‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 122 sur 219 · livre des Nombres, ch. xxxui j'avouerai · texte numérisé non relu

livre des Nombres, ch. xxxui j'avouerai

qu'elle vous a été promise, mais non livrée, à cause de vos infidélités et de votre idolâtrie..... Lisez le livre de Josué et celui des Juges, vous verrez combien vous avez été

resserrés dans vos possessions Je ne dis

point ces choses pour déprimer la Judée, comme un hérétique imposteur m'en accuse, ou pour atiaquer la vérité de l'histoire qui est le fondement du sens spirituel, mais pour rabattre l'orgueil des Juifs. » Remarquons «l'abord que saint Jérôme parle de la possession des Juifs , telle qu'elle était sous Josué et sous les Juges, cl il est vrai qu'elle

ne s'étendait alors que depuis Dan jusqu'à Bersabée; mais il y avait au delà du Jourdain les tribus de Ruben et de Gad, et la moitié de la tribu de Manassé, et elles n'étaient point resserrées pour lors par les Arabes ou Sarrasins. Puisque saint Jérôme ne veut point attaquer la vérité de l'histoire, il ne prétend pas nier que David et Salomon n'aient poussé leurs conquêtes jusqu'à l'Euphrate, au delà de la mer Morte et au torrent de l'Egypte. La ville de Palmyre, bâtie p;ir Salomon à peu de distance de l'Euphrale, en était un monument subsistant. Ainsi lorsqu'il dit que cette étendue ne leur a pas été livrée, il entend qu'elle ne leur a pas été accordée d'abord, et qu'ils ne l'ont pas tenue pendant long-temps, puisque celle possession n'a duré que pendant soixante ans ; et il est vrai que c'est en punition de leur idolâtrie et de celle de leurs rois qu'ils en ont été dépossédés.

4° Le point capital est de savoir si la Judée était un bon ou mauvais pays. Voici comme saint Jérôme en parle dans son Commentaire sur Isaïe, 1. n, c. 5, Op. t. III, col. 45 et 4-6 : « Aucun lieu n'est plus fertile que la terre promise, si, sans avoir égard aux montagnes et aux déserts, l'on considère son étendue depuis le torrent de l'Egypte jusqu'au fleuve de l'Euphrale, et au nord jusqu'au mont Taurus el au cap Zéphyrion en Cilicie. » G. xxxvi, v. 17, I. xi, col. 287 : « Le roi d'Assyrie fait dire aux Juifs qu'il les transportera dans un pays semblable au leur, qui abonde en blé et en vin; il ne nomme point ce pays, parce qu'il n'en pouvait point trouver de semblable à la terre promise. » Sur Ezéchiel, 1. vi, chap. 20, col 832 : « On ne peut plus douter que la Judée ne soit le plus fertile de tous les pays, si on la considère depuis Rhinocorure jusqu'au mont Taurus et à l'Euphrale. » Or ce n'était pas la partie la plus voisine du mont Taurus et de l'Euphrale qui était la plus fertile, puisque c'est là que se trouvent les plus hautes montagnes du Liban. Il faut observer encore que saint Jérôme écrivait au commencement du Ve siècle; or, avant celle époque, la Judée avait été ravagée successivement par les Assyriens, par les rois de Syrie, par les Romains sous Pompée, par les tétrarques qu ils y avaient établis, par les armées de Titus el d'Adrien. Un pays moins bon n'aurait jamais pu subsister après tant de ruines; et s'il avait été mauvais, tant de conquérants n'auraient pas eu l'ambition de s'en saisir. Strabon, qui écrivait sous Auguste, dit que la Judée était pour lors opprimée par des tyrans; c'était sans doute les tétrarques; il n'est pas étonnant qu'il l'ait jugée peu digne d'exciter l'ambition dans ces circonstances.

5° Les famines dont l'Ecriture sainte fait mention n'ont été rien moins que fréquentes ; on en connaît cinq; la première arriva sous Abraham; la seconde, cent seize ans après, du temps d'Isaac ; la troisième, au bout do quatre-vingt seize ans, pendant la vieillesse de Jacob; la quatrième, {dus de vingt-cinq

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ans après, sous les juges, cl dont il est parlé daos le livre de Rutlt ; enfin, la cinquième sous David, après un intervalle d'environ cent ans. Ce sont cinq années de disette pendant un espace de pins de huit cents ans. (Juel est le pays de l'univers dans lequel il n'en soit pas arrivé davantage dans un intervalle aussi long?

G" Pour satisfaire à l'objection des incrédules, on leur a représenté qu'il ne faut pas juger de l'ancienne fertilité de .la Palestine par l'état de stérilité et de dévastation dans lequel elle est aujourd'hui. Un pays ne peut être bien cultivé qu'autant que les habitants jouissent de la liberté, sont protégés par un gouvernement doux et sage, et sont sûrs de ne pas être privés du fruit de leurs travaux ; malheureusement les peuples de la Palestine n'ont plus aucun de ces avantages. Ce n'est pas dans cette terre seule que le gouvernement dur , oppressif et stupide des Turcs, a porté la stérilité, la misère et la dépopulation, il produit le même effet dans tous les lieux de sa domination.

