‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 112 sur 219 · SOS · texte numérisé non relu

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trouve d.ins les divers symboles, et on ont conclu que l'on a tort de leur reprocher les changements qu'ils ont faits dans leurs différentes confessions de foi ; Basnage, Hist. deCEgl., 1. xxv, c. 1. Ces changements allérai^nt la croyance et le fond même de la doclrine. Les luthériens n'oseraient soutenir qu'ils tiennent encore aujourd'hui dans le sens littéral ce qui est enseigné touchant l'eucharistie dans la confession d'Augsbourg, art. 10, et dans celle de Wirtemberg, et qu'ils croient la présence réelle, telle que Luther la défendait. Les calvinistes se sont dégoûtés des décrets absolus de prédestination établis dans leurs premières confessions de foi, dans les livres de Calvin et dans les décrets du synode de Dordrecht. Tout catholique reconnaît que les anciens symboles ne contiennent que des vérités ; si les prolestants étaient '•incères, ils avoueraient que leurs premières confessions de foi renferment des faussetés. 11 ne sert à rien de dire, comme Basnage, que ces confessions de foi expriment la même doctrine, quant à l'essentiel. Qui déterminera re qui est essentiel et ce qui ne l'est pas ? Toutes les vérités que Dieu a révélées sont essentielles, et il n'est pas plus permis de nier l'une que l'autre. Les protestants ont toujours soutenu que les articles sur lesquels ils disputaient contre l'Eglise romaine étaient essentiels, puisqu'ils les ont allégués comme un juste motif de faire schisme avec elle; c'esl cependant sur ces articles que leurs confessions de foi ont varie.

En 323, lorsqu'Arius eut nié la divinité du Verbe, et eut enseigné que le Fils de Dieu est une créature, les évéques assemblés à Nicée, au nombre de 318, dressèrent un symbole pour déterminer quelle était la foi de l'Eglise. II s'agissait d'expliquer le sens du second article du symbole des apôtres : Je croi*. . en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu et Notre-Seigneur. Il était donc question de savoir en quoi consistait cette filiation, si c'était une création, une filiation adoptive, comme le voulait Arius, ou si c'était une génération proprement dite, si le Fils de Dieu avait été engendré dans le temps ou de toule éternité. Le concile exprima nettement sa croyance par ces paroles : « Nous croyons en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu , lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubslanliel au Père; par lequel tout a été fait dans le ciel et sur la terre. » Etaiice là une nouvelle doclrine? Les sociniens, plusieurs protestants , et les incrédules leurs copistes, le prétendent. Mais le titre de Fils unique de Dieu, donné à Jésus-Christ dans l'Ecriture et dans le symbole des apôtres, atteste le contraire. Dieu est le Père ,de toute créature, tout chrétien est son fils adoptif ; donc Fils unique ne peut signifier ni une création ni une adoption. Les sociniens ont imaginé vingt subtilités pour tordre le sens de ce mol; mais les premiers

chrétiens n'étaient pas aussi habiles sophistes qu'eux, ils prenaienl re litre auguste dans le sens propre et littéral ; le concile de Nicée n'a f il qu'en développer l'énergie. 11 y a plus. Les expressions dont il se serl sont toutes tirées des anciens symboles. Le Verbe est appelé dans celui de saint Grégoire Thaumaturge, Fils unique, Dieu de Dieu, Eternel de V Eternel; dans celui du martyr Lucien, Fils unique engendré chi Père, Dieu de Dieu, quia toujours été en Dieu, et Dieu Verbe ; dans les Constitutions apostoliques, Fils unique engendré du Père avant les siècles, et non créé ; dans le symbole de Jérusalem, Fils de Dieu unique, engendré du Père avant tous les siècles, vrai Dieu par lequel tout a été fait; dans celui de Césarée, Verbe de Dieu, Dieu de Dieu, lumière de lumière, Fils unique, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles ; dans celui d'Antioche, Fils unique du Père, né de lui avant tous les siècles, et non fait; vrai Dieu de vrai Dieu, consubstanliel au Père: ce dernier mol peut y avoir été ajouté depuis le concile de Nicée, le reste est ancien. Mais c'est contre le terme consubstantiel que, lés ariens se révoltèrent, et que leurs descendants s'élèvent encore. Ce n'est cependant qu'une conséquence de la génération éternelle du Verbe, professée dans les symboles. Sans doute il n'y a pas eu en Dieu de loule éternité deux substances différentes ; si donc le Fils a été engendré du Père, vrai Dieu de vrai Dieu, Eternel de V Etemel, comme s'expriment les symboles, peut-il être d'une aulre substance que de celle du Père? Donc la génération divine emporle la coéternilé, la coégalilé et la consubstantialilé. Les ariens mêmes n'ont jamais osé soutenir que ce terme exprimait une erreur; ils ont dit seulement que c'était un mot équivoque, duquel on pouvait abuser pour établir le sabellianisme, etc. Voy. Consubstantiel.

De quel front les sociniens et leurs amis viennent-ils nous dire qu'avant le concile de Nicée la divinité du Verbe ou du Fils n'était pas un article de foi, que sur ce point la croyance de l'Eglise n'était pas fixée, que les Pères de ce concile ont eu tort d'employer des termes qui ne sont pas dans l'Ecriture, etc.? 11 s'agissait de déterminer le vrai sens du mot Fils unique donné à Jésus- Christ dans l'Ecriture, Joan., c. i, v. 14 et 18 ; c. m, v. 16 et 18 ; / Joan., c. iv, v. 9 ; les ariens y donnaient un sens faux, il fallait fixer le vrai: on l'établit, non par des arguments métaphysiques ni par des subtilisés de grammaire, mais par le langage uniforme des anciens symboles; les évoques arrivèrent au concile munis de cette seule arme, ils n'en eurent pas besoin d'autre. 11 en lut de même au concile de Conslantinople, l'an 381 ; Macédonius, évêque de celle ville, s'avisa de nier la divinité du Saint-Esprit ; il fut condamné comme Arius par la teneur des anciens symboles. Le concile de Nicée s'était borné à dire : Nous croyons aussi au Saint-Esprit, parce que cet article n'était poiut attaqué pour lors. On n'i-

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gnorail pas qu'il est dit dans la profession de fui de saint Grégoire Thaumaturge, «lui fut toujours colle de l'Eglise de Néorésarée, m110 « 1° Saint-Esprit existe de Dieu, qu'en lui sont manifesté* Dira le Pète et Dieu le Fils; que, dans celte Trinité parïaile, il n'y a point de division ni lie différence en gloire, en éternité, en souveraineté ; qu'il n'y a rien de créé, rien d'inférieur, ri n de survenu et qui n'ait pas ciislé auparavant; que le Père n'a jamais été sans le Fils, ni le Fils sans le Saint- Esprit; que celte Trinité demeure lonjoura la inouïe, immuable et invariable. » Les sociniens ont fait inutilement des efforts pour Faire douter de l'authenticité de ce symbole; Bullus l'a prouvée sans réplique, Defens. fidei Nicœnœ, seel. n, c. il.

On savait que, dans la profession de foi du martyr Lucien, qui était celle de l'Eglise d'Antioche, il est dit que « les noms de Père, de Fils et de Saint-Esprit ne sont pas seul 'ment trois simples dénominations , «nais qu'ils signifient la substance propre des trois personnes , leur ordre et leur gloire, de manière qu'ils sont trois par substance, et un par ressemblance. » Le symbole de l'Eglise de Césarée, eité par Eusèbe, porte; « Nous croyons au Père... au Fils... et au Saint-Esprit, et que chacun des trois subsiste véritablement. » En écrivant à son troupeau, cet évêque proiesle que telle est la f<;i qu'il a reçue de ses prédécesseurs et «lès son enfance, qu'il y persévère et y tiendra toujours. Socrate, Hist. ecclé*., 1. i, chap 8. D'ailleurs, saint Epiphane qui écrivait l'an 373, huit ans avant le concile de Conslantinople, nous apprend que-, depuis le concile «le Nicée jusqu'alors, il s'était élevé de nouvelles erreurs; que pour en préserver les fidèles on faisait apprendre et réciter aux catéchumènes un symbole plus ample que celui de Nicée, dans lequel il est dit que le Saint-Esprit est incréé, qu'il procède du Père et qu'il reçoit du Fils. Le symbole même que ce Père nous donne pour symbole de Nicée est augmenté dans ce qui regarde le Saint-Esprit; il est entièrement conforme à celui que l'on réci'.e encore actuellement a la messe; ainsi le concile de Conslantinople ne fil que l'adopter. C'est pour cela même qu'il porte toujours le nom de symbole d? Nicée. La conduite des conciles ;i donc toujours été uniforme; on y a décidé, non ce qu'il fallait commencer à croire, mais ce qui avait toujours été cru; les évêques ne se sont point arrogé l'autorité d'introduire une nouvelle doctrine, mais de rendre témoignage de celle qu'ils ont trouvée établie dans leur Eglise ; s'il ne s'était jamais trouvé d'hérétiques déterminés à faire changer de croyance aux fidèles, j'Eglise n'aurait jamais eu l;esoin de faire de nouvelles décisions. Yoy. Dépôt, Evêque, etc.

