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qu'ils comprennent, ils laisseront de côté ce qu'ils n'entendent pas, que dans le fond c'est déjà ainsi qu'en agissent un très-grand nombre de protestants. Les athées à leur tour soutiennent que Dieu ne peut pas punir ceux qui suivent les lumières de la droite raison, puisque, suivant la maxime de leurs adversaires mêmes, l'erreur ne doit pas être punie comme un crime. Suivant une autre maxime on ne doit empêcher personne de professer ce qu'il croit vrai ; nous voilà donc réduits à tolérer la profession de l'athéisme, à n'oser même prononcer sur le salut ni sur la damnation des athées, de pour de commettre une impiété.
Ainsi les déistes et les athées ont rélo que contre les protestants toutes les raisons sur lesquelles ceux-ci exigent la tolérance pour eux , sans vouloir l'accorder aux autres ; et nous n'avons vu dans les écrits des protestants aucun argument qui prouve l'injustice de cette rétorsion. Nous ne sommes donc pas surpris de ce que tous nos incrédules ont tant vanté les diatribes de Bayle cl de Barbeyrac sur la tolérance ; ils y ont trouvé leur propre apologie. Mais Bayle est convenu ailleurs qu'il n'est point de question qui fournisse autant de raisons pour cl contre, il sentait que les siennes n'étaient pas sans réplique ; il avoue qu'il faut autre chose que des raisons pour retenir les peuples dans la religion, par conséquent, une autorité, des lois coactives et des peines ; Dict. crit. Lubiéniezki; rem. E. et G. Nos adversaires, loin de nous avoir fermé la bouche , comme ils s'en vantent, nous ont donné de nouvelles armes pour réfuter tous leurs sophismes. Yoy. AuTonrré ecclésiastique, Excommunication, Religion, eîc.
TOMBEAU , SÉPULCRE, lieu dans lequel un mort est enierré. Ce terme est quelquefois employé par les auteurs sacrés dans un sens figuré. 1" Lorsque Job dit, c. xvn, v. 1 : Il ne me reste plus que le tombeau , cela signifie , je n'attends plus que la mort dans le triste état où je suis. 2" Ezéchiel, c, xxxvii, v. 12, promet aux Juifs captifs à Babylone , que Dieu les tirera de leurs tombeaux , c'està-dire de la misère à laquelle ils sont réduits. 33 David, ps. v, v. 11 ; ps. xm, v. 3, et saint Paul, Itom., c. m, v. Î3, disent que la bouche des impies est un tombeau ouvert, parce que leurs discours empoisonnés corrompent les âmes, comme la vapeur infecte d'un tombeau peut tuer les corps, h" Le même mot hébreu signifie le tombeau et le séjour des morts, que les Grecs ont nommé «Snç et les Latins, ivfernus. De là quelques incrédules ont conclu très-faussement que les Hébreux ne connaissaient point d'autre enfer que le tombeau : c'est comme si l'on soutenait que les Latins n'admettaient pour les âmes des morts aucun autre séjour que la fosse dans laquelle ils étaient enterrés, puisque in fern is signifie simplement un lieu bas et profit» I. Voy. Enpm.
Bu général, le soin de donner aux morts i.ne sépulture honorable , l'usage de respecter les tombeaux et de les regarder co.nme
un asile sacré, est une attestation cerlaino de la croyance de l'immortalité de l'âme. Sur quoi en elïet sérail fondée celle coutume générale, si l'on avait pensé que l'homme meurt tout entier, qu'il n'en reste rien lorsque son corps est deiruil par la corruption ? Or, nous voyons le respect pour les lombeaux établi dès les premiers âges du monde, et chez loutes les nations desquelles nous avons quelque connaissance. Ceux de Sara , d'Abraham, de Jacob, de Joseph, sont célèbres dans nos livres saints; les Egyptiens embaumaient les morts parce qu'ils espéraient la résurrection ; l'on a trouvé, même chez les sauvages , ce sentiment de l'humanité : quand on a voulu les transplanter d'une contrée dans une autre, ils ont répondu : Nos pères ensevelis dans cette terre se lèveront-ils pour venir avec nous ? Les patriarches voulaient dormir avec leurs pères, et pour exprimer la mort, ils disaient, se réunir à son peuple ou à sa famille ; un des motifs qui faisaient désirer aux Juifs captifs à Babylone de retourner dasis la Judée, était la consolation d'aller revoir les tombeaux de leurs pères, Esdr., 1. 11, c. n, v. 3. De là naquit chez les nations idolâtres la coutume d'aller dormir sur les tombeaux , afin d'avoir des rêves de la part des morts, de les évoquer, de les interroger, d'offrir des sacrifices aux mânes, etc. Cette superstition était sévère me ni défendue aux Juifs, Deut., c.xvm, v. 11 : mais ils y tombèrent souvent; Isaïe le leur reproche, c. xxxv, v. k.
