‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 14 sur 219 · REC · texte numérisé non relu

REC

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ies niarcionitos, les ilieodotiens, lesarle.noii i tes, les manichéens, les noétieas, les sahelKens, Paul de Samosnte. etc., qui ions erraient sur les articles fondamentaux du christianisme. Enfin, qu<>i qu'en «lise Mosheim, saint Justin, sainl Irénee, sainl Th <•phile d'Anlioche. Clément d'Alexandrie , Origène , Tertullien, saiul Cyprien, etc., étaient asseï instruits pour savoir ce qui était ou n'était pas article fondamental de noire loi. Dans toute cette discussion, ce critique semble n'avoir travaille qu'à se réfuter luimême; mais l'entêtement systématique lui a été sa présence d'esprit ordinaire.

RÉCHVI.ITES, juifs qui menaient un genre de vie différent de celui des autres Israélites, et Formaient une espèce de secte à part. Ils riaient ainsi no -unies de Réchab, père de Jenadab, leur instituteur. Celui-ci leur avait ordonné trois choses : 1° de ne jamais boire de vin ni d'aucune liqueur capable d'enivrer; 2" de ne point bâtir de maisons, nviis de vivre a la campagne sous des tentes; 3° de ne semer ni hlé ni d'autres grains, et de ne point planter de vignes. Les réchabites observaient ce règlement à la lettre; Jérémie leur rend ce témoignage, c. lui, v. 6. Ce genre de vie n'avait rien d'extraordinaire dans la Palestine et dans le voisinage; c'avait été celui des patriarches, c'était en général celui des ftfadianiles, desquels les réchabites descendaient; c'est encore celui des Arabes scéniles, ou errants et pasteurs, qui habitent les bords de la mer Morte, ancienne demeure des Madianiles

Comme les réchabites étaient parmi les juifs en qualité d'anciens alliés, et presque dénaturalisés, on croit qu'ils servaient dans le temple, qu'ils en étaient les minisires inférieurs sons les or Jres des prêtres. Nous lisoirs dans les Pandip., 1. n, c. xi, v. 5, qu'ils faisaient l'office de chantres dans la maison du Seigneur, qu'ils étaient Ciuéens d'origine, descendants de Jcihro, beau-père de Moïse, par Jonadab leur chef, et, selon quelquesuns, celui ci vivait sous Joas, roi de Juda, contemporain de Jéhu, roi d'Israël.

Sainl Jérôme, dans sa lettre à Paul ne, appelé les ré- habita des moines; nous ne voyons pas en quel sens, puisqu'ils étaient mariés. Ouelqucs auteurs les oui confondus avec les assidéens et les esséoiens, mais ces derniers cultivaient la terre, habitaient des maisons et gardaient le célibat, trois choses opposées à la conduite des réchabites. Ceuxci subsistèrent dans la Judée jusqu'à la prise de Jérusalem par Nabuohodonosor ; mais il n'en est plus fail aucune mention dans l'histoire pendant la captivité de Babvlonc ni depuis le retour. Dits. île ilom Calmtt .sur les récnabiles, Bible (CAvign.. t. X, pat;. 46.

RECOGNITIONS. Voij. S. Clément, pape.

RkCOI.LliTS.oti frères mineurs de l'étroite observance de saint François. C'est une téforme de franciscains postérieure à celle ues c.ipucins et a celle des religieux du tiers ordre du de l'icpu<. Elle commença en Espagne l'an tkSk; cil- fut admise en Italie en 1525, et en France l'an loï>2. Cilc s'établit

d'abord à Tulle en Limousin et à Murai en Auvergne, ensuite à Paris en ÎGO-'L Ces religieux ont près de cent cinquante couvent* dans le royaume, où ils sont partagés en sept provinces, et i.» n'ont point d'autre général que celui des cordeliers. Ils ont toujours rendu de grands services, soit dans les missions des îles, soit dans la fonction d'aumôniers des armées. On les appelle en Italie franciscains réformés, en Espagne franciscains déchaussés : ce fui l'an 1532 que Clément VII les érigea en congrégation particulière.

11 y a aussi des religieuses récollettes qui furent établies à Tolède en 15Si,par Béa tri x de Sylva, et approuvées par le sainl-siége en 1589, sous la règle de sainte Claire; elles ont un couvent à Paris el plusieurs dans les provinces.