Il est constant, et Bingham l'a prouvé, «lue depuis le concile de Nicée la plupart des Eglises d'Orient ont fait réciter aux caléchumènea avant le baptême le tymbuU de

ce concile avec les additions adoptées par celui de Conslantinople. Celui d'Ephèse , tenu l'an 131, défendit sévèrement d'en introduire un autre, act. 6. Mais les savants conviennent communément que l'on n'a corn. mencé à le réciter dans la liturgie que vêts le milieu du \' siècle dans les Eglises d'Orient, et un peu plus lard dans celles de l'Occident. On creil que Pierre le Foulon introduisit le premier cet usage dans l'Eglise d'Antioche, l'an 471, et qu'il fut imité dans celle de Conslantinople l'an 511. Le premier vestige de cette coutume en Espagne se voit dans leine concile de Tolède vers l'an 589; elle ne fut suivie dans les Gaules que sous Charlemagne, et on ne la trouve solidement établie dans l'Eglise romaino que sous le pontificat de Benoît VIII, l'an 1014. Bingham, ibid , c. 4, § 17. #

On convient encore à présent que le symbole qui porta le nom de saint Alhanase n'a pas été composé par lui, mais par un auteur latin beaucoup plus récent, qui l'a tiré des écrits de ce saint docteur. La première fois qu'il en est fait mention est dans un concile d'Autun, tenu l'an 670; Ayton, évêque de Bâle vers l'an S00, prescrivit aux clercs de le dire à prime. Balhérius, évêque de Vérone vers l'an 930. voulait que les prêtres de son diocèse sussent par cœur le symbole des apôtres, celui que l'on dit à la messe, rt celui qui est attribué à saint Alhanase. Les anglicans le disaient autrefois dans l'office du dimanche aussi bien que les catholiques ; mais depuis que les sociniens se sont multipliés en Angleterre, ils sonl venus à bout d'en faire cesser la récitation dans quelques églises. Bingham, ibid.; Lebrun, Explicat. des Cérémon. de la Messe, w part.» art. 8.

SYMMAQUE. Voy. Septante et Version.

SYNAGOGUE, mot grec qui signifie assemblée; il est pris dans ce sens général dans plusieurs passages de l'Ancien Testament, il se dit indifféremment de l'assemblée des justes et de celle des méchants. Dans les livres du Nouveau, il a un sens plus étroit ; il signifie une assemblée religieuse, ou le lieu destiné chez les juifs au service divin ; or, ce service, depuis la destruction du temple, ne consiste plus que dans la prière, dans la L-clure des livres saints et dans la prédication ; c'est à quoi se réduit aussi celui de plusieurs sectes protestantes.

Ce que nous allons dire des synagogues est tiré de Keland, Ântiq. Sacr. velerum Ilebrœor.,v° pari., c. 10, et de Prideaux, Hist. des juifs, I. vi, t. Il, p. 230, et peut servir à l'intelligence de plusieurs passages du Nouveau Testament; mais, comme ces deux auteurs ont lire des rabbins une partie de ce qu'ils disent, ou ne peut pas y ajouter la même foi qu'à ce qui nous est indiqué dans nos livres sainis. On ne trouve dans ceux de l'Ancien Testament aucun vestige des synagogues, d'où l'on conclut qu'il n'y en avait point avant la captivité de Babylone. Comme une des parties principa'cts du service religieux des Juifs csl la lecture de la

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loi, ils ont établi pour maxime qu'il ne peut point y avoir de synagogue où il n'y a pas un livre de la loi. Ôr, pendant un grand nombre des années qui précédèrent la captivité, les Juifs, livrés à l'idolâtrie, négligèrent sans doute beaucoup la lecture de leurs livres saints, et les exemplaires durent en être assez rares. C'est pour cela queJosaphat envoya des prêtres dans tout le pays pour instruire le peuple dans la loi de Dieu, // Parai., c. xvn, v. 9, el que Jusias fut si étonné lorsqu'il entendit lire cette même loi trouvée dans le temple, // Reg., c. xxvn. 11 ne s'ensuit pas de là qu'il n'eu restaitque ce seul exemplaire; les livres qu'on ne lit point sont comme s'ils n'existaient pas. — Suivant les notions actuelles des Juifs, on ne peut et on ne doit point établir une synagogue dans un lieu, à moins qu'il ne s'y trouve dix personnes d'un âge mûr, libres d'assister constamment au service qui doit s'y faire. Il n'y eut d'abord qu'un petit nombre de ces lieux d'assemblée, mais dans la suite ils se multiplièrent ; il paraît que du temps de Jésus-Christ il n'y avait point de ville de Judée où il ne se trouvât une synagogue. Suivant l'opinion des Juifs, on en comptait 480 dans la seule ville de Jérusalem; c'est évidemment une exagération. Le service de la synagogue consistait, comme nous l'avons déjà remarqué, dans la prière, la lecture de l'Ecriture sainte avec l'interprétation qui s'en faisait, et la prédication. La prière des Juifs est contenue dans les formulaires de leur culte; la plus solennelle est celle qu'ils appellent les dix-neuf prières ; il est ordonné à toute personne parvenue à l'âge de discrétion, de la faire trois fois le jour, le matin, vers le midi et le soir; elle se dit dans la synagogue tous les jours d'assemblée. Il n'est pas certain que cet usage ait toujours été observé. La seconde partie du service est la lecture de l'Ancien Testament. Les Juifs la commencent par trois morceaux détachés du Pentateuque; savoir, le v. h du sixième chapitre du Deutéronome, jusqu'au v. 9; le v. 13 du chap. xi de ce même livre, jusqu'au v. 21; le quinzième chap. du livre des Nombres, depuis le v. 37, jusqu'à la fin. Us lisent ensuite une des sections de la loi et des prophètes qu'ils ont marquées pour chaque semaine de l'année et pour chaque jour d'assemblée. La troisième partie du service estl'explicationdel'Ecriture et la prédication ; la première se faisait à mesure qu'on lisait, la seconde après la lecture finie. Jésus-Christ enseigtiaitles Juifs de l'une et de l'autre de ces manières. Un jour qu'il vint à Nazareth où il demeurait ordinairement,on lui fit lire la section des prophètes marquée pour ce jour-là ; quand il se fut levé et qu'il l'eut lue, il se rassit el l'expliqua, Luc, c. xvi, v. 17. Dans les autres endroits, il allait toujours à la synagogue le jour du sabbat, et il prêchait l'assemblée après la iecture de la loi et des prophètes, Luc. y c. iv, v. 16. C'est ce que Gt aussi saint Paul dans la synagogue d' Antioche de risidie, Avl.,c.. xm, v. lt>- On s'assemblait

