‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 131 sur 219 · III K · texte numérisé non relu

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leur dans l'année , et le dévolulairc fui nviinicnu. Il suit de cet arrêt que le dc^ré (!c docteur est requis dans le temps de la provision de cour de Rome, et qu'il ne suffit pas de l'avoir au moment du visa. Les religieux sont incapables de posséder des prébendes théologales, quand même ils seraient docleurs en théologie et bons prédicateurs. Soéfve rapporte un arrêt du 17 avril 1663 qui l'a ainsi jugé contre un jacobin. Desnoyers, sur les définitions canoniques-, cite un arrêt du S juillet 1690, par lequel il a été jugé contre le chapitre d'Angouléme , (lue quand IVvèque avait conféré la prébende théologale, le chapitre n'était pas partie capable d'opposer l'incapacité du sujet ; mais cela ne doit s'entendre que de l'incapacité relative au\ mœurs ou à la doctrine, et non de celle qui concerne les degrés ou la qualité de séculier.

Quoique , par les ordonnances d'Orléans et de lîlois , les théologiens aient été chargés, comme on l'a vu , de prêcher tous les dimanches et fêtes solennelles, et de faire trois fois la semaine dos leçons sur l'Ecriture sainle, il y a des églises , comme celle de Paris, où les théologaux ne sont obligés qu'à laire trois ou quatre sermons par année, sans être lenus de faire aucune leçon, attendu que dans ces églises il y a des sermons fondés, et des universités où l'on enseigne la théologie. Dans d'autres églises, la modicité du revenu des prébendes théologales, la clause des actes d'établissement de ces prébendes, et d'autres circonstances particulières , ont également fait diminuer les obligations des théologaux.

Suivant le concile de Baie, la Pragmatique et le Concordat, le théologal qui remplit ses devoirs , est tenu présent à l'office divin, et quoiqu'il n'y ait pas assisté, il peut percevoir généralement tous les fruits de sa prébende comme les chanoines qui ont été assidus. Les ordonnances d'Orléans et de Dlois sont conformes à ces dispositions. Il a «le plus élé jugé, par arrêt du parlement de Toulouse, du 3 décembre 1G76 , que les théologaux devaient être réputés présenls , même pour les obits et autres distributions manuelles; et UebulTe, sur le Concordai, cite deux arrêts du 4 janvier 1523 et '20 janvier 1544 , qui ont déclaré abusifs les statuts contraires à ce privilège des théologaux. Observez néanmoins que les ordonnances n'ayant établi le principe dont il s'agit en laveur des théologaux qu'en considération de leurs obligations de prêcher et d'enseigner , il ne doit point avoir lieu dans les églises où ils sont déchargés de ces devoirs. Dans ces églises , l'étendue du privilège du théologal peut être réglée par les statuts du chapitre. Un arrêt du parlement d'Aix, du 20 mars 1083, a jugé qu'un théologal ne devait point être député pour aller poursuivre d-s procès hors du lieu de sa résidence. La l rébende théologale est sujette à la régale et aux expectatives qui ont lieu dans le ro va urne.

THÉOLOGALE (vertu). On appelle ver-

tus théologales celles qui ont pour objet Dieu lui-même, et pour motif une de ses perfections. Ainsi la foi, par laquelle nous croyons à Dieu et a sa parole, parce qu'il est la vérité même, incapable de se tromper , ou de nous induire en erreur ; l'espérance, par laquelle nous nous confions à ses promesses, parce qu'il est fidèle à les remplir ; la charité, par laquelle nous aimons Dieu à cause de sa bonté infinie, soiit les trois vertus théologales : nous avons parlé de chacune en particulier. On appelle vertus morales celles qui ont pour objet immédiat , non Di u lui-même, mais les actions que Dieu commande, et pour motif la justice qu'il y a d'obéir à Dieu. Les païens ont été capables de quelques vertus morales , mais ils n'avaient aucune idée des vertus théologales^ parce qu'elles supposent la révélation et une connaissance surnaturelle des attributs de Dieu. Voy. Vertu.

Il faut beaucoup de précision pour comprendre que la religion est une vertu morale et non une vertu théologale. Comme l'acte essentiel de la religion est l'adoration intérieure qui a Dieu pour objet et sa grandeur suprême pour motif , il semble d'abord qu'il n'y a aucune différence entre celle vertu et les trois dont nous avons parlé. Mais il faut faire attention que la religion peut être une vertu naturelle, quoique très-imparfaite, ettoujours abusive lorsqu'elle n'est pas éclairée et dirigée par la révélation; au lieu que la foi , l'espérance et la charité supposent nécessairement une connaissance surnaturelle de Dieu.

