïques, et semblables à ceux qu'il avait communiqués aux apôtres ; or, c'est ce que nous ne voyons pas dans le clergé. Les apôtres étaient inspirés, ils avaient le don des miracles et le discernement des esprits : ils pouvaient donner le Saint-Esprit; il leur était ordonné de convertir toutes les nations, et c'est pour les en rendre capables que les dons miraculeux avaient élé départis. Or ce grand ouvrage est exécuté, l'Eglise de Jésus- Christ est élabl e ; donc il n'est plus besoin d'apôtres ni de successeurs de ces hommes extraordinaires; cl l'événement prouve qu'en effet il n'y en a point.
Nous répondons que pour être véritablement successeur des apôtres, il n'est pas nécessaire d'avoir reçu de Dieu tous les dons surnaturels qu'il leur avait communiqués, qu'il su MU d'être destiné à continuer l'ouvrage qu'ils ont commencé, d'avoir reçu la même mission et la mesure de grâces nécessaires pour exercer le même ministère; autrement il faut soutenir que tous ceux qui ont prêché l'Evangile aux inûdèles depuis la mort des apôtres ont été des téméraires, que l'on n'a pas dû les écouler, que les apôont eu tort de charger leurs disciples de Cette fonction, puisqu'ils n'ont pas pu leur donner la plénitude des dons du Saint-Esprit, telle qu'ils l'avaient eux-mêmes reçue. Ces
dons étaient nécessaires pour prouver la mission divine des apôtres; mais cette mission une fois prouvée, il n'est plus besoin de miracles pour la communiquer à leurs successeurs; elle s'étend à tous les siècles, puisque Jésus-Christ ne l'a limitée ni au temps, ni aux lieux, ni aux personnes.: Prêchez l' Evangile à toute créature, enseignez toutes les nations; je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles, etc. Jésus-Christ savait bien que ses apôtres ne vivraient pas longtemps ; donc il a donné la mission non-seulement pour eux, mais pour leurs successeurs jusqu'à la fin des siècles. Nous ne prétendons pas néanmoins avouera l'auteur de l'objection, qu'il ne se fait plus de miracles dans l'Eglise, et que les successeurs des apôtres ne reçoivent plus de grâces ni de dons surnaturels par l'ordination; c'est très-mal à propos qu'il le suppose.
11 est encore faux que le grand ouvrage de la conversion des peuples soit exécuté ; il n'était pas fort avancé lorsque les apôtres ont cessé de vivre; ce sont leurs successeurs qui l'ont continué; il reste encore un très-grand nombre de nations qui ne croient pas en Jésus-Christ, auxquelles il veut cependant que l'Evangile soit prêché; donc, suivant sa promesse, il leur donne la mission, l'apostolat, les grâces et l'assistance dont ils ont besoin pour s'en acquitter avec succès. Mais les protestants ne veulent ni ordination, ni caractère, ni mission surnaturelle, ni grâces qui y soient attachées; c'est à eux de répondre aux incrédules qui argumentent sur leurs propres principes.
* SUCCESSION INDÉFINIE DES ÊTRES. Plusieurs savants ont établi en principe qu'il y a un développement progressif de la vie organique, depuis les formes les plus simples jusqu'aux plus compliquées. Les incrédules oui lire de celle formule des conséquences effrayantes pour la loi. 1° Que la science contredit la narration de Moïse, qui nous présente la création simultanée ou dans l'espace de six jours ; 2° que la nalure a en elle-même la puissance de produire graduellement de nouveaux êtres sans être obligée de recourir à une puissance créatrice. Comme conséquence de celle dernière affirmation on conclut au panthéisme.
Cuvier a remarqué le premier que dans les animaux fossiles du inonde primitif il y a un développement graduel d'organisation : ainsi les couches les plus intérieures contiennent les animaux les plus imparfaits, mollusques et lesiacés; viennent ensuile les reptiles el ces monstrueux animaux rampants qui se rattachent aux habitants de l'air par le lézard volant, et qui sont avec raison clasvés par l'historien inspiré entre les productions marines. Puis la lerre nous fournit des êtres à son tour, ei on trouve des quadrupèdes, mais d'espèces qui pour la plupart n'existent plus. Puis viennent ensuite les terrains meuhles dans lesquels on trouve les dépôts du déluge raconté par Moïse. Voy. Déluge.
