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duite de plusieurs patriarches éUil scandaleuse el donnait un irès-mauvais exemple. lleausobre observe avec raison que, quoique la loi morale soil aussi ancienne que le monde. , Dieu a dû la faire écrire dans le Décalogue, et la munir, en qualité de législateur, du sceau de son aulorilé; que l'hisloire sainte , m rapportant les fautes des patriarches, ne les approuve point, etc. Oiigène, de fou côté , convient que la loi siiorale est écrite dans le cœur de tous les hommes , selon l'expression de saint Paul, iiom., c. ii, v. 15; que cependant Dieu en donna les préceptes par écrit à Moïse , contra Ccls., 1. i , c. 4 ; c'est ainsi qu'il répond à Celsc, qui objectait que la morale des chiviiens et des juifs n'était pas nouvelle , et qu'elle avait été connue de tous les philosophes. Touchant les lois de Moïse , ii dit qu'à la vérité plusieurs ne pouvaient convenir aux autres peuples, mais qu'elles étaient i écossaires aux Juifs dans les circonstances où ils se trouvaient , et que , sans ces lois, leur république n'aurait pas pu subsister, I. vu, n. 20. 11 soutient et il prouve que par • es mêmes lois Moïse a formé une république plus sagement réglée que celles qui. ont été iondées par des philosophe», même que celle dont Platon avait "imaginé la constitution; que ce philosophe n'a pas eu un seul sectateur de ses lois, au lieu que Moïse a été suivi p;.r un peuple entier, I. v, n. 12. Il ajoute que plusieurs préceptes de Moïse, entendus grossièrement à la manière des Juifs , peuvent paraître absurdes, qu'Ezéchiel le témoigne en disant de la part de Dieu : Je leur ai donné des préceptes qxiine sont pas ôons,c.xx, v. 2a ; mais que celte législation bien entendue, est sainte, juste et bonne, comme l'enseigne saint Paul, Rom., c. n , v. 12. Quant aux actions répréhensihles des patriarches, telles que l'inceste de Lot avec s; s filles, etc., il observe, aussi Lien queBcausobre, qu'elles m; sont point approuvées par les écrivains sacrés ; I. îv, n. h$.
o" Les manichéens cla'ent scandalisés de ce que Moïse dans l'ancienne loi ne faisait aux Juifs que des promesses temporelles, conduite contraire à celle de Jésus-Christ, qui ne promet aux justes que les biens éternels. Celte objection n'avait pas échappée Cclse. Pour justifier les promesses temporelles de la loi mosaïque, Beausohre nous renvoie à Sj encer, qui prouve par des raisons solides que Dieu devait en agira in si : 5° à cause de la grossièreté des Juifs, qui se sont souvent livrés au culte des fausses divinités dans l'espérance d'en ollenir l'abondance des biens temporels ; 2° parce qu'il ne convenait pas d'atlather une récompense éternelle à l'observation de la loi cérémonielle comme à ceile de la loi morale ; o° parce qu'il étai' à propos que les récompenses de l'autre vie fussent pioposées aux hommes sous une espèce d'enveloppe, afin <!e réserver au Messie le soin de les expliquer plus clairement; 4° parce que, les lois i érémoniclles étant un fardeau très-pesanl, si était juste d'y attacher les Juif? par l'appât
des biens temporels ; o° parce que Dieu faisant les fonctions de législateur temporel, il était de sa sagesse d'imiter la condniie des autres législateurs, De Legib. llebr. ritual., lit», i, c. 3.
Un incrédule ni un manichéen ne trouveraient peut-éîre pas ces raisons péremploircs et sans réplique, mais nous ne disputerons pas là-dessus. Aussi Beausobre y ajoute que les justes de l'ancienne loi ont certainement espéré une récompense éternelle de leurs vertus, et il le prouve par ce que dit saint Paul, JJebr., c. xi.