THÉOLOGIE. Suivant l'énergie du terme, c'est la science de Dieu et des choses divines, par conséquent la plus nécessaire de toutes les connaissances; elle ne peut paraître indifférente qu'à ceux qui ne veulent ni Dieu, ni religion (1). L'on a coutume de la dislinguer en théologie naturelle et théologie surnaturelle, et l'on entend par la première la connaissance de la Divinité , telle qu'on peut l'acquérir par les seules lumières de la raison. Cette distinction paraît fondée sur ce qu'a dit saint Paul, Rom., c. 1, v. 20, que ce qu'il y a d'invisible en Dieu est devenu visible depuis la création , par les ouvrages qu'il a faits , même sa puissance éternelle et sa divinité, de manière que ceux qui ont connu Dieu, et ne l'ont pas glorifié comme Dieu, sont inexcusables. Mais le même apôtre nous avertit aussi, J Cor., c. u, v. U, que comme ce qui est de l'homme ne peut être connu que par l'esprit de l'homme , ainsi ce qui est de Dieu ne peut être connu que par l'esprit de Dieu. Or, par l'esprit de Dieu, saint Paul entend certainement la lumière surnaturelle acquise par révélation. Par là il nous fait comprendre que la connaissance de Dieu et de ses desseins, qui vient des seules lumières naturelles , est toujours Irès-bornée et trèsfautive. Nous en sommes convaincus par les

(I) Voy. h la fin du Dictionnaire de Théologie morale, où nous donnons, siècle par siècle, l'étal de la science théologique.

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erreurs grossières dans lesquelles sont tombés sur ce sujet les philosophes païens, qui étaient cependant les meilleurs génies de l'antiquité. Aussi les premiers docteurs chrétiens ont soutenu contre les païens que les écrivains hébreux, surtout les prophètes, éclairés par la révélation, ont été beaucoup meilleurs théologiens que tous les sages et tes philosophes du paganisme

Comme c'est uniquement de la théologie chrétienne que nous avons à parler, nous entendons sous ce nom la science ou la connaissance de Dieu et des choses divines, qui nous a éîé donnée par Jffius-Chrisl, par ses apôtres, par les prohètes et par les autres personnages que Dieu a chargés de nous enseigner. C'est donc une science qui, fondée sur des vérités révélées, en tire des conclusions sur Dieu , sur sa nature , sur ses attributs, sur s< s volontés et ses desseins, et sur tout ce qui a rapport à Dieu. D'où il s'ensuit que la théologie réunit, dans sa manière de procéder, l'usage de la raison à la certitude delà révélation, et qu'elle est fondée en partie sur les lumières de la foi, et en partie sur celles de la nature ou de la philosophie.

Il s'est trouvé des critiques assez peu sensés pour blâmer ce mélange. En fait de religion, disent-ils, il faudrait s'en tenir précisément aux vérités révélées , teUes qu'elles sont énoncées dans la parole de Dieu ; dès que l'on se permet d'en raisonner, c'est une source intarissable de faux systèmes, de disputes et de divisions. Cette fureur des théologiens n'a servi qu'à défigurer la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres, à faire naître des schismes et des hérésies, à mettre aux prises toutes les sectes chrétiennes les unes contre les autres, etc.

S'en tenir à la pure parole de Dieu est un très-beau projet en spéculation; mais est-il possible? C'est la question. 1° Les philosophes païens ont attaqué le christianisme dès sa naissance: saint Paul s'en plaignait déjà ; suffisait-il d'opposer le texte des livres saints à des adversaires qui n'en reconnaissaient point la divinité , qui soutenaient que la doctrine de ces livres était opposée au sens commun et aux plus pures lumières de la raison ? Ou il fallait les laisser dogmatiser en liberté , séduire les fidèles, détruire enfin le christianisme , où l'on était obligé de leur démontrer que la doctrine de ces livres était plus raisonnable que la leur; donc il fallait absolument se servir contre eux du raisonnement et de la philosophie. Que les apôtres, qui prouvaient la vérité de leur prédication par des miracles, n'aient pas eu besoin d'autres arguments, cela se conçoit ; mais Dieu n'avait pas promis le même secours à leurs successeurs ; ceux-ci ont donc été obligés de battre les philosophes par leurs propres armes : c'est ce qu'ont fait nos anciens apologistes. 2° Les premiers hérétiques ont suivi la même marche que les philosophes ; tous ceux qui ont pris le nom de gnostiques attaquaient nos mystères par des arguments philosophiques; ils faisaient