Voilà les faits qui onl engagé les incrédules à tirer les conséquences que nous avons exposées. Sonlelles légitimement déduites? D'abord ces faits n'ont rien de contraire à l'Ecriture. Le géologue moderne, dit M8f Wiseman, doit reconnaître et reconnaît volontiers l'exactitude de cette assertion : qu'après que toutes choses eurent été faites, la terre doit avoir élé dans un état de confusion et de chaos; en d'autres
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tannes, que les élément'», dont la combinaison devait plus lard former l'arrangement actuel du globe, doivent avoir clé totalement bouleversés et probablement dans un état de hiltc et de conflit. Quelle a été la durée de c<>tte anarcbie? quels traits particuliers i (Trait-elle ? Etait-ce un désordre continu et sans modifications, ou bien ce désordre é ait-il interrompu par des intervalles de paix et de repos, d'existence végétale et animale? L'Ecriture l'a cacbé à noire connaissance; mais en mente temps elle n'a rien dit pour décourager l'investigation qui pourrait nous conduire à quelque hypothèse spéciale sur ces questions. El moine il semblerait que cette période indéfinie a été mentionnée à de-sein, pour laisser carrière à la méditation ei à l'imagination de l'homme. Les paroles du texte n'expriment pas simplement nue pause momentanée entre le premier fiât de la création ei la production de la lumière; car la forme grammaticale du verbe, le participe, par lequel l'esprit de Dieu, l'énergie créatrice, est représenté couvant l'al.lme, cl lui communiquant la vertu productrice, exprime naturellement une action continue, nullement une action passagère. L'ordre même observé dans la création des six jours, qui se rapporte à la déposition présente des choses, semble Indiquer que la puissance divine aimait à se manifester par des développements graduels, s'élevant, pour ainsi dire, par une échelle mesurée de l'inanimé à l'organisé, de l'insensible à l'instinctif, et de l'irraiiounelà l'homme. El quelle répugnance y a-l-il à supposer que, depuis la première création de l'embryon grossier de ce monde si beau, jusqu'au moment où il fut revêtu de tous ses ornements et proportionné aux besoins et aux habitudes de l'homme, la Providence ait aussi voulu conserver une marche et une gradation semblables, de manière à ce que la vie avançât progressivement vers la perfection, et dans sa puissance intérieure, et dans ses instruments extérieurs? Si les apparences découvertes par la géologie venaient à manifester l'existence de quelque plan semblable, qui oserait dire qu'il ne s'accorde pas, par la plus étroite analogie, avec les voies de Dieu dans Tordre physique et moral de ce monde? Ou qui osera affirmer que ce plan contredit la parole sacrée, lorsqu'elle nous laisse dans une complète obscurité sur cette période indéfinie dans laquelle l'oeuvre du développement est placée? J'ai dit que l'Ecriture nous laisse sur ce point dans l'obscurité, à moins toutefois que nous ne supposions, avec un personnage qui occupe maintenant une haute position dans l'Eglise, qu'il est fait allusion à ces révolutions primitives, à ces destructions et à ces reproductions, dans le premier chapitre de lEcclésiaste (a), ou qu'avec d'autres, nous ne prenions dans leur sens le plus littéral les passages où il est dit que des mondes oui été créés (b).
Il est vraiment singulier que toutes les anciennes t'-sini gi.nies conspirent à nous suggérer la même idée, et conservent la tradition d'une série primitive de révélations successives par lesquelles le monde fui détroit et renouvelé. Les Instituies de Menou, l'ouvrage indien qui s'accorde le plus étroitement avec le récit de l'Ecriture touchant la création, nous disent : Il y a des créations et des dégradions de mondes innombrables ; I l'Etre suprême fuit tout cela avec autant de facili é que si celait un jeu; il crée et il crée encore indéfiniment pour répandre le bonh.ur (c). Les birmans ont des traditions semblables ; et l'on peut voir dans l'intéressant ouvrage de Sang.rmano, traduit par mou ami le docteur Tandy, une esquisse de leurs diverses destructions du monde par le feu
(«) Ricerchesultaqeoloqia. Rovereto, 1821, p. fT».