trois jours de la semaine, le lundi, le jeudi et le samedi, jour du sabbat, et chacun de ces jours il y avait assemblée le matin, après midi et le soir. Les prêtres n'élaient pas les seuls ministres de la synagogue ; les plus distingués étaient les anciens, nommés dans l'Evangile principes synagogœ ; on ne sait pas quel était leur nombre; à Ccrinllu on en voit deux, Crispe el Sostbène. Le ministre de la synagogue était celui qui prononçait les prières au nom de l'assemblée ; on prétend qu'il était nommé l'ange ou le messager de l'Eglise, que c'est à l'imitation des Juifs que saint Jean dans l'Apocalypse a donné le nom d'ange aux évêques des sept Eglises d'Asie, auxquels il adresse la parole ; mais ce n'est là qu'une conjecture. Après le ministre étaient les diacres ou serviteurs de la synagogue; ils étaient chargés de garder les livres sacrés, ceux de la liturgie et les autres meubles; ainsi il est dit que quand Notre-Seigneur eut fini la lecture dans la synagogue de Nazareth, il rendit le livre au ministre inférieur ou au diacre. 11 est évident que les fonctions de celui-ci n'avaient aucune ressemblance avec celles des sept diacres qui furent établis parles apôtres dans l'Eglise de Jérusalem, Act. ,c.vi,\. 5. Enfin, il y avait l'interprète, dont l'office consistait à traduire enchaldéen, ou plutôten syrochaldaïque, ce qui avait été lu au peuple en hébreu, il fallait par conséquent que cet homme sût parfaitement les deux langues. Cependant il n'est point fait mention de ces interprètes dans l'Evangile, et il est difficile de croire qu'il y ait eu chez les Juifs un assez grand nombre de ces hommes instruits pour eu pourvoir toutes les synagogues. Comme il n'est pas certain que du. temps de notre Sauveur la paraphrase chaldaïque d'Onkéîos, qui est la plus ancienne, ait déjà été faite, nous ne savons pas si ce divin Maître lut à Nazareth le texte du prophète Isaïe en hébreu, ou s'il le traduisit en le lisant dans le dialecte de Jérusalem, qui était un mélange d'hébreu, de syriaque et de chaldéen. Voy. Paraphrase. On croit encore qu'avant la fin de l'assemblée, le prêtre qui s'y trouvait, ou à son défaut le ministre, donnait la bénédiction au peuple, el qu'il y avait pour cela un formulaire particulier. Elait-ce celui que composa Moïse, lorsqu'il bénit les Israélites avant sa mort, Dent., cap. xxvm, ou en était-ce un autre? Personne n'en sait rien. La seule chose certaine, c'est que les Juifs, dans leur service actuel, s'écartent en plusieurs points du plan que nous venons de tracer ; mais, encore une fois, celui-ci n'est qu'un assemblage de conjectures qui ne portent sur aucune preuve positive. Quand on voit la confiance que les hébraïsants protestants donnent aux traditions des rabbins, et le ton de certitude sur lequel ils en parlent, on est étonné de l'incrédulité et du mépris qu'ils témoignent pour toutes les traditions de l'Eglise chrétienne ; les juifs sonl-iis donc des savants mieux instruits, plus judicieux, plus dignes de foi que les Pères de l'Eglise?

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SYNÀXÀRJON. C'est un lifre ecclésiastique des Grecs, dans lequel ils ont recueilli en abrégé les Aies des saints, et où l'on voit en peu de mots le sujet de chaque fête. Ce livre est imprimé, non-seulement en grec pur, mais aussi en grec vulgaire, afin qne le peuple puisse le lire. Dans les dissertations que Léon Allalius a composées sur les livres ecclésiastiques des Grecs, il dit que Xantliopulea inséré beaucoup de faussetés dans le Synaxarion ; aussi, l'auteur des cinq chapitres du concile de Florence, attribués au patriarche GennaJe, rejette ces addition-, et assure qu'elles ne se lisent point dans l'Eglise de Constanlinople.

On trouve au commencement ou à la fin de quelques exemplaires grecs manuscrits du Nouveau Testament, des tables qui indiquent les évangiles qu'on lit dans les éi.'lises grecques chique jour de l'année; ces tables se nomment encore Synaocaria.

SYNAXE, assemblée; les auteurs grecs ont ainsi nommé en particulier les assemblées chréliennesdans lesquelles on célébrait le service div in, où l'on consacrait l'eucharistie, où l'on chantait les psaumes, ou l'on priait en commun. Y oy. Liturgie, Office divin.

SYNCLLLE , compagnon, celui qui demeure dans le même appartement ou d.ins la même chambre. Dans les premiers siècles, les évéques, pour prévenir tout soupçon désavantageux sur leur conduite, prirent avec eux un ecclésiastique qui les accompagnait partout, qui était témoin de toutes leurs actions, qui couchait dans la mêrnechambre ; c'est pour celte raison qu'il était appelé le syncelle de l'évêque. Le patriarche de Constanlinople en avait plusieurs qui se succédaient, et le premier de tous éiait nommé protosyncelle. La confiance que le patriarche avaii en eux, la part qu'il leur donnait dans le gouvernement, le crédit qu'ils acquirent à la cour, rendirent bientôt la place de protosyncelle très-considérable; c'était un titre pour parvenir au patriarcat, de même qu'à Home la dignité d'archidiacre. Par celte raison, l'on a vu quelquefois des fils et des frères des empereurs occuper cette place; surtout depuis le ix' siècle , les évéques mêmes et les métropolitains se firent un honneur d'en être revélus. Peu à peu les protosyncelles se regardèrent comme le premier personnage après les patriarches ; ils se crurent supérieurs aux évéques et aux métropolitains , et se placèrent au-dessus d'eux dans les cérémonies ecclésiastiques. Leurs prérogatives, quoique fort restreintes, sont encore aujourd'hui très-grandes. Dans le synode tenu à Constanlinople contre le patriarche Cyrille Lucar, qui voulait répandre dans l'Eglise grecque les erreurs de Calvin, le protosyncelle parait comme la seconde dignité de l'Eglise de Couslanlinople. Quant aux syncelles, il y a longtemps qu'ils n'existent plus en Occident, et que ce n'est ['lus qu'un vain litre en Orient. Zonaras, Annul., t. 111 ; Thomassin, Discipl. ceci., t" part., 1. i, c. 4G; m" part., 1. i, c. 51 ; iv* part., I. i, c, 76.

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SVNCUÉriSTES, conciliateurs. On adonné ce nom aux philosophas qui ont travaillé à concilier les différentes écoles cl les divers systèmes de philosophie, et aux théologiens qui se sont appliqués à rapprocher lu croyance des différentes communions chrétiennes. Peu nous importe de savoir si les premiers ont bien ou mal réussi : mais il n'est pas inutile d'avoir une notion des diverses tentatives que l'on a faites, soit pour accorder ensemble les luthériens et les calvinistes,soit pour réunir les uns elles autres à l'Eglise romaine; le mauvais succès de tous ces projets peut donner lieu à des réflexions.

Basnage, Hist. de l'Eglise, 1. xxvi, c. 8 et 9, et Mosheim, Ilisl. ecclés. du xvnc siècle, ir section, u* part., en ont fait un détail assez exact ; nous ne ferons qu'abréger ce qu'ils en ont dit. Luther avait commencé à dogmatiser en 1517; dès i'an 1529, il y eut à Marpourg une conférence entre ce réformateur et son disciple Mélanchthon d'un côté, OKcolampade et Zwingle, chefs des sacramenlaires, de l'autre, au sujet de l'eucharistie, qui était alors le principal sujet de leur dispute ; après avoir disputé la question assez longtemps , il n'y eut rien de conclu, chacun des deux partis demeura dans son opinion. L'un et l'autre cependant prenaient pour juge l'Ecriture sainte , et soutenaient que le sens en était clair. En 1556, Bucer, avec neuf autres dépulés, se rendit à Willemberg, et parvint à faire signer aux luthériens une espèce d'accord ; Basnage convient qu'il ne fut pas de longue durée, que l'an 1544 Luther commença d'écrire avec beaucoup d'aigreur contre les sacramentaires, et qu'après sa mort la dispute s'échauffa au lieu de s'éteindre. En 1550, il y eut une nouvelle négociation entamée entre Mélanchthon et Calvin pour parvenir à s'entendre; elle ne réussit pas mieux. Eu 1558, Bèze et Farel, députés des calvinistes français, de concert avec Mélanchthon, firent adopter par quelques princes d'Allemagne qui avaient embrassé le calvinisme, et par les électeurs luthériens, une explication de la confession d'Augsbourg , qui semblait rapprocher les deux sectes ; mais Flaccius lllyricus écrivit avec chaleur contre ce traité de paix ; son parti grossit après la mort de Mélanchthon ; celui-ci ne remporta, pour fruit de son esprit conciliateur, que la haine, les reproches, les invectives des théologiens de sa secte. L'an 1570 et les années suivantes, les luthériens et les calvinistes ou réformés conférèrent encore en Pologne dans divers synodes tenus à cet effet, et couvinrenldequelques articles; malheureusement il se trouva toujours des théologiens entêtés et fougueux qui s'élevèrenteontre ces tentatives de réconciliation ; l'arlicle de l'eucharistie fut toujours le principal sujet des disputes et des dissensions, quoique l'on eût cherché toutes les tournures possibles pour contenter les deux partis. — En 1577, l'électeur de Saxe fit dresser par ses théologiens luthériens le fameux livre de ta Concorde, dans