RÉCONCILIATION. Voij. Rédemption.

RECONNAISSANCE des bienfaits de Dieu.

C'est une des vertus qu'il est le plus nécessaire de prêcher aux hommes, cl c'est malheureusement une de celles dont nos moralistes parlent le moins. Elle est le germe de l'amour de Dieu, elle y conduit bien plus efficacement que la crainte. Si nous étions plus attentifs aux bienfaits de Dieu, nous serions moins mécontents du passé, plus satisfaits du présent, moins inquiets de l'avenir; notre sort nous paraîtrait meilleur, nous serions plus soumis à la Providence. Mais environnés, comblés, pénétrés des soins, des attentions, des faveurs de cette tendre mère, nous en jouissons sans les sentir, et plus elle nous accorde, plus nous croyons qu'elle nous en doit. Le riche engraissé de ses dons y esl moins sensible que le pauvre qui mange avec actions de grâces le pain grossier qu'il en reçoit ; tous en général nous sommes plus portés à murmurer contre elle qu'à la remercier. Les païens mêmes ont senti l'excès de celle ingratitude. Le genre humain, dit l'un d'entre eux, a tort de se plaindre de son sort, falso queritur de natara sua genus humanum. Un autre dit que la nature nous a traités en enfants gâtés, usque ad delicias amati sumus. Les épicuriens seuls blasphémaient contre la nature; ils en exagéraient les rigueurs, ils eu concluaient qu'il n'y a point de Dieu; ainsi l'athéisme est tout à la fois la maladie el la punition d'un cœur ingrat. C'est pour nous en préserver que les livres de l'Ancien Testament remettent sans cesse sous nos yeux les bien faits de Dieu dans l'ordre de la nalurc : une partie des psaumes de David sonl des cantiques d'actions de grâces destinés à célébrer la boute et la libéralité du Créateur; Moïse et les prophètes sont transportés d'admiration el de reconnaissance quand ils considèrent les bienfaits dont Dieu avait comblé son peuple; ils ne cessent de reprocher aux Juifs infidèles leur ingratitude, lorsque ceux-ci portant a de fausses divinités l'encens qu'ils ne doivent offrir qu'au Seigneur. Mais I Evangile nous apprend à fonder notre reconnaissance sur des motifs bien plus su h imes, en nous f<isaut connaître les bienfaits de Dieu dans

07 Kl D Kr.L» <jv

rofdredelagrace.il nous représente que r. 1 8). Lei bienheureux lui lisent dans l'Apo-

Dieu a aimé le inonde jusqu'à donner son calypse, chip, v, v. 0 : « Vous n >ns avez

Fils unique, afin que celui qui croil en lui rachetél a Dieu par voire sari.'. » Saint Paul

ne périsse point, mais obtienne la vie éler- explique en quoi eonsiele cette rédemption,

neile; il nous montre la cliarité infinie de ce en disant que c'e>t la rémission «les péchés,

divin Sauveur, qui s'est livré loi-môme pour /:////<?>•., c. i, v. 7.

la rédemption et le salut de fous ; il relève le Or, paver un prix pour ceux que l'on

prix de celte immense bonté p ir la multitude sauve de la morl ou de l 'esclavage, et oble -

des secours, des bienfaits, des moyens de sa- nir leur liberté par des prières, ce n'est pas

lui qu'elle nous accorde; il fait, pour ainsi la même chose; les sociniens oui très-grand

dire, retentir sans cesse à nos oreilles I»! nom tort de ne vouloir admettre la rédemption

de rjiâce, afin de nous rendre reconnaissants que dans ce dernier sens. et de nous attacher à Dieu par amour. Déjà le prophète haïe avait dit en parlant

En fait d'avantages personnels, nous ai- (,u M<'ss>". c. lui, v. .:i : « Il a été froi

mous à nous persuader que la nature nous l,our n(,scn,m',: le châtiment qui doit nous

a mieux traités que les autres; mais celte d,niner la l'"x cet tombé sur lui . et nous

opinion nous inspire plus souvent de l'or- avo,,s e,<1 guéris par ses blessure.... v . (; :

gueil que de la reconnaissance envers l'an- Dleu •'' mis sur ,ul l'iniquité de m> s tous ..