{h) Hébr. 1, 2.— Hv. m -me, un des litresde Dieu dans |j korau esi : le Seigneur tirs mondes, sura l.
(c) (mlUntet o( hindu lau). LoQd. l$l>, en. I , n. 80 p. 13, co.np. n. L>7, 71, cic.
et l'eau (a). Les Egyptiens aussi avaient consacré une pareille opinion par leur grand cycle ou période sothique.
Mais il est beaucoup plus important, je pense, et plus intéressant d'observer que les premiers Pères de l'Eglise chrétienne paraissent avoir eu des vues exactement semblables ; car saint Grégoire de Nazianze, après saint Justin, martyr, suppose une période Indéfinie entre la création et le premier arrangement régulier de toutes choses (b). Saint Basile, saint Césaire et Origène sont encore plus explicites; car ils expliquent la création de la lumière antérieure à celle du soleil, en supposant que ce luminaire avait déjà existé auparavant, mais que ses rayons ne pouvaient pénétrer jusqu'à la terre, à cause de la densité de l'atmosphère pendant le chaos, et que cette at-, mosphére fut assez raréfiée le premier jour pour laisser passer des rayons du soleil sans qu'on pût néanmoins distinguer encore son disque, qui ne fut complètement dévoilé que le troisième jour (c). lioubée adopte cette hypothèse comme parfaitement conforme à la théorie du l'eu central, et par conséquent à la dissolution dans l'atmosphère de substances qui se sont précipitées graduellement, à mesure one le milieu dissolvant se refroidissait (</). Certes, si le docteur Croly s'indigne si fort contre quelques géologues parce qu'ils considèrent les jours de la créalion comme des périodes indéfinies, bien que le mot employé signifie, selon son élymologie, le temps qui s'écoule entre deux couchers de soleil, que dirait-il donc d'Origène,qui, dans le passage dont j'ai parlé, s'écrie : Quel homme de sens peut penser qu'il y eut un, premier, un second et un troisième jour sans soleil, ni tune, ni étoiles? Assurément le temps entre deux couchers de soleil serait une grande anomalie s'il n'y. avait pas de soleil.
Les faits venant si exactement confirmer la Bible ont obtenu les aveux des plus célèbres géologues. « Nous ne pouvons trop remarquer, dit Demerson, cet ordre admirable si parfaitement d'accord avec les plus saines notions qui forment la base de !a géologie positive. Quel hommage ne devons-nous pas rendre à l'historien inspiré (e)\ » — « Ici, s'écrie Boubée, se présente une consdération donl il serait difficile de ne pas être frappé. Puisqu'un livre écrit à une époque où les sciences naturelles étaient si peu avancées renferme cependant en quelques lignes le sommaire des conséquences les plus remarquables, auxquelles il n'était possible d'arriver qu'après les immenses progrès amenés dans la science par lexvtn* et le xixe siècle, puisque ces conclusions se trouvent en rapport avec des faits qui u'éiaienl ni connus ni même soupçonnés à cette époque, qui ne l'avaient jamais été jusqu'à nos jours, et que les philosophes . de tous les temps ont toujours considérés conlradicloiremenl et sous des points de vue erronés; puisqu'enlin ce livre, si supérieur à son siècle sous le rapport de la science, lui est également supérieur sous le rapport de la morale cl de la philosophie naturelle, nous sommes obligés d'admettre qu'il y a dans ce livre quelque chose de supérieur à l'homme, quelque chose qu'il ne voit pas, qu'il ne comprend pas, mais qui le presse irrésistiblement, {f ). > .
La première conséquence de nos adversaires est entièrement détruite ; la seconde tombe d'elle-même,
(n) A description of the Burmcse empire , imprimé pour la tondaliou des traductions orientales, à Home, 1833, p. 29.