Lorsque les incrédules ont parcouru l'histoire pour trouver l'origine du dogme de l'immortalité de l'âme, pour savoir chez quel peuple il a commencé , ils ont pris une peine inutile. Il aurait fallu remonler à la création et interroger lous les peuples. Cette croyance était gravée en caractères ineffaçables sur tous les tombeaux, sur les cavernes dans lesquelles on enterrait les membres d'une même famille, sur les pyramides de l'Egypte, sur les monceaux de pierres accumulées dans les campagnes ; un monceau , tumulus , désignait un tombeau. Un usage universellement répandu atteste une croyance aussi ancienne que le monde. La crainte d'être privé de la sépulture était un frein pour contenir les malfaiteurs, et prévenir les crimes ; la plus grande injure que l'on pût faire à un ennemi, était de le menacer de donner son corps à dévorer aux oiseaux et aux animaux carnassiers. / Rcy., c. xvn, v. 44 et 46.
Les Hébreux enterraient ordinairement les morts dans des cavernes ; el lorsqu'ils n'en trouvaient pas de naturelles, ils eu creusaient dans le roc : l'on en trouve encore plusieurs dans la Palestine, qui ont servi à cet usage. Lorsque leurs tombeaux étaient en plein champ, ils mettaient une pierre lailice par dessus, afin d'avertir que c'était la sépulture d'un mort , et que les passants n'y louchassent point de peur de se souiller. Us les enduisaient aussi de chaux, pour qu'on les aperçût de loin, et tous les ans, le lidu moi • Adar, ou ks reblauchissail. Voilà pour-
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quoi Jésus-Chrisl comparait les pharisiens hypocriies, qui couvraient leurs vires d'un bel extérieur , à des sépulcres blanchis, Matth., c. xxin, v. 27. Il est à présumer que la souillure légale qui se contractait par l'attouchement d'un cadavre ou d'un tombeau , arail pour objet non-seulement de détourner les Juifs de la superstition des païens qui interrogeaient les mons, mais encore de réprimer la cupidité des brigands qui fouillaient dans les tombeaux pour en enlever quelques dépouilles, crime qui fut toujours regardé par les anciens comme une impiété détestable.
Au sujet de ce respect des Juifs pour les sépulcres , il y a dans l'Evangile un passage qui fait difficulté et duquel les incrédules ont voulu se prévaloir, Matth., c. xm, v. 29, et Luc, c. xi, v. kl, Jésus-Christ dit : Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites , qui bâtissez des tombeaux aux prophètes, et gui ornez les monuments des justes, et qui di' tes : Si nous eussions été du temps du nos pères, nous n'eussions pas été leurs compagnons à répandre le fang des prophètes. Ainsi vous vous rendra témoignage à vous-mêmes gue vous êtes les enfants de ceux qui ont tué les prophètes. Achevez donc aussi de. combler la mesure de vos pères. Jésus-Christ, disent les incrédules, reproche aux Juifs une action louable, et qui ne prouvait en aucune manière qu'ils étaient les enfants ou les imitateurs des meurtriers des prophètes, ni qu'ils comblaient la mesure des ciimes de leurs pères. Mais si l'on veut faire attention à tout ce qu'avaient fait les Juifs contre Jésus-Christ avant celte réprimande, et à ce qu'ils firent dans la suite, si d'ailleurs l'on considère les divers sens des conjondions grecques que l'on a traduites par et, ainsi, aussi, etc., on verra que le raisonnement du Sauveur est très-juste. Déjà les Juifs avaient résolu de le faire mourir, ils l'avaient tenté plus d'une fois, et ils étaient encore à ce moment dans le même dessein ; c'était donc de leur part une hypocrisie de bâtir et d'orner les tombeaux des prophètes, et de se vanter qu'ils n'auraient pas imité leurs pères qui les avaient mis à mort; ils prouvaient assez d'ailleurs qu'ils leur ressemblaient parfaitement, et qu'ils allaient bientôt combler la mesure de leurs crimes. Ce sens est évident par la prédiction qu'ajoute le Sauveur au reproi lie qu'il leur fait, ibid., Luc. , v. 3k; Je vais vous envoyer des prophètes, des sages et des docteurs, vous les mettrez à mort, vous les crucifierez, tous les (lagell rez dans vos synagogues , et vous les poursuivrez de ville en ville, etc. C'est ce qui arriva. Voyez Rép. crit. aux questions des incréd., t. IV, p. 19k.