leur de notre élrc. Si tous méditions plus v- 8 : Je ,,ai ,r*',PPé Pol,r l(>s péchés de non

souvent sur les grâces du salut, que Dieu a Peuple;., v. 10 : S il donne sa vie (ioor le

daigne nous accorder en particulier, nous péché, il verra une postérité nombreuse

venions que nous lui sommes plus redeva- v- 12 : Je lui donnerai un nehe , r ; •. il

blés que beaucoup d'autres personnes, et aBra ,es dépouilles des ravisseurs, pa.ee

celle persuasion nous rendrait humbles et <lu '' s'est livre à la mon, cl qu'il a porté les

reconnaissants. Pcf,,us à* la "'uU.iude. »

n ,n . , ,, . Il est étonnant que , malgré des passades

Ces reuex.ons, o beaucoup d autres que ,. daj nQfU ^ pn*ore ob'h °(jl.

I on pourrait y ajouter nous semblent prou- rechercher en quel sens Jésus-Christ est le

ver queu fa.t de systèmes theolog.ques ttédemptei* du monde, en quoi consiste

nous devons nous délier de ceux qu. tendent ce„e fédemption. Les pélagiens qui niaient

a nous inspirer la crainte plutôt que la h propagation du péché originel dans tous

reconnaissance envers Dieu ; qui, sous pre- le/hl>mn%g, étaient réduits par nécessité de texte .1 exalter g . puissance et sa jusi.ee, |èmfl à dre cpUp réilm:>ll(m d

nous font méconnaître sa boule, et qui S(M1S mél,|)horiqUe; suivant leur opinion,

réduisent a peu près a rien le bien fait de la jesus.Cnrisl est le Rédempteur des hommes rédemption duquel nous allons parler. e ,„ |(Jg fl [hés U(S\énèl>res de |-isa„

RÉfiBMPTËOR, REDEMPTION (1). Dans rance par ses leçons, et de la corruption des

l'Ecriture sainte , comme dans le siy le or- mœurs par ses exemples, parce qu'il leur

dinaire, rédemption el rachat sont syno- pardonne leurs péchés actuels, parce qu'il

nj mes; rédempteur est celui qui rachète. Or, k»s excite à la vertu, à la sainteté, à gagner

l'hébreu, o/e«7, rédempteur, se dit de celui |e ciel par ses promesses, par ses wena-

qui racbèle ou qui a droit de racheter l'bé- ces, etc.

lilago vendu par un de ses parents, ou de le Les sociniens et les déistes, qui renouvelracheter lui-même de l'esclavage lorsqu'il y lent l'erreur des pélagiens, entendent aussi est tombé; de celui qui rachète une victime comme eux la rédemption; ils disent que dévouée au sacrifiée, ou un criminel con- Jésus-Christ a racheté les hommes de leurs damné à mort. Les Juifs appelaient Dieu leur péchés en les leur pardonnant par le pourédempêiur, parce qu'il les avait lir.-s de voir qu'il en avait reçu de Dieu : qu'il est l'esclavage de l'Egypte, et ensuite de la mort pour nous, cl qu'il a été noire victime, captivité de Babyloue; ils rachetaient Jours parce qu'il a confirmé par sa mort la docpremiers- nés on mémoire de ce que Dieu trine qu'il avait enseignée, parce qu'il nous les avait délivrés de l'ange exterminateur. a donné en montant l'exemple de la parfaite L'Ecriture nomme aussi rédempteur du sang obéissance par laquelle nous pouvons méricelui qui avait droit de venger le meurtre ter le ciel, el parce qu'il a demandé à Dieu d'un de ses parents , en mettant à mort le pour nous le courage de l'imiter. Quelquesmeurtrier, uns sont ailes jusqu'à dire qu'il s'est offert

Nous lisons de même dans le Nouveau à Dieu comme une victime d'expiation ; que,

Testament que Jésus-Christ est le Jiéd mp- par cette oblalion , il a prié son Père de

leur du inonde, qu'il a donné sa vie pour la pardonner et d'accorder la vie éiernelle à

rédemption de plusieurs, ou plutôt pour la tous les pécheurs qui se repeniiraienl , qui

rédemption de la multitude des hommes croiraient en lui, el qui conformeraient leur

