‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 142 sur 219 · IRA · texte numérisé non relu

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non-seulement l'authenticité el l'intégrité de l'Ecriture, mais encore le sens et les explications ; chap. 32 et 36, il renvoie les hérétiques à la tradition des Eglises apostoliques; il soutient que celles qui se forment tous les jours ne sont pas moins apostoliques que les p'us anciennes, parce qu'elles tiennent la même doctrine, el qu'elles sont en communion les unes avec les autres. — Cela n'a pas empêche nos adversaires de nous opposer Tertullien. L. de Resurr. carnis, c. 3, il veut que l'on Ô!e aux hérétiques les sentiments païens, qu'ils prouvent les leurs par les Ecritures seules; alors, dit-il, ils ne pourront plus se soutenir. Mais il ajoute que l'instruction divine ne consiste point dans la superficie, mais dans la moelle, et qu'elle paraît souvent contraire à l'évidence. Il le répète, de Prœscript., c. 9. « II faut combattre, dit-il, par le sens des Ecritures, sous la direction d'une interprétation sûre. Aucune parole de Dieu n'est assez étendue ni assez exemple d'embarras pour en soutenir les mois, et non ce qu'ils signifient. » L. adv. Hennogen., c. 22, après avoir cité ces paroles: Au commencement Dieu a fui* le ciel el la ttrre, « J'adore, dit-il, la plénitude de l'Ecriture, qui me montre l'ouvrier et ce qu'il a fait. Je n'y ai vu nulle part qu'il a tout fait d'une manière préexistante. Qu'Hermogène me fasse voir que cela est écrit; s'il ne l'est pas, qu'il craigne cette menace: Malheur à ceux qui ajoutent ou qui retranchent. » Il est évident que ce Père disputait contre les hérétiques dont l'un niait la création, l'autre la résurrection de la chair, et qui opposaient à ces deux dogmes les raisonnements e! l'autorité des philosophes païens. Tertullien veut d'abord qu'ils renoncent à ces principes du paganisme, et qu'ils prouvent leur sentiment par l'Ecriture ; mais pour en tirer la moelle et pour en prendre le vrai sens, il veut que l'on soit dirigé par une interprétation sûre. Où la trouver, sinon dans l'Eglise ou dans la tradition ? Il n'y a ni obscurité ni contradiction dans les principes de ce Père.

Clément d'Alexandrie, Strom. 1. vu, c 1G, p. 891, reproche aux hérétiques les mêmes abus de l'Ecriture sainte que Tertullien. Ibid., I. i, c. 1, p. 322, il atteste que les maîtres par lesquels il avait été instruit gardaient fidèlement la doctrine reçue des apôtres par tradition, el il la met par écrit, afin d'en conserver le souvenir. Pour savoir si une doctrine est vraie ou fausse, orthodoxe ou hérétique, il veut que l'on en juge nonseulement par l'Ecriture, mais par la tradition de l'Eglise. 11 fait voir, I. vit, c. 17, p. 898(1 899, que l'Eglise catholique est plus ancienne que toutes les hérésies, qu'elle est une dans sa doctrine el dans sa foi, qu'elle les lire du Testament qui appartient à elle seule : que comme la doctrine des apôtres a été une, il en est de même de la tradition qu'ils ont laissée. Polter et Beausobre ont tâché de travestir le sens du mot tradition dans ce passage et dans celui de sain» Paul, // Thcss., c. u, v. IV; ils n'y ont

pas réussi. Origdne, dans la préface de ses livres des Principes, n. 2, prescrit la même règle. « Comme il y ena plusieurs, dit-il, qui croient suivre la doctrine de Jésus-Chrisl, et qui sont cependant de divers sentiments; comme d'ailleurs l'Eglise conserve la prédication qu'elle a reçue des apôtres par succession, et que celte doctrine y subsiste encore aujourd'hui, on ne doit tenir pour vérité que ce qui ne s'écarte en rien de la tradition ecclésiastique et apostolique. » Cette profession de foi est si claire, qu'elle rend tqute autre citation inutile. — Saint Denis d'Alexandrie, disciple d'Origène, était dans le môme sentiment; il est cité par saint Athanase et par saint Basile. — Lorsqu'au me siècle il y eut contestation touchant la validité du baptême donné par les hérétiques, le pape saint Etienne n'opposa aux évêques d'Afrique que ce seul mol : N'innovons rien; suivons la tradition. Saint Cyprien ne niait point la solidité de ce principe, mais il croyait que la tradition, que lo pape lui opposait, n'étail ni certaine, ni ancienne, ni universelle, et qu'elle était opposée à l'Ecriture sainte; en quoi il se trompait, Epist. 74 ad Pompeium, etc. Aussi la tradition prévalut-elle à tous les arguments de ce Père.