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lequel le sentiment des réformés était condamné; il usa de violence et de peines affectives pour faire adopter cet écrit dans tous ses Etats. Les calvinistes s'en plaignirent amèrement; ceux de Suisse écrivirent contre ce livre, et il ne servit qu'à aigrir davantage les esprits. L'an 1578, les calvinistes de France, dans un synode de Sainte- Foi, renouvelèrent leurs instances pour obtenir l'amitié et la fraternité des luthériens; ils envoyèrent des députés en Allemagne, ils ne réussirent pas. En 1831, le synode de Charcnton fit le déeret d'admettre les luthériens à la participation de la cène, sans les obligea à faire abjuration de leur croyance. Mosheim avoue que les luthériens n'y furent pas fort sensibles, non plus qu'à la condescendance que les réformés curent pour eux dans une conférence tenue à Leipsick pendant celte même année. Les luthériens, dit-il, naturellement timides et soupçonneux , craignant toujours qu'on ne leur teudît des pièges pour les surprendre, ne furent satisfaits d'aucune offre ni d'aucune explication. Ilist. ecclés., ibid., c. 1, § h. — Vers l'an 1G40, Georges Calixte, docteur luthérien, forma le projet non-seulement de réunir les deux principales sectes protestantes, mais de les réconcilier avec l'Eglise romaine Il trouva des adversaires implacables dans ses confrères, les théologiens saxons. Mosheim, ibid., §20 et suiv., convient que l'on mit dans celle controverse de la fureur, de la malignité, des calomnies, des insultes; que ces théologiens, loin d'être animés par l'amour de la vérité et par le zèle de la religion, agirent par esprit de parti, par orgueil , par animosité. On ne pardonna point à Calixte d'avoir enseigné, 1° que si l'Eglise romaine était remise dans le même état où elle était durant les cinq premiers siècles, on ne serait plus en droit de rejeter sa communion ; S" que les catholiques qui croient de bonne foi les dogmes de leur Eglise par ignorance, par habitude, par préjugé de naissance et d'éducation, ne sont point exclus du salut, pourvu qu'ils croient toutes les vérités contenues dans le symbole des apôtres, et qu'ils lâchent de vivre conformément aux préceptes de l'Evangile. Mosheim, qui craignait encore le zèle fougueux des théologiens de sa secte, a eu grand soin de déclarer qu'il ne prétendait point justifier ces maximes.

Nou*s sommes moins rigoureux à l'égard des hérétiques en général ; nous n'hésitons point de dire, 1° que si tous voulaient admettre la croyance, le culte, la discipline qui étaient en usage dans l'Eglise catholique pendant les cinq premiers siècles, nous les regarderions volontiers comme nos frères; 2° que tout hérétique qui croit de bonne foi les dogmes de sa secte, par préjugé de naissance et d'éducation, par ignorance invincible, n'est pas exclu du salut, pourvu qu'il croie toutes les vérités contenues dans le symbole des apôtres, et qu'il lâche de- vivre selon les préceptes de l'Evangile, parce qu'un des articles du symbole des apôtres est de

croire à la sainte E y lise catholique. Voy. Eglise, § 3 et h, Ignorance, etc. Pour nousr récompenser de cette condescendance, on nous reproche d'être intolérants.

En 1G45, Uladislas IV, roi de Pologne, fi t tenir à Thorn une conférence entre les théo logiens catholiques, les luthériens et les réformés ; après beaucoup de disputes, Mosheim dit qu'ils se séparèrent tous plus possédés de l'esprit de parti, et avec moins de charité chrétienne qu'ils n'en avaient auparavant. En 1GG1, nouvelle conférence à Cassel, entre les luthériens et les réformés : après plusieurs contestations, ils finirent par s'embrasser et se promettre une amitié fraternelle. Mais celte complaisance de quelques luthériens leur attira la haine et les reproches de leurs confrères. Frédéric- Guillaume, électeur de Brandebourg, et son fils Frédéric Ier, roi de Prusse, ont fait inutilement de nouveaux efforts pour allier les deux sectes dans leurs Eiats. Mosheim ajoute que les syncrétistes ont toujours été en plus grand nombre chez les réformés que parmi les luthériens ; que tous ceux d'entre ces derniers qui ont voulu jouer le rôle de conciliateurs, ont toujours été victimes de leur amour pour la paix. Son traducteur a eu grand soin de faire remarquer cet aveu. Il n'est donc pas étonnant que les luthériens aient porté le même esprit d'entêtement, de défiance, d'animosilé, dans les conférences qu'ils ont eues avec des théologiens catholiques. Il y en eut une à Ralisbonne en 1601, par ordre du duc de Bavière et de l'électeur palatin ; une autre à Neubourg en 1615, à la sollicitation du prince palatin ; la troisième fut celle de Thorn en Pologne, de laquelle nous avons parlé; toutes furent inutiles. On sait qu'après la conférence que le ministre Claude eut à Paris avec Bossuet en 1G83, ce minisire calviniste, dans la relation qu'il en fit, se vanta d'avoir vaincu son adversaire, et les protestants en sont encore aujourd'hui persuadés.

Cependant, en 1684, un ministre luthérien nommé Pratorius fit un livre pour prouver que la réunion entre les catholiques et les protestants n'est pas impossible, et il proposait plusieurs moyens pour y parvenir ; ses confrères lui en ont su très-mauvais gré, ils l'ont regardé comme un papiste déguisé. Dans le même temps un autre écrivain, qui paraît avoir été calviniste, fit un ouvrage pour soutenir que ce projet ne réussira jamais, et il en donnait différentes raisons. Bayle a fait un extrait de ces deux productions. Nouv. de la Républ. des Lettres, décembre 1685, art. 3 et k.

Le savant et célèbre Leibnilz, luthérien très-modéré, ne croyait point à l'impossibilité d'une réunion des protestants aux catholiques ; il a donné de grands éloges à l'esprit conciliateur de Méianchlhon et de Georges Calixte. Il pensait que l'on peut admettre dans l'Eglise un gouvernement monarchique tempéré par l'aristocratie, tel que l'on conçoit en France celui du souverain pou-

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life; il ajoutait que l'on peul tolérer les messes privées el le colle des images, en retranchant les abus. Il y eut une relation indirecte entre ce grand homme cl llossuel ; mais comme Leibnitz prétendait faussement que le concile de Trente n'était pas reçu eu France, quant à la doctrine ou aux définitions de loi, Bossuet le réfuia par une réponse ferme el décisive. Esprit de Leibnitz, loin. 11, p'tg. 6 et suiv., p. 97, e!c. On conçoit aisément que le gris des luthériens n'a pas applaudi aux idées de Lei'milz. — En 1717 et 1718, lorsque les esprits étaient en fermenîalion, surtout à Paris, au sujet de la bulle l'nigenitus, et que les appelants formaient un parti très-nombreux, il y cul une correspondance entre deux docteurs de Sorbonne et (ïuillaumc Wnke, archevêque de Canlorbéry, touchant le projet de réunir l'Eglise anglicane à l'Eglise de France. Suivant la relation qu'a faite de celte négociation le traducteur anglais de Musheim, tom. VI, p Gi de la version française, le docteur Dupin, principal agent dans celte affaire, se rapprochait beaucoup des opinions anglicanes, au lieu que l'archevêque ne voulait céder sur rien, et demandait pour préliminaire de conciliation que l'Eglise gallicane rompit absolument avec le pape et avec le sainl-siége, devînt par consequ ni schismalique el hérétique, aussi bien que l'Eglise anglicane. Comme, dans celle négociation, Dupin ni son confrère n'étaient revêtus d'aucun pouvoir, el n'agissaient pas par des motifs assez purs, ce qu'ils ont écrit a été regardé comme non avenu. Enfin, en 1723, Christophe-Matthieu Pfaff, théologien luthérien el chancelier de l'université de ïubinge, avec quelques autres, renouvela le projet de réunir les deux principales sectes protestantes ; il fit à ce sujet un livre intitule : Collectio scriptorum Irenicorum ad unionem intir protestantes faciendum, imprimé à Hall en Saxe, in- h". Mosheim avertit que ses confrères ^opposèrent vivement à ce projet pacifique, et qu'il n'eut aucun effet. Il avait écrit en 1755 que les luthériens ni les arminiens n'ont plus aujourd'hui aucun sujet de controverses avec l'Eglise réformée. Hist. ecclés., xvm€ siècle, § 22. Son traducteur soutient que cela est faux, que la doctrine des luthériens touchant l'eucharistie est rei lée par toutes les Eglises reformées sans e.ception ; que dans l'Eglise anglicane, les I rente-neuf articles do sa confusion de foi roi servent toute leur autorité ; que dans ies Eglises réformées de Hollande, d'Allemagne et de la Suis-e, ou regarde encore certaines doctrines des arminiens et des luthériens comme un juste sujet de les exclure de la communion, quoique dans ces différentes contrées il \ ail une infinité de particuliers qui jugent qu'il faut user i nvers les uns el les autres d'un esprit de tolérance et de charité. Ainsi le foyer de la division subsiste toujours prêt à se rallumer, quoique couvert d'uue cendre légère de tolérance el de charité.