Sans entrer dans un a^ssi grand détail, Origcne se borne à soutenir que les biens temporels promis par l'ancienne loi n'étaient en eiîet qu'une ombre, une figure, uneenveloppe, sous laquel'e il faut nécessairement entendre les biens spirituels et éternels que Jésus-Christ nous fait espérer. 11 le prouve, 1° parce que plusieurs des promesses de Moïse ne pouvaient être accomplies à la lettre, il en donne des exemples ; 2° parce que la plupart des justes de l'Ancien Testament, loin d'avoir ressenti aucun effet de ces promesses, ont clé affligés el persécutés, comme saint Paul le fait remarquer ; 3" parce que ces mômes justes n'ont fait aucun cas des biens temporels, qu'ils leur ont préféré les récompenses fulures de la vertu. Origone le fait voir par plusieurs passages de David et de Salomon , surtout par le psaume xxxvi. Sans cela, dit-il, à quelle lenlalion les Juifs n'auraienl-ils pas été exposés d'abandonner leur loi, en voyant que ses promesses étaient vaines et sans effet ? k-" Parce que saint Paul dit formellement que la loi était Y ombre des biens futurs? que les fidèles sont les vrais enfants d'Abraham et les héritiers des promesses qui lui ont été faites, Galat., c. m, v. 29. Cela serail-il vrai, si ces promesses n'avaient renfermé que des biens temporels ? 11 nous semble que ces raisons d'Origène, fondées sur des faits et sur l'autorité des livres saints, valent bien les savantes conjectures de Beausohre el de Spencer.
4° Le culte cérémonie! prescrit aux Juifs paraissait aux manichéens grossier, absurde, indigne de Dieu; ils blâmaient surtout les sacrifices sanglants et la circoncision. Beausohre leur représente que ces sacrifices n'avaient pas été ordonnés de Dieu comme un culte qui lui fût agréable par lui-même, mais pour empêcher les Israélites, accoutumés à ce culte, de sacrifier aux faux dieux : saint Augustin, dît-il, l'a très-bien remarqué. Quant à la circoncision, s'il est vrai qu'elle était pratiquée chez les Egyptiens, Dieu a dû la prescrire aux Israélites, afin qu'ils fussent moins désagréables aux Egyptiens. — Que répliquerait Beausohre, si nous lui montrions ces deux réponses mol pour mol dans Origène? Ce Père les a faites non dans ses livres contre Cclse, qui ne Lia— mail pas les sacrifices sanglants, mais dans ses extraits du Lé vi tique, c. i, v. 5. « Comme les ,iuif.c, dit-il, étaient accoutumes en Egypte à vuir des sacrifices, et qu'ils les aimaient,
Dieu leur pormil de lui en offrir, afin du réprimer leur ROtkt pour le culte des faux tiieux, et le.; détourner de sacrifier aux dé- ■ otis. » Il ajoute, c. vi, v. 18 : « Ces sacrifices servaient encore à nourrir les prêtres et à honorer Dieu; ils empêchaient les Juifs de penser, comme Ipé Egyptiens, qu'un animal que l'on immole est un dieu, et qu'il f et l'adorer. » Op., t. Il, p. 181 et 182.
Quant à la circoncision, que Celse n'approuvait pas, Origène renvoie à ce qu'il en avait dit dans son Commentaire sur l'E pitre aux Romains. Or, dans ce commentaire, lib. ii, Op., t. IV, p. W5, il répond aux marcionites, aux autres hérétiques et aux philosophes qui regardaient la circoncision comme un rite honteux et indécent, qu'en Egypte c'était une marque d'honneur, que non-seulement les prêtres, mais tous ceux qui faisaient profession de science la recevaient. Origène devait le savoir, puisqu'il avait étudie et enseigné dans l'école d'Alexandrie. 11 ajoute que ce rite avait été pratiqué de même chez les Arabes, chez les Ethiopiens et chez les Phéniciens, qu'il n'avait donc rien d'indécent ni de honteux en lui-même. Il dit aux hérétiques qu'avant que Je sang de Jésus-Christ eût été versé pour noire rédemption, il était jtisle que tout homme, qui vient au monde souillé du péché, répandît eu naissant quelques gouttes de son sang pour en être purifié el pour recevoir une espèce de présage de la rédemption future. « Si quelqu'un, dit-il, imagine quelque chose de meilleur et de plus raisonnable sur ce sujet, on fera bien de le préférer à ce que nous disons. » Ibid., p. 4Ï)8. Déjà il ava:t réfuté les juifs qui voulaient que les chrétiens fussent assujettis à la circoncision, et il leur avait opposé la lettre formelle des livres saints, qui n'y obligeaient que la postérité d'Abraham, li ajoute : « Nous avons discuté celle question sans avoir recours à aucune allégorie , afin de ne donner aux Juifs aucun sujet de plainte ni de murmure.» Ibid., p. 198, col. 1.