A toutes ces autorités les protest. ints répondent que l'on pouvait suivre en sûreté la tradition des trois premiers siècles, parce qu'elle était encore loule fraîche , qu'elle n'avait pas encore eu le temps de se corrompre, et que la croyance chrétienne était réduite à peu de dogmes, mais qu'il n'en a pas été de même des siècles suivants, parce que celte tradition s'est altérée peu à peu , el que les dogmes se sont multipliés. Ils disent , en second lieu , que les anciens parlaient de la tradition en fait d'usages et de pratiques, et non en fait de dogmes cl de doctrine. — Bien n'esl plus faux que cette réponse. 1° Il suffit de lire les passages quo nous avons cités pour voir qu'il y est question de tradition en matière de doctrine, et non en matière d'usage. 2° Lorsque nous prouvons par la pratique du second siècle le culte rendu aux martyrs et à leur reliques, à la hiérarchie, la présence réelle de Jésus- Chrisl dans l'eucharistie, etc., nos adversaires ne font pas plus de cas de celte tradition que de celle des siècles suivants. Ils disent même que la doctrine de Jésus-Chrisl a commencé à se corrompre immédiatement après la mort des apôtres. Ils placent dans ce même temps les causes des prétendues erreurs qu'ils attribuent aux Pères de l'Eglise, savoir, leur ignorance, leur défaut de critique , la confiance excessive qu'ils ont eue à la version des Septante, trop de complaisance pour les Juifs et pour les païens, afin de les ^ilirer à la foi, trop d'attachement à la philosophie païenne, elc. 3° Il est faux que, dai\<> ces premiers temps, la croyance chrétienne ail été réduite à peu de dogmes ; cetlc croyance n'a jamais augmenté ni diminué : nous prouverons ci après que nonseulement il ne s'y est introduit aucun nou-

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vel arlicle, mais qu'il a été impossible d'y en introduire. kn Nous avions déjà fait voir qu'en supposant que la tradition peut perdre de son poids par le laps des siècles, l'on atlaqne la certitude des faits fondamentaux du christianisme. Enfin la nécessité et l'autorité de la tradition en matière de foi est ou une vérité ou une erreur; si c'est une vérité, le protestantisme est renversé par le fondement; si c'est une erreur, elle date du second siècle, elle vient des disciples immédiats des apôtres; c'est leur exemple qui a égaré les siècles suivants.

Quant au ive siècle, nous avons déjà vu ce que pensait Eusèbe au sujet de saint Ignace et d'Hégésippe, et l'on est frappé, en lisant son Histoire ecclésiastique , de l'exactitude avec laquelle il rapporte les sentiments des Pères des trois siècles précédents , et copie leurs propres termes. Dans les disputes qui survinrent entre les ariens et les catholiques, l'on opposa toujours aux premiers la tradition , le sentiment des docteurs qui avaient vécu depuis les apôtres. C'est l'argument qu'opposaient à Arius et à ses partisans, Alexandre, son évêque, et ceux de son patriarcat qu'il avait assemblés pour juger ces hérétiques , ils leur reprochaient de se croire plus savants que tous les docteurs de l'Eglise, qui les avaient précédés ; Théodore! , Hist. ecclés., 1. i, c. 4, p. 17. On fit de même au concile de Nicée. Ainsi en agirent encore les évêques du concile de Uimini, soit avant, soit après avoir été séduits par les ariens. Voyez les Fragments de saint Hïlaire de Poitiers, col. 1341 et 1345. A la vérité les ariens mêmes voulurent se couvrir du manteau de la tradition pour rejeter les termes de substance et de consubstanliel, en parlant du Fils de Dieu, desquels iis prétendaient que l'on ne s'était pas servi jusqu'alors. Ibid., col. 1308 et 1319. Ils appelaient ainsi tradition le silence des siècles précédents, pendant que les catholiques entendaient par là le témoignage formel et positif des docteurs de l'Eglise : ce sophisme est encore aujourd'hui renouvelé par les protestants. — En 383, au V concile de Constantinople , les ariens refusèrent encore d'être jugés par le sentiment des anciens Pères. Socrate, lîist. ecclés., I. v, cap. 10. Saint Athanase les renvoyait continuellement à cette tradition , toujours respectée et toujours suivie dans l'Eglise.

