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détruit au concile généra* de Vienne, deux ans auparavant : ce roi était donc satisfait ; le supplice du grand maître ni celui de Gui d'Auvergne ne pouvait lui procurer aucun nouvel avantage ; il fut indigné de leur conduite, et voilà pourquoi il les fit condamner et punir.
Leur apologiste ajoute que le pape abolit l'ordre de sa seule autorité, dans un consistoire secret pendant le concile de Vienne. Nouvelle imposture. La bulle fut dressée le 22 mars 1312, dans un consistoire secret, mais elle fut publiée en plein concile le 3 avril, en présence de Philippe le Bel et de ses trois fils ; le pape y déclara, de l'agrément du concile, sacro approbante concilio , l'institut des templiers proscrit et aboli ; il réserva au saint-siége la destination des personnes et des biens. En second lieu, il y a eu depuis ce temps-là plusieurs instituts religieux supprimés par un simple bref du souverain pontife ; personne ne s'y est opposé et n'a prétendu qu'il fallait pour cela le décret d'un concile. Ce même critique en impose encore, en disant que Philippe le Bel se fit donner deux cent mille livres, et que Louis le Butin, son fils, prit encore soixante mille livres sur les biens des templiers ; il ne cite aucune autorité ni aucun monument de ce fait, et il y a des preuves du contraire. Dès l'an 1307, le roi avait déclaré au pape, dans une lettre du 24 décembre, qu'il s'était saisi des biens des templiers, et qu'il les faisait garder pour être employés totalement au secours de la terre sainte; c'était leur première destination. 11 renouvela celte déclaration dans une autre lettre du mois de mai 1311 , où il priait le pape de faire en sorte que ces biens fussent employés à un autre ordre militaire destiné pour la terre sainte, promettant de faire exécuter tout ce qui serait réglé sur cet article ; il ne s'opposa point à la bulle par laquelle le pape s'en réservait la disposition. De là Dnpuy et Baluze concluent avec raison que les historiens qui ont accusé ce roi d'avoir voulu s'approprier les biens des templiers , sont di s calomniateurs. Enfin notre auteur luitnéme est forcé d'avouer que ces biens furent donnés aux chevaliers de Rhodes, aujourd'hui chevaliers de Malte, dont la destination était la même que celle des templiers. « J'ignore, conlinue-t-il, ce qui en revint au pape... Je n'ai jamais pu découvrir ce qu'il recueillit de cette dépouille. » La vérité est qu'il n'en recueillit rien, et qu'il n'en a été accusé par aucun écrivain digne de foi. Nous ne doutons pas que les frais des procédures, qui furent faites pendant cinq ou six ans contre les templiers dans différents endroits du royaume, n'aient été immenses; cela ne pouvait se faire autrement.
Qu'un protestant tel que Mosheim ail peint Clément V comme un pontife avare, vindicatif et turbulent ; qu'il ait dit que Philippe le Bel joua cette sanglante tragédie pour satisfaire son avarice et assouvir son ressentiment, Uist. ccclés. , xive siècle, ne partie, t. 5. $ 10, cela n'est pas élon».ïfè' ■ mais il
l'est qu'un philosophe, qui aurait dû se mettre au-dessus des préjugés vulgaires, n'ait fait que copier des auteurs prévenus et se rendre écolier des protestants. Il est convenu lui-même que les templiers vivaient avec tout l'orgueil que donne l'opulence, et dans les plaisirs effrénés que prennent les gens de guerre ; que Philippe le Bel eut lieu de penser qu'ils lui étaient infidèles, et qu'ils fomentaient des séditions parmi le peuple ; n'en était-ce pas assez pour autoriser ce prince à demander et à poursuivre l'extinction de cet ordre , sans agir par vengeance ni par avarice.
TEMPOREL DES BÉNÉFICES. Voy. Bénéfice.
Temporel des rois. Voy. Roi.