Sur tous ces faits il y a matière à ré-

flexion. 1" Comme la doctrine chrétienne est révélée de Dieu, et que l'on ne peut pas être chrétien sans la foi, il n'est permis à aucun particulier ni à aucune société de modifier celte doctrine, de l'exprimer en termes vagues susceptibles d'un sens orthodoxe, mais qui peuvent aussi favoriser l'er reur, d'y ajouter ou d'en retrancher quel» que chose par complaisance pour des sectaires, sous prétexte de modération et de charité. C'est un dépôt confié à la garde de l'Eglise, elle doit le conserver cl le transmettre à tous les siècles tel qu'elle l'a reçu el sans aucune altération, / 77m., c. vi, v.20; II Tim., e. I, v. 14-. A' ous n'agissons point, dit saint Paul, avec dissimulation, ni en altérant la parole de Bien, mais en déclarant la vérité ; c'est par là que nous novs rendons recommandablcs devant Dieu à la conscience des hommes. Nos adversaires ne cessent de déclamer contre les fraudes pieu ses ; y en a-l-il donc une plus criminelle que d'envelopper la vérité sous des expressions captieuses, capables de tromper les simples et de les induire en erreur? çà é'é cependant le manège employé par les sectaires toutes les fois qu'ils ont fait des tentatives pour se rapprocher. II est évident que ce que l'on appelle aujourd'hui tolérance el charilé, n'est qu'un fond «l'indifférence pour les dogmes, c'est-à-dire pour la doctrine de Jésus-Christ. — 2° Jamais la fausseté du principe fondamental de la réforme n'a mieux éclaté que dans les disputes el les conférences que les protestants ont eues ensemble ; ils ne cessent de répéter que c'est par l'Ecriture sainte seule qu'il faut décider toutes les controverses en matière de foi : et depuis plus de deux cent cinquante ans qu'ils contestent entre eux, ils n'ont pas encore pu convenir du sens qu'il faut donner à ces paroles de Jésus-Christ : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Ils soutiennent que chaque particulier est en droit de donner à l'Ecriture le sens qui lui paraît vrai, et ils se refusent mutuellement la communion, parce que chaque parti veut user de ce privilège. — 3° Lorsque les hérétiques proposent des moyens de réunion, ils sous-enlendent toujours qu'ils ne rabattront rien de leurs sentiments, el qu'il est permis à eux seuls d'être opiniâtres. Nous le voyons par les prétentions de l'archevêque de Cantorbéry ; il exigeait avant toutes choses que l'Eglise gallicane commençât par se condamner elle-même, qu'elle reconnût que jusqu'à présent elle a été dans l'erreur, en attribuant au souverain pontife une primauté de droit divin et une autorité de juridiction sur loule l'Eglise. Celle proposition seule était une véritable insulte, et ceux à qui elle a été faite n'auraient pas dû l'envisager autrement. 11 est aisé de former uu schisme, il ne faut pour cela qu'un moment de fougue et d'humeur ; pour en revenir, c'est autre chose :

Facilis descensus Avérai, Sed revocare graduai

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k° Le caractère soupçonneux , défiant , obstiné des hérétiques, est démontré, nonseulement par les aveux forcés que plusieurs d'entre eux en ont faits, mais par tonte leur conduite. Mosheim lui-même, en convenant de ce caractère de ses confrères, n'a pas su s'en préserver. 11 soutient que toutes les méthodes employées par les théologiens catholiques pour détromper les protestants, paur leur exposer la doctrine de l'Eglise telle qu'elle est, pour leur montrer qu'ils en ont une fausse idée et qu'ils la déguisent pour la rendre odieuse, sont des pièges et des impostures ; mais des hommes qui accusent tous les autres de mauvaise foi, pourraient bien en être coupables euxmêmes. Comment traiter avec des opiniâtres qui ne veulent pas encore convenir que l'Exposition de la foi catholique par Bossuet présente la véritable croyance de l'Eglise romaine, qui ne savent pas encore si nous recevons les définitions de foi du concile de Trente, qui semblent même douter si nous croyons tous les articles contenus dans le symbole des apôtres? S'ils prenaient au moins la peine de lire nos catéchismes et de les comparer, ils verraient que l'on croit et que l'on enseigne de même partout ; mais ils trouvent plus aisé de nous calomnier que de s'instruire. — 5° Comme chez les protestants il n'y a point de surveillant général, point d'autorité en fait d'enseignement, point de centre d'unité, non-seulement chaque nation, chaque société, mais chaque docteur particulier croit et enseigne ce qu'il lui plaît. Quand on parviendrait à s'entendre avec les théologiens d'une telle université ou d'une telle école, on n'en serait pas plus avancé à l'égard des autres ; la convention faite avec les uns ne lie pas les autres. L'esprit de contradiction, la rivalité, la jalousie, les préventions nationales, les petits intérêts de politique, etc., suffisent pour exciter tous ceux qui n'ont point eu de part à cette convention, à la traverser de tout leur pouvoir. C'est ce qui est arrivé toutes les fois qu'il y a eu quelque espèce d'accord conclu entre les luthériens et les calvinistes ; la même chose arriverait encore plus sûrement, si les uns on les autres avaient traité avec des catholiques. La confession d'Augsbourg présentée pompeusement à la diète de l'empire ne plut pas à tous les luthériens ; elle a été retouchée et changée plusieurs fois, et ceux d'aujourd'hui ne la reçoivent pas dans tous les points de doctrine. Il en a été de même des confessions de foi des calvinistes : aucune ne fait loi pour tous, chaqueEglise réformée est un corps indépendant qui n'a pas même le droit de fixer la croyance de ses membres. — 6° Uossuct, dans l'écrit qu'il a fait contre Leibnitz, a très-bien démontré que le principe fondamental des protestants est inconciliable avec celui des catholiques. Les premiers soutiennent qu'il n'y a point d'autre règle de foi que l'Ecriture sainte, que l'autorité de l'Eglise est absolument nulle, que personne ne peut être oblige en conscience de se sou-

mettre à ses décisions. Les catholiques au contraire sont persuadés que l'Eglise est l'interprète de l'Ecriture sainte, que c'est à elle d'en fixer le véritable sens, que quiconque résiste à ses décisions en matière de doctrine, pèche essentiellement dans la foi, et s'exclut par là même du salut. Quel milieu, quel tempérament trouver entre ces deux principes diamétralement opposés?

Par conséquent les syncrétistes, de quelque secte qu'ils aient été, ont dû sentir qu'ils travaillaient en vain, et que leurs efforts devaient nécessairement être infructueux. Les éloges que les protestants leur prodiguent aujourd'hui ne signifient rien ; le résultat de la tolérance que l'on vante comme l'héroïsme de la charité, est qu'en fait de religion chaque particulier, chaque docteur, doit ne penser qu'à soi, et ne pas s'embarrasser des autres. Ce n'est certainement pas là l'esprit de Jésus-Christ ni celui du christianisme. Voy. Tolérance.

SYNDÉRÈSE. Ce terme grec signifie quelquefois chez les théologiens la sagacité de l'esprit qui voit l'ensemble des divers préceptes de morale, qui les compare, qui explique l'un par l'autre, et qui en conclut ce que l'on doit faire dans telle ou telle circonstance ; ainsi ce mot paraît dérivé de awSépu, je dévoile ensemble. A proprement parler, c'est la conscience droite, dirigée par un entendement éclairé. D'autres fois il signifia les remords de conscience, ou le jugement par lequel nous rassemblons et comparons nos actions, duquel nous concluons que nous sommes coupables. Il est évident que ces remords sont une grâce que Dieu nous fait, puisqu'un des effets du péché est de nous aveugler. Un scélérat qui n'auraii plus de remords serait redoutable dans la société, il n'y aurait aucun crime duquel il ne fût capable. Cette syndérèse est représentée dans l'Ecriture sainte comme un ver rongeur attaché au cœur du pécheur, et qui ne lui laisse point de repos.