Orat. 3, contra Arian. , n. 18, p. 568; Epist. 1, ad Serap., n. 28, p. 076, n. 33, p. 682; L. deSynodis, n. 5, p. 719; Epist. adJov.,n. 2, p. 781 , etc. Saint Basile l'oppose à ces mémos hérétiques et aux macédoniens ou pneuma!oma<iu<'s, L. de Spir. sancto, c. 7 et 9 : il leur reproche leur affectation de recourir à l'Ecriture sainte, comme si les Pères des trois siècles précédents ne l'avaient pas consultée aussi bien qu'eux; il prouve par saint Paul la nécessité de s'en tenir à la tradition, et il soutient que sans celte sauvegarde on renverserait bientôt toute la doctrine, ibid., c. 19. — Nous pourrions citer saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise..

saint Jean ChrysoTome, saint Jérôme et saint Augustin, quoique les trois derniers ne soient morts qu'au commencement du v" siècle; mais les protestants font peu de cas da sentiment de ces Pères (1). Ils se plai-

(1) Le cardinal de la Luzerne a fortifié celte preuve dans sa dissertation sur les Eglises catholique el protestante. Voici comment il s'exprime : i Sainl Justin rapporte le précopte de cé'ébrer le dimanche en s'assemblani dans l'église à une tradition donnée par Jésus-Christ à ses apôtres et à ses disciples dans une de ses apparitions (Apol. i , cap. 67). Dira-t-on que ce saint martyr ignorait ce dont il parlait? Dira-t-on que Jésus-Christ n'avait pas en elîel donné ce précepte? Dira-t-on que ce précepte fait partie de la tradition écrite? Que no-, adversaires choisissent entre ces assertions ahsurdes celle qui leur plaira le plus. — Saint Irénée établit l'autorité de la tradition dans plusieurs endroits. « Quand nous appelons, dit-il, les hérétiques à la tradition qui vient des apôtres, et qui se conserve dans l'Eglise par les successions des évêques, ils comhaltentb tradition. Ceux qui dans toute l'Eglbe veulent voir la vérité, n'ont qu'à considérer la tradition des apôtres manifestée dans le monde entier. En montrant la tradition que l'Eglise a reçue des apôtres el la foi annoncée aux hommes, laquelle parvient jusqu'à nous par les successions des évêques, nous confondons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, moissonnent où ils ne doivent pas.... par l'ordination divine et par la succession, la tradition et la prédication de la vérité qui, dans l'Eglise, vient des apôtres, arrive jusqu'à nous ; et c'est la marque certaine que la même et unique foi viviticalrice se conserve dans l'Eglise depuis les apôtres jusqu'à présent, transmise avec vérité. » (Contra llœres., lib. lu, cap. 2). Deux choses sont ici certaines : la première, que saint Irénée combat les hérétiques par la tradition, et qu'il la donne comme une règle de foi ; la seconde, que la tradition dont il parle est la tradition non écrite, el non pas l'Ecriture sainte. C'est la tradition qui découle des apôtres, par les successions des évêques, c'est-àdire celle qui s'est transmise de bouche en bouche, et qui s'est ainsi conservée dans les différents sièges. Si ce Père avait en vue l'Ecriture sainte, il s'exprimerait autrement, il l'indiquerait clairement. — «J'élahlis, dit Tertuliien, cette prescription, qu'on ne doit pas prouver ce que les apôtres ont prêché, c'esl-à dire ce que Jésus-Christ leur a révélé, autrement que par les églises que les 3pôtres ont fondées, en leur prêchant, soit de vive voix, soit ensuite par leurs épîlres. Cela étant, il est certain que toute doctrine qui s'accorde avec ces églises-mères et originaires de la foi doit être regardée comme la vérité.... Ce qui est trouvé le même partout n'est pas une erreur, c'est une tradition. » (De Prœscript. , cap. 21). Que Tertuliien entende ici la tradition non éi rite, on ne peut pas le contester. D'abord il en l'ait une mention expresse, en parlant de la prédication faite de vive voix par les apôtres; ensuite, s'il voulait parler de l'Ecriture sainte, pourquoi ne la nommerait-il pas expressément? — Saint Clément d'Alexandrie, après avoir parlé de différents saints personnages qu'il avait vus, qui étaient dans une haute estime cl considération , spécialement d'un qu'il avait recherché en Egypte, qu'il dit être une véritable abeille de Sicile, recueillant le suc des fleurs de la prairie prophétique et apostolique , ajoute : Ces hommes conservaient la vraie tradition de la bienheureuse doctrine donnée pur Pierre , Jean, Paul et les saints apôtres, de même qu'un (ils la recevrait de son père. Elles sont parvenues jusqu'à nous par la volonté de Dieu, les semences apostoliques données par leurs ancêtres, et dont ils ont

