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Aptes la conquête de la Palcslinc, l'archo d'alliance ne fut pas toujours renfermée dans le tabernacle : elle en fut ôlée plus d'une fois et déposée ailleurs; on ne voit pas dans l'histoire sainte que Dieu en ait fait un reproche aux Juifs; Ueland, ibid.
Spencer, de Legib. hebr. ritual., 1. m, 2' pari., c. 3, a imaginé que .Moïse avait construit le tabernacle à l'imitation dos peuples dont il était environné; c'est une conjecture sans fondement. H n'y a aucune preuve positive qu'à l'époque dont nous parlons les Egyptiens, les Chananéens ni les nations qui étaient à l'orient de la Palestine, aient eu des temples portatifs pour y adorer leurs dieux; ces nations étaient déjà pour lors sédentaires; elles avaient des villes et des habitations fixes : une des principales attentions de Moïse fut d'éviter toute ressemblance entre le culte du vrai Dieu et celui des fausses divinités.
Un incrédule de nos jours, qui s'est attaché à rassembler des objections contre l'histoire sainte, prétend qu'il est impossible que, dans un désert où les Israélites manquaient d'habits et des choses nécessaires à la vie, ils aient été assez riches pour fournir à la construction d'une lente si magnifique, et à faire des meubles aussi précieux que ceux qui sont décrits parMoïse; il en conclut que le tabernacle fut seulement commandé et projeié dans le désert, mais qu'il ne fut exécuté qu'après la conquête de la Palestine.
Ce critique imprudent n'a pas voulu se souvenir que les Israélites étaient sortis de l'Egypte chargés des dépouilles de leurs hôtes, et que las Egyptiens leur avaient donné ce qu'ils avaient de plus précieux, Kxod., c. xn, v. 3G. D'ailleurs l'évaluation qu'il fait des métaux est purement arbitraire et fautive ; on ne sait pas au juste ce que. pesait ni ce que valait le (aient ou le lingot d'or de ces temps-là ; le poids et la valeur en ont varié chez les diiïeren's peuples.
Ce même écrivain soutient que les Israélites n'ont rendu aucun culte au vrai Dieu dans le désert ; si donc ils ont construit un tabernacle, ce n'a pas été pour lui, mais pour quelque fausse divinité. 11 prétend le prouver par ces paroles du prophète Amos, C. v, v. 25: Enfants d'Israël, niavez-vous offert des dons et des sacrifices dans le désert pendant quarante ans? Vous avez porté I .- truies de votre Moloch et les images de votre Kium, et les étoiles des dieux que vous mus êtes faits. Les Septante, au lieu de Kium, ont mis Iirpphan. Saint Klienne, dans les Actes des apôtres, c. vu, v. kl, suit les Septante, et dit : Y ous aiez porté la tente de Moloch et l'étoile de votre Dieu Reuphau, figures que vous avez fuites pour Its adorer. — Nous répondons que l'interrogation qui est dans le texte hébreu emporte souvent une négation, et qu'il faut traduire : Ne m'atez-vo'ts pas offei t des dons et des sacrifi- (es, etc.? on peut en citer plusieurs exemples. M en est de même de l'interrogation, f*/i, dun9 les Septante et dans les écrivains grecs. Ce qui pinède et ce qui sut exige
Dir.T. oe Théol. dogmatique. IV.
absolument ce sens. Dieu dit aux Juifs qu'il connaissait leurs crimes, qu'ainsi il n'acceptera point leurs sacriûees; il compare leur conduite à celle de leurs pères, qui dans le désert ont mêlé son culte à celui des faux dieux, mélange abominable que Dieu déteste. En traduisant autrement, l'on fait déraisonner le prophète. Moïse n'a pas passé sons silence cette idolâtrie des Israélites dans le désert, puisqu'il leur reproche d'avoir sacrifié aux démons, à des dieux nouveaux que leurs pères n'avaient pas connus, Deut, c. xxxu, v. 1G et seq. — Il n'est pas certain que Moloch, Kium et Rsephan ou Uempham, aient été trois dieux différents : plusieurs savants ont pensé que c'était Saturne, astre et divinité, appelé Moloch par les Ammonites, Kium par les Chananéens, Rœphan par les Egyptiens. Mais comme la planète de Saturne ne peut pas avoir été fort connue des peuples qui n'étaient pas astronomes, il nous est permis de croire que c'élait plutôt le soleil, qui a été constamment adoré sous différents noms par les Orientaux. Voy. Astres.
Tabernacles (fêle des). C'était une des trois grandes fêtes des Juifs; Dieu leur avait ordonné de la célébrer en mémoire de ce que leurs pères avaient demeuré pendant quarante ans sous des tentes dans le désert, Levit., c. xxiii, v. 3+, 43. L'objet des fêtes juives, en général, était de rappeler à ce peuple les principaux événements de son histoire, et de le faire souvenir de la protection et des bienfaits que Dieu lui avait accordés dans tous les temps. La fêle des Tabernacles commençait le quinzième jour du septième mois, nommé tisri, jour qui répond au dernier de septembre, après la récolte de tous les fruits de la terre; elle durait sept jours. Pendant cette solennité, les Juifs demeuraient sous des cabanes faites de branches d'arbres. Comme il leur était ordonné de la passer dans la joie, ils faisaient pendant ces sept jours, avec leur famille, des festins de réjouissance auxquels ils admettaient les lévites , les étrangers , les veuves et les orphelins, suivant l'ordonnance de la loi.
Dans l'Evangile, celte fête est nommée scenopegia, du grec <r «wj, tente, et 77*77» vpt, je construis, je bâtis. Le premier jour et le dernier étaient les plus solennels ; il n'était permis de s'occuper d'aucua travail; les Juifs devaient se présenter au temple, y faire des offrandes, remercier Dieu de ses bienfaits. Comme cela se faisait immédiatement après les vendanges, les païens, lémoins de ces cérémonies, et qui n'en connaissaient pas l'objet, en prirent occasion de dire que les Juifs rendaient un culte à Racchus. Dans la suite les Juifs ajoutèrent a ce qui était prescrit par la loi d'autres cérémonies, comme de porter des palmes à la main en criant hosanna, d'aller le dernier j>ur de la fête puiser de l'eau à la fontaine île Siloé, pour en faire des libations, etc. U parait que ce dernier usage était déjà établi du temps de Jésus-Christ, et qu'il y fil allu-
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