TÉNÈBRES ARRIVÉES A LA MORT DE JÉSLS
Christ. Voy. Eclipse.
Ténèbres de la semaine sainte. C'est ainsi que l'on nomme vulgairement les matines du jeudi, du vendredi et du samedi de la semaine sainte, qui se chantent la veille de ces trois jours sur le soir. Ces offices sont trop connus parmi les catholiques, pour qu'il soil nécessaire d'en parler plus au long.
TENTATION , épreuve. Lorsqu'il est dit dans l'Ecriture que Dieu tente les hommes, cela ne signifie point qu'il les séduit ou qu'il leur tend des pièges pour les faire tomber dans le péché, le mot tenter n'a point ce sens dans les livres de l'Ancien Testament ; mais cela veut dire qu'il met leur vertu à l'épreuve , soit par des commandements difficiles , soil par de grandes affiielious. Tenter Lieu , ce n'est pas vouloir l'exciter au mal, mais c'est vouloir mellre sa toute-puissance el sa bonié à l'épreuve, en attendant de lui un miracle sans nécessité, ou en s'exposant témérairement à un danger duquel on ne piut pas sortir sans un secours miraculeux que Dieu ne doit et n'a promis à personne. 11 a défendu sévèrement celle folle présomption, Deut. , c. vi, v. 18 : Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu. Ainsi, lorsqu'il est dit , Gen. , c. xxu, v. 1 , que Dieu tenta Abraham , cela signifie qu'il mil son obissance à l'épreuve, en lui ordonnant d'immoler son fils. Saint Paul dit , Hebr. , c. xi, v. 19, qu'Abraham obéit , parce qu'il crut que Dieu peut ressusciter un mort; ce n'était plus là tenter Dieu, puisque Dieu lui •jv.iit formellement promis qu'lsaac serait la l uc de sa postérité, Gen. , c. xxi , y, 1 -2 ,
comme l'Apôtre l'observe au même endroit Parce que vous étiez agréable à Dieu, dit l'ange à Tobie , il a fallu que la tentation vous éprouvât Dieu permit , ajoute l'écrivain sacré , que celte tentation survînt à Tobie. a (ii de donner à la postérité un exemple de patience, aussi bien que de celle du saint homme Job {Tob.,c. n, v. 12; c. xn, v. 13):. A la vérité, Dieu n'a pas besoin de nous éprouver pour savoir ce que nous ferons , il le sait d'avance ; mais nous avons besoin nousmêmes d'être mis à l'épreuve, 1° afin d'apprendre par expérience ce dont nous sommes capables; 2° afin que nous donnions des exemples héroïques de vertu ; exemples trèsnécessaires au monde ; 3° afin que nous soyons ou encouragés par noire fidélité à Dieu, ou humiliés par nos chutes, el que nous sentions le besoin de la grâce. Aussi Dieu a-i-il récompensé d'une manière éclatante la foi d'Abraham, la soumission de Tobie et la patience de Job ; ce sont là les grands traits qui frappent les hommes et leur font sentir qu'il y a une Providence. — Dans le Nouveau Testament, tenter signifie quelquefois exciter ou solliciter au mal; mais tentation signifie aussi épreuve, comme daus l'Ancien, parce que toutes les fois que nous sommes excités ou sollicités à pécher, c'est une épreuve pour notre verlu. Lorsque nous disous à Dieu dans l'oraison dominicale: Ne nous induisez point en tentation , cela ne signifie pas : Ne nous tendez point de piège pour nous faire pécher, puisque nous ajoutons : Délivrez nous du mal; mais cela veut dire : Ne mettez point notre faiblesse à de trop fortes épreuves, et donnez-nous la grâce nécessaire pour nous préserver du mal. Lorsque quelqu'un est tenté, dit saint Jacques, cap. i, v. 13, qu'il ne dise point que c'est Dieu qui le tente ; Dieu ne porte point au mal, il ne texte personne; mais tout homme est tenté par sa propre concupiscence qui le séduit et le porte au péché.
Une des questions qui furent agitées entre les Pères de l'Eglise el les pélagieus était de savoir si l'homme peut résister aux tentations sans le secours de la grâce divine ; ces hérétiques le soutenaient, et leur erreur fut unanimement condamnée par l'Eglise. Elle a été proscrite de nouveau par le concile de Trente, Sess. G, deJustif., en ces termes , can. 2 : « Si quelqu'un dit que la grâce divine est donnée par Jésus-Christ, seulement afin que l'homme puisse plus facilement vivre dans la justice et mériter la vie éternelle, comme s'il pouvait faire l'un et l'autre, mais difficilement et avec peine, par le libre arbitre , sans la grâce , qu'il soil anallième. » Can. 3 : « Si quelqu'un enseigne qu'il peut pendant toute sa vie éviter tous les péchés, même véniels, sans un privilège spécial de Dieu, tel que l'Eglise le soutient à l'égard de la sainte Vierge, qu'il soit anathème. »
Cela n'a pas empêché Bas nage de calomnier à ce sujet les théologiens catholiques , Ilist. de l'Eglise, (.m , cap. 2, § 3; il prétend qu'ils sont partagés en tin \ opinions dillé-
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