SYNERGISTES, théologiens luthériens, qui ont enseigné que Dieu n'opère pas seul la conversion du pécheur, et que celui-ci coopère à la grâce en suivant son impulsion. Le nom de synergistes vient du grec awtpyéu, je contribue, je coopère.

Luther et Calvin avaient soutenu que par le péché originel l'homme a perdu toute activité pour les bonnes œuvres ; que quand Dieu nous fait agir par la grâce, c'est lui qui fait tout en nous et sans nous; que, sous l'impulsion de la grâce, la volonté de l'homme est purement passive. Ils ne s'étaient pas bornés là : ils prétendaient que toutes les actions de l'homme étaient la suite nécessaire d'un décret par lequel Dieu les avait prédestinées et résolues. Luther n'hésitait pas de dire que Dieu produit le péché dans l'homme aussi réellement et aussi positivement qu'une bonne œuvre, qu'il n'est pas moins la cause de l'un que de l'autre. Calvin n'avouait pas cette conséquence, mais il n'en posait pas moins le principe.— Telle est la doctrine impie que le

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concile de Trenle a proscrite, Sess. vi, de Justif., can. '*, 5, 6, en ces termes : « Si quelqu'un dit que le lihre arbitre de l'homme excité et nui de Dieu ne coopère point, en suivant celte impulsion et cette vocation de Dieu, pour se disposer à se préparer à la justification ; qu'il ne peut y résister, s'il le veut ; qu'il n'agit point et demeure purement passif; qu'il soit analhème. Si quelqu'un enseigne que par le péehé d'Adam le libre arbitre de l'homme a été perdu cl anéanti, que ce n'est plus qu'un nom sans réalité ou une imagination suggérée par Satan ; qu'il soit analhème. Siquelqu'un soutient qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de rendre mauvaises ses actions, mais que c'est Dieu qui fait le mal autant que le bien, en le permettant non- seulement, mais réellement et directement, de manière que la trahison de Judas n'est pas moins son ouvrage que la conversion de saint Paul ; qu'il soit analhème. » Dans ces décret*, le concile se sert des propres termes des hérétiques. Il paraît presque incroyable que de prétendue réformateurs de la foi de l'Eglise aient poussé la démence jusque-là, et qu'ils aient trouvé des sectateurs ; mais lorsque les esprits sont une fois échauffés, aucun blasphème ne leur fait peur.

Mélanchlhon et Strigélius, quoique disciples de Luther, ne purent digérer sa doctrine ; ils enseignèrent que Dieu attire à lui et convertit les adultes, de manière que l'impulsion de l.i grâce est accompagnée d'une certaine action ou coopération de 1 » volonié. C'est précisément ce qu'a décidé le concile de Trente. Cette doctrine, dit Mosheim, déplut aux luthériens rigides, surtout à Flaccius Illyricus et à d'autres ; elle leur parut destructive de celle de Luther louchant la servitude absolue de la volonté humaine et L'impuissance dans laquelle est l'homme de se convertir et de faire le bien ; ils attaquèrent de toutes leurs forces les synergistes. Ce sont, dit-il, à peu près les mêmes que 1< s semi-pélagiens. llisl. Ecclés., xvr siècle, seel. 3, nc part., c. 1, § 30. Mosheim n'est pas le seul qui ait laxé de semi-pélag'anisme le sentiment catholique décidé par le concile de Trente; c'est le reproche que nous font tous les protestants, et que Janséiiius a copié ; est— il bien fondé ?

Déjà nous en avons prouvé la fausseté au mol Semi-pèlagian;sme. En effet, les semipi lagiens prétendaient qu'avant de recevoir la grâce, l'homme peut la prévenir, s'y disposer et la mériter par de bonnes affections naturelles, par des désirs de conversion, par des prières, et que Dieu donne la grâce à «eux qui s'y disposent ainsi; d'où il s'ensuivait que le commencement de la conversion et du salut vient de l'homme et non de Dieu. C'est la doctrine condamnée par les huit premiers canons du second concile d'Orange, tenu i'an '61'). Or, soutenir, comme les semi-pélagiens, que la volonté de I homme prévient la grâce par ses bonnes dispositions naturelles, cl enseigner, comme le concile de Trente, que la volonté préve-

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nue, excitée et mue par la grâce, coopère à cette motion on à cette impulsion, est-ce la même chose ?

Le concile d'Orange, en condamnant les erreurs dont nous venons de parler, ajoute, can. 9: « Toutes les fois que nous faisons quelque chose de bon, c'est Dieu qui agit en nous et avec nous, afin que nous le fassions. » Si Dieu agi' avec nous, nous agissons donc aussi avec Dieu, et nous ne sommes pas purement passifs. Il est évident que le concile de Trenle avait sous les yeux les décrets du concile d'Orange, lorsqu'il a dressé les siens. C'est ce qu'enseigne aussi saint Augustin dans un discours contre les pélagiens, serm. 156, de Vérins Apostoli, cap. 11, n. 11. Sur ces paroles de saint Paul: Tous ceux qui sont mus par l'esprit de Dieu, Rom., c. vin, v. 1'*, les pélagiens disaient: « Si nous sommes mus ou poussés, nous n'agissons pas. Tout au contraire, répond le saint docteur, vous agissez et vous êtes mus ; vous agissez bien, lorsqu'un principe vous meut. L'esprit de Dieu qui vous pousse, aide à votre action ; il prend le nom d'aide, parce que

vous faites vous-mêmes quelque chose

Si vous n'étiez pas agissants, il n'agirait pas avec vous, si non esses operator, illenon esset cooperator. » Il le répète, cap. 12, n. 13: « Croyez donc que vous agissez ainsi par une bonne volonté. Puisque vous vivez, vous agissez sans doute ; Dieu n'est pas votre aide si vous ne faites rien, il n'est pas coopéraleuroù il n'y a point d'opération. » Dira-l-on encore que saint Augustin suppose la volonté de l'homme purement passive sous l'impulsion de la grâce? Nous pourrions citer vingt autres passages semblables.

11 nous importe peu de savoir si Mélanchlhon et les autres synergistes ont mieux mérité le reproche de semi-pélagianisme ; mais nous aimons à connaître la vérité. Dans une lettre écrite à Calvin, cl citée par Bayle, Diclionn. crit., Synergistes, A, Mélanchlhon dit : « Lorsque nous nous relevons d'une chute, nous savons que Dieu veut nous aider, et qu'il nous secourt en effet dans le combat, Veillons s eu' e ment, dit saint Basile, et Dieu surtout. Ainsi notre vigilance est excitée, et Dieu exerce en nous sa bon'ô infinie; il a promis le secours et il le donne, mais à ceux qui le demandent. » Si Mélanchlhon a entendu que la demande de la grâce ou la prière se fait par les forces naturelles de l'homme, et n'est pas l'effet d'une première grâce qui excite l'homme à prier, il a véritablement été semi-pélagien, il a été condamné par le deuxième concile d'Orange, can. 3, cl par celui de Trenle, can. k. Voilà ce que Moshiim aurail dû remarquer; mais les théologiens hétérodoxes n'ont ni des notions claires, ni des expressions exactes sur aucune question.

Le fondement sur lequel les proleslanls et leurs copistes nous accusent de semi-pélagianisme, est des plus ridicules. Ils suppo- ' sent qu'en disant que l'homme coopère à la grâce, nous entendons qu'il le fait par «es

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forces naturelles. Mais comment peut-on appeler forces naturelles celles que la volonté reçoit par un secours surnaturel? C'est une contradiction palpable. Si les synergistes luthériens y sont tombés, nous n'en sommes pas responsables. Supposons un malade réduit à une extrême faiblesse, qui ne peut plus se lever ni marcher ; si on lui donne un remède qui ranime le mouvement du sang, qui remet en jeu les nerfs et les muscles, il pourra peut-être se lever et marcher pendant quelques moments. Dira-t-on qu'il le fait par ses forces naturelles, et non en vertu du remède? Dès que colle vertu aura cessé, il retombera dans son premier état. Voy. Se-

Ml-PÉLAGIANÎSME, à la fin.