{Matlli. xx, v.28;-, qu'il s'est livré pour la vie à ses préceptes. Le Clerc, llisl. ecclés.t

rédemption de tous (/ Tim. n. v. G); que nous prolég., secl. 3. c. 3, §8. Suivant (elle doc-

avonsôlé rachetés par un grand prix {1 Cor. trine , Jesus-Chrisi est noire Rédempteur

vi, v20'; que notre rachat n'a point éle fail à par intercession el non par satisfaction ; et le

prix d'argent, mais par le sang de l'agneau bienfait de la rédemption se trouve borné à

tans laclie qui est Jésus-Christ (/ Pctr. i, ceux qui croient en Jésus-Christ.

Il suffit de comparer ce langage avec celui

(!) Ymj. Rétarateiib. de l'Ecriture sainte, pour voir que ces see-

H H) Il Kl» 70

laires foui violence à tous les termes. Nous de pardonner le* péchés; saint Jean, h'pist.

soutenons, au contraire, que Jésus-Christ I, c. n, v. 2, qu'il est la propiliation pour nos

est le Rédempteur ilo inonde , dans tous les péchés. Si l'on veut savoir en quel sens, il

sens el dans toute l'énergie que les écrivains n'y a qu'à comparer ces deux passages à

sacrés attachent à celle qualité; qu'au prix celui d'isaïe, c. xliii, v. 3 el k , où Di- u dit

de son sang il a racheté pour nous l'héritage aux Juifs : J'ai livré, pour votre jiropitialion,

éternel perdu par le péché d'Adam; que les Egyptiens, les Ethiopiens et les Sabéens..

devenu homme par l'incarnation, il ara- je donnerai les hommes à votre place , et les

chelé ses frère* de l'esclavage du démon peuples pour votre vie. C'est ici une victime

dans lequel ils étaient tombés par ce même subsliluee à une autre, pour le rachat de la

pé'hé; qu'il lésa sauvés de la mort éternelle première. Ce n'est donc pas le lieu de re-

uu'ils avaient méritée el à laquelle ils étaient courir à des métaphores ni à des sens figu-

d'voués comme autant de victimes; qu'enfin rés, desquels il n'y a aucun exemple dans

il a été le vengeur de la nature humaine, l'Ecriture sainte. Voy. Satisfaction. • qu'il a mis h mort le meurtrier de celle même 3* Nos adversaires ont beau rejeter ta

nature en détruisant l'empire du démon , et preuve que nous lirons de la tradition ; un

en nous rendant l'espérance de l'immortalité, homme sensé ne se persuadera jamais que

Ce n'est point ici une interprétation arbi- des disserlaieurs du xvie ou du xviii' siècle

traire, comme celle des hétérodoxes ; nous entendent mieux l'Ecriture sainte que les

en donnons les preuves. Pères de l'Eglise, instruits, ou par les apô-

Ie II n'est pas croyable qu'en enseignant 1res, ou par leurs disciples immédiats. S uni

un dogme, qui est l'article fondamental du Barnabe, dans sa lettre, § 7 et suiv., compare

christianisme , Jésus-Christ et ses apôtres Jésus-Christ aux victimes de l'ancienne loi,

aient parlé aux Juifs en style éuigmalique , et sou Sacrifice sur la croix à celui du bouc

aient pris hs ternies de rcdemplnv et de immolé sur l'autel pour les péchés du peu-

rtdempiion dans un sens tout différent de pie. Saint Clément, dans sa première épfire,

celui que leur ont donné les écrivains de g 1G, lui applique te 53' chapitre d'isaïe

l'Ancien Testament; par cet abus du langage-, que nous avons cité. Saint Ignace écrit aux

ils auraient tendu aux fidèles, pour tous les Smyrniens, n. 7, que l'eucharistie est la

-lèrles, un piège d'erreur inévitable. Dans chair de notre Sauveur Jésus-Christ qui a

l'ancienne loi, la rédemption ou rachat des souiïcil pour nos pechés. Saint Justin, dans

premiers-nés consistait en ce que l'on payait sa Ie Apologie, ri. 50 et suiv., lui applique

un prix pour les ravoir; donc la rédemption le 53e chapitre d'isaïe, d'un bout à l'autre;

du genre humain consiste en ce que Jésus- dans sou Dial. avec Trtjphon, il dit que l'a-