Parmi le peuple des campagnes , les places des sépultures dans les cimetières sont séparées ; chaque famille a la sienne : il y a des jours où les enfants vont s'attendrir et prier sur le tombeau de leur père, se rappeler le souvenir de leurs parents, se consoler par l'espérance de les revoir dans une autre vie ; c'est ainsi qu'en agissaient autrefois nos ancêtres. Le même usage subsiste cu-
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eore dans toute sa force chez les Grecs ; rien de plus touchant que l'âx.iclitude avec laquelle ils vont de temps en temps pleurer sur les tombeaux de leurs parents et de leurs amis, et surtout dans l'une des fêtes de Pâques, Voyage lilt.de la Grèce, 19' lettre, pag. 311. Ils ont ainsi conservé les anciennes mœurs et les sentiments de la nature. L'auteur, témoin de ce spectacle, déplore l'affection avec laquelle nous nous sommes écartés de cette coutume si honorable à l'humanité, surtout dans les villes ; nous redoutons, dit-il, tout ce qui peut exciter notre sensi-» bilité naturelle.
Nous n'avons garde de blâmer la précau-» tion que l'on a prise de transporter hors des villes les cimetières et la sépulture des morts ; mais si nous y gagnons du côté de la pureté de l'air, il est à craindre que nous n'y perdions beaucoup du côté des mœurs. Vainement on censure le luxe insensé des pompes funèbres et des tombeaux, le style fastueux des épitaphes, le goût dépravé des artistes qui ont chargé les mausolées des figures des divinités païennes. C'est un travers d'esprit inconcevable, de chercher à satisfaire l'orgueil dans des objets qui sont destinés à l'humilier, de graver sur le marbre des mensonges contredits par la notoriété publique, de placer des symboles d'idolâtrie et d'impiété sur des monuments érigés pour attester notre foi à l'immortalité et notre confiance aux mérites de Jésus-Christ. Mais la folie humaine bravera toujours les. leçons du bon sens et de la religion. Voy. Fu-
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TONSURE. Couronne cléricale que l'on fait aux ecclésiastiques sur le derrière de la tête, en y rasant les cheveux en forme orbiculaire. Celte cérémonie se fait par l'évèque; il coupe un peu de cheveux avec des ciseaux à celui qui se présente pour être reçu dans l'étal ecclésiastique, pendant que le nouveau clerc récite ces paroles du psaume xv, v. 5 : Le Seigneur est mon partage et mon héritage : c'est vous , Seigneur, qui me le rendrez. Ensuite l'évèque lui met le surplis, en priant Dieu de revêtir du nouvel homme celui qui vient de recevoir la tonsure. Cette cérémonie n'est point un ordre, mais une préparation pour recevoir les ordres. C'est l'entrée de lu cléric.iture, elle rend un sujet capable do posséder un bénéfice simple, et le soumet aux lois qui concernent les ecclésiastiques.
Il serait difficile d'assigner la première origine de la tonsure : on sait qu'avant la naissance du christianisme, les Grecs et les Romains portaient leurs cheveux très-courts; saint Paul faisait allusion à cet usage, lorsqu'il écrivait aux Corinthiens, qu'il était ignominieux à un homme de porter de longs cheveux ; c'était l'ornement des femmes. Tendant les trois premiers siècles de l'Eglise, les clercs ne se distinguèrent des laïques ni par les habits ni par la chevelure, de peur d'attirer sur eux tout le l'eu des persécutions. Au iv' on ne voit encore aucun changement bien marqué dans leur extérieur.
Fleury, dans son Institut, au droit ccclésias-
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