SI P
I !. Libanlns, dans VOraison funibre de l'empereur Julien, n. 5S, nous apprend que ce fut encore la raison qui empêcha ce prince de publier des édils sanglants contre les chrétiens. Avons nous à rougir de ce que leur courage intrépide a enfin désarmé les tjrans? — 2* Nous soutenons encore que sainte Pélagie et ses semblables n'ont point été suicides, et que les Pères n'ont pas eu tort d'en faire l'éloge. M n'est pas question de savoir si une brutale violence, endurée malgré soi, fait périr ou non la chasteté, mais île savoir si, dans cette épreuve terrible , il n'y a aucun danger de consentir au péché et de succ»mber à la f liblesse de la nature. Qui est la personne vertueuse qui oserait répondre d'elle-même en pareil cas? Or, préférer la mort à une tentation violente et à un danger imminent d'offenser Dieu , ce n'est point un crime, mais un trait d'amour pour Dieu porté au plus haut degré. C'est ainsi que saint Paul a conçu la chasteté parfaite, Rom., c. 8, v. 35. Nous ne craignons pas de défier Barbeyrac et ses copistes de prouver le contraire. Nous n'avons donc pas besoin , pour justifier sainte Pélagie et ses imitatrices, de leur supposer ou un excès de crainte qui leur a ôté la réflexion , ou une espérance mal fondée d'échapper à la mort en se précipitant, ou une inspiration de Dieu qui les a fait agir; les Pères savaient sans doute que Dieu n'inspire point une action criminelle; ils n'ont supposé celte inspiration que parce qu'ils étaient persuadés que le motif de ces saints martyrs était non seulement innocent, mais louable et héroïque, et nous le pensons comme eux.
II n'est donc pas vrai que les Pères ont été séduits par une estime excessive et aveugle de la chasteté, comme Barbeyrac le prétend; c'est lui qui est aveuglé par le préjugé des protestants, qui affectent de déprimer celle vertu; elle a été admirée par les païens mêmes dans les femmes et les vierges chrétiennes. Les protestants ont mis au nombre de leurs prétendus martyrs , et ont loué à l'excès des forcenés dont le fanatisme était mieux caractérisé que celui qu'ils attribuent aux martyrs du christianisme. Saint Justin, Apol. ii, n. 4-, répond aux païens qui demandaient : Pourq oi ne vous tuez-vous pas tous, afin de nous débarrasser de vous? « Dieu nous ordonne de nous conserver pour l'honorer, le servir, et le faire connaître à tous ceux qui ne le connaissent pas. » — 3' Nous répondons aux déistes que les martyrs dont nous parlons n'ont point couru à la mort , mais qu'ils ont été forcés de s'y livrer par la fureur impie des tyrans : que d'ailleurs toute espèce d'enthousiasme n'est pas un vice; c'est une vertu , lorsqu'il porte à des actions louables et héroïques, et c'est l'enthousiasme prétendu des martyrs qui a converti les païens. \roy. .Martyrs.
Il serait inutile de réfuter en détail les sophismes sur lesquels les apologistes du suicide ont fondé leur doctrine; tous portent ou sur l'hypothèse absurde de l'athéisme et de la fatal;--', ou sur ce faux principe, que la
vie nous a été donnée pour nous jeufs, quo nous ne devons rien à nos semblables , et que nous ne sommes obligés de rendre compte de nos actions à personne (i).
SULPICE-SÉVKRE, ou SÉVÈRE-SDLPICR, auteur ecclésiastique, né dans l'Aquitaine, et qui est mort au commencement du V siècle. H est certain qu'il était prêtre, qu'il a vécu et qu'il est mort en odeur de sainteté. Il a écrit dans un latin très-pur un abrégé de l'histoire sainte, la Vie de saint Martin , auquel il fut attaché pendant plusieurs années; des dialogues et des lettres. L'édition la plus récente de ses ouvrages a été faite à Vérone en 1742, en 2 vol. in-folio. On prétend qu'il donna dans l'erreur des millénaires, et qu'il se laissa surprendre par les dehors de la vertu que montraient les pelagiens : mais on assure qu'il se détrompa dans la suite. 11 ne faut pas confondre cet écrivain avec saint Sulpice, archevêque de Bourges, qui a vécu au vr ou au vu* siècle. Voy. Histoire littr'r. de la France , t. Il , p. 95 ; Vies des Pères et des Martyrs, t. 1 , p. 680; Histoire de /' Eglise gallicane, 1. m , an 394.
* SUPERNATURALISME. Le rationalisme avait anéanti tous les dogmes et tons les mystères ( Voy, Rationalisme, Ka.ntismf., Crétcnisme, Exégète, etc.). Il se présenta des champions pour sou tenir fortement la doctrine du sur» turel. Au milieu de la mêlée des combattants se présenta un pacificateur. Schleiermacber prétendit satisfaire les deux partis. Il dit aux rationaiistes : Admettez les dogmes et les miracles chrétiens, non comme divinement manifestés, mais comme historiquement constatés, et votre raison sera pleinement satisfaite ; il montra aux seconds le surnaturel découlant de la vérité historique. Ce système, lamôl rationaliste, tantôt dogmali(|ue, fut nommé avec mépris le Supernaluralisme. Vivement attaqué par les deux partis, il succomba bientôt sous leurs coups.
SUPERSTITIEUX, SUPERSTITION. Ces deux termes sont dérivés du latin superstare, synonyme de superesse, être surabondant ; par conséquent la superstition est un culte excessif et superflu. Les tirées l'appelaient 3c-to-i5atfxovi«, la crainte des démons ou génies, qu'ils prenaient pour des dieux ; conséquemment quelques philosophes du jour disent que la superstition est un trouble de l'âme causé par une crainte excessive de la Divinité. La crainte est, sans doute, une des principales causes de la superstition , mais ce n'est pas la seule, il n'est aucune passion de l'homme qui ne puisse le rendre superstitieux; d'autres écrivains mieux instruits en sont convenus.
Est-ce la crainte seule qui a fait imaginer aux premiers polythéistes la multitude d'esprits, de génies, de démons, par lesquels ils ont cru que toute la nature était animée , et auxquels ils ont attribué tous les phénomènes bons ou mauvais qui y arrivenl?Non, puisque les philosophes mêmes ont généralement suivi cette opinion. C'était la difficulté de concevoir le mécanisme de la nature, lu
(1) Voy. Dictionnaire de Tlicoluijie moia'e, an.
.Su CI. L.
sïi