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solidilé du principe sur ic>{uel est fondé le dogme du purgatoire, pendant que ses pareils ont fait des livres pour prouver que c; principe est faux et contraire à l'Ecriture sainte. Mais, pour ne pas paraître infidèle à sa secte, il soutient que le purgatoire des philosophes, qui consistait dans la transmit/ration des âmes, remporte infiniment sur celui de l'Eglise romaine, et du côté de la raison, et par l'ancienneté, cl par la pluralité des suffrages; qu'il vaut mieux à Ions égards, et qu'il ne pouvait pas produire les mêmes abus.
A toutes ces absurdités nous répondons d'abord, qu'en fait de dogmes révélés la raison n'a rien à y voir ; ce n'est point à elle d iî juger s'ils sont vrais ou s'ils sont faux ; tout ce qui est clairement révélé e^t certainement vrai, tout ce qui est opposé à la révélation est nécessairement faux : vouloir on juger p::r une aulre méthode, c'est établir le déisme. Voy Examev. Or, le purgatoire catholique est enseigné dans l'Ecriture sainte, nous l'avons prouvé dans son lieu, et la transmigration des âmes y est contredite. Nous lisons dans saint Lue, c. xvi, v. "22, que le pauvre Lazare mourut et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham, que le mauvais riche après sa mort fut enseveli dans l'enfer, lieu de tourments; ces deux âmes ne passèrent point dans d'autres corps. Voilà ce qui a fondé les décrets du