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Ecritures, ^oii pour un moment; que s'ensuivra- t-il ? Qu'il faut garder un sage milieu; mais qui le fixera, si l'Eglise ne jouit à ce sujet d'aucun;1 autorité, comme le soutiennent les protestants ? 2° Que lesécrivams du Nouveau Testament étaient en droit de donner des explications allégoriques, parce qu'ils étaient inspirés de Dieu, au lieu que les Pères ne l'étaient pas. La question est de savoir si une inspiration était nécessaire aux Pères pour juger qu'il leur était permis, qu'il était même louable d'imiter la manière d'instruire des apôtres et des évangélistes; les protestants prouveront-ils cette nécessité? 3" Que par des allégories forcées les philosophes venaient à bout de donner un sens raisonnable aux fables les plus absurdes. Origène a répondu solidement à cette objection ; il fait voir que les fables païennes tournées en allégories étaient toujours des leçons scandaleuses et pernicieuses aux mœurs, au lieu que les allégories tirées de l'Ecriture sainte sont toujours édifiantes et destinées à porter les hommes à la vertu, contra Cels., I. iv, n. 48. Lui-même n'en a jamais fait que de celle espèce. 11 s'en faut donc beaucoup qu'Origène ait jamais autorisé la licence excessive en fait d'allégories. En premier lieu, il ne veut pas que l'on en use lorsque la lettre n'offre rien qui soit absurde, impossible, indigne de Dieu, Philocal., p. 15. En second lieu, il veut que l'on expose d'abord aux plus simples la lettre de l'Ecriture qui en est comme l'écorcc, et que l'on réserve la connaissance du sens le plus profond à ceux qui ont le plus d'intelligence ; il se fonde sur l'autorité el sur l'exemple de saint Paul, p. 8. Eu troisième lieu, il exige que toute explication allégorique tourne à l'édification des mœurs. Avec ces trois précautions, qu'y a-t— il de répréhensible dans la méthode d'Origène ?
Mais Beausobre voulait absolument le condamner; il lui reproche l'ignorance et la présomption, pour avoir dit que les deux animaux nommés gryps cl tragelaphos n'existent pas dans la nature. Tout ce que l'on en peut conclure, c'est que ces deux animaux n'étaient pas connus du temps d'Oiigène, et que Pocharl, qui les a connus, était plus habile naturaliste que ce Père. La découverte de l'Amérique, les voyages au Nord, aux (erres australes, aux Indes et à la Chine, nous ont fait connaître une infinité d'objets dont les anciens ne pouvaient avoir aucune idée; mais n'est-ce pas un juste sujet d'indignation de voir des écrivains modernes traiter les anciens d'ignorants, parce, qu'ils ont sur eux l'avantage d'être nés quinze ou tiix-huit cents ans plus lard? — Si les marcionites et les manichéens , dit Beausobre, avaient eu affaire à nos savants modernes, leurs hérésies n'auraient pas fait tant de progrès, Moïse et les prophèles auraient été défendus avec plus de succès. C'est ici que l'on voit la présomption. Nos habiles modernes ont-ils converti plus d'hérétiques que les Pères de l'Eglise ? Un homme à système, un hérétique ignorant, un dispuleur
obstiné, ne cèdent à aucune raison , ils ne veulent être ni détrompés ni convaincus ; nous le voyons par l'exemple des protestants. Ceux-ci ont beau déprimer les Pères de l'Eglise; les ouvrages de ces grands hommes inspireront toujours à un lecteur sen<;é, et non prévenu , de 1'adtniration pour leurs talents, de la reconnaissance pour les services qu'ils ont rendus à la religion, et de la vénération pour leurs vertus.
