‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 138 sur 219 · ION · texte numérisé non relu

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tique, a observé que, même dans le v, l'an 188, le pape sainl Célestin a témoigné que lesévêques dans leur habit n'avaient rien qui les distinguât du peuple, el sainl Jérôme semb'e confirmer ce fait dans sa lettre à Sépotien. Y 01/. IIadit BGCLÉSIASTIQUB. Le môme Père inkzrch., I. xm.r.U, Op. tooi. III, col. 1029, ne veut pas que les clercs se rasent la lêle, comme Lisaient les prêtres et les adorateurs d'Isis et de Serapis, mais qu'ils aient les cheveux court?, alin de ne pas ressembler aux laïques fastueux, aux Barbares et aux soldats, qui portaient des cheveux longs. De là Binghàm a pris occasion de blâmer la manière dont les ecclésiastiques de l'Eglise romaine sont tonsurés, parce qu'elle est contraire à l'ancien usage, et qu'elle est vainement fondée sur des raisons mystques ; il ajoute que les clercs étaient nommés coronati, non à cause de leur tonsure, mais par honneur; Orig. cccle's., loin. II, I. vi, c. i, § 10. Bingham aurait dû remarquer, 1° que porter une tonsure , ce n'est pas avoir la tête entièrement rasée ni absolument chauve, seule manière blâmée par sainl Jérôme. 2° Ce Père veut que les clercs soient distingués des Barbares, des soldats et des laïques efféminés, par leur chevelure et par leur habit ; discipline de laquelle les ministres protestants se 9ont dispensés. 3' Il atteste que les ministres des autels ne portaient point dans leurs fondions les mêmes habits que dans la vie commune, mais qu'ils avaient des ornements particulier», autre usage respectable, rejeté par les protestants, k" Nous soutenons que le nom coronali fait allusion à ce qui est dil dans l'Apocalypse, c. îv, v. k, des ving:-quatre vieillards ou prêtres qui environnaient un pontife, et qui avaient des couronnes d'or sur la tête. Nous avons remarqué ailleurs que sainl Jean, dans ce chapitre et dans les suivants, peint la manière dont la liturgie chrétienne était célébrée pour lor9. Voy. Lituugie. Il n'est donc pas étonnant que dans les siècles suivants l'on ail trouve bon que la tonsure des clercs représentât ces couronnes.

Quoi qu'il en soit, sainl Jérôme nous en indique à peu près l'origine, en disant que les clercs doivent se distinguer des barbares. En enet , l'on sait que les barbares du Nord qui se répandirent dans tout l'Occident au commencement du v' siècle, avaient des cheveux longs, un habit court et militaire, au lieu que les Romains portaient un habit long cl des ch> veux courts. Les clercs, tous nés sous la domination romaine . conservèrent leur ancien usage, el se trouvèrent ainsi distingués des barbares. Lorsqu'un de ces derniers était admis à la cléricalure, on commençait par lui couper les cheveux, et le revêtir de l'habit long ; il est probable que l'usage de la t>nsure commença en même temps. Eu effet, Grégoire de To'irs et d'autres auteurs du vr sècle parlent de cet usage comme i!é;à établi au v*. Le h' concile de Tolède, l'an 033, c. kl, ordonne que tous les clercs el les prêtres aient le dessus de la tête rasé, el ne laissent qu'un tour de cheveux sem-

blable à une couronne. Notes du P. Ménard sur le Sacrum, de saint Grég., p. 219. Il est constant par le canon 33 du concile inTrullo, tenu l'an 090 ou 092, que ce même usage était déjà établi pour lors dans l'Eglise grecque. Mais les écrivains de ce siècle el des suivants, qui ont voulu faire remonter l'origine de la tonsure jusqu'à l'apôtre saint Pierre, ou à un décret du pape Anicet de l'an 108, n'avaient aucune preuve de leur sentiment. En fait de discipline ecclésiastique, on ne doit pas blâmer un nouvel usage, lorsqu'il est fondé sur de bonnes rai sous relatives aux mœurs , aux circonstances , aux besoins du lemps auquel on l'introduit, et il y a toujours du danger à le supprimer, lorsque celte réforme ne peut produire aucun bien.

Le concile de Trente, sess. 23, de Reformé, c. k, exige que celui auquel on donne la tonsure ait reçu le sacrement de confirmation , soit instruit des principales vérités de la foi chrétienne, sache lire et écrire, et donne lieu de penser qu'il choisit l'état auquel il se destine dans la résolution d'y servir Dieu avec fidélité. Plusieurs conciles postérieurs ont condamné la témérité «les parents qui font tonsurer leurs enfants uniquement par l'ambition de leur procurer un bénéfice, sans s'informer s'ils ont la vocation et les qualités nécessaires pour remplir les devoirs de l'état ecclésiastique, quelquefois parce qu'ils sont difformes et peu propres à réussir dans le monde. D'autres conciles ont fixé l'âge auquel on peut recevoir la tonsure; dans les diocèses les mieux réglés on ne la donne pas avant l'âge de quatorze ans. Si celte sage discipline est souvent violée, c'est l'ambition des grands et des riches du siècle qui en est la cause.

Tonsure (1) (Droit canon.), est la couronne cléricale que l'on fait derrière la lêla aux ecclésiastiques, eu rasant les cheveux de celle place. Tous les ecclésiastiques séculiers el réguliers doivent porter la tonsure; c'est la marque de leur étal. Celle des simples clercs, qu'on appelle clercs à simple tonsure, c'est-à-dire qui n'ont d'autre caractère de l'état ecclésiastique que la tonsure, est la plus petite de toutes. A mesure que l'ecclésiastique avance dans les ordres, on fait la tonsure plus grande ; celle des prêtres est la plus grande de toutes, si l'on en excepte les religieux, dont les uns ont la lêle entièrement rasée, et d'autres une simple couronne de cheveux plus ou moins large. La simple tonsure que l'on donne à ceux qui entrent dans l'étal ecclésiastique, n'e«>t point un ordre, mais une préparation pour les ordres, et, pour ainsi dire, un signe de la prise d'habit ecclésiastique. Quelquesuns prétendent que l'usage de tonsurer les clercs a commencé vers l'an 80. L'auteur de VJnstitution au Droit ecclésiastique dit au contraire que, dans les premiers siècles rie l'Eglise, il n'y avait aucune distinction entre

(l)Cel article est reproduit d':iprès l'édition do Liéite.

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