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g ne ni do ce que depuis celle époque les poiïimentatenrs de l'Ecriture sainte n'ont fait nuire chose que compiler les explications

été les ilé|iObU»ires. » (Stvouir.l., |ib. i, cap. I.) Il no peut i>;is y avoir de doute que le saint docteur ne parle de la tradition non écrite, outre que tom !e

contexte l'annonce, mure que c'est une tradition reçue comme (In père au (ils ; suint Clément dit qu'elle vient des apôtres, dont plusieurs n'ont pas laissé d'écrits parmi les livres canoniques. — « Nous démontrons, dit saint Athanase aux ariens, que noue doctrine a été Iran-mise de pères en pères , comme par la main. Mais vous, nouveaux juifs, disciples de Caiphe, quels pères, quels ancêtres montrez-vous de vore eiiseigniiuenl ? Vous ne pouvez en citer aucun auteur parmi les hommes doctes et prudents. » (De Décret, iïic. sijnodi , n. 27.) — Ecoutons saint Basile, établissant l'autorité de la tradition aussi positivement qu'il soit possible, c Ce qui a été dit par nos ancêtres est ce que nous disons.... Entre les dogmes et les institutions que l'on prêche dans l'église, nous en avons quelques-uns qui sont de la doctrine produite par écrit; nous en recevons quelques autres de la tradition des apôtres, transmise avec (dus de secret. Les uns et les autres ont une égale force pour établir la piété, et ils ne sont contredits par aucun de ceux qui savent le moins du monde quelles sont les lois de l'Eglise. Car si nous entreprenons de rejeter, comme étant île peu de poids, les coutumes qui ne soni pis écrites, nous portons un grand préjudice à l'Evang le même, no plutôt nous réduis. ms à un pur nom la

prédication de la loi L'n jour ne suffirait pas

pour rapporter t"iis les dogmes transmis autrement <pie pir écrit. Que ceux qui veulent rejeter notre manière de glorifier le Seigneur, comme n'étant pas prescrite par écrit, nous montrent cl la profession de foi, et les autres choses que n«US admettons, prouvées par res Ecritures... Contre ce qu'on allègue, que la glorification avec le Saint-Esprit manque de témoignage, et n'existe pas dans les Ecritures, nous lépondons : S'il n'est rien reçu que ce qui c?î dans les Ecritures, nous consentons que cela même ne Ij soit pas. Si au contraire un grand nombre de choses soHl reçues sans être comprises dans les Ecritures, nous recevons celle-'à avec beaucoup d'autres. .Mais je suis persuadé qu'il est dans la doctrine apostolique de nous attacher même aux traditions non écrites. Saint Paul dit : Je vous loue de vous être souvenus des traditions que je vous ai apportées; et ailleurs : Conservez les traditions que vous uvez reçues, soit palmes discours, soit par mon épître. De ce nombre est celle que nous traitons ici, que ceux qui ont prêché dans le commencement ont transmise à leurs successeurs, et que par le laps de temps un long usage a enracinée dans les églises. > (De Spir. sancto, c. 7.) It peut paraître étonnant d'entendre saint fiasile dire qu'eu rejetant la tradition non écrite on porte préjudice à l'Evangile même. Maïs il faut faire attention que la tradition est d'abord l'interprète le plus fidèle de l'Evangile, et ensuite le seul garant de son aullieni ni ii* ; (|ii'ainsi la rejeter, c'est se priver du moyeu \f. plus sûr d'en connaître le vrai sens, et du seul int'yeii d'être niUiré qu'il est véritablement des auleurs sacrés dont il porte le nom. — Saint Epipliane dit : 1 La tradition est aussi nécessaire, car on ne peut pas tout chercher dans les Ecritures. C'est pour cela que les saints apôtres nous oui laissé des choses par écrit, et d'autres par tradition. Saint l'aul l'.issurc eu ces ternies : Comme je vous l\.i tuinsmis, cl ailleurs : Ainsi je renseigne, ainsi je l'ai nensmit di.ns VEg&te... Je dis que l'Eglise doit néreasarremeiit observer le rite qu'elle a reçu, transmis par se, ancêtres. Quelqu'un peut-il enfreindre la sanction maternelle, ou la loi paternelle, selon ce ', tfil Saloinoii : Ecoutez, mon fils, les discours de