7° Indépendamment de cette observation qui est évidente, les voyageurs modernes attestent que la Palestine montre encore aujourd'hui les preuves de son ancienne fertilité. Nous ne citerons point ceux qui ont écrit avant notre siècle, comme Villamont, Pietro délia Valle, Eugène Koger, le moine Brocard , Sandis , Maundrell , Thévenot , Schaw , Morison , Geraelli-Careri , Pocok, Hasselquist, etc.; nous nous bornons au témoignage de ceux qui ont écrit plus récemment. Niébuhr, qui a voyagé en Egypte et en Arabie en 1762 et 1763, met au rang des plus fertiles contrées de l'Orient les environs d'Alexandrie en Egypte, une partie de l'Yémen en Arabie, plusieurs cantons de la Palestine, les terres voisines du mont Liban et celles de la Mésopotamie. « Cependant, dit-il, en Egypte, à Babylone, en Mésopotamie, en Syrie et dans la Palestine, l'on ne s'applique pas beaucoup à l'agriculture; il y a si peu de monde dans ces provinces, que plusieurs bonnes terres sont en friche. Les instruments du labourage y sont trèsmauvais, aussi bien qu'en Arabie et dans les Indes. » II ajoute que, dans ces contrées, le tlurra, espèce de millet dont on fait du pain, rend au moins cent pour un ; qu'ainsi, lorsqu'il est dit, Gen., c. xxvi, v. 12, Isaac moissonna le centuple, il est probable qu'il avait semé du durra. Descript. de l'Arabie, chap. 2Y, art. 4.

M. de Pages, qui a fini ses voyages en 1776, dit qu'après avoir vu presque tous les climats de l'univers, il n'a point trouvé de position plus favorable que celle du sud de la Sjrie, c'est précisément celle de la Palestine. La Syrie, selon lui, réunit les productions des climats chaula et celles des pays froids; le blé, l'orge, le coton, la vigne, le figuier, le mûrier, le pommier et les autres arbres d'Europe y sont au^si communs que le jujubier, les figuiers-bananiers, les orangers , les limoniers doux et aigres cl les cannes à sucre. Les productions communes

aux deux climats pour les jardins s'y trouvent de même. L'industrie des habitants a fertilisé le sol des montagnes et en a fait un jardin très - agréable. Voyages autour du monde, etc., t. I, p. 373-375. Ces habitants sont principalement les Druscs et les Maronites, qui se sont rendus indépendants des Turcs; il n'est donc pas étonnant que les Juifs aient fait autrefois de même, puisque chez les Druses on reconnaît encore les anciennes mœurs et les usages dont parle l'Ecriture sainte. Ibid., p. 386. — Le baron de Toit, qui a côtoyé la Palestine à peu près dans le même temps, dit que l'espace entre la mer et Jérusalem est un pays plat d'en- \iron six lieues de large, de la plus grande fertilité. Mém., t. IV, p. 10. — M. Volney, qui a examiné ce pays avec un soin particulier en 1783-85, confirme le témoignage de M. de Pages; il est persuadé que, sous uu gouvernement moins oppressif et moins insensé que celui des Turcs, la Syrie serait le séjour le plus délicieux de l'univers. Voyage en Syrie et en Egypte, tom. I, p. 288 et suiv. Si, malgré tant d'obstacles qui s'opposent à la culture de la terre promise, eiîe conserve encore des restes de son ancienne fécondité, que devait-elle être lorsque la Judée était habitée par un peuple immense, libre et laborieux? Le lait cl le miel devaient y couler, selon l'expression de l'Ecriture sainte, vu le nombre des troupeaux, la quantité des abeilles et des plantes odoriférantes dont elle était couverte (1).

(I) La Palestine n'était au temps des Croisades, disent les incrédules (a), que ce qu'elle est aujourd'hui, le plus mauvais pays de tous ceux qui sont habités dans l'Asie. Cette petite province est dan* sa longueur d'environ quarante-cinq lieues, et de trente-cinq en largeur; elle est couverte presq e partout de rochers arides, sur lesquels il n'y a pas une ligne de terre : si cette peine province était cultivée, on pourrait la comparer à la Suisse. La rivière du Jourdain, large d'environ cinquante pieds dans le milieu de son cours, ressemble à la rivière d'Aar chez les Suisses, qui coule dans une vallée moins stérile que le reste. La mer de Tihériade peut être comparée au lac do Genève. Cependant les voyageurs qui ont bien examiné la Suisse et la Palestine, donnent tous la préférence à la Suisse. 11 est vraisemblable que la Judée l'ut plus cultivée autrefois, quand elle était possédée par les Juifs. Ils avaient été lorcés de porter un peu de terre sur les rochers pour y planter des vignes ; ce peu de terre liée avec ies éclats des rochers, était soutenu par de petits murs dont pu voit encore des resies de dislance en distance. La Palestine, malgré tous sesciïoris, n'eut jamais de quoi nourrir ses babiianis; et de même que les treize cantons envoient le superflu de leurs peuples servir dans les armées des princes qui peuvent les payer, les Juifs allaient taire le métier de courtiers en Asie et en Afrique.

Tel est le tableau que Voltaire, marchant sur les traces de l'impie Servel, nous fait de la Judée, pour insuller à l'Ecriture sainte qui en relève si souvent la fertilité : portrait infidèle, s'il en lut jamais, ainsi que nous allons le faire voir par les témoignages les plus certains.

Ilécalée, auteur grec, qui eut l'honneur délie élevé avec Alexandre le Grand, parle ainsi de la ferfa) Histoire universelle, t. I, p, 337

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Les incrédules, qui ne raisonnent qu'au hasard et sans avoir rien examiné, demandent pourquoi Dieu ne donna pas à son

lilité de la Judée, dans son Histoire des Juifs : < Les Juifs possèdent environ trois mill'ons d'arpenls , d'une terre excellente et abondante en toutes sortes (Je fruits, i (Réponse de Josèphe à Appion, 1. 1, c. 8.)

