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,i vous démontré l'infosl reau mol Paqjvismi,
§ (>. 1" Il est faux que Théodoret dise nue !cs martyrs ont été mis à la place des divinités du paganisme; il déclare au contraire que les martyrs no sont ni des génies ni des démons i comme les païens le pensaient à l'égard de leurs dieux; il montre la différence qu'il y a entre le culte que les chrétiens rendent aux martyrs, et celui que les païens rendaient à leurs héros. 2' 11 est à présumer que Théodoret , très-instruit de la doctrine de l'Ecriture sainte et de l'histoire des premiers temps de l'Eglise, était pour I»; moins aussi capable qu'un protestant du dix-huilième siècle de juger si un culte était ou n'élait pas idolâtre, et s'il avait ou n'avait pas été pratiqué dès la naissance du christianisme. Voy. Martyr , § 6.
Harbeyrac, Traité de la morde des Pères, c. 17, § 3, blâme Théodoret d'avoir approuvé le refus que fil un évèque de Perse de rebâtir un temple du feu qu'il avait brûlé, et d'avoir donné pour raison que, dans celle circonstance, rebâtir un temple au feu eût été un crime égal à celui de l'adorer comme les Perses, IJist. ecclés., 1. v, c. 39. Déjà au mol Martyr, § 3, nous avons fait voir que Théodoret n'a pas exactement rapporté le fait dont il s'agil. Assémani, Biblioth. orient., i. III, p. 371, a prouvé, par le témoignage des auteurs syriens , que le temple du feu n'avait pas été brûlé par cel évêque nommé Abdasou Abdaa, mais par un prèlre de son clergé. Théodoret, après avoir blâmé ce traii de faux zèle, a donc pu approuver le refus de cet évêque, 1° parce qu'il y avait de l'injustice à le rendre responsable du fait d'autrui; 2° parce que les chrétiens auraient pu être scandalisés de ce qu'il rebâtissait un temple de la destruction duquel il n'était pas coupable, et que les ennemis <!u chrisiianisme en auraient triomphé. Une circonstance de plus ou de moins suffit pour changer absolument la nalure d'un fait. C'est donc mal à propos que Bayle et la foule des incrédules ont tant insisté sur celui-ci , pour faire voir les excès auxquels le zèle de religion a coulume de se porter; pour prouver que les chrétiens onl souvenl élé des séditieux qui méritaient d'êlre punis, et que les Pères de l'Eglise ont quelquefois donné de mauvaises leçons de morale. C'est presque le seul Irail d'un faux zèle qu'ils aient pu ciler dans toute l'antiquité ecclésiastique.
THÉODOT1ENS, sectalcurs de Théodole de Byzance, surnommé le Correyeur à cause de sa profession , hérétique qui forma un parti sur la fin du ne siècle. Les auteurs ecclésiastiques qui en onl parlé s'accordent à rapporter que, pendant la persécution que souffrirent les chrétiens sous Mare- A urèle, Théodole arrêté avec plusieurs autres n'eut pas le courage d'êlre martyr, qu'il renia Jé»us-Christ pour échapper au supplice. Couverl d'ignominie dès ce moment , il crut éviter la houle en se sauvant à Home; mais il fui reconnu el autant détesté des chrétiens que dans sa patrie. Pour pallier
son crime , il dil que, suivant l'Evangile, Celui qui a blasphémé contre le Fils de Thonwc ?e a pardonné ; il osa même ajouter qu'il avait renié un homme et non un Dieu , qaa lésas-Christ n'avait rien au-dessus des autres hommes qu'une naissance miraculeuse, des dons de la grâce plus abondants et des vertus pins parfaites. H fut condamné cl excommunié par le pape Victor, qui, suivant les chronologistes , tint le siège de Home depuis l'an 183 jusqu'en 11)7. A peu près dans le même temps , un certain Arlemas ou Artémon répandit encore à Home une doctrine semblable, et trouva aussi des disciples qui furent nommés Artémonites. Il dirait que Jésus-Christ n'avait commencé à recevoir la divinité qu'à sa naissance. On comprend que pir la divinité il entendait seulement des qualités divines , cl que , suivant son opinion, Jésus-Christ ne pouvait être appelé Dieu que dans un sens impropre.
