‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 13 sur 219 · RAT · texte numérisé non relu

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Piufini, qui se rencontre sans cesse nu devant de* peust es du ions lei bummes. àiusi voyez de toute pari coiic étonuante propension à croire le merveilleux ei I mu (imiii, propension qui existe dam lit nature et qui n'est pas en soi un instinct de <r dulilé aveugle, mais bien pluiôi la conscience d'un grand devoir i-l d'un grand besoin, du besoin de l'iolini, qui m nii|ue à l'homme, que l'homme cberciie el qu'il il. ni trouver. L'autorité du l'Eglise, enseignant ei délinis-ani les choses divine-; ci inconnue*, esl donc, sous ce rapport, eu parfaite harmonie avec ce besoin immense ei universel de la rai ->uu humaine, avec le liesom d'autorité, :ivec le besuin du merveilleux ei du mystère. Kl n'est ce pas déjà se rattacher a un principe intérieur ?

« 2" l>e plus les fondements de la certitude morale ou historique appartiennent aux premiers p in cipes et aux premières ventés de l'intelligence. Quant à l'acceptation certaine des laits, il n'y a rie.i dans l'âme qui soi exigé, si ce n'est un témoignage qu'on ne puisse soupçonner ni d'illusion, ni d'imposture. Mais, en vérité, nous prend-on pour îles insensés? et comment donc croyous-nous? les apôtres, les martyrs, les Pères, les premiers chrétiens sont des témoins de laits contemporains ou p'u éloignés, leurs vertus, leur éuiinente saimèié, leur constance, leurs sacrifices, leur nombre, I ur c r ictère el la haute science île plusieurs écartent à jamais du L'uinij-na-o rendu par eux aux laits divins la possibilité même de l'erreur et du mensonge.

« Li que voulez vous donc? qu'ex gez-vous pour des faits? Sincèrement, une tradition historique peutelle être (ilus grave, plus imposante-, plus suivie, plus sacrée que celle tradition catholique sur les faits mêmes qui ont fondé l'Eglise el sou indestructible autorité? Qu'y a-l-il ici de vraiment raisonnante el philosophique, devant des faits immobiles et certains comme un roc? Après tnul, nous croyons sur un témoignage positif et irrécusable, Que, peut demander de plus un'! philosophie saine et éclairée ? l-lle cesse de l'eue, quand elle cesse de croire. Donc, m nous croyons, cVl amant pour servir les droits de la raison que pour en remplir les devoirs. La foi loute seule peut conserver ici la vérité des idées et la force de l'expérience, eu consacrant et les premiers principes de l'intelligence el la certitude des laiis. Or, lotis les laits du christianisme sont liés à l'institution de l'Eglise el de son autorité : un même apostolat, un même témoignage, une même origine, une même foi reproduisent les uns, établissent l'an ire. Mous possédons ainsi une logique invincil» e ; nous vivons par la force d'un syllogisme lo-.il divin, type suprême de philosophie véritaiile. Entendez. ie ! (le que Dieu même garantit el ailir.ne esl iucoiitesiah e et certain. Or, Dieu, par les fuis avérés de sa loutepuissance, garantit cl prouve l'institution de I autorité catholique annoncée, établie, exercée eu son nom. Donc celle auioiilé esl divinement certaine.

< Vous le voyez : la philosophie pouvait légitimement i échiner les droits des idées ou vérités premières, les droits de l'expérience nu des laiis ; I autorité catholique les sauve tous el les consacre j'iir sa démonstration même.

< Dieu se féconde lui-mè.ne, el trouve dans son essence intime les termes réels et distincts de son activité intime, sans que jamais nue création lui ait été nécessaire : le dogme de la Trinité nous le inimité. La sig-*sse iuciéée s'incarne pour nous servir de modèle et unis iusruue, mais surtout pmr le rachat du genre humain pale sang d'un sacnlice tout divin : le bes un de réparation el de rachat esl le cri de l'humain. é... Aile/, dire à saint Augustin, aile/, dire à saint Thomas el a liossuel que les mystères de la loi chrétienne entra vent et anéieni l'élan de la raison ainsi que du génie, ils vous rep uniront qu'ils n'ont de lumières que par les mystères, qu'ils ii'jtii connu que par eux le tuuu le, fiiomme ci Dieu ;

et dans leur* étonnante* élévations «ur la I -j, iU

vous raviront d'admiration el volts inonderont do clar es divines. Ainsi, la raison veut el do l vouloir

de* solui nus sur les plus grandes q testions, ~ur plus grands intérêt! : elle ne les trouve que dans l'autorité raibolique se de