Pline dit que la Judée, qui est renommée par plusieurs de ses productions, Test principalement dans ses palmiers : Judira vero inchjla est tel magis palmis. (L. xm, c. 4.) Il ajoute un peu plus lias que la Judée, non partout, mais principalement dans le territoire de Jéiicho, remporte sur toutes les contrées de la terre pour la bonté de ses palmiers.

Selon Solin , la Judée est et lèbre par ses eaux... Le Jourdain, dont l'eau est excellente, arrose des

f outrées nés-charmantes Celle lerre est la seule

où se trouve le baume. Judœa illustris est aquis.... Jordanis amnis eximiœ suavitatis regiones prœterfluit amœnissimas,.. In hac terra tantum balsamum nascilur. (G, 48.)

Tacite dit que la Judée est un pays abondant, quoiqu'il pleuve peu ; qu'il produit les mêmes fruits que l'Italie, et outre cela le baume et les dattes: Rari imbres, uber toi uni, exubérant fruges nostrum ad morern, prœterque eas balsamum el palma. (Hisl., lib. v, n. \.)

Ammien Marcellin écrit que la Palestine est fort étendue, qu'elle a une grande quantité de terres cultivées et fertiles, qu'elle contient des villes considérables, qui, ne se cédant point les unes aux autres, gardent entre elles une parfaite égalité: Pulœstina per iniervalla magna protenla, cultis abundans terris et nilidis, civitales habens quasdam egregias, nullam nulli cedenlem, sed sibi vicissim velul ad perpendiculum œmulos. ^Lib. xiv, c. 8.)

Saint Jérôme connaissait bien la Judée, puisqu'il y a passé une grande partie de sa vie, et qu'il a traduit tt augmenté la description géographique de ce pays, composée par Eusèbte; ainsi son témoignage doit être du plus grand poids. Voici comme il parle : « Rien n'est plus fertile que la lerre promise, si, sans faire attention aux lieux monlueux et déserts, on considère toute sa largeur, depuis le ruisseau de l'Egypte jusqu'à l'EupInaie du côté de l'orient, et son étendue au nord jusqu'au mont Taurus el au promontoire Zéphirium, qui estsurla merdeCilieie:> Nihil terra promissionis pinguius, si non monlana queeque aique déserta, sed omnem illius latitudinem considères, a r.vo Mgijpii usque ad flumen magnum Eupliralem contra orienlem : et ad septentriunatem plagam usque ad Taurum montent et Zéphirium, Ciiiciœ quod mari imminet. (Com. in Isai., c. 5.) Le même saint docteur, après avoir rapporté que Rabsacès, général de Sennacliérib, disait aux habitants de Jérusalem, pour les engager à se soumettre au roi d'Assyrie : Je vous transporterai dan» une lerre semblable à la voire, et aussi féconde en blé, vin, huile , ajoute que cet oflicier ne nomme pus celte lerre, parce qu'il n'en pouvait trouver aucune qui fût égale à la terre promise: Transférant vos in terrant quœ similis est lerrœ veslrœ frumenli, Uni ei olearum; nec dicil nomen regionis, quia œqualem lerrœ repromissionis invenire non poterat. (Ibid., c. 3o\)

Voilà de quelle manière les anciens auteurs ont célébré les avantages de la Judée : les modernes sont parfaitement d'accord avec eux sur ce point.

Villauioiil, dans ses voyages faits sur la fin du XMe siècle, rend témoignage à la fertilité de la Palestine. « La ville de Jaffa était sur une petite monlagnette, environnée d'un côté de la mer, el de l'autre, vers Rama, d'une belle plaine que les Maures et Arabes n'ont industrie de culiiver, pour n'avoir la connaissance de la vertu d'une terre si grasse et fertile, (l'âge 231.) Après avoir monté la petite colline de Jaffa, nous considérâmes encore davantage

peuple le riche el le fertile pays de l'Egypte, piulôt que la Palesline. Il n'y a qu'à comparer ces Jeux climats , pour en voir la

le pays, qui est presque désert, principalement du côté de Jaffa où la terre est si bonne qu'elle produit l'herbe de trois pieds de haut, le thym, fenouil et autres herbes odorantes, au lieu de la bruyère et de la fougère qui croissent ordinairement dans les landes désertes, tellement que cela démontre assez que c'était autrefois une terre, laquelle,cultivée rapportait abondamment toutes sortes de fruits pour la nourriture de ses habitants. (P. 239.) Continuant toujours notre chemin, nous continuâmes toujours de plus en plus à voir la plaine mieux labourée et cultivée que devant, savoir en grande quantité de concombres, d'angouries, de melons, blés, ognous ei autres biens, tous lesquels ils sèment à l'aide de deux bœufs, sans qu'ils cultivent la terre d'engrais, fumier, marne ou autre chose, ainsi que nous faisons : ainsi ils jeitent la semence en la campagne, el la laissent venir. (P. 240.) J'allai voir la montagne ou les lieux montueux de la Judée, que l'Evangile appelle montana Judœœ. Nous sortîmes donc de Jérusalem et passâmes par des chemins âpres el rudes, étant au demeurant la lerre assez fertile, semée en ni ; et plantée de vignes, oliviers el figuiers. (P. 529.) Le territoire d'alentour le château des Pèlerins est très-beau el fertile, comme aussi est tout celui de Jaffa jusqu'en Tripoli, ne me ressouvenant avoir jamais vu côte de marine plus belle el plaisante. (P. 533.) La situation de Baruth eslsnr le bord de la mer, comme les autres, en un pays plaisant et fertile, lequel pour son aménité ne cède à nul autre, comme (sans mentir) toute la côte de mer que l'on voit depuis Jaffa jusqu'à Tripoli, est d'une des plus agréables et fertiles, voire les plus belles et ri( lies du inonde. > (P. 576.)