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des Pères , el que l'on s'en est Içnu à lotir

lémoisnnp;c pour prouver les dogmes de la foi. Ils disenl que c'est principalement au

votre père, et ne rejetez pas la loi de votre mère, i (livres, (il, c. 0.) Ce sciait obscurcir des textes aussi clairs que ceux de saint Epiphane, que d'entreprendre de les commenter. — Saint Jérôme n'est pas moins formel et moins cl « ir, et cela dans plusieurs endroits. Répondant à des questions qui lui avaient été faites, il donne cet avis général que les traditions ecclésiastiques, et surtout celles qui ne portent aucun préjudice à la foi, doivent être observées de la manière qu'elles ont él 3 transmises parles ancèires, el que la coutume d'un pays n'est pas infirmée par l'usage contraire des autres pays. Daus une autre épître il dit que c'est d'après la tradition des apôtres que nous jeûnons pendant le carême et dans le cours de l'année aux jours convenables. Il répond aux lucifériens que, quand même il n'aurait pas l'autorité de la sainte Ecriture, le consentement de l'univers entier aurait la force du précepte; car beaucoup d'autres choses, qui sont observées par la tradition dans I s églises, ont acquis l'autorité de la loi écrite (Epist. 78, ad Lucinium). — Saint Jean Chrysostoiiic s'exprime sur notre objet aussi fortement que les précédents. « Ce n'est pas seulement par se-^ lettres, c'est aussi par ses paroles que saint 'Paul déclare à son discip'e (Tunolhée) ce qu'il doit faire. Il le montre en plusieurs endroits, disant : Soit par noire parole, soit par répitre que nous vous avons envoyée. Pour que nous n'imaginions pas que nous avons une doctrine moins étendue, il a transmis à ce disciple beaucoup de choses sans les écrire, el il les rappelle à son souvenir, en lui disant : Conservez la forme des saintes paroL's que vous avez entendues de moi. Expliquant dans une autre homélie le titre de l'Epiireaux Thessafoniciens, que j'ai cité, il s'exprime ainsi : C'Vsi pourquoi, mes frères, soyez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soïl par mes discours, soit par mon Epître. Il est clair par là que les apô res n'ont pas tout enseigné dans leurs lipîtres, mais qu'ils ont transmis beaucoup de choses sans écritures; el celles-là doivent avoir aussi notre croyance. En conséquence , naos devons regarder aussi la tradition de l'Eglise comme digne de foi. L'est la tradition; ne cherchez rien de plus. > (Ilomil. o, in Epist. lad l'un.) — Ce serait un très- long ouvrage de rapporter tout ce qu'on lit dans les ouvrages de saint Augustin, sur l'autorité de la tradition non écrite. Bornons nous à quelques passages, où sa doctrine est bien nettement exprimée. Il oppose au pélagien Julien l'autorité des l'ères qui l'ont précédé, el il la fonde sur le mè.i.o mo if que nous. < Ce qu'ils ont trouvé dans l'Eglise, ils l'ont con-ervé; ce qu'ils ont appris, ils l'onl enseigné; ce qu'ils ont reçu des pères, ils l'ont transmis aux enfants. > Parlant dans le même ouvrage du p ché originel : < Quoiqu'on ne puisse, dit-il, découvrir ce dogme par aucune raison, quoiqu'on ne puisse l'expliquer par aucun discours, ce qui est prêché de tome antiquité comme la loi catholique, el cru par toute l'Eglise, est une vérité. • Traitant de l'unité du baptême : « Nous faisons ainsi, dit-il , nous l'avons reçu de nos pères, nous le conservons dans l'Eglise catholique répandue par toute la lerre, contre les nuages de la subtilité Ne nous objectez pas l'autorité de Cyprien sur la réitération du baptême, mais suivez avec nous l'exemple de Cyprien pour la conservation de l'unité. Cette question sur le baptême n'était pas encore suffisamment approfondie, mais cependant l'Eglise observait la salutaire coutume de corriger dans les hérétiques et les si hisaiatiques ce qui est mauvais, de ne poil i réitérer ce qui a été donné, de guéiir ce qui a besoin de l'être, de ne pas traiter ce qui est sain. Je regarde celte coutume comme venant de la tradition

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iv' que se sont faites les prétendues innovations dont ils se plaignent. Voyons si cela est possible.