Chrisl a pajc un prixpour sauver les hommes gneau pascal, dont le sang préservait les

coupables et dignes de la mort éternelle. maisons des Hébreux de l'ange extermina- 2° Jésus-Christ et les apôtres se sont clai- leur, et que les deux boucs offerts pour les

re.nent expliqués d'ailleurs. En instituant péchés du peuple, étaient des ligure-, de Je-

l'eucharistie, le Sauveur dit à ses disciples : sus Christ, qu'il a élé lui-même l'oblation

Ceci est mon sum/, le sang d'une nouvelle al- ou la victime pour tous les pécheurs qui liante g ni sera répm du pour la multitude in veulent faire pénitence, n. 40. Nous citerons

HiiuissioN des péchés. Or, lorsqu'il s'agissait ci-après les Pères des siècles suivants, «ie sceller une alliance par le sang d'une 4° Une des raisons par lesquelles les an-

vicliflB?, il n'était question ni de confirmation ciens Pères ont prouvé aux hérétiques la di~ d'une doctrine, ni d'exemple, ni d'inlerces- vinité de Jésus-Christ, est qu'il fallait un sion; il s'en agissait encore moins, lorsque rédempteur dont les mérites fussent infinis, «•'était un sacrifice pour le péché : donc ce pour satisfaire à la justice divine, el racl.en'es! P dut en ce sens que Jé-us-Christ a 1er le genre humain. Ainsi le dogme de l.t donné son sang pour nous. Saint P.iul nous divinité du Sauveur et celui de !a rédemption,

\ .il observer que si le « sang des boucs et pris dans le sens rigoureux, sont intimement des taureaux, et l'aspersion de la cendre liés ensemble, l'un ne peut pas subsisteç d'une victime , purifient les coupables des sans l'autre. Voilà pourquoi I s suciniens transgressions légales, à plus foi le raison le qui rejettent le premier, ne veulent pas adsang de Jésus-Christ purifiera notre âme des mettre le second : m -is aussi, à proprement (C.ivies mortes; » llfbr., c. ix, v. 13 et 14. parler, ils ont cessé d'être chrétiens. Donc Jésus-Christ est notre victime dans le La faibîesso de leurs objections les rend

même sens que les animaux immolés pour inexcusables. Ils soutiennent, en premier le pécbé dans l'ancienne loi. L'apôtre le lieu, que la rc'demption, telle que nous la nomme souverain prêtre et médiateur d'une concevons, serait contraire à la justice din ou v elle alliance, parce qu'il a offert en vine. puisqu'il n'est pas juste qu'un innocent sacrifice son propre sang pour la rédemption souffre el meure pour des coupables. Un roi et: ruelle du genre humain, ibid., v. 11. Saint passerait pour cruel s'il livrait son fils à la P. erre, dans le passage que nous avons t i lé mo.'t pour expier le crime de ses sujets replus haut, nous fait entendre que le sang de belles. .Nous répliquons qu'il n'y aurait ni Jé>us-Christ est le prix de notre rédemption, injustice ni cruauté, si ce fils s'offrait luid.ius le même sens que l'or et l'argeni sont même pour victime, s'il était sûr de ressusle prix du rachat d'un esclave. Sa;nl P.iul, < iter trois jours apiès sa mort, d'être élevi; iiom.. c. m, v. 25, dit que Çfieu, a établi au plus haut degré -de gloire peur l'éternité

Jéstji Chris! victime de propJU .lion af::» de recevoir les hommages de tous les hotxv

7i il » nr.o n

mes, de leur inspirer par son exempta <l<- > calypte, c. xm. v. S. Jésus-Chris! eil uppelé

rerlus héroïques et un profond respect pour l'Agneau immolé dis Vofigint du monde.

r<ml6rité de son père. Voilà ce qu'a fait parce que sou sacrifice a commencé des

Jésus-Chrifti, et ce qui s'est ensuivi de son lors à produire son «ITei ; dès ce moment, dit

sacrifice. En second lieu, nos adversaires saint Augustin, le sang. de Jé«us-Cbrist nous

prétendent qu'il aur;iil été plus digne de la a été accordé, I. ni, de lib. Arbil., c.