Pietro délia Valle décrit ainsi la route qu'il fit de Bethléem à llébron : «Le pays que nous traversâmes était parfaitement beau. Ce ne sont que collines, que vallées et petites montagnes très- fertiles, mais désertes, parce que les habitants des villages, ne pouvant plus se soutenir ni se défendre des coui ses continuelles des Arabes qui descendent des montagnes voisines lorsqu'on y pense le inoins, ont entièrement abandonné celte contrée. Enfin , c'est une chose digne de compassion, de voir tant de villages dispersés de côié el d'autre, qui étaient autrefois très-peuplés, sans habitants aujourd'hui, et ensevelis dans leurs ruines. Nous vîmes auprès la plaine deMambré, tant de fois citée dans 1 Ecriture sainte, et qui est comme tous les autres pays de là autour, d'autant plus fertiles qu'ils sont monlueux et pierreux : eutr'aulres ils produisent encore aujourd'hui de trèsbeaux raisins, dont les grappes sont de la grosseur de celles que les espions de Josué rapportèrent autrefois de la Terre promise : les habitants d'aujourd'hui qui y vivent, sans maisons cependant, dans les trous et les ruines de ces bâtiments anciens, ne se servent pas du raisin pour faire du vin, parce que, comme Arabes scrupuleux et qui sont grands observateurs de la loi de Mahomet, ils n'en boivent point, mais ils les font sécher, et entre tous les autres ils sont excellenlissimes, ei particulièrement en ce pays. (T. il, p. 93.) Pour aller à Nazareth nous trouvâmes toujours de petites montagnes, mais lertiles, el tellement chargées d'arbres, qu'il y a du plaisir à tes voir. La ville est sur la cime d'une belle colline, située fort agréablement el fort commodément à cause de l'eau qui y est, el qui contribuait à sa beauté ; mais elle est toute ruinée, el il n'y reste que quelques cabanes pour les habitants, t (P. 176.)

Le père Eugène Roger, dans son Voyage de la lerre sainte, imprimé à Paris chez Berthier, en 1646, s'explique ainsi : « Il y a certains arpents de terre dans la Palestine qu'un euliivc encore aujourd'hui, et l'on

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raison. La fertilité do l'Egypte est excessive lorsque la crue du Nil se fait au point nécessaire; alors la culture se réduit à remuer

est étonne de la prodigieuse quantité de Mes et de vins qu'ils rapportent. En 107)4, le setier de froment, mesure de Paris, ne valait en la terre sainte que quarante-cinq sous de notre monnaie, cl l'abondance en tut si grande, que les Vénitiens en chargèrent plusieurs vaisseaux. Les vignes d'Ilébron, de Bethléem, de Sorec et de Jérusalem portent pour l'ordinaire des raisins du poids de sept livres ; et en l'année que nous avons indiquée, il s'en trouva un du poids de vingt cinq livres et demie dans la vallée de Sorec. » Le même auteur dit que le miel et le lait sont si communs encore aujourd'hui dans la Palestine, que les habitants en mangent à tous leurs repas, et en assaisonnent toutes leurs nourritures.

Maundrell, Anglais, fit le voyage d'Alep à Jérusalem en 1697 ; il dit que Samarie est située sur une éminence, et qu'il y a une vallée fertile tout autour. (P. 97.) Il ajoute que lorsqu'ils furent à six ou sept lieues de Jérusalem, le pays leur parut entièrement différent de celui qu'ils avaient vu jusque-là. (P. 107.) « Nous ne vîmes, conlinue-t il, que rochers nus, que montagnes et que précipices dans la plupart des lieux. Cela surprend d'abord les pèlerins qui s'en étaient formé une si belle idée, par la description que la parole «le Dieu en donne. Cette vue est capable d'ébranler leur foi; ils ne sauraient s'imaginer qu'un pays comme celui-là ail pu subvenir aux nécessités d'un si grand nombre d'habitants que celui qui y fut nombre dans les douze tribus en même temps, et que Joab fait monter, au IIe 1. de Sam., c. xxiv, à treize cent mille combattants, outre les femmes et les enfants : cependant il est certain que ceux qui n'ont point de préjugés en faveur de l'infidélité, trouvent en passant assez de raisons pour soutenir leur foi comre de pareils scrupules. Il est visible à ceux qui veulent se donner la peine d'observer les choses, qu'il faut que ces rochers et ces montagnes aient autrefois été couverts de terre et cultivés , pour contribuer à l'entretien des habitants, autant que si ce pays eût été uni, et même peut-être davantage, parce que les montagnes et les surfaces inégales ont une plus grande étendue de terrain à cultiver, que n'aurait ce pays-là s'il était réduit à un terrain égal. Ils avaient accoutumé, pour la culture d,: ces montagnes, d'amasser toutes les pierres et de les placer en lignes différentes sur les côtes des montagnes, en forme de murailles. Ces bordures empêchaient la terre de s'ébouler ou d'être emportée par la pluie; ils formaient par celle manière plusieurs couches de terre admirables, les unes au-dessus des autres, depuis le bas jusqu'au haut des montagnes. L'on voit encore des traces évidentes de cette lorme de culture, partout où l'on passe dans la Palestine. Par ces moyens ils rendaient les rochers mêmes fertiles, et peut-être qu'il n'y a pas un pouce de terre dans ce pays-là dont on ne se servît autrefois pour l.i production de quelque chose d'utile à l'entretien de la vie humaine; car il n'y a rien au monde de puis fertile que les plaines et les vallées pour la production des bl s et du bétail. Les montagnes disposées en couches, comme il a été dit, produisaient îlu blé, bien qu'elles ne fussent pas propres pour le bétail. Les parties les plus pierreuses qui n'étaient pas bonnes à la production des blés, servaient à pi.mier des vignes et des oliviers, qui se plaisent dans les lieux secs et pierreux, et les grandes plaines le long de la cote de la mer, qui n'étaient propres, à cause du sel de cel élément, ni pour les blés, ni pour les oliviers, ni pour les vignes, ne laissaient pas de servir pour la nourriture des abeilles cl pour h production du miel, comme le remarque Josèphe dans son livre des Guerres des Juifs, livre v, cl). <4 : J en suis d'autant plus persuadé, que, lorsque j'ai