« 5° butin, la philosophie et la raison rérlameni avec j igtice un principe fécond de teience, .1 • ehi tsitufi. m. lis d'ordre également. Pour li scient», une faut-il? Des points de dépari et des données lives. Suis ce sec. mis, nul ino\ en d'avancer, i us |Ue

le- découvertes sont rares et que l'intuition puissante du génie n'apparaît qu'à des intervalles i

gués dans lin lii -n petit nombre. Ces points de de-

part, ces données Uses, c'est l'autorité catholique qui les fournit en définissant, d'une manière certaine, Dieu, la création, l'Ame humaine, son immortalité, sa liberté, sa fias dernière, le désordre

moral et le besoin de réparation. Il en va de indu principe de civilitalion.

• L'autorité catholique est un principe civilisale r, précisément parce qu'elle fixe ei déduit. I. pose des dogmes, des barrières ; elle établit seule dans la société humaine des doctrines arrêtées pi fondamentales, lu quand il n'y a pins de loi du- (inie dans le- intelligent es, <| iau I il n'y a plu , d'à . tonte qui enseigne souverainement les e-prils sur les vérités religieuses^ aimsia raison et la pensée teloiirucnl à l'.M.it samagf. J; ne voit Irais rien dire as u ciueni d'offensant pour personne. J'cx .ri ne nu lait, la logiq ie du libre examen et de l'iodépen lance absolue de l'idée hum ine s'est pleinement prodnhu el développée de nos jours dans la philosophie di Hegel el dans les phtlosopliies analogues. .Mus qufl sont ces philosophie*? La su h ver io;i entier»! de loute réalité et, par suite, de loue morale, de loue

religion, de tout ordre social. Kl les peuples re -s

jusque il iits leurs fondements, toutes les hise> intellectuelles et po i tiques ébranlées, ne signalent qn ; trop, dans un grand n unbre, les effets de l'abandon funeste <>ù l'on a prétendu laisser le pouvoir régulateur des croyances et des doctrines religieuses...

< il Faut hardiment prononcer que l'autorité catholique est le palladium vrai et le gardien sauveur de la lii.erlé mène de penser; carde lui eue la (olie, ce tpii est bien un grand service à lut rendre. C'est donc la raison elle-même qui accepte l'autorité catholique, qui l'accepte et I embrasse étroitement, parce qu'elle la voit évidemment acceptable el certaine... L'Eglise seule au monde lui apparaît remplissant réellement tes conditions de ceii; aulorilé nécessaire. Antique, pure, sainte, le (roui ceint des gloires des martyrs et du génie, l'Eglise poursuit jusqu'à nous sa marche majestueuse et calme, au milieu des oscillations et des tempêtes. Kl e lient d ir.iulées dans sa in.ni les traditions sacrées de l'Evangile et de l'histoire, qui oui marqué du sceau de l'institution divine sou origine ei sa durée. L'Eglise parle aux yeux, à la conscience, au bon sens, au cœur, à l'expérience ; elle parle le langage des faits et des vérités détîntes qui rencontrent toujours dans les âmes sincères, ave: le secours divin, un assentiment généreux et paisible. La raison, soutenue de la grâce, attache alors sjremeiil à la c ilonne île l'autorité les premiers anneaux de la chaîne ; ses convictions les plus intimes s'ouisseni en Dieu injnie a la In enseignée. L'homme, ée aire d'en haut, b.ib. te alors nue grande lumière, I un du ilutl ■, loin des recherches et des anxiétés pé iihhs... Et c'est ainsi qu'à l'ombre de l'antoriié catholiqueet de a doctrine, la société s'avance dans les votes régulières de la scien :e et de la civilisation, de la force ci de la prouvé iie véritables. »

MU Y MON D LILI.K. Raymond, snroonmé lo Docteur Illuminé, était ne a l'aima, dan. file de Majorque, eu l-2i'i. Il s'appliqua, avec une ardeur nilaligabl -, à l'étude de t.: philosophie des Arabes, delà

ci iu:b n'B ci

cîiimie, «le ta médecine ei lu la théologie. S» \ in fnt chan- le mystère de la sainte Trinité , et ne

d'abord dtssip e el mène liberlii.e; il se montra eu- baptisaient pas au nom dos trois personnes

suite rière lrès-fer«e»l du tiers ordre de Si ni Frau- divines, il y avait lieu de penser <|i.'P la plu-