bonté infinie de pardonner simplement au n" *6. De là les Pères ont conclu que la sen-

repenlir des coupables , que d'e\ig<r une tence prononcée contre Adam a été un Irait

satisfaction rigoureuse. C'est d'abord un trait de miséricorde de lapait de Dieu, plutôt

de témérité de leur part, de vouloir savoir qu'un acte de justice rigoureuse ; et c 'est

mieux que Dieu lui-même ce qui était con- ainsi qu'ils ont réluié les marcionitea, les-

venable à une boulé infinie. Or, Jésus-Christ manichéens, Celse et Julien, qui prétendaient

lions' fait remarquer <|ue la rédemption a été que Dieu avait puni d'une manière trop

de la part de Dieu l'effet d'une bonté infinie rigoureuse le péclié de notre premier père,

à l'égard des hommes : Dieu , dit-il , a cime Nous pourrions citer à ce sujet saint Irénér.

le monde jusqu'à donner son Fils unique, eic saint Théophile d'Anliarhe, Tertullien, Oii-

Si les sociniens croient véritablement à Je- gène, saint Méthode de Tyr, saint Hilaire de

sus-Christ, comment osent-ils le contredire? Poitiers, saint Cyrille de Jérusalem, saint

Quant aux déistes et aux athées qui raison- Ephrcm, saint Basile, saint Epiphaue, saint

nent de même, on leur a répondu, il y a (îrégoire de Nysse, saint Ainbroîse , saint

plus de quinze cents ans, qu'il est absurde Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysos-

de trouver à dire à un mystère quia éclairé, tome, saint Augustin, saint Cj ri I le d'AUxau-

converti et sanclifié le monde; que le chef- drie , saint Léon , etc. Le P. Pelau a ras-

d œuvre de la sagesse divine a été de conci- semblé un grand nombre de leurs passages,

lier dans ce mystère l'excès de sa bonté avec 2' Ces mêmes docteurs de l'Eglise, tou-

les intérêts de sa justice, de pardonner aux jours appuyés sur l'Ecriture sain'e, sou'ieii—

hommes d'une manière qui n'autorise point nent que la rédemption a été non-seulement

la licence de pécher, e^c. entière et complète, mais surabondante;

Si Jésus-Christ, disent-ils encore, avait fait qu'elle a pleinement réparé les elTels du péun rachat proprement dit , c'est au démon ché, quelle nous a rendu de plus grands «ju'il aurait dû payer le prix de celle re'demp- avantages que ceux que nous avions perdus. lion, puisque c'est sous son empire que le En effet, Jésus-Christ nous fait entendre dans genre humain était retenu captif ; cette idée l'Evangile, qu'il a vaincu le fort armé, et seule fait horreur. Aussi sentons-nous qu'elle qu'il lui a enlevé ses dépouilles, conforméest fausse. Quand il s'agit de racheter la vie ment à la prophétie d'isaïe (Luc. x:, 12). H d'un criminel condamné à mort, ce n'est ni dit que le prince de ce monde va en être au gcôliei ni à l'exécuteur de la justice qu'il chassé (Joan. xi., 31). Saint Paul nous a«faut payer la rançon, mais à celui qui a droit sure que Jésus-Christ a elîacé et mis au de punir ou de faire grâce; donc c'est à néant l'arrêt prononcé contre nous (Coloss. Dieu seul qu'a dû êire payé le prix de la ré- i1, \k) ; que Dieu a tout réconcilie par Jedemption du genre humain; et il n'a reçu sus-Christ, et i établi la paix entre le ciel pour rançon que ce qu'il avait donné lui- et la terre [Ibid., i, 20 ; qu'il a rétabli lournéme. Enfin nos adversaires objectent que tes choses dans le ciel et sur la terre en Jéla prétendue rédemption de laquelle nous sus-Christ (Epltes. i, 10}. Dieu, dit-il, était faisons tant de bruit se réduit à peu près à en Jésus-Christ se réconciliant le monde et rien, puisque, malgré la valeur infinie du pardonnant les péchés des hommes (// C'nr. prix payé par le rédempteur, le très-grand ix, 10). Où le péché était abondant, la grâce nombre des hommes vivent dans le péché, a été surabondante {Rom. ix, 20, etc. . meurent dans l'impénitence, sont réprouvés Armés de ces saintes vérités, les Pères ont et damnés pour jamais. confondu les mêmes hérétiques, et les incré-