un peu le limon formé par le fleure, pour y jeter les semences, et le peuple demeure dans l'indolence et dans l'inaction; mais à

passé dans ces lieux-là, j'y ai trouvé une odeur de miel et de cire, comme si l'on eut été proche d'une ruche ou d'un essaim d'abeilles. Pourquoi donc ce pays-là n'aurail-d pu subvenir aux nécessités du grand nombre de ses habitants, puisqu'il produisait partout du lait, des blés, des vins, de l'huile et du miel, qui sont la principale nourriture de ces nations orientales ? Car la constitution de leurs corps et la nature de leur climat les portent à une manière de vivre plus sobre qu'en Angleterre et dans d'autres pays plus froids. La plaine délicieuse de Zibulon, c mime à Sépbaria, nous filmes une heure et demie à la traverser ; et une heure et demie après nous passâmes à droite par tin village désolé que l'on nomme Satyra ; une demi-heure après nous entrâmes dans la plaine d'Acra, et encore une heure et demie après, à la ville même; nous ne fîmes environ que sept lieues ce jour-là, dans un pays très-fertile et trèsagréable, i (P. 197.)

Thévenot, liv. u du Voyage du Levant : < Nous arrivâmes à trois heures après-midi à llhansedoud, ayant toujours cheminé, depuis Gaza jusqu'au dit llhansedoud, dans une fort belle plaine enrichie de blés et ornée de quantité d'arbres et d'une infinité de (leurs qui rendent une odeur merveilleuse. Celte plaine est loule tapissée de tulipes et d'anémones, qui passeraient en France pour belles quand c'est la saison ; mais quand nous y passâmes, eltts étaient toutes passées. (P. 570 ) En revenant de Itama, après avoir quitté les montagnes qui durent environ six ou sept milles, mais qui sont toutes couvertes de bois fort épais et de quantité de fleurs et de pâturages, nous cheminâmes dans des plaines assez bonnes. (P. 575.) D'Elbiron on va coucher à INaplouse, passant presque toujours par des montagnes et des vallées qui sont néanmoins fertiles et sont chargées en divers endroits de quantité d'oliviers. Naplouse, qui est l'ancienne Sicbein, est posée au pied d'une montagne, partie sur le penchant, partie dans la plaine. La terre y est fertile, produisant des olives à foison; les jardms sont remplis d'orangers et de citronniers, qu'une rivière et divers ruisseaux arrosent, i (P. b81.)

Morison, qui a parcouru la Palestine en commençant par la Galilée, a décrit avec soin la qualité du sol des divers lieux par oit il a passé. Voici quelques-unes de ses observations : < La pla:ne de Zabulon était un trésor pour la tribu du même nom, qui sans doute avait soin de la cultiver ; car quoiqu'elle soit à présent négligée, on juge aisément de la bonté de ce fonds qui, sans être cultivé, pousse par une fécondité qui lui est naturelle, des plantes, des fleurs champêtres et des herbes en abondance; on fait même passer son terroir pour le meilleur de la terre sainte. (P. 178.) Toutes les terres que lo Jourdain arrose en deçà sont très-fertiles. (P. 201.) La plaine d'Esdrclon est très-célèbre, non-seulement par son étemlue prodigieuse, mais encore par sou admirable fertilité; elle a six lieues de longueur et quatre de largeur : son terriloir est si gras et de soimême si ferlile, qu'elle sulfirait, à ce qu'on dit, elle seule, si elle était cultivée, pour fournir des grains à toute la Calilée, quand même cette province serait peuplée comme elle le fut autrefois; mais elle est presque entièrement inculte, et la nature se contente, par la verdure qu'elle y entretient sans cesse, de faire voir de quoi elle serait capable si l'on secondait tant soit peu ses desseins. ( P. "2-20. ) Je n'ai rien à ajouter à ce. que j'ai dit de la plaine d'Esdrelon, sinon que j'y trouvai en beaucoup d'endroits grand nombre de melons et d'artichauts sauvages, aussi beaux et aussi gros que la plupart de ceux que nous cultivons dans nos jardina avec tant de soins,