çn s, amateur de la solimde et solliciteur assidu des p(.,r, «lieraient la forme du sacrement ; saint

princes qu'il vil ions et pressa jusqu'à I importuiiilé, Cjprieii allèçue en eCdt les marcioniles nui

,,o„r les Faire entrer ; dans le plan de aon jM* ; né- , ljs;mMll nu nom de Jésus.n,rist ; fffllV/.

ci» î.tieur i une activité unique, auteur île plus de \n- " F '

J„„,e. qu'un homme n'en pour»»! tnw.ser.re, on » l> attire cote le pape , dans Bon resent a

même lire dans le cours d'une vie md mire; ae- saint Cyprien . ne parait pas avoir distingué

«usé iTuéreVie et martyrisé chez les Musulmans. Si enlre le hapiê aie des hérétique* qui en alte-

loul ce qu'un dit de lui était vrai , aucun roman ne raient la Tonne, d'avec celui des sectaires

pourrait être comparé à sa vie. Sun grand ouvrage q„j |a suivaient exactement. De là saint

f i l'ArlgAufraiouleflr/imi Ar/ ; c'était une méthode Cyprien concluait mal à propos que ce pape

tellement subtile, qu'il prétendait, par I aveu dune ap[ir()Uv;lil |e baptême de tous indistincte-

• rnnuti.iiui uiiele tin ce lui, amener son adversaire :■•»■ j o ••• c ir i»i x

nipi.nui i|u iicM.ii , ...,., „, : I, nient, ibn. Supposition lansse. Voy. lieve-

à confesser la lm catholique. H f.rmula aussi la . ' . Kn' K i <. » •>

croyance catholique ea proposition* générales, qui rdge >ur '« ^ canon «l<,s apôtres, j k.

devinrent le texte des éludes el des disputes dans les Plusieurs critiques protestants , Monde! (

différentes < coles. Basnagc, Mosheim et son traducteur , ont

* RÉALISTES. Ils prétendaient juger des choses parlé de celle dispute avec la passion eti'in-

par elles-mêmes ; ils étaient les adversaires décidés fidélité qui Jour sont ordinaires. Ils disent

s Nominaux. Voy. ce mol. Ces écoles appartien- (]ne j,. pape saj„| Etienne a»i( dans celte

nent plus à la philosophie qu'a la lliéologie. Nous circonstance ,,ve(. beaucoup d'orgueil, de

,e,;v yons au PieL de Philosophie, hauteur cl d'opiniâtreté. C'est une ca'o -.-

REBAPTISANTS. L'on entend sous ce nie ; les Pères des siècles suivants, surtout

nom «eux qui ont voulu réilcrer le baptême saint Augustin el Vincent de Lérins, n'ont

à des personnes déjà validcmenl baptisées. rien vu de répréhensible dans sa conduite.

Au m* siècle, Firniilien, évoque de Césa- Mais quand ou commence, comme les prorée en Cappadcce, et quelques évêques d'A- lestants, par préjuger que les papes n'o;it sic, saint Cyprien, à la tête d'un assez grand aucune autorité légitime sur toute l'Eglise , nombre d'évêques d'Afrique, déciilèrent que tout autre évêque leur est absolument qu'il lallait rt baptiser tous ceux qui avaient cgal, n'est tenu envers eux à aucune sub >r- .'" • çn le baptême de la main des hérétiques, dj nation , il n'est pas étonnant que l'on rells'se fondaient sur ce principe, que celui garde leur zèle pour le maintien de ta l'ai nui n'a pas en lui le Saint-Esprit ne peut comme un attentat. Mais nous verrons cipas le donner. Maxime fausse, de laquelle après que les Asiatiques ni les Africains n'en il s'ensuivrait qu'un homme en étal de péché avaient pas celte idée. Cumment des proiesne peul administrer validemenl aucun saer - lants , qui blâment avec lanl d'aigreur l'aine l , et que l'efficacité de ce rite sacré de- version des Pères de l'Eglise pour les hérépend du mérite personne! du ministre. Eu tiques, peuvent-ils excuser celle que Firmisecorid lieu , i s alléguaient en leur faveur lien cl saint Cyprien témoignent dans celte la tradition de leurs églises: or, il est coi. s- occasion contre tous les sectaires? Nous n'y tant qu'en Afrique celle tradition ne remon- concevons rien. Mais ces deux évoques lait pas plus haut qu'à la (in du u* siècle , résistaient au pape ; c'en est assez pour el à l'évêque Agrippin , qui n'avait précédé être ah ous de loul péché au tribunal des saini Cypnen que de cinquante ans tout au protestants. plus. Saint Cyprien , Epist. 73 , ad Jub ian. Suivant leur avis , il s'agissait d'un point