Il est difficile de savoir précisément en quoi la doctrine de ces deux hérétiques s'accordait ou se contredisait, les anciens ne nous l'apprennent pas assez clairement. Il est seulement probable que les partisans de l'une et de l'autre se réunirent el ne formèrent qu'une seule secte, qui ne fut ni fort nombreuse ni de longue durée. En effet, un ancien auteur que l'on croit être Caïus, prêtre de Rome, qui avait écrit contre Artémon, et duquel Eusèbe a rapporté les paroles, Ilist. ecclés., I. v, c. 28, semble confondre ensemble les théodotiens el les artémonites; il leur fait les mêmes reproches. Ces sectaires, dit-il, soutiennent que leur doctrine n'est pas nouvelle, qu'elle a été enseignée par les apôtres, et suivie dans l'Eglise jusqu'au pontifical de Victor et de Zéphyrin son successeur, mais que la vérité a été altérée depuis ce lemps-là : or, on les réfuie nonseulemenl par les divines Ecritures, mais par les écrits de ceux de nos frères qui onl vécu avant Victor, par les hymmes et lea cantiques des premiers fidèles qui attribuent la divinité à Jésus-Christ, enfin par la censure portée par Victor contre Théodole. Ce même auteur les accuse, non-seulement de pervertir le sens des Ecritures par des subtilités de logique, mais d'en avoir corrompu le lexte, el il le prouve par la confrontation de leurs copies avec les exemplaires plus anciens qu'eux , et par la diversité de leurs prétendues corrections, de rejeter même la loi cl les prophètes, sous prétexte que la grâce de l'Evangile leur suffit.
S'il était certain que les extraits de Théodole , qui se trouvent à la suile des ouvrages de Clément d'Alexandrie, sont de Théodole le Corroyeur , il faudrait lui attribuer encore d'autres erreurs; niais il y a eu un second Théodole, surnommé le Changeur ou le Banquier , disciple du premier , el qui fut le chef de la secte des mclchisédéciens ; on en connaît un troisième de même nom, qui était disciple de Valcnlin. Or, l'auteur des extraits enseigne que le Fils de Dieu, les anges, les âmes humaines cl les démons soûl corporels,
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» • u e les anges sonl de différents sexes, que Jésus-Christ avait besoin de rédemption, et qu'il l'obtint lorsqu'une colombe descendit sur lui après son baptême; que Dieu le Père avait souffert en Jésus-Christ, avait deux âmes, l'une matérielle, l'autre spirituelle et divine, qui se sépara de lui avant sa passion ; que les choses de ce monde, et même les actions humaines, sont déterminées par le cours des astres, etc. Ces rêveries semblent plus analogues aux erreurs des valenliniens qu'à celle des théodotims.
Quoi qu'il en soit, on peut faire sur ces anciennes hérésies des réflexions importantes. 1° Théodore, intéressé par son système à déprimer Jésus-Christ , avouait cependant sa naissance miraculeuse et son émïnenle sainteté; il jugeait donc que la narration des évangélistes était inattaquable. 2° Il s'ensuit qu'au w siècle la divinité de Jésus- Christ était un dogme universellement cru dans l'Eglise, et regardé comme un article fondamental du christianisme; sans cette raison, l'apostasie n'aurait pas été considérée comme un crime si énorme. 3° L'on était convaincu que ce dogme était clairement enseigné dans l'Ecriture sainte et même dans les prophéties , l'on y donnait donc pour lors le même sens que nous y donnons, puisque, pour soutenir leurs erreurs , les théodotiens étaient réduits à corrompre les unes et à rejeter les autres. k° L'on était persuadé comme aujourd'hui que saint Justin , ïatien, MiHiade, saint Irénée, Clémentd'Alexandrie, Melilon, etc., avaient formellement professé la divinité de Jésus-Christ, puisque l'on opposait leur témoignage à ceux qui la niaient ; de quel front les socinuns peuvent-ils aujourd'hui soutenir le contraire? 5° Pour réfuter les hérétiques, on ne se bornait pas à leur citer l'Ecriture sainte; on leur alléguait encore la tradition, la doctrine des Pères, les cantiques de l'Eglise , la prédication publique et générale, comme nous faisons encore. C'est aux hétérodoxes de voir les conséquences que nous sommes eu droit de tirer contre eux de tous ces faits. Voy. Tillemont, lom. III, p. 68; Plaque! , Uict. des Hérésies, etc.