(b) Oral. 2, t. I, p. 51, edit. Bened.
(ci S. Basil. Hexamer. Hom. 2. Paris, 1618, p. 25; S. Caesarius, Dial. I, Biblioth. l'air, (iallandi. Yen. 1770, t. VI, p. 37; Origeu. Feritirch. V\b. îv, c. 16, t. I ; p. 17 1, edit. Bened.
(d) Géoloqie élémentaire à la portée de tout le monde, Paris, 1833, p. 37.
(e) La GKoloqie enseignée en 22 leçons, etc. Paris, \8^J. {fi Géulwjie élémentaire.
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par salle de la destruction de la première. Nous l'avons combattue directement au mol Générations spontanées. Nous nous contentons de présenier ici une réflexion de M. Cuvier, qui prouve qu'il n'y a pas eu générations graduées, mais < réalion proprement dite pour chaque espèce. < Si les espèce* ont changé par degrés, dit-il, on devrait trouver des traces de ces modifications graduelles; on devrait découvrir quelques formes intermédiaires entre le palœoiherium et les espèces d'aujourd'hui, et jusqu'à présent cela nVsl point arrivé. Pourquoi les entrailles de la terre n'oni-clles po ni conservé les monuments d'une généalogie si curieuse, si ce n'est parce que les espè* ces d'autrefois étaient aussi constantes que les nôtres? > Cuvier, Discours sur les révolutions du globe, C'édil. p. 121. 122.
SUFFISANTE (grâce). Voy. Grâce.
SUICIDE, action de se tuer soi-même pour se délivrer d'un mal que l'on n'a pas le courage de supporter (lj. De nos jours l'abus
(1) Ecoulons sur ce sujet le célèbre Rousseau ■ «Tu veux cesser de vivre ; mais je voudrais bien savoir si tu as commencé. Quoi ! fus-tu placé sur la terre pour n'y rien faire ? Le ciel ne l'impose-l-il point avec la vie une tâche pour la remplir ? Si tu as lait ta journée avant le soir, repose-toi le reste du jour, tu le peux ; mais voyons ton ouvrage. Quelle réponse tiens-tu pièle au Juge suprême qui demandera compte de ton temps ? Malheureux ! trouve-moi ce juste qui se vante d'avoir assez vécu ; que j'apprenne de lui comment il faut avoir porté la vie pour être en droit de la quitter. Tu comptes les maux de l'humanité, et tu dis : La vie est un mal. Mais regarde : cherche dans l'ordre des choses si lu y trouves quelques biens qui ne soient point mêlés de maux. Estce donc à dire qu'il n'y ait aucun bien dans l'univers, fit peux-tu confondre ce qui est mal par sa nature avec ce qui ne souffre le mal que par accident? La vie passive de l'homme n'est rien, et ne regarde qu'un corps dont il sera bientôt délivré ; mais sa vie active et morale qui doit influer sur tout sou être consiste dans l'exercice de sa volonté. La vie est un mal pour le méchant qui prospère, et un bien pour l'honnête homme infortuné : car ce n'est pas une modification passagère, mais son rapport avec son objet, qui la rend bonne ou mauvaise. Tu t'ennuies de vivre, et tu dis : La vie est un mal. Tôt ou tard tu seras consolé, et tu diras : La vie est un bien. Tu diras plus vrai, sans mieux raisonner : car rien n'aura changé que toi. Change donc dès aujourd'hui, et puisque c'est dans la mauvaise disposition de ton àme qu'est tout le mal, corrige tes affections déréglées, et ne brûle pas la maison pour n'avoir pas la peine de la ranger. Que sont dix, vingt, trente ans, pour un être immortel? La peine et le plaisir passent comme une ombre ; la vie s'écoule en un instant ; elle n'est rien par elle-même, son prix dépend de son emploi. Le bien seul qu'on a fait demeure, et c'est par lui qu'elle est quelque chose. Ne dis donc plus que c'est un mal pour toi de vivre, puisqu'il dépend de loi seul que ce soit un bien, et que si c'est un mal d'avoir vécu, c'est une raison de plus pour vivre encore. Ne dis pas non plus <|u'il t'est permis de mourir; car autant