Bayle, dans le même article, a voulu trèsinutilement justifier ou excuser Calvin, en disant que, quoiqu'il s'ensuive de la doctrine de ce novateur que Dieu est la cause du péché, cependant Calvin n'admettait pas celte conséquence. Tout ce que l'on en peut conclure, c'est qu'il était moins sincère que Luther,qui ne la niait pas. Qu'il l'ait avouée ou non, il n'en était pas moins coupable. Son sentiment ne pouvait aboutir qu'à inspirer aux hommes une terreur stupide, une tentation continuelle de blasphémer contre Dieu et de le maudire au lieu de l'aimer. Il est singulier qu'un hérétique obstiné ait eu le privilège de travestir la doctrine de l'Eglise, d'en tirer les conséquences les plus fausses, malgré la réclamation des catholiques, et qu'il en ait été quitte pour nier cel' les qui découlaient évidemment de la sienne. S'il avait trouvé quelque chose de semblable dans ses adversaires, de quel opprobre ne les aurait-il pas couverts?

Le traducteur de Mosheim avertit dans une note, t. IV, p. 333, que de nos jours il n'y a presque plus aucun luthérien qui soutienne, touchant la grâce, la doctrine rigide de Luther ; nous le savons : nous n'ignorons pas non plus que presque tous les réformés ont abandonné aussi sur ce sujet la doctrine rigide de Calvin, ils reconnaissent donc (Mifin, après deux cents ans, que les deux patriarches de la réforme ont été dans une erreur grossière, et y ont persévéré jusqu'à la mort. 11 est difficile de croire que Dieu a voulu se servir de deux mécréants pour réformer la foi de son Eglise : pas un seul protestant n'a encore daigné répondre à celte réflexion. Mais ces mêmes réformés sont tombés d'un excès dans un autre. Quoique le synode de Dordrecht ait donné en 1618 la sanction la plus authentique a la doctrine rigide de Gomar, qui est celle de Calvin, quoiqu'il ait proscrit celle d'Arminius, qui est le pélagianisme, celle-ci a été embrassée par la plupart des théologiens réformés, même par les anglicans. Trad. de Mosheim, t. VI, p. 32. Conséquemmenl ils ne reconnaissent plus la nécessité de la grâce inférieure ; au lieu que Calvin ne cessait de citer saint Augustin, les réformés d'à présent regardent ce Père comme un novateur.

Voy. AllMlNïENS, PÉLAGIAN1SME, etc.

SYNODE, assemblée ecclésiastique; c'est

le mot grec qui désigne un concile. Mais, parmi nous, concile se dit principalement de l'assemblée des évêques d'une province . d'un royaume ou de l'Eglise universelle ; synode est l'assemblée des ecclésiastiques d :i second ordre, sous la présidence de l'évêque, ou de ceux d'un district particulier, sous les yeux d'un officiai ou d'un archidiacre. Le but de ces assemblées est de faire des statuts ou règlements pour réformer ou prévenir les fautes contre la discipline, soit parmi les ecclésiastiques, soit parmi les simples fidèles.

Dans cet article de l'ancienne Encyclopédie on a décidé que c'est au souverain seul d'ordonner ou de permettre les assemblées ecclésiastiques, de fixer les matières desquelles on y doit traiter, d'en examiner, d'en approuver ou d'en casser les décisions et les règlements; l'on appuie cette doctrine sur l'autorité irréfragable de quelques protestants. Cette jurisprudence est bonne en Angleterre, où le roi se donne le titre de chef souverain de l'Eglise anglicane. Heureusement les souverains calholiques connaissent mieux l'étendue et les bornes de leur autorité que les protestants; ils ne sont pas dupes du zèle hypocrite qu'affectent certains auteurs pour agrandir le pouvoir monarchique ; dès que ces derniers y ont le moindre intérêt, ils remettent les rois sous la tutelle du peuple. — Avant la conversion des empereurs au christianisme, il y avait eu p mrle moins trente-six conciles ou synodes, dont plusieurs avaient été assez nombreux, et formés par les évêques de plusieurs provinces de l'empire. Nous ne voyons pas que ces assemblées aient été tenues en vertu des cdiis des empereurs païens, ni que ceux-ci aient donné des lettres patentes pour en confirmer ou pour en casser les décisions. Ce sont cependant ces anciens décrets qui ont toujours été les plus respectes dans l'Eglise. On voit dans le Dictionnaire de Jurisprudence, art. Conciles provinciaux, que par les lois du royaume les métropolitains sont autorisés à tenir tous les trois ans le concile de leur province, à plus forte raison les évêques à tenir des synodes dans leurs diocèses. Nous voudrions du moins que ceux qui ont soutenu le contraire fussent mieux d'accord avec eux-mêmes. Lorsque les protestants de France eurent obtenu par l'édit de Nantes la liberté de tenir des synodes, nos rois ne prirent jamais le soin de leur prescrire les matières qui devaient y être traitées, d'en examiner les décisions, de les confirmer ou de les casser; cela aurait été cependant plus nécessaire qu'à l'égard des synodes diocésains, et nos adversaires n'ont point accusé le gouvernement d'avoir péché en cela contre la politique. Une autre inconséquence est de déclamer contre les désordres du clergé, et de lui ôter en même temps la liberté de tenir des assemblées destinées à rétablir et à maintenir la discipline. Par là on fait retomber sur le gouvernement loul l'odieux des dérèglements réels ou supposés du clergé.

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SYNODE (I) (Droit canon) signifie en général une assemblée de l'Eglise. Quelquefois le terme de synode est [iris pour une assemblée de l'Eglise universelle ou concile œcuménique, quelquefois pour un concile national ou provincial.

Jl y a plusieurs sortes de synodes.

Synode de l'archidiacre, est la convocation de l'archidiacre faite devant lui de tons les curés de la campagne dans le diocèse de Paria ; il se tient le mercredi d'après le second dimanche de Pâques.

Synode de l'archevêque, est celui que tient l'archevêque dans son diocèse propre, comme eh;ique évoque dans le sien.

Synode du grand chantre, est celui que le chantre de la cathédrale tient pour les maîtres ei maîtresses d'école.

Synode diocésain, est celui auquel sont convoqués tous les curés et autres ecclésiastiques d'un même diocèse.

Synode épiscopal ou de Vécêque, est la même chose que synode diocésain ; l'objet de ces assemblées est de faire quelques règlements et quelques reformations pourcon-* server la pureté des mœurs.

Les conciles d'Orléans et de Vernon ordonnent la convocation des synodes tous les ans, et que tous les prêtres, même les abbés, seront tenus d'y assister. Le concile de Trente ordonne aussi la tenue du synode diocésain tous les ans, auquel doivent assister les exempts qui ne sont point sous chapitres généraux, et tous ceux qui sont chargés du gouvernement des églises paroissiales, ou autres séculières, même annexes.

Ces assemblées se faisaient anciennement deux fois l'année, au mois de mai et aux calendes de novembre. La manière de les tenir n'est pas uniforme : chaque diocèse a ses usages à cet égard, et il faut s'y conformer, ainsi que le prescrit le concile de Bordeaux de 158V. Les curés des paroisses qui dépendent des abbayes et ordres exempts ne sont pas dispensés d'assister au synode de l'évèque, n'étant pas exempts de sa juridiction. Le règleuu'ut de l'assemblée de Melon, en 1579, ordonne aux curés qui viennent au $ynode, de déférera l'évéqne le nom de leurs paroissiens coupables de criu.es publics, afiu que le synode y pourvoie. Voy. les .Mémoires du clergé. On traite dans les synodes ce qui concerne le gouvernement du diocèse, la réformation di s mœurs et la discipline. Quand les statuts synodaux contiennent des règlements qui peuvent intéresser l'ordre public, ils ne font loi en France que quand ils ont été enregistrés dans les cours, ou qu'ils ont été revêtus de lettres patentes dûment enregistrées. S'ils renfermaient quelque chose de contraire aux lois de l'Eglise ou de l'Etat, le ministère public peut les faire réformer par la voie de l'appel comme d'abus.

Synode national, est celui qui comprend le clergé de toute une nation.

Synode de r officiai, est celui que tient l'official, où il convoque tous les curés de la

(\) Aride reproduit d'apreï l'édition de Liège

ville, faubourgs et banlieue à Paris: co «jfnode se tient le lundi de Quasimodo.

Synode des rcligionnaires. Les Eglises prétendues réformées avaient leurs synodes pour entretenir leur discipline : il y en avait de nationaux et de provinciaux. Le synode de Dordrecht, pour la condamnation des arminiens, est un des plus fameux. Les assemblées de l'Eglise anglicane s'appelaient aussi du nom de synode.

SYNOUSIASTES. Voy, Apollinahistes.

