‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 12 sur 219 · SUT · texte numérisé non relu

SUT

passé? C'est que, loin de la parlée, loin de l'œil inte lisent île l'homme, par tlelà les limites naturelles «le l'expérience et de ridée, au delà île Imites les lois île l'évidence, ;iii delà, bien nu de à s'étendent encre les immense- régions de In vérité. Oui, par delà il y a encme l'invisible, l'incompréhensihlp, l'infini ! et v«iiin n'en pouvex douter; car vous savez que Dieu habite la lumière inaccessible. Et même dans l'ordre hnniaiii il y n encore loin de nous, hors de ht portée de noire vue, de notre intelligence, il y a les temps, les lieux, il y n tous les faits du passé. Mais pour nous en tenir à la connaissance de Dieu seul, pour en venir n ce caractère dernier que je \ nus signalais en commençant, après les premières notions traditionnelles sur la Divinité, avnunn— le, ni l'idée, ni l'expérience, ni l'intuition, ni le raisonnement, ne peuvent plus ici nous servir davantage, car il s'agit de sonder les profondeurs t!e l'infini, il s'agit de mesurer l'éternité. Quel homme alors ne •Ion trembler ? Seigneur ! qui viendra donc à notre aide !

< Nous avons In foi. La foi, elle avance toujours, elle nt craint rien, elle ne craint pas de s'élancer dans les régions, de fiulini et de l'incompréhensible. Entendez-le donc, je vous en prie. La loi, glorieuse extension de la raison, lui apporte ce qu'elle n'a pas, lui donne ce qu'elle ne peut ni saisir ni atteindre. C'est un don du Seigneur, un bienfait de la grâce divine.

« Oh! oui, vous ne l'avez pas comprise la dignité de celle loi, v::us qui prétendez qu'elle veut ass-rvir, dm (Ter, restreindre la raison. Vous ne croyez pas. peut-être, vous qui mYcninez en ce moment; peul-é ru, dans une de vos heures railleuses, vous ave/ en pitié ceux qui croient. Mais, prenez garde; nous n'acceptons pas voire compassion et vote pile. Croyants, et croyants simères, nous avons la raison comme vous ; comme vous, et avec elle, nous avançons ; et plus que vous peut-être, nous allons jusqu'à ses limites ; nous admettons tout ce qu'elle, admet, tout ie que vous admettez, et plus en on', permet lez-moi de le dire. Mais là où vous vous arrêtez, nous avançons encore: In où vous vou? é.uiim z in vain, nous possédons, vainqueurs paisibles; la où vous balbuties, nous aliiimous, là où vous doutez, nous croyons ; In où, vous languissez incertain-et malheureux, nous triomphons et nous régnous hei r u\. Telle est la loi, et voilà c minent e le tient relever la dignité de l'homme par les mystères divins qu'el e révèle. Il est vrai, la foi vous soumet à une autorité, à l'autorité de la parole (Jivii.e qui daigna un jour se démontrer à la raison de Diminue, pane que la raison avait, en vertu des dons du Seigneur, le droit de demander cet e démonstration cl celte preuve. Un jour, sur celle terre bénie de la Judée pir les miracles et les leçons de ITloiiiiue-bieu, cette manifestation de l'autorité divine s', ccouiplil. La raison l'en eiulil, elle la conçut, elle la reeiiniiut, «;: la loi s'établit : foi éminemment raisonnable, puisque nous renseignons, el nous le répétons sans cesse, la raison, pour croire, ré peut, n-doit se soumettre qu'à une autorité raibouu-thleiueul acceptable el certaine....

< iNon, la loi ne vieut pas, l'autorité divine ne M'-nl pa- non plus anôier l'essor de la rai-on. Au contraire, la loi vie.,i arracher l'cspiit vacillant de l'homme à lYmpiic îles ténèbres el d'incertitudes inframliissahles pour tous siselforls. El quand la loi a ainsi et.. h. i .-on paisible empire, quand elle règne au tond de nos eeeorb, al»r» la raison peut eu sûreté par courir, inemrur, pénétrer, souda* cet univers immeu-e. si géitéreaseuicul laissé a ses blues investigation*, boit donc que recueillie en elle-même, elle descendu profondément d usi'àuie pour étudier sa nature intime, ci i cm ou ter aux principes premiers, à rjesseuce même des choses; soit que, re- I ui uni scs regarJ^ sa- lcs tuo .Je-, visibles, elie eu