TEMPS. Ce mot dans l'Ecriture signifie ordinairement la durée qui s'écoule depuis un terme jusqu'à un autre ; mais il se prend aussi dans d'antres sens. 1° Pour les saisons ; Gen., c. i, v. 14, il est dit que Dieu a fait les astres pour marquer les temps, les jours et les années. 2° Pour une année ; Daniel, c. vu, v. 25, prédit que les saints seront persécutés pour un temps, deux temps et la moitié d'un temps; ce sont les trois ans et demi de ia persécution d'Antiochus. 3° Pour l'arrivée de quelqu'un; Isaïe., c. xiv, v, 1: Prope est ut veniat tempus ejus , son arrivée est prochaine. V" Pour le moment favorable de faire quelque chose. Pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous (Galat., c.vi, v. 10). 5° Dan.,c. n, v. 8, racheter le temps, c'est demander du délai ; mais dans saint Paul, Ephes., c. v, v. 16, c'est prendre patience en attendant un temps plus heureux. 6° Ezech., c. xxn, v. 3, son temps viendra, c'est-à-dire le moment de sa punition.
7* Saint Paul appelle les temps des siècles passés , ceux qui ont précédé la venue de Jésus-Christ, Tit., c. i, v. 2. Il les nomme aussi les temps d'ignorance, Act. , c. xvn , v. 30. Voy. Jour.
TÉNÈBKES. La signification de ce terme varie beaucoup chez les écrivains sacrés. 1° De même que la lumière exprime souvent la prospérité, les ténèbres désignent l'affliction et l'adversité, Esth., c. vin, v. 16 ; c. xi, v. 8. 2° Il signifie la mort et le tombeau, Ps. lxxxvii, v. 3 : Connaîlra-t-on les merveilles de Dieu dans les ténèbres ? 3° L'ignorance ; Joan., c. m, v. 19 ; Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière. k° Saint Paul appelle les péchés les œuvres des ténèbres, soit parce qu'ils sont souvent commis par ignorance , soit parce que l'on se cache pour les commettre. De là ce même apôtre appelle souvent l'idolâtrie les ténèbres, par opposition à la lumière du christianisme et de l'Evangile, Ephes., c. v, v, 8: Vous étiez autrefois ténèbres, à présent vous êtes lumières dons le Seigneur. 5° 11 signifie le secret, Matth., c. x, v. 27 : Ce que je vous dis dans les ténèbres , dites-le au grand jour. 6° Saint Jean , Epist. I, ci, v. 5, dit que Dieu est la lumière, et qu'il n'y a point en lui de tém'bies , parce que c est de lui que viennent toutes nos connaissances ; et qu'il
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n'est jamais la cause de l'ignorance, des erreurs el de l'aveuglement des hommes ; Jésus-Christ a dit de lui-même, Joan.. ù. vm . v. 12 : Je suis la lumière flfii monde; celui qui me suit ne marche pas dans les tknîhres, mais H aura la lumière de la vie. 7° De même qu'il représente le bonheur éternel sou* l'image d'un festin qui se fait dans un salon bien éclairé, il appelle la damnition les ténèbres extérieures où il y a des pleurs el dis grincements de dents, signes de regrets el de désespoir. Ces métaphores, qui nous semblent extraordinaires au premier aspect , ne sent point inconnues aux auteurs profanes, surtout aux poêles. Dans la Théogonie d Hésiode, les parques, le destin, la mort, 1rs malneurs, le chagrin, les douleurs et les crimes, sont enfants de la nuit ou des ténèbres. Pendant la nuil, les chagrins sont plus cruels, les passions plus violentes, les douleurs plus aiguës, les idées plus noires ; la nuil ne pouvait donc manquer d'être regardée de mauvais œil, et de désigner tout ce qu'il y a de plus fâcheux. Dans le langage des peuples de quelques provinces, quand on veut dire qu'un homme n'est bon à rien , que c'e>t un mauvais sujet, l'on dit c'est la nuit. Les manichéens, qui admettaient deux principes de toutes choses, i'un bon , l'autre mauvais , plaçaient le premier dans la région de la lumière, le second daus le séjour des ténèbres.