SYRIAQUE, SYRIENS. L'Eglise syrienne renfermait dans son sein, pendant les quatre premiers siècles, tous les peuples dont la langue vulgaire était le syriaque ou le syrocbaldaïque: or, celte langue était parlée non-seulement dans la Palestine et dans la Syrie proprement dite, mais encore dans une partie de l'Arménie et dans la Mésopotamie. Nous ne pouvons pas oublier que cette Eglise a été le berceau du christianisme, puisque c'est dans la Palestine qu'ont été opérés les mystères de notre rédemption, et dans la ville d'Anlioche, capitale de la Syrie, que les premiers Gdèles ont reçu le nom de chrétiens, Act.,c. xi, v. 26.

Pendant ces quatre siècles, la foi s'y est conservée assez pure, les premières hérésies n'y jetèrent pas de profondes racines, et l'arianisme n'y causa pas plus de troubles qu'ailleurs. Mais au Ve, lorsque Nesîorius eut été condamné par le concile d'Ephèse, les nestoriens bannis du patriarcat de Constanlinople se retirèrent dans la Mésopotamie et dans la Chaldée, y établirent leurs erreurs, et enlevèrent ainsi à l'Eglise Syrienne une partie des peuples qui lui étaient soumis. Voy. Nestokîens. Sur la fin de ce même siècle et au commencement du vi', les eutychiens proscrits par le concile de Chalcédoine et par les lois des empereurs, eurent un très-grand nombre de partisans dans la Syrie ou dans le patriarcat d'Anlioche, que l'on appelait le diocèse d'Orient, parce que les Grecs de Constanlinople étaient plus à l'occident. Mais d'autre part, ies Nestoriens de la Chaldée et de la Mésopotamie se nommèrent les Orientaux^ cl appelèrent les Syriens d'Anlioche les Occidentaux. Ainsi l'Eglise syiienne se trouva divisée en trois parts. Les orthodoxes catholiques furent nommés par leurs adversaires melchiies ou royalistes, parce qu'ils retinrent la même croyance que les empereurs, et dans la suite ils prirent le nom dr maronites, qu'ils portent encore aujourd'hui. Les eutychiens prirent celui de jacoùites, à cause que leur chef principal était un moine nommé Jacques Baradée ou Zanzale, et qu'ils faisaient profession de rejeter l'opinion d'Lulychès. Les partisans de Neslorius aimèrent mieux se nommer Chaldéens et Orientaux^ que nestoriens. Voy. tous ces noms. Au vue siècle, les mahomélans s'emparèrent de la S) rie et des pays voisins, et ils lurent toujours favorisés dans leurs conquêtes, tant par les nestoriens que par les jacobi •:, Ces hérétiques aimèrent mieux subir le j©Og des barbares que d'être soumis aux empereur?

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deConslantinople, dans l'espérance d'acquérir la supériorité sur les orthodoxes, el ils mi négligèrent rien pour rendre ces derniers suspects à leurs nouveaux maîtres, afin d'en être mieux trai'.és. Bonne leçin pour les gouvernements qui fomentent dans leur sein une secte révoltée contre la religion dominante ; ils ne voient pas que ce sont des ennemis domestiques, qui seront toujours les premiers à secouer ie joug dans le cas d'une révolution, et tout prêts à seconder les desseins d'un conquérant, surtout s'il est de leur religion. — Quoique les mahomélans aient toujours traîné à leur suite l'ignorance, la barbarie et l'oppression, ils ne vinrent pas à bout d'étouffer d'abord parmi les chrétiens syriens l'étude des lettres cl des sciences. On peut voir dans la Bibliothèque orientale d'Assémani,que dans tous les temps il y a eu des écrivains qui ont fait des ouvrages clans leur langue, soit parmi les orthodoxes, soi! parmi les hérétiques. Dans un catalogue des auteurs syriens, fait par Abdjésu ou Ebedjésu, patriarche des nestoriens, mort l'an 1318, on trouve le nom de 180 écrivains au moins, dont les deux tiers étaient nestoriens, et Assémani en ajoute encore Il omis dans ce catalogue. Il y a parmi eux des théologiens, des commentateurs de l'Ecriture, des historiens, des écrivains ascétiques, des conlroversistes , etc. Bibliolh. orientale, tom. III, p. 5 et suiv. Les écoles d'Edesse, de Nisibe et d'Amidc, tenues par les nestoriens, ont subsisté jusqu'au xne siè-

cle ; mais il y a longtemps qu'il n'en est resté aucune dans la Syrie proprement di'e; le gouvernement oppresseur des Turcs a toui détruit. Les moines sont les seuls qui aient quelque littérature; c'est la religion qui a conservé ce faible reste de lumière ; il se ranimerait, sans doute, s'il y avait plus de liberté, et si les dévastations n'étaient pas toujours à craindre.

Au mot Bible, nous avons donné une courte notice des versions de l'Ecriture sainte en langue syriaque; et au mot Liturgie, nous avons parlé de celles qui ont été et qui sont encore en usage parmi les Syriens, soit orthodoxes, soit hérétiques. Par ces divers monuments el par les savantes recherches d'Assémani, il est prouvé que ni les uns ni les autres n'ont jamais eu la même croyance que les protestants sur les différentes questions controversées entre ces derniers et l'Eglise romaine. — Parles travaux des missionnaires de celte Eglise, le nombre des catholiques a beaucoup augmenté dans ces contrées, et celui des hérétiques a diminué en même proportion; la secte des jacobi tes est réduite à peu de chose, et celle des nestoriens paraît près de s'anéantir. Un voyageur moderne dit que les peuples des montagnes de Syrie, devenus catholiques, sont de bonne foi, de bonnes mœurs, et trèssoumis à l'Eglise romaine, quoiqu'ils n'aient pour toutes études que l'Ecriture sainte et leur catéchisme. Voyages autour du monde, par M. de Pages, en 1707-1776, t. I, p. 352.

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TABERNACLE, tente ou temple portatif dans lequel les Israélites, pendant leur séjour dans le désert, faisaient leurs actes de religion, offraient leurs sacrifices et adoraient le Seigneur. Cet édifice pouvait se monter, se démonter et se transporter où l'on voulait. Il était composé d'ais, de peaux et de voiles ; il avait trente coudées de long, sur dix de haut el autant de large, el il était divisé en deux parties. Celie dans laquelle on entrait d'abord s'appelait IcSaint; c'est là qu'étaient le chandelier d'or, la table avec les pains de proposition ou d'offrande, et l'autel sur lequel on brûlait les pa: fjms. Cette première partie était séparée par un voile de la seconde nommée le sanctuaire ou le Saint des saints, dans laquelle était l'arche d'alliance. L'espace qui était autour du tabernacle s'appelait le parvis; dans celui-ci, el vis-à-vis l'entrée du tabernacle, étaient l'autel des holocaustes sur lequel on brûlait la chair des victimes, et un grand bassin plein d'eau, nommé la mer d'airain, où les prêtres se lavaient avant de faire les fonctions de leur ministère. Cet espace, qui avait cent coudées de long sur cinquante de large, était fermé par une enceinte de. rideaux1 soutenus par des colonnes de bois revêtues de plaques d'argent, dont le chapiteau était de même métal, el la base d'airain.

Tout ce tabernacle était couvert d'étoffes précieuses, par-dessus lesquelles il y en avait d'autres de poils de chèvres pour les garantir de la pluie et des injures de l'air. Keland, Antiq. sacrœ vet./Iebr., i part., c. 3 et scq.; Lami, Introd. à l'élude de l'Ecriture sainte, c. 10; Wallon, Prolég., c. 5, etc. Les Juifs regardaient le tabernacle comme la demeure du Dieu d'Israël, parce qu'il y donnait des marques sensibles de sa présence; c'était là qu'on devait lui offrir les prières, les vœux, les offrandes du peuple et les sacrifices ; Dieu avait défendu de le faire ailleurs. Pour celte raison le tabernacle fut placé au milieu du camp, environné des lentes des lévites, el plus loin de celles des différentes tribus, selon le rang qui leur était marqué. Ce tabernacle fut dressé d'abord au pied du mont Sinaï, ie premier jour du premier mois de la seconde année après la sortie d'Egypte, l'an du monde 2514. Il tint lieu de temple aux Israélites, jusqu'à ce que Salomon en eût bâti un qui devint le centre du culte divin, et ce temple lut bâti suivant le même plan <\xxe le tabernacle. Voy. Temple. Dans la Vulgate celui-ci e-t appelé labernaculum testimonii, la tente du témoignage; mais le mol hébreu designplutôt la tente de rassemblée, el ce sens convient mieux à la destination de cet êdilic.

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