profession d'en savoir plus que les apôtres et que tous les auteurs sacrés. Oa était donc forcé de leur prouver par des rayonnements l'absurdité de leurs principes, la contradiction de leur doctrine, l'opposition de leurs sentiments à ceux des meilleurs philosophes, et de leur faire voir que ceux-ci avaient enseigné plusieurs vérités confirmées par la révélation. Les marcionileset les manichéens admettaient deux principes , l'un du bien, l'autre du mal; ils rejetaient l'Ancien Testament et l'histoire de la création ; il ne servait donc à rien de la leur opposer, on ne pouvait les réfuter que par les arguments qui démontrent l'unité de Dieu et la sagesse du Créateur. 3° Dans tous les siècles, lamême chose est arrivée, et nous nous trouvons encore aujourd'hui dans le même cas que les docteurs chrétiens du 1er et du il* siècle. Non-seulement les incrédules répètent toutes les objections des anciens hérétiques, et soutiennent que la doctrine de nos livres sacrés choque de front les lumières de la raison, mais les protestants attaquent le mystère de l'eucharistie par des raisonnements philosophiques ; à l'exemple des ariens, les sociniens se servent des mêmes armes pour combattre le dogme de la Trinité et tous les autres mystères. Ou a beau leur opposer le texte de l'Ecriture sainte, ils en éludent toutes les conséquences par des interprétations arbitraires. Les déistes ne veulent admettre aucune révélation. Réfutera-t-on tous ces mécréants sans raisonner avec eux, et sans mêler la philosophie à la théologie? Ceux même qui blâment celte méthode sont forcés d'y avoir recours. Ils diront peut-être qu'à la vérité elle est absolument nécessaire, mais qu'elle doit être contenue dans de justes bornes ; nous y consentons, il ne reste plus qu'à savoir qui posera ces justes bornes qu'il ne sera plus permis de passer. Voy. Philosophie et MÉTUAPHYSIQUE.

Une question communément agitée entre les théologiens est de savoir quel est le degré de certitude des conclusions théologiques. On appelle ainsi les conséquences évidemment déduites de deux prémisses qui sont toutes deux révélées, ou dont l'une est révélée, et l'autre évidemment connue par la lumière naturelle, et l'on demande, 1° si ces conclusions sont aussi certaines que les propositions de foi ; 2°si elles sont plus ou moins certaines que les conclusions des autres sciences; 3° si elles le sont autant que les premiers principes de géométrie, de philosophie, etc.

On convient généralement que la révélation immédiate de Dieu, proposée par l'Eglise, est le motif qui nous fait acquiescer aux vérités de foi, et que la connexion évidemment aperçue entre la révélation et la conclusion théologique qui s'ensuit, est le motif qui nous fait acquiescer à celle-ci. De là il est aisé d'inférer, 1° qu'une vérité de foi est plus certaine qu'une conclusion théologique, parce que la première est fondée sur la révélation immédiate de Dieu et l'infaillibilité de

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l'Eglise qui nous l'atteste, au lieu que la secondées! fondée sur «ne liaison aperçue par la lumière naturelle, lumière qui nVsl pas aussi infaillible que la véracité de Dieu el que le témoignage île l'Eglise. 2° Que les conclusions théologiques sont plus certaines que celles des autres sciences eu général, parce que ces dernières sont souvent fondées sur de simples conjectures, et que leur liaison avec les principes n'est pas aussi évidente que la liaison des conclusions théologiquea avec la révélation immédiate do Dieu, il" Plusieurs anciens théologiens ont soutenu que ces mêmes conclusions sont plus certaines que les premiers principes de nos connaissances, parce que ceux-ci ne sont pas aussi infaillibles que la révélation de Dieu. Mais la plupart des modernes pensent le contraire; la première raison qu'ils en donnent est que nous aquiesçons aussi promplcmenl et aussi fortement à ces axiomes (1) : Le tout est plus grand que la partie, deux choses égales à tine troisième sont égales entre elles, etc., qu'à celui-ci : Dieu est la vérité même. La seconde est que Dieu est également l'auteur de la raison et de la révélation, et que l'une nous est aussi nécessaire pour connaître les vérités naturelles, que l'autre pour connaître les vérités surnaturelles. La troisième est que c'est la raison qui nous conduit à la fui ; nous croyons fermement les vérités révélées, parce que nous savons par la raison que Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper nous-mêmes lorsqu'il daigne nous parler; nous sommes certains qu'il nous a parlé, par les motifs de crédibilité dont il a revêtu sa parole ou la révélation ; et c'est encore à la raison de peser la valeur de ces motifs. Donc, disent-ils, il est impossible que le jugement par lequel nous y adhérons soit plus infaillible que celui par lequel nous acquiesçons aux premiers principes du raisonnement. Ilolden. de licsolut. fidei, I. i, c. 3.

Comme toutes les vérités dont la théologie se propose l'examen sont ou spéculatives ou pratiques, elle se divise à cet égard en théologie spéculative el en théologie morale. La première est celle qui a pour objet d'exposer el de prouver les dogmes qu'il faut croire, el de les défendre contre ceux qui les attaquent. Parmi ces dogmes, les anciens Pères grecs appel lient spécialement théologie ceux qui regardent Dieu en lui-même, sa nature, ses attributs; c'est pour cela qu'ils appelaient l'éviingélisle saint Jean, le théologien par excellence, parce qu'il a enseigné la divinité du Verbe plus clairement que les autres apôtres, et que c'est parla qu'il a commence son Evangile. Par la même raison saint Grégoire de Nazianze fut aussi surnommé le théologien, parce qu'il avait défendu avec beaucoup de force la divinité du Verbe contre les ariens. Dans ce sens les Grecs distinguaient la théologie d'avec ce qu'ils appelaient l'économie, c'est-a-dire la partie de la doctri e chrétienne qui traite

(t» Voij. Certitude, Science, IlÉTUAFBtsiQfjE.

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