Huitième preuve. Les Pèros ont conslam-

des apôtres, ainsi que beaucoup d'autres choses qu'on ne trouve ni dans leurs épîtres, ni dans les conciles postérieurs; et cependant, comme elles sont observées dans loute l'Eglise, on tient qu'elles ont été transmises el recommandées par les apôtres, i Sur le baptême des enfant-;, il s'exprime ainsi : < La coutume de l'Eglise, notre mère, rclativement au baptême des petits enfants, ne doit êt/e ni méprisée ni aucunement regardée comme superflue, et on ne serait pas obligé d'y croire, si ce u'élait pas un', tradition apostolique. Si nous pouvions, dit-il, diins un autre ouvrage, consulter facilement le docie Jérôme, combien il nous citerait d'écrivains de l'une et de l'.mlre langue, qui ont ou interprété les Ecritures, ou discuté les vérités du christianisme, qui, depuis l'origine de l'Eglise, n'ont eu d'autre docirine que celle qu'ils avaient reçue de leurs pères, et qu'ils ont enseignée à leurs descendants ! Nous autres, établit-il ailleurs, professons la foi catholique, qui vient de l'enseignement des apôlres, plantée parmi nous, reçue par une suite de successions, et que nous devons transmettre pure à la postérité. » Il développe dans plusieurs endroits les principes sur l'origine des traditions non écrites, sur l'obligation d'observer comme venant des apôtres celles qui sont universelles, sur la convenance de pratiquer les usages qui se pratiquent dans le pays où on se trouve. Je n'en citerai qu'un seul passage relatif à notre objet : Ces choses que nous ob-ervons, qui sont, non pis écrites, mais transmises, et qui >ont pratiquées dans toute la terre, nous devons comprendre qu'elles ont été instituées, ou par les apôlres eux-mêmes, ou par les conciles, dont l'autorité salutaire s'étend sur toute l'Eglise. » (Contra Jul., I. il, c. 54.) — Saint Cyriiie d'Alexandrie veut que, pour réformer ses erreurs el pour revenir à la vraie foi, on étudie avec soin les écrits des saints Pères, qui sont universellement loués pour l'exactitude et la certitude du dogme. Tous ceux qui ont le cœur pur s'efforcent de se conformer à leurs opinions. La rdson qu'en donne ce Père, est que ces grands docteurs s'étant pénétrés de l'esprit de la tradition apostolique et évangéliqne, et ayant traité d'après les sainle> Ecritures les paroles de la fui avec vérité et sans reproche, sont devenus les lumières du monde, renfermant dans eux, ainsi qu'il est éciit, la parole de vie (Adu. Orient., sive liber apologelicus, anathema 8). Nous voyons ici d'abord l'autorité des saints Pères établie, ensuite la distinction faite entre la tradition évangéliquc et apostolique, enfin l'usage de la tradition pour l'intelligence de l'Ecriture. — Vincent de Lérins établit rie la manière la plus formelle la nécessité de joindre l'autorité de la tradition à celle de l'Ecriture, pour connaître la vraie loi. i Souvent , avec un grand soin et avec une grande attention, je me suis informé auprès de beaucoup de personnages distingués par leur sainteté et leur science, comment et par quelle règle certaine et générale je puis discerner la vérité de la foi catholique de la fausseté de la criminelle hérésie. J'ai reçu constamment de presque tous cette réponse : Quiconque, soit moi, soit tout autre, veut découvrir les fraudes des hérétiques, éviter leurs pièges et demeurer pur et entier dans la loi, doit, avec l'aide de Dieu, munir sa foi de deux manières : d'abord par l'autorité de la foi divine, ensuite par la tradition de l'Eglise catholique. Quelqu'un demandera peut-être : Si le canon des Ecritures est parlait, s'il se suffit surabondamment, qu'est il besoin d'y joindre l'autorité rie l'intelligence ecclésiastique? C'est parce que, à raison même de sa hauteur, l'Ecriture n'est pas entendue par tous dans le