Aussi le pape saml Etienne résista d'abord de simple discipline, d'un usage indifférent ,

eux Asiat ques , et ensuite aux Africains, suivi par le grand nombre des évoques;

avec la fermeté qui convenait au chef de tous étaient en droit de s'en ienir à ce qu'ils

l'Eglise; il leur opposa une tradition plus trouvaient établi ; ainsi pensaient les deuy

authentique cl plu> constante que la leur, évoques de Césaree et de Cartilage. .Mais cet

en leur disant : ninnovon» rien, tenons-nous- usage entraînait une erreur dans le dogme;

en à la tradition. Il menaça même les uns il faisait dépendre l'effet des sacrements d

el Us autres de les séparer de sa commu- la sainteté du ministre, au lieu qu'il dépend

njon : mais c'est une question de savoir s'il de l'institution de Jésus-Christ el des dtspo-

proi.onça en effel contre eux l'c xcominotii- silions de celui qui les reçoit; il augmentait

cation. Jusqu'alors l'usage de l'Eglise avait l'aversion des hérétiques' pour l'Eglise ca-

e é «le regarder comme valide le baptême tholique , et rendait leur conversion plus

i!onné par les hérétiques , à moins qu'ils difficile. D'autre part, saint Augustin l'ail rc-

n'eussenl altéré la forme prescrite par Jésus- marquer le petit nombre des évoques qui

Christ ; et et la fut ainsi décidé au iv siècle tenaient pour cet usage, soit en Asie, soit eu

dan» le concile d'Arles el dans celui de Ni- Afrique. « Devons-nous croire , dit-il , cin-

< ce. Il esl donc clair que Firniilien el saint quaule Orientaux, el loul au plus soixante-.

Cvprieo avaient lort dans le fond, puisque <!ix Africains, préférahlemeut à lanl de mil-

l'Eglise universelle réprouva leur senti- Mers? « L. in , onira Crescon. , cap .'J. Nos

meut. Il est probable qu'ils auraient eu plus adversaires soutiennent enfui que le pape

d'égard pour la décision du pape Etienne, Etienne excommunia de fait les Asiatiques

! Il n'y avait pas eu du malentendu de leur 't le- Africains; c'est ce qui nous, reste a,

;;r. Comme plusieurs sectes d'hérétique^ examiner. de ce letQps-ljj étaicot daus l'erreur lou- Mushcim a traité fort au long celte que*

MM

mi;

lion, ïliit. Christ. , sav. il, Ç 18 , n il. 2 ; il prétend que Icn écrivains do I M^ lise romaine l'ont embrouillée tant qu'ils ont pa , p.'inc

qu'elle prouve <l»i «*, dans ce I cin ps-l/i , l'auloriléde l'évéque de Rome élait très-bornée. N'est-ce pas plutôt lui-même qui l'embrouil e aises maladroitement? « Ceux qui pensent,

dii-il, qa'£liennc, en séparant les Asiatiques et les Africains «le sa communion el de celle de l'Eglise de Rome, les retrait) lia de la communion de l'Eglise universelle, se trompent fort. Dans ce temps- là, l'évéque do Home ne s'attribuait point ce droit, et personne ne se croyait généralement excommunié , parce que cet évèque ne voulait pas l'admettre à sa communion particulière; ces opinions ne sont nées que longtemps apiès. Toul évéque se croyait en droit <ie séparer de son Eglise quiconque lui semblait atteint de quelque erreur grave ou de quelque faille considérable. » Que le pape ail eu effet privé de si communion les Asiatiques et les Africains, il prétend le prouver par la lettre que F ir milieu,cbef des premiers, écrivit à saint Cj prien qui était à la létc des seconds , el dans laquelle il s'emporte violemment contre le pape; Epist.15, inter Çyprian. C'est par celte lettre tné-ne que nous voulons réfuter les imaginations de Mosbeim.