Comme dans les desseins de Dieu l'Ancien Testament était un préliminaire et un préparatif du Nouveau, il a été très-convenable que Dieu en fit mettre par écrit les dispositions , les conditions , les promesses , et qu'elles nous fussent transmises par Moïse lui-même et par les autres hommes qu'il avait choisis pour annoncer ses volontés. Dieu l'a fait, et leurs livres sont au nombre de quarante-cinq ; savoir, ceux que les Juifs ont nommés la loi , qui sont : la Genèse , V Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome; Moïse en est l'auteur, nous l'avons prouvé au mol Pentateique. Les livres historiques sont: Josue, les Juges, Rulh, les quatres livres des Rois, les deux livres des Paralipomènes, les deux livres d'Esdras, Tobie, Judith, Esther, les deux livres des Machabées. Les livres moraux ou sapientiaux sont : Job, les Psaumes, les Proverbes, VEccle'siaste, le Cantique, la Sagesse, l'Ecclésiastique. Les quatre grands prophètes sont : Jsaïe, Jérémie et Baruch, Ezéchiel, Daniel. Les douze petits prophèles sont : Osée, Joël, Amos, Abdius, Jouas, Miellée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. Nous avons parié de chacun de ces ouvrages sous sou nom particulier. — Les Juifs n'admettent pour authentiques et ne regardent comme parole de Dieu que ceux qui ont été écrits en hébreu, préjugé qui n'est fondé sur rien : carenfin Dieu a pu sans doute inspirer des hommes pour écrire eugrecou en toute autre langue. Mais , comme les juifs sont encore aujourd'hui persuadés que Dieu n'a jamais parlé qu'à eux et pour eux, ils ne veulent recevoir pour livres sacrés que ceux qui ont été écrits dans la langue de leurs pères. Si telle avait été l'intention de Dieu, sans doute il aurait conservé celle langue toujours vivante et toujours usitée parmi eux: c'est ce qui n'esl pas arrivé; il était prédit par les prophètes que toutes les nations seraient amenées à la connaissance du vrai Dieu par les leçons du Messie; mais il ne leur a été ordonné nulle part d'apprendre l'hébreu.
Nous sommes d'autant plus étonnes do voiries protestants confirmer le préjugé des juifs, que quand il s'agit de savoir comment, en quel temps et par qui a été formé le canon ou le catalogue des livres reçus comme divins par les juifs, on ne troûw rien d'absolument certain. Voy. Canon, § k.
Comme les livres de l'Ancien Testament contiennent les seules véritables origines du genre humain et une infinité de détails historiques sur les premiers âges du monde, ces livres intéressent essentiellement toutes
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les nations. Quand on voudrait oublier qu'ils sont les seuls qui nous apprennent avec certitude la naissance, les progrès, les divers périodes de la vraie religion, l'on serait encore obligé de les lire , pour remonter à l'origine des nations anciennes, pour connaître leurs mœurs, leurs usages, la dérivation des langues, les divers étals de la société civile et des sciences humaines, etc. Hors de là on ne trouve que des ténèbres, des fables, des systèmes frivoles, qu'il est aussi aisé de renverser qu'il l'a été de les construire. Voy. Histoire sainte.
Testament (Nouveau)- L'on appelle ainsi le nouvel or Ire de choses qu'il a plu à Dieu d'établir par Jésus-Chrisl son Fils, ou la nouvelle alliance qu'il a voulu contracter avec les hommes par la médiation de ce divin Sauveur. Ce Testament n'est pas nouveau dans ce sens que Dieu en ail formé le dessein récemment , sans l'avoir annoncé dans les siècles précédents, sans en avoir prévenu le genre humain et sans l'y avoir préparé ; nous avons prouvé le contraire dans divers articles de notre ouvrage, et nous allons le confirmer par le témoignage formel des apôtres. Mais ce Testament était nouveau dans ce sens que Dieu nous a donné par Jésus-Christ des leçons plus claires, des lois plus parfaites, des promesses plus avantageuses, une espérance plus ferme, des motifs d'amour plus touchants, des grâces plus abondantes qu'aux Juifs, et qu'il exige de nous des vertus plus sublimes. En effet, saint Paul appelle cette nouvelle alliance YKrangile ou l'heureuse nouvelle que Dieu avait promise auparavant par ses prophètes dans les saintes Ecritures, Rom., c. i, v. 3 : il dit que c'est la révélation du mystère que la sagesse de Dieu avait tenu Ciçbé, mais qu'il avait prédestiné avant tous les siècles pour notre gloire, / Cor., c. M, v. 7; que dans la plénitude des temps Dieua faiteonnaître les m) stères de ses volontés, et le dessein qu'il a eu de toul rétablir en Jésus-Christ, dans le ciel et sur la terre, Ephes., c. j, v. k el 9 ; que les fidèles sont les vrais enfants d'Abraham el les héritiers des promesses qui lui ont été faites, Galat., c. ni, v. 29. Sainl Pierre tient le même langage, Epist. î, c. i, v. 10 et 20. Sainl Paul ajoute que la loi ou l'Ancien Testament a été notre pédagogue ou notre instituteur en Jésus-Christ, afin que nous fussions justfies par la foi ; Galat., c. lu , v. 2'i-. Comment cela? Parce que les prophéties qui désignaient Jésus-Christ nous disposaient à croire eu lui, en voyant qu'il portait les caractères sous lesquels il avait été annoncé ; en second lieu, parce qu'il nous montrait dans les anciens justes un modèle de la foi qui doit animer toutes nos actions. flebr., c. xi et xii.