découvre les phénomènes, elle en sa:sisse les lois, elle marque, au milieu du torrent des laits, la haute économie dit gouvernement du monde, alors toujours à l'abri imélaire de la loi, l'homme intelligent est libre et vraiment grand, il mesure toute retendue de la terre et des eieux, il ne connaît plus d'ob stades ni de barrières, assuré qu'il est de marcher à la suite de la parole el de l'autorité divine ellemême. C'est ainsi, el c'est ainsi seulement que la raison s'élève et grandit, garantie contre ses propre- écarts ; c'est ainsi qu'elle s'élève jusqu'au plus haut degré de la science véritable; oui, elle a conquis toute sa dignité par l'obéissance même qu'elle rend à cette loi, et elle devient le plus nobl« el le dernier effort r|ii génie de l'homme, lorsque, e* donnant à ses forces tout leur développement, elle a lespecté aussi les limites de sa nature, et qu'elle a mérité de s'unir à la lumière el à la g oire divines.

« J'ai dit loul ce que je voulais dire. Il me semble que nous avons, quoique bien en abrégé, li\é certaines notions suffisantes sur notre nature intelligente et sur les droits de la raison. Je les résume en peu de mois. Trois élals, nu trois espèces de connaissance etd'allirinalion : l'évidence ou intuition, le raisonnement ou déduction/, la foi. Ce sont là unis actes ou fonctions de l'âme, qui correspondent a autant de voies ou moyens d'arriver à une allinnalioii cet laine : l'idée, l'expérience, l'autorité. Hors de là, je ne crains pas de le dire, il n'y a pas de vraie philosophie, il n'y a pas de nation vraie de l'homme, il n'y a pas de justice rendue à la nature intelliuenle. Pour achever, s'il est possible, d'écarter d'injustes »é|iii'sions, nous placerons directement en présence la philo* ophie el l'autorité catholique on l'Eglise. Mous demanderons franchement à la philosophie el à la rai-on loul ce qu'elles réclament et exigent de l'autorité ci de la foi catholique; et nous reconnaîtrons que la philosophie obtient avec le eatholici-me tout ce qu'elle a le droit de réclamer, et que ce qu'elle n'obtient pas, elle n'a aucun droit de le réclamer

< La raison réclame avec justice pour l'homme quatre choses : le droit des idées el des vérités premières; le droit de l'expérience el des faits; des solutions fixes sur les grandes questions religieuses ; en lin un principe fécond de science, de civilisation et de prospérité. Par la loi. et par la loi catholique seule, la raison olilieul ici loul ce qu'elle est eu droil d'exiger.

< 1° La saine philosophie, d'accord eu ce point avec la théologie la plus communément approuvée, a de tout temps demandé que, dans l'analyse de la certitude, on dut se reposer en dernier lieu sur les premiers principes et les premières vérités qui nous sont évidemment connues el qui cou ii uni en quelque sorte le fond même de i i'àuie. A ces premiers anneaux doit nécessairement se rattacher la chôme des vérités admises, quelles qu'elles soient, suis quoi elles seraient comme des étiangers qui demeurent en dehors, n'ont point de place au foyer dôme-tique, et ne soûl unis par aucun lien à la famille même. Aussi l'Eglise catholique a-t-elle toujours entendu ère acceptée raisonnablement, avoir toujours no heu dans l'iulime raison de l'homme. L'Eglise n'a jamais prétendu faire admettre son autorité, rtiôme infaillible et divine; sans qu'elle se rattachât avec la grâce, à un principe intérieur de conviction personnelle. Voilà ce qu'il faut savoir.

« Eh b en ! au fond de l'âme vii et demeure nu intime besoin d'autorité : il est impossible d'eu disconvenir ; il foi me comme la conscience universelle du genre humain ; besoin d'autorité pour les masses, même en des choses ace ssih 'es à l'intelligence, mus qui exigeraient des efforts hors de proportion avec I', lai do la multitude; besoin d'aul'C lé pour le- esprits plus cultivés el pour lé g. nie lui-même, eu présence de l'invisible, de l'incompréhensible, J-o

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