vaudrait dire qu'il t'est permis de n'être pas homme, qu'il l'est permis de le révolter conlre l'Auteur de ton êlre, el de tromper la destination. Le suicide est une mort funive et honteuse. C'est un vol fait au genre humain. Avant de le quitter, rends-lui ce qu'il a fait pour loi. — Mais je ne tiens à rien. Je suis inutile au monde. — Philosophe d'un jour ! ignores-tu que lu ne saurais faire un pas sur la terre sans trouver quelque devoir à remplir, et que (oui homme est utile à l'humanité, par cela seul qu'il existe? Jeune insensé! s'il le reste au fond du cœur le moindre seniiiueni de vertu,
de la philosophie a été porté jusqu'à vouloir faire l'apologie de ce crime. En partant des principes de l'athéisme, plusieurs incrédules ont avancé que le suicide n'est défendu ni par la loi naturelle ni par la loi divine positive, qu'il semble même approuvé par plusieurs exemples cités dans les livres saints, par le courage de plusieurs martyrs, et par les éloges qu'en ont faits les Pères de l'Eglise. Nous sommes obligés de démontrer la fausseté de toutes ces allégations.
I. Le suicide est contraire à la loi naturelle. 1° Dieu seul est l'auteur de la vie, lui seul a droit d'en disposer; el quoi qu'en disent les raisonneurs atrabilaires , c'est un bienfait. Nous le sentons par l'horreur naturelle que nous avons de notre destruction, et par l'instinct naturel qui nous porte à nous conserver. C'est là-dessus qu'est fondé le droit que nous avons de défendre notre vie contre un agresseur injuste, et de lui ôter la sienne si nous ne pouvons sauver autrement la nôtre. Nous défions les apologistes du suicide de concilier le droit de la juste défense avec le prétendu droit de nous ôter la vie quand il nous plaît. 2° Dieu ne nous a pas donné la vie pour nous seuls, mais pour la société de laquelle nous faisons partie. La même loi naturelle qui commande à la société de veiller à la conservation de tous les membres qui naissent dans son sein ordonne à chacun de ces membres de lui rendre ses services, el de contribuer autant et aussi longtemps qu'il le peut au bien gêné' rai de la société. Dans celte obligation mutuelle consiste le prétendu pacte social imaginé par nos philosophes, mais ce ne sont point les hommes qui l'ont formé par une volonté libre; c'est Dieu, auteur de la nature, qui a stipulé pour eux au moment de leur naissance, ou plutôt au moment de la création. Voy. Société. Vainement on dit qu'un malheureux est un membre inutile et à charge à la société ; il n'en est rien : quand il n'y servirait qu'à donner un exemple de patience, ce serait beaucoup, et rien ne peut l'en dispenser. 3° Qu'est-ce que la vertu ? Suivant l'énergie du terme, c'est la force de l'âme. Si un homme ne veut ou ne peut rien souffrir, de quelle force, de quelle vertu est-il capable? Dirons nous que par la loi naturelle un homme est dispensé d'avoir de la vertu? Ce n'était pas l'avis des stoïciens; ils pensaient qu'un homme sans vertu n'était pas un homme, et il n'est que trop prouvé que de toutes les vertus la patience est la plus nécessaire. A la vérité, ces philosophes se contredisaient en exallant d'un côté la dignité de l'homme aux prises avec la douleur,
viens, que je t'apprenne à aimer la vie. Chaque fois que lu seras tenté d'en sortir, dis en toi-même: Que je fasse encore une bonne action avant que de mourir; puis va chercher quelque indigent à secourir, quelque infortuné à consoler, quelque opprimé à défendre. Si celte considération te retient aujourd'hui, elle le retiendra encore demain, après demain, toute la vie. Si elle ne te retient pas, meurs, tu n'es qu'un méchant, i (Esprit, Maximes et Principes dcJ.-J. llouiseau.)