Origène a donc éié plus prudent que Beausobre, qui osa écrire qu'il n'y a rien de honteux dans le corps humain, si ce n'est, selon le système insensé des fanatiques, la production des hommes. Ilist. du Munich. , I. i. c. 3, § 7 ; t. I, p. 279. 11 d vail se sou- ^enirque les livres saints appellent t;eren<ia, pu tendu, turpitudo, la partie du corps à laquelle on imprimait la circoncision.
5° L'histoire de la création et celle de la chute de l'homme fournissaient aux manichéens une ample matière de critique ; ils disaient que Moïse ôie à Dieu la prescience, en supposant que Di<u a f,;il à l'homme un commandement qui fui violé bientôt après, en supposant que Dieu a appelé Adam dans le paradis, cl qu'il l'en a chassé, de peur qu'il ne mangeai du fruit de l'arbre de vie, elc. Beausobre répond que le législateur doit commander ce qui est juste, lors même qu'il prévoit que son rotiiniandVment sera rîolé; cpie tout ce que l'on peut exiger, c'est qu*il ne commande rien d'injuste ni d'impos-
sible. Il observe que Dieu appelle Adau. pour lui faire senlir qu'il se cachait inutilement, el pour lui infliger la peine qu'il méritait; que Moïse, qui a parlé si dignement do la majesté divine, n'a pas pu lui attribuer deux passions aussi basses que la crainte el la jalousie. — Celse avait fait à peu près les mêmes reproches que les manichéens, contra Cels., I. iv, n. 3G. Origène n'y répond qu'en passant, il renvoie au commentaire qu'il avait l'ait sur les premiers chapitres do la Genèse; malheureusement cet ouvrage ne snbsisic plus. Une preuve qu'il ne s'y était pas borné à des explications allégoriques, c'est qu'il fait contre Celse la même réflexion que Beausobre sur la conduitedu législateur, ii. 40 ; il soutient que la chute du premier homme a été non-seulement très-réelle, mais que son péché a passé et se transmet à tous ses descendants ; il a souvent fait remarquer, aussi bien que Beausobre, la dignité , l'énergie, les expressions sublimes par lesquelles Moïse représente la grandeur de Dieu.
G° Les manichéens soutenaient qu'il n'y a dans les prophètes hébreux aucune prophétie qui regarde proprement et diieclemenl Jésus-Christ, que sa qualité de Fils de Dieu est suffisamment prouvée par ses miracles et par le témoignage formel de son Père; ils détournaient le sens des prophéties selon la méthode des juifs. Beausobre ne s'est pas attaché à réfuter leurs explications ; il s'est borné à dire que les Pères, par leur affectation de tourner tout en allégories, favorisaient infiniment les prétentions des manichéens. Mais, puisqu'il a cité l'extrait de l'ouvrage d'Origène intitulé Philocalia, il a pu y voir, p. k et suiv., que ce Père soutient le sens littéral de plusieurs prophéties qui regardent directement Jésus- Christ, et desquelles les juifs s'attachaient à donner de fausses explications. Avant do censurer avec tant d'aigreur le goût excessif d'Origène pour les allégories, il aurait du moins fallu examiner les raisons par lesquelles il prouve la nécessité de recourir souvent au sens figuré. C'est 1° parce que les auleurs du Nouveau Testament en ont donné l'exemple; 2° parce que telle a été la méthode de tous les anciens sages el des philosophes; 3' parce que Dieu a voulu laisser à Jésus-Christ le soin de développer ce qu'il y avait de caché et de mystérieux dans la loi; h" parce qu'il y a non-seulcmcnl dans l'Ancien Testament, mais encore dans le Nouveau, des préceptes et des expressions que l'on ne peut prendre à la lettre, sans tomber dans des absurdités grossières; 5° parce qu'en s'altachant trop au sens grammatical, les juifs détournent les conséquences de toutes les prophéties, et que les hérétiques y trouvent de quoi autoriser toutes leurs erreurs, il nous paraît qu'aucune do ces raisons n'est absolument fausse ni absurde.
L'on y oppose, 1° que par la licence d'allégoriser, il est encore plus aisé aux juifs cl aux hérétiques de pervertir le sens des