A celle assertion téméraire nous répon- dules dont nous avons parlé, qui prétendons qu'il n'appartient ni à nos adversaires datent que Dieu n'avait pu, sans déroger à ni à nous d'étendre ou de bornera notre gré sa bonté et à sa jus ice, permettre le pèche le bienfait de la rédemption ; nous ne pou- d'Adam; ces saints docteurs ont répondu vous en juger que par la manière dont l'E- que Dieu ne l'aurait pas permis, en effet , criture sainte et les Pères de l'Eglise en ont s'il ne s'était pas proposé de rendre la couparlé; or, ils conspirent à nous en donner la dition de l'homme meilleure par la rédempplus haute idée. lion : c'est ce que disent formellement saint

1° Suivant le langage des auteurs sacrés Jean Chrysostome, ad Stagir., I. il, n. 2 et

et des Pères, la rédemption est aussi an- suiv.;s inl Cyrille, Glnphyr. in Gènes.. 1. i;

cienne que le péché d'Adam; elle a commencé adv. Julian., p. 92 et 0+ ; saint Augustin, de

à produire son effet au moment même de la Genesi ad (il., I. xi, c. 11, n. 15. Ils se sont

condamnation du coupable. Dans la malé- servis de la même considération pour prou-

diclion lancée contre le tentateur, Dieu lui ver la divinité de Jésus-Christ contre les

dit : L'i race de la femme t'écrasera ta léte ; ariens et les nestorLns ; il fallait, disent-ils,

c'était une promesse de la rédemption ; en un Dieu égal à son Père, pour opérer une

effet, Dieu condamne nos premiers parents, rédemption aussi avantageuse à l'homme et

non à une peine éternelle, mais à la mort et aussi complète ; pour le réformer, il était

aux souffrances dans cette vie. Dans l'Apo- besoin d'un pouvoir égal à celui de la prs-

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mièrc création. C'est un dos principaux arguments île saint Athanase, aussi bien que de saint Cyrille et de saint Augustin. Ce dernier l'a encore opposé aux pélagiens, qui

lui objectaient que, suivant son système, Jésus-Christ n'a pas réparé le mal que nous a fait Adam. Le saint docteur leur prouve le contraire. Il cite un passage dans lequel saint Jean Chrysostome soutient que Jésus - Christ, par sa croix, a rendu aux hommes plus qu'ils n'avaient perdu par le péché de •eor père. I. i, contra Jul., cap. vi, n. 27. «Parle péché d'Adam, dit-il, nous avons encouru la mort temporelle ; en vertu de la rédemption , m>us ressuscitons, non pour une vie passagère, mais pour une vie éternelle, 1. il, de Pecc. meritis et remiss., c. xxx, n. i9. Nous avions encouru dans Adam la mort, le péché, l'esclavage, la damnation ; nous recevons en Jésus-Christ la vie, le pardon, la liberté, la grâce, serm. 233, ci p. il, n. 3. Le Fils de Dieu, en partageant avec nous la peine du péché, a détruit le péché et la peine, non la peine temporelle, mais la peine éternelle, serm. 85, n.7; serm. 231, d. 2; Op. imperf., 1. il, n. 97; I. ?i, n. 36, etc.

Saint Léon a répété dix fois que, par la grâce de Jésus-Christ, nous avons récupéré plus que nous n'avions perdu par h jalousie du démon, serm. 2, de Nat. Domini, c. i; serin. 13, de Pass., cap. \;se>m. 1, deAscens., c. îv, etc. Les Pères postérieurs ouï pensé et parlé de même, et leur langage s'est conservé dans les prières de l'Eglise.

3° Les écrivains sacrés témoignent que la grâce de la rédemption est générale, s'étend à tous les hommes sans exception, de même que le péché, et c'est aussi le sentiment unanime des Pères. Conséquemmenl ils enseignent, 1° que L)ieu veut sincèrement le .••alut de tous les hommes, que par ce motif il a donné son Fils pour victime de leur rédemption ; 2" que ce divin Sauveur s'est offert lui-même â la mort dans ce dessein, et qu'il a répandu son sang pour tous sans exception ; 3* que par ses m 'rites, tous les hommes ont reçu et reçoivent des grâces de - dut, plus ou moins, et que personne n'en est absolument piivé. Y oy. Salut, Sauvecr, «in \.".e, § 3, etc.