THÉODOTION, traducteur du texte hébreu. Voy. Septante, § 3; Version, etc.
THÉOLOCAL ( Droit canon [1] ) est un chanoine dont les fonctions consistent à prêcher et enseigner dans une église cathédrale ou collégiale. L'établissement des théologaux remonte au concile de Latran , tenu en 1179 sous Alexandre III. 11 y lut ordonné qu'on établirait un théologal dans chaque église métropolitaine, pour enseigner la théologie aux ecclésiastiques de la province qui seraient en état de l'étudier. Ce décret demeura néanmoins sans exécution dans plusieurs églises jusqu'en 1431, qu'il fut ordonné par le concile de Bâle, qu'il y aurait un théologal dans toutes les églises cathédrales; que quelque collateur que ce fût serait tenu,
(1) Ancienne jurisprudence, d'api es l'édition de Liège.
Article reproduit
sitôt que l'occasion s'en présenterait, de nommer pour chanoine un prêtre licencié ou bachelier formé en théologie, qui eût étudié dix ans dans quelque université privilégiée, pour faire des leçons deux fois, ou au moins une fois par semaine , et qu'autant de fois qu'il y manquerait, il pourrait être privé, à l'arbitrage du chapitre, des distributions de toute une semaine. Le concile de Trente approuva cet établissement des théolognur, et il a pareillement été autorisé par les ordonnances de nos rois. L'article 8 de celle d'Orléans porte que dans chaque église cathédrale ou collégiale, il sera réservé une prébende affectée à un docteur en thélogie, à la charge qu'il prêchera et annoncera la parole de Dieu chaque jour de dimanche et de fête solennelle, et qu'il fera, trois autres jours de la semaine, une leçon publique de l'Ecriture sainte. L'ordonnance de Blois ordonne l'exécution des dispositions précédentes , excepté pour les églises où il n'y a que dix prébendes avec la principale dignité; et l'édit du mois d'avril 1695 veut que les théologaux puissent , ainsi que les curés, prêcher dans les églises où ils sout établis, sans qu'il leur faille aucune permission plus spéciale. Les patrons elcollaleurs ont la disposition des prébendes théologales comme des autres prébendes, pourvu toutefois qu'ils en disposent en faveur des personnes qui aient les qualités requises. Les lois qui ont établi les théologaux n'ont donné aucune atteinte à ce droit des patrons et collateurs, et l'on trouve dans les Mémoires du clergé, que l'évêque de Vabres, ayant voulu contester à son chapitre la collation de la prébende théologale, fut débouté do sa prétention par un arrêt du parlement de Toulouse , qui maintint le chapitre dans le droit de nommer à cette prébende. Mais comme l'emploi des théologaux est une principale partie du ministère des évêques, ils ne peuvent faire aucune des fonctions attachées à leur état avant d'avoir obtenu, pour cet effet, l'approbation et mission canonique. C'est ce qui résulte particulièrement de l'édit du mois de janvier 1682.
Si l'on s'en tenait aux termes des décrets des conciles, de la Pragmatique et du Concordat, il suffirait d'être bachelier formé en théologie, pour être pourvu d'une prébendo théologale. Telle est l'opinion de l'éditeur des Mémoires du clergé, mais celle opinion est une erreur. Les ordonnances d'Orléans et de Blois ont affecté les prébendes théologales aux théologiens, c'est-à-dire aux docteurs en théologie, sans qu'elles pussent être conférées à gens qui ne seraient pas de cette qualité. C'est d'ailleurs ce qu'ont jugé deux arrêts, l'un du 17 août 1721, rendu pour la prébende théologale de Beaune, el l'autre du 11 février 1626, rendu pour celle de Senlis. Le parlement de Paris a même jugé, par un arrêt du 17 avril 1651, qu'il y avait abus dans une signature de cour de Borne accordée par le pape au sieur do Gest , pour la prébende théologale de l'église de Toulouse, à conditiou qu'il prendrait le bonnet de doc-