mem soutenu qu'il n'était permis à personne de s'écarlor do la tradition ou de l'enseignement public et constant de l'Eglise, donc ils ne l'ont pas fait el n'ont pas pu le f;sire sans

même sens; mais ses expressions sont interprétées diversement par les uns et par les autres; en sorte qu'autant il y a d'hommes, autant on peut en inférer d'opinions différentes. Novalicn , Pholin, Sabellius, etc., l'entendent tous rie diverses manières. Et par ecte raison, à cause des détours si multipliés et si variés de l'erreur, il est nécessaire que l'interprétation de la doctrine prophétique et apostolique soit dirigée selon le sens ecclésiastique et catholique. Dans l'Eglise catholique, il faut avec le plus grand soin tenir ce qui partout, ce qui toujours, ce qui par tous a été cru... C'est ce qui arrivera, si nous suivons l'universalité, l'antiquité, le consentement... Nous suivrons l'antiquité, si nous ne nous écartons nullement des sentiments qu'il est manifeste que les Pères ont publiés. Nous suivrons le consentement, si dans l'antiquité nous nous attachons aux sentiments et aux définitions de tous ou de presque tons les évoques et les maîtres. > (Comm., c. 1,2, 3.) — Au conciliabule appelé vulgairement le hr gandage d'Epbcse, Dioscore, chef de l'hérésie eulychienne, invoqua en faveur de sa cause l'autorité des saints Pères. Tout le concile, cl les évêques catholiques comme les autres, reconnurent celle autorité, dirent anatlièmeà qui voudrait innover, et déclarèrent qu'ils conservaient la foi des saints Pères. (Inier Acta conc. Chalced., act. \, Collecl. Harduini, t. VIII.) Ainsi c'était un principe reconnu universellement, et parles hérétiques, et par les catholiques, que la tradition est une règle de foi. — Saint Léon reconnaît et établit diserlement l'autorité des saints Pères, que les hérétiques seuls contredisent. < Pour que votre piété sache que nous sommes d'accord avec les instructions des vénérables Pères, j'ai cru devoir ajouter à ce discours quelques-unes de leurs maximes. Si vous daignez y faire attention, vous verrez que nous ne professons que ce que nos Pères ont enseigné à loul l'univers , et que personne ne diffère d'eux, sinon les impies hérétiques. Votre sollicitude doit exhorter au progrès de la foi le peuple, le clergé el toute la fraternité, de manière à montrer que vous n'enseignez rien de nouveau, mais à faire pénétrer dans tous les cœurs ce que les Pères de vénérable mémoire ont enseigné par une prédication unanime, et auxquels notre épitre est conforme en lout point. Vous devez, el par vos propres discours, el par la récitation et l'exposition des écrits antérieurs, faire connaître au peuple que, dans la docirine actuelle, on lui prêche ce que les saints Pères avaient reçu de leurs prédé esseurs, et ont transmis à leurs successeurs. Après avoir lu d'abord les enseignement» de ces anciens évêques, lisez-lctir ensuite mes écrits, afin de leur prouver que nous n'enseignons pas autre chose que ce que nous avons reçu de nos auteurs : qu'en tontes choses donc, et dans la règle de la foi, et dans l'observation de h discipline, le langage de l'antiquité soit conservé. > (Epist. 105, ad Prolerium, Alex.epise., c. 2 el5.) — Les successeurs des divins apôtres, dit Tbéodorel, furent des hommes dont quelques-uns ont entendu leurs voix sacrées, et ont eu le bonheur de vivre dans leur admirable société. Beaucoup d'entre eux aussi ont été décorés de la couronne du martyre. Vous est-il donc permis d'agiter contre eux une langue blasphématoire. > (Dial. 1, Imtnutabilis.) Quel mal y aurait-il donc, quel blasphème, de combattre la doctrine des successeurs des apôtres, si ce n'était pas celle ries apôtres qu'ils avaient reçue cl transmise 7

«Voilà une longue suite de saints docteurs des premiers et des plus beaux siècles du christianisme cl des lemps où nos adversaires reconnaissent que la foi de l'Kglise était pure, qui établissent d'une ma-

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