Par là nous comprenons le vrai sens de la doctrine de saint Paul lorsqu'il fait la comparaison des deux Teslaments el qu'il oppose l'un à l'autre, Galat., c. iv, v. 22 et seq. Il dit que nous en voyons la figure dans les 'Jeux euf<uils l'Abraham, que l'un était fils
d'une esclave, l'autre d'une épouse libre; que le premier était Dé selon la chair, le second en vertu d'une promesse II dit que lo Testament donné sur le mont Sinaï engendrait , comme Agar, des esclaves ; que le nouveau, publié à Jérusalem, fait naître des enfants libres et des héritiers de la promesse divine; que nous ne sommes plus des esclaves depuis que Jésus-Chrisl nous a mis en liberté, etc. Si l'on prend toutes ces expressions à la lettre et dans un sens absolu, ou met l'Apôlre en contradiction avec l'Ecrilure sainte et avec lui-même. En effet, Isaac , quoique enfant d'une épouse libre, était hé d'Abraham, selon la chair, tout comme 1smaël, et celui-ci était venu au monde, en vertu d'une promesse aussi bien qu'lsaac. Avanl la naissance du premier, Dieu avait dit à Abraham, Gen.t c. xu, v. 2 et 3 :Je vous rendrai père d'un grand peuple... Toutes les nationsde la terre seront bénies en vous. Dieu lui donna en effet par Ismaël une postérité nombreuse et qui n'a jamais été esclave, mais le plus indépendant de lous les peuples. A la vérité, la seconde partie de la promesse ne regardait pas Ismaël; ce n'est pas de lui, mais dTsaac, que devait descendre le Messie, auteur des bénédictions que Dieu destinait à toutes les nations. Saint Paul luimême dit, Rom. c. ix, v. 4, que les Juifs ont reçu Y adoption des enfants, ou le litre d'enfants adoplifs. Ilegarderons-nous comme des esclaves Moïse, Josué , Gédèon , Barac, Samson , Jephté, David, Samuel et les prophètes, qui par la fui ont conquis des royaumes, ont pratiqué la justice, ont reçu les promesses, ont fermé la gueule des lions, etc.? (Uebr., xi, v. 32). Saint Paul dit dans ce passage qu'ils ont reçu les promesses, et, v. 39, qu'ils ne les ont pas reçues ; est-ce une contradiction? Non sans doule : ils les ont reçues, puisqu'ils y ont cru, qu'ils en onl espéré el désiré l'accomplissement ; mais ils n'en onl pas reçu entièrement les effets qui, ne doivent être pleinement accomplis que sous l'Evangile. 11 est donc évident qu'il ne faut pas prendre dans la rigueur des termes tout ce que dit saint Paul au désavantage de l'Ancien Testament, qu'il faut le comparcravec ce qu'il dil ailleurs en faveur de cette même alliance, qu'entre les grâces de la nouvelle et celles de l'ancienne il n'y a de différence, à proprement parler, que du plus au moins, puisque les unes el les autres sont également l'effet des mérites do Jésus-Christ. Nous répétons celte réflexion, parce que, malgré l'évidence de la chose, il se trouve encore des théologiens et des commentateurs qui s'obstinent à déprimer l'Ancien Testament, afin de relever les avantages du Nouveau, comme si Dieu n'étail pas l'auteur de l'un el de l'autre, omme si Jésus-Christ n'étail pas le grand objet de lous les deux, comme si le second avait besoin de contraster avec le premier pour exciter notre foi el notre reconnaisance. Au mot .1 1 d vis me, § k, nous avons fait voir que saint Augustin ne leur a pas donné l'cxcmp'c (le celle conduite.
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