Voici les paroles de Firmilien, page lâ-8 : « Quiconque pense que l'on peut recevoir la i émission des péchés dans l'assemblée des hérétiques , ne demeure plus sur le fondement de It Eglise une que Jésus «Christ a établie sur la pierre, puisque c'est à saint Pierre seul que Jésus-Christ a dit : Ce que vous lier<z sur la terre sera lié dans le ci'l , etc.... Je suis indigné de la démène» d'Elienne, qui se glorifie du rang de son épiscopat, el prétend avoir la succession de saint Pierre , surlequel l'Eglise est fondée, en introduisant de nouvelles pierres et de nouvelles Eglises... H ne lui reste plus qu'à s'assembler el [trier avec les hérétiques, à établir un aatel et un sacrifice commun avec eux. » Adressant ensuite la parole à ce pontife, il lui dit. p. 150: <« Combien de disputes el de divisions vous avez préparées dans les Eglises du monde entier 1 (Juel crime vous avez commis eu

vous séparant de tant de troupeaux l Vous

avetj cru les séparer lous- d<j vous, et c'est vous seul qui vous êtes séparé de tous.... Où sont l 'humilité et la douceur ordonnées par-saint Paul à celui qui occupe la première plaie (primo in luco)\ Quelle humilité! quelle douceur, de penser autrement que tant d'evéques répandus par tout le monde, cl de rompre la paix avec eux I etc. »

Remarquons d'abord que S^ irmiltcn ne eonlesle point au pape Etienne la surcession à la primauté de saint Pi rre , il juge seulement qu'il la soutient mal ; il ne lui dispute point la première place dans L'Eglise, maïs bs vertus qu'elle exige; il ne l'acru-c p> int d'usurper une autorité qui ne lui appartient pas, mais il lui rep'ochc l'usage qu'il en fait ; il juge que ce pape renonce à la qualité de pierre fondamentale de l'Eglise el de centre de \' unité, c:> voulant que les assem-

blées des hérétique* soient de réiilildes Eglises, dans lesquelles on p ut recevoir la rémission des péchés. Saint Cvprirn , dans sa lettre à Pompée sur le mé ne injet, fc/iist. ~i\ , ne pousse point bs prétentions ni les accusations plus loin. Ces deui èvéqaes pensaient donc bien différemment de Mosbeim et des autres protestants. ±" Si la semence te pape ne séparait ses collègues que d< communion particulière , dans quel sens Firmilien peut-il diie qu'elle préparait des disputes el des d visions dans les Egli*es do

monde entier ? Elle ne pouvait ton, lier que sur les évoques censurés. 3° Puisqu'Eliciine avait cru séparer de lui lanl de trnope.iix, il est donc faux que les papes ne s 'attribuassent pas alors ce droit. \" S. chaque ev éque se croyait en droit de séparer de sa rommunion particulière quiconque lui paraissait coupable, et si le pape n'avait rien fait île plus, comme le soutient .M islteim, Firmilien avait grand tort de faire tant de bruit. 5' Dès que Husheim eonvienl que cet évé |ue éta»! irrite contre le pape et poussait h vivacité trop loin, ce qu'il dit n'est pas une forte preuve de la realité de l'excommunication lancée par le pape Etienne, et il est faux que ce témoignage soit au-dessus de toute exception.

il est donc de la prudence de nous en lenir à celui de Denis d Alexandrie , auteur contemporain, qui dit qu'Etienne avait écrit aux Asiatiques qu'il se séparerait de leur communion, el non qu'il s'en séparait ; aux expressions de saint Cyprien , qui dit de lui abslinertdos pulat , et non abstinet , Epis t. Tv\ à celtes de saint Jérôme, qui atteste que la communion ne fut pas rompue , Dial. contra Lucifer ; enfin à l'événement , puisque les Asiatiques cl les Africains conservèrent leur usage pendant assez longtemps , sans que les successeurs d'Etienne les aient regardés comme des excommunié'. Notes de Valois sur Eusèbe. Uist. Eccles., 1. vu , e. 5.

Nous n'iiisislerons point sur ce que disent Fi! milieu et saint Cv prien sur l'unité de L'Eglise-, sur l'autel el le sacrifice, sur la nécessité de suivre les traditions apostoliques, etc., autant de points rejelés par les protestants; ce n'est pas ici le lieu d'en parler.

Dans la note précédente, Mosheim dit qu'avant Constantin, le petit nombre des dogmes fondamentaux du christianisme n'avaient pas encore été traités par une main savante, déterminés par des lois, ni conçus dans certaines formules, et que chaque docteur les expliquait à son gre. Si cela était vrai, Firmilien et saint Cyprien a\ aient grand tort de témoigner lanl d'horreur des hérétiques, de lie vouloir rien avoir de commun avec eux. ni assemblées, ni prières, ni autel, ni sacrifice, ni baptême; le pape Etienne aurait eu raison de les Irailcr comme des schématiques; en s'ubslinaiil à le blâmer, Mosbeim réussit parfaitement à le justifier. D'ailleurs, a vant Constant in, l'on avait so eiinellcment condamné dans des conciles les corinthiens, les gno»th]Dcs, tes cncratilcs-,

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