Déjà nous avons cité plusieurs passage?

«le l'Écriture sainte, dans lesquels il est dit que Jésus-Christ est le Sauveur du monde, le Rédempteur du monde, l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde : le monde, •ans doute, désigne tous les hommes. L'Eglise nous fait répéter cette consolante vérité dans la plupart des prières publiques. Dans haie, c. lui, il est dit que Dieu a mis sur lui l'iniquité de nous tous. Lui-même déclare, Joan., c. m, v. G, que « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour le juger, mais pour le sauver. Luc, c. xix, v. 10, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui avait péri. » De là saint Augustin conclut : '< Donc tout le genre humain a va il péri par le péché d'Adam. » Epis t. 186, al Paulin., cap. vm, n. 27. C'est uu.s>: le raisonnement de saint Paul, // for.,

Dict. de Thf.oi.. dogmatique. IV.

c. t. v. l'+ : « La charité de Jésus-Christ nous presse, parce que si un seul est mort pour tous, il s'ensuit que tous sont morts : or Jésus-Christ est mort pour tous, etc. » / Cor., c. xv, v. 22 : « De même que tous meurent en Adam, ainsi tous recevront la vie p;ir Jésus-Christ. » On sait combien de fois saint Augustin s'est servi de ces passages pour prouver l'universalité du péché originel par l'universalité de la rédemption. Le même apôtre veut que l'on prie pour tous les hommes, « parce que cela esi agréable à Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent' à la connaissance de la vérité. Car il n'y a, ditil, qu'un seul Dieu et un seul médiateur en- Ire Dieu et les hommes, savoir, Jésus-Christ homme, qui s'est livré lui-même pour la rédemption de tous, comme il l'a témoigné dans le temps (/ Tim. n, 1). Il est le Sauveur de tous les hommes, surtout des fidèles (Ibid. îv, 10). Saint Jean dit « qu'il est la victime de propiliation pour nos péchés, non-seulement pour les noires, mais pour ceux du monde entier (/ Joan. H, 2). Nous ne savons par quelle subtilité l'on peut obscurcir des passages aussi clairs. 11 serait inutile de prouver que tous les Pères les ont pris à la lettre et dans toute la rigueur des termes. Les théologiens mêmes qui sont les plus obstinés à restreindre l'étendue de la grâce de la rédemption , conviennent communément que les docteurs de l'Eglise des quatre premiers siècles ont été universaHsles, c'està-dire qu'ils ont cru que tous les hommes sans exception participaient plus ou moins au bienfait de la rédemption. Mais ils prétendent que saint Augustin n'a pas été de même avis, qu'il a donné aux passages de saint Paul différentes explications qui prouvent qu'il ne regardait comme véritablement rachetés que les prédestinés.

Nous pourrions leur demander d'abord si le sentiment particulier de saint Augustin devait prévaloir sur une tradition constante des quatre premiers siècles, pendant que ce saint docteur fait profession de s'y tenir, et prouve par là aux pélagiens la propagation générale du péché originel ; mais l'essentiel est de savoir ce que saint Augustin a véritablement pensé.

1° Au mol Grâce, § 2, nous avons fait voir que, suivant sa doctrine, il n'y a pas un seul homme qui soit absolument privé de grâce : or, la grâce n'e-.t donnée aux hommes qu'en vertu de la ré lemption; donc saint Augustin a pensé que tous y participent plus ou moins.

2° Jamais il n'a mis aucune restriction à ces paroles de saint Paul : Jésus Christ est le Sauveur de tous les hommes, surtout d>s fidèles; ni à celles de saint Jean : // est la victime de propiliation non-seulement pour nos péchés, mais pour ceux du monde entier; et il est évident que ces deux passages ne » peuvent en admettre aucune.

3" Il a répété au moins dix fois conlro les pélagiens l'argument de saint Paul : Jésus- Christ ist mort pour tou*. d>nc tous sont

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