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quel péril la nation entière nVst-elIe pas exposée, lorsque, pendant quelques années de suite, ce qui n'est pas rare, le Nil, ou se

fi que j'y vis des tortues fort grosses, qu'on nomme tortues de terre, pour les distinguer des tortues de nier qui sont de même espèce, mais beaucoup plus grosses. (P. 225.) La province de Samarie, située entre la Judée et la Galilée, est un pays de montagnes, mais lrès-1'erlile; les plaines et les vallées sont arrosées de plusieurs ruisseaux qui contribuent à leur fécondité; elles sont peuplées d'arbres, mais surtout d'oliviers qui y surpassent inlinimenten nombre les plantes d'autres espèces. Les bêles sauvages, comme les sangliers, les clievreuils, les loups, les renards, les lièvres et autres animaux, n'y sont pas rares. Les perdrix routes y sont encore plus Communes qu'en Galilée. (P. 227.) La Judée est un pays encore plus monlueux que la Samarie à laquelle elle routine : circonstance qui n'ôte rien à la bonté de son terroir qui est d'une culture facile, et qui est souvent arrosé par les pluies qui y tombent, et qui font que les montagnes ne sont pas moins fertiles que les vallées sont abondantes dans les endroits qu'on a soin de cultiver. Les arbres les plus communs sont les oliviers, qui y sont en prodigieux nombre ; les grenadiers, les orangers, les citronniers, les liguiers et les caroubiers y sont beaucoup moins communs. Les cbreliens de tout rit qui sont établis en Judée, y plantent et cultivent des vignes dont ils n'attachent pas comme nous les ceps à des éciialas pour leur servir d'appui, mais ils les laissent ramper nonchalamment mit la terre, et empêchent au plus qu'ils ne la louchent immédiatement par le moyen de quelques pierres qui les en séparent, de crainte que les ceps ne pourrissent par un excès d'humidité; le vin en est parfaitement bon, il est tout de couleur rouge, et le raisin étant toujours nourri de chaleurs, il n'est pas possible que le vin n'ait une force agréable. L'eau des lontaines est excellente et fort saine ; mais les sources n'y sont pas en fort grand nombre; la fontaine scellée de Salomon, dont je parlerai en son lieu, est la plus considérable de toutes. (P. 245.) De Jérusalem à Bethléem on n'a presque qu'une seule vallée de deux lieues de longueur à passer; elle commence au pied du mont Sion, et finit près de Bethléem. Gette vallée, qui peut avoir une lieue de largeur, est trèsfertile. (P. 455.) La ville de Tliécué est sur une hauteur, et elle voit à ses pieds des campagnes fertiles, «les vallées toujours riantes et des forêts fort étendues. (P. 487.) La vallée de Sorec, qui a plus de quinze lieues de longueur, est assez profonde, et sa largeur est médiocre. Les montagnes dont elle est, formée du côté du couchant ne sont presque que des rochers escarpés, dans lesquels il parait qu'on a autrefois coupé des colonnes d'une grosseur et d'une longueur extraordinaires. Les montagnes qui regardent l'Orient sont plus basses, mais riantes, toutes de verdure; elles sont très-bien cultivées, et sont partie en vignes, partie en terres labourables , et plantées d'oliviers et de liguiers... Gette vallée porte le nom de Sorec ou de la Vigne, et le torrent qui est au fond s'appelle le torrent du Raisin ; cette contrée ost sans doute celle où les espions députés par Moïse coupèrent celte grappe de raisin si extraordinaire qu'ils rapportèrent au camp. Cet endroit n'est plus e.i vigne, et on n'y voit qu'un assez grand nombre d'oliviers. qui en font une espèce de verger. On s'étonne que ce raisin ait été assez pesant pour faire la charge de deux hommes qui le rapportaient avec son cep attaché à un bois appuyé aux deux bouts sur leurs épaules; mais outre que cette manière de porter ce raisin était nécessaire pour le conserver dans toute sa perfection et sa beauté, les religieux de la Terre Sainte, qui voient tous les ans des raisins des montagnes de Judée, que les Grecs et les Arméniens cul-

fiéborde trop, ou ne croit pas assez ? L'inondation de ce fleuve, si nécessaire à l'Egypte, est pour elle une source de maladies pesti-

tivent, sont fort éloignés de regarder comme une exagération ce que l'Ecriture dit de ce raisin, puisqu'ils en voient qui pèsent six, huit et souvent jusqu'à dix livres. Ceux que j'ai vuset goûtés moi-même dans les lies de Cypre, de Rhodes] de Scio, et dans plusieurs endroits de la Thrace où ils sont d'une grosseur prodigieuse, ne me permettent pas non p!us d'être surpris du poids de celui dont il s'agit. Le vin de la contrée de Sorec est un des meilleurs de toute la terre sainte ; il est d'un blanc un peu chargé quant à la couleur, el il est très-délicat et très-délicieux. (P. 492.) Le désert de saint Jean-Baptiste, non plus que les montagnes el les vallées qui le composent, n'a rien d'affreux ni de sauvage, selon la fausse idée que ceux qui ne l'ont pas vu peuvent s'en former. C'est une agréable solitude dont l'air est extrêmement pur el le terroir parfaitement bon ; el quoique le pays soit très-peu peuplé, on n'y voit guère d'endroits qui ne soient cultivés, et qui ne produisent de très-bon froment et du vin exquis. » (P. 474.)

Guillaume, archevêque de Tyr, dit dans son histoire que Jéricho était, sous les rois français de Jérusalem, une ville non-seulement célèbre, mais puissante, riche et pleine de biens qu'elle lirait de cette fertile et vaste plaine dans laquelle elle est située. (P. 520.) « Toute cette vaste campagne qui s'étend depuis Rame et Lidda jusqu'à Jaffé, et de Jaffé jusqu'en Césarée de Palestine, s'appelle dans l'Ecriture, Sarone, du nom d'une ville située dans le milieu , sur une éminence où l'on voit encore aujourd'hui un chétif et petit village nommé Saron. Rien n'était plus charmant que la vue de cette campagne, lorsque nous la traversâmes : la variété des fleurs champêtres et surtout des tulipes qui y croissent d'elles-mêmes et sans être cultivées, les prairies ornées d'une verdure riante, et les champs semés de diverses sortes de légumes et chargés surtout de melons d'eau ou de pastèques, et dont on a grand débit sur les côtes de Syrie. (P. 5i5.) Les coteaux du Carmel, en quelques endroits et particulièrement du côté de Sartoura, sont chargés de vignes qui fournissent du vin qui passe pour excellent ; et si peu que les soins de l'art se joignent à ceux de la nature, les campagnes font connaître par une abondante récolte, qu'elles ne sont stériles que lorsqu'elles sont incultes. y (P. 558.)

Shaw est avec raison le plus estimé des voyageurs : antiquaire, littérateur, géographe, physicien, chimiste, botaniste, maître dans louies les parties de l'histoire naturelle, il observe tout, rien ne se dérobe à ses yeux, rien n'échappe à ses recherches : avec des relations semblables à la sienne, on peut su procurer loute l'utilité qu'on retire des voyages sa, s en essuyer les fatigues. Voici comment cet illustre auleur s'exprime sur la qualité de la Palestine : t Si la terre sainte était aussi peuplée et aussi bien cultivée aujourd'hui qu'elle l'était aulrelois, elle serait encore plus fertile que la plus belle contrée de Syrie et de la Phéuicie. Le terroir en est meilleur par lui-même, et à tout prendre, son rapport en est préférable. Le colon qu'on recueille dans les plaines de Rania 11, d'Esdraëlon et de Zabulon, est plus estimé que celui de Sidou et de Tripoli, et il ne saurait y avoir de milleur grain ni de meilleurs herbages de quelque espèce que ce soil queceuxqu'on a communément à Jérusalem. La stérilité dont quelques auteurs se plaignent, soit par ignorance ou par malice, ne vient pas de mauvaise constitution et de la nature même du terroir, mais du peu d'habitants qu'il y a dans ce pays, el de leur paresse à faire valoir les terres qu'ils possèdent : outre cela , les petits princes qui partage» I ce beau pays sont toujours en

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lentîeltes, lorsque ces eaux \ iennenl a croupir dans les terrains bas. De là <"u> multitude d'insectes qui tourmentent jour et nuit

une e péee de pierre les uns contre les aunes, se pi iiiu réciproquement ; desone qw, quand même le pays serait mieux peuplé f|u*il lie l'est, il n'y aurait pas beaucoup d'encouragement à cultiver les terres, pane q-'e personne n est assuré du fruit de son travail. D'ailleurs le rays est fort bnn par luimême, et pou rait fournir à ses voisins du blé et de limite, tom comme il faisait du temps de Salomon. (loin. \\V, p. 56.) Le pays, el surtout celui des environs de. Jérusalem, étant rempli de rocs et de montagnes, on s'est mis on tète qu'il devait être ingrat e| Stérile. Quand il serait aussi vrai qu'il l'est peu, il est toi la n que l'on ne saurait dire que tout un royaume esi ingrat ou stérile parce qu'il l'est en quelques endroits seulement : ajoutons à ceci que la bénédiction promise à Juda ne lut pasdu même ordre que celle qui regardait Aser ou Issachar, Ces derniers devaient avoir un pays plaisant et un pain gras; mais il tut dit de l'autre, qu'il aurait les yeux vermeils de vin, ei ksdenls blanehes de lait. Or, connue M"ïse l'ail onskaer la gloire de toutes ces terres dans l'abondance du lait et du miel, qui lurent en effet les mets les plus délicieux ei les aliments les plus ordinaires des premiers temps, comme ils le sont encore pa-mi les Arabes bédouins ; tout cela se trouve encore actuellement dans les lieux assignés à la poiti.m de lu. la, ou du moins pourrait s'y trouver, si les bain tau u travaillaient à se le procurer. L'abondance de vin est la seule qui y manque aujourd'hui; cependant le peu que l'on en faità Jérusalem et à Uébrun, est si excellent, qu'il paraît par là que ces rochers, qu'on dit si stér.les, en pourraient donner beaucoup davantage, si l'abstinence îles Turcs et dis Arabes penne tait que l'on plantât ci que l'on cultivât plus de vignes. Le miel sauvage, que l'Ecriture dit avoir l'ait partie de la nourri ure de saint Jean-IJaptis'c, nous indique ia grande quantité qu'il y en av.iit dans les déserts de la Judée, et par conséquent la facilité qu'il y aurait à le multiplier considérablement, si l'on avait soin de préparer dos ruches pour les abeilles, et de les mieux cultiver. Si d'un coté les montagnes de ce pays sont coin cries en certains endroits de thym, de romarin, de sauge et d'autres plantes aromatiques que cherchent singulièrement ces industrieux animaux, de l'autre il y a aus*i des endioits qui .-oui i emplis d'arbustes cl de cotie herbe courte el délicate que les bestiaux piélèrent à lotit ce qui croit dans les pays gras et dans les prairies. La manière d'y fane paître les troupeaux n'est pas si singulière duts ce pay> qu'elle ne stni connue ailleurs ; elle est encore en usage Sur tout le mont Liban, sur le- montagnes de Caslravau et dans la Barbarie, où l'on réserve pour* cet usage les terrains les {dus élevés, pendant que l'on laboure les plaines el les val é. s. Ouire que l'on met ainsi à profil tome la terie, on eu lire encore cel avantage que le lail des bestiaux nourris de la sorte e l beaucoup plus gras el plus délicieux, connue laeliur en e>i beaucoup plus douce et plus nourrissante . Mettant néanmoins à pari les profils que l'en pouvait tirer du pâturage, soii le beurre, le lail, la lai o ou le grand nombre de bètes qui devaient se vendre Ions Us jours à Jérusalem pour la nourriture des babil mis el pour les sacrifices ; outre cela, dis-je, ces cantons montagneux pouvaient eue nës-uti!es par d'aulies endroit-., surtout par la grande quantité. «foliviois qu'on y av. 'il autrefois, et dont un seul arj 'ii i bien culthé rapporte plu» que le double de celle étendue mise en labour. Il esl aus>i à présumer que l'on ne négligeait pas les vignes dans un terroir et Hans une exposition qui leur était si favorable. Mus entame ces derrières ne durent pas en effet aussi longtemps que le* olivier*, q l'clles itcmaïufeul aussi

L'iCT. !-•.■ TliÉOL, D);\] kT;Q1 B. 1\'.

les li .mines cl les animaux. Le sable mente dépose par le Nil, et soulevé ensuite par le vent d'est, brûle les yeux et les etcinl; dans

plus d'attention et plus de travail, que d'ailleurs les mahoniéians se fout scrupule tic cultiver un fin i qui peut èlre mis à des usages que leur religion inlerdit, lout cela ensemble peut bien avoir fait qu'il re»le pou de vestiges des anciennes vignes du pays, si ce n'est à Jérusalem el à lléhron. Les ol.viers "au contraire, étant d'une util té générale, et d'ailleurs d'une vie longue el d'un bois ferme, il y en a plusien milliers qui subsistent ensemble, et qui ayant passé ainsi jusqu'à nos jours, nous montrent la possibilité qu'il y ait eu autrefois el qu'il pourrait enco « y en avoir une plus grande quantité de plantages. Or, si à ce produit des montagnes nous joignons plusieurs centaines d'arpents de terre labourable qui se trouvent par-ci par-là dans les vallons el dans les entre-deux de ces montagnes de Juda et de Benjamin, il se trouvera que la portion de ces tribus. là mâiue auxquelles on prétend qu'il n'échut qu'un pavs presque tout stérile, fut une bonne terre et un précieux héritage. Tant s'en fallait que les endroits montagneux de la terre sai.de fussent inhabitables , infertiles, ou le rebut du pays de Chanian, que dans le partage qu'il s'en lit, la montagne Hébron fut. cédée à Caleh comme une laveur singulière. Nous lisons de plus que, sous le règne d'Asa Jud a et lîeninin fournirent cinq cent quatre-vingt mille combattants; ce qui preuve d'une manière incontestable que le pay, pouvait les nourrir, et par conséquent en pouvait nourrir deux fois autant, puisque l'on n'en peut pas moins compter à proportion pour les vieillards, pour les femmes el pour les enfants. Aujourd'hui même, et quoiqu'il y ait déjà tant de siècles que l'agriculture a été si négligée, les plaines et les vallées de ce pays «P'oiqu'aussi f'erii es que jamais, sonl presque entièrement désertes, pondant qu'il n'y a point de petite montage ; qui ne re<*org:i d'iiabitanls. S'il n'y avaii donc dans ce:te partie de la terre sainle que des rochers toul purs et que des précipices, comment se ferait-il qu'elle soit plus remplie que tes plaines d'Eslraêlon, de Ramâcli, de Zabulon on d'Acre, desquelles on peut dire, connu • l'a fait M. Maundrell, que c'est un pays très-agréable. el d'une fertilité qui passe Thnagination ? On ne peut pas répondre que cela vient de ce que les habitants y sont plus en sûreté que dans les plaines, car leurs villages et leurs campements n'ayant ni murailles ni fortifications, el n'y ayant presque pas un endroit qui ne soit, aisément accessible, ils ne sont pas moins exposés dans un lieu que dans l'autre aux courses ei aux insultes du premier ennemi. La rais m de celte préférence est donc uniquement que, trouvant sur les montagnes assez de commodités pour eu\ii.èine.s ils y eu trouvent aussi de plus grandes pontleurs bestiaux; y ayant assez de pain pour les hommes, le bétail s'y nourrit d'un meilleur pâturage' et les uns et les autres oui l'agrément d'un grand nombre de sources donl l'eau est excellente, et qui nese rencontrent i;uèie en clé, ni dansées plaines ni même dans celles des autres pays du même climat. >*

Voyez encore les Voyages de Geniciii-Lareri . lin. I, p. 125-178; du père Ladoire, p. 2 58; de Tollot el de La Condamine, p. \m.

Uéunissm; à préseul Bous un coup d'ueil tous le; trails dont les anciens el les modernes se sont servi-. pour former le tableau de la Palestine. C'est un pays si fécond eu blé, (prune de ses pente:; parues sulïirail seule pour fournir i\çn grains à des millions d'iiabitanls; son sol produit naturellement des herbes eu quantité, qui croissent jusqu'à une excessive hauteur, les moulasues, aussi fertiles que les vallées, sont les unes couvertes d'excellents pâturages, les autres charg es de vignes dont les rai insqui pèsent si\, huit cl souvent jusqu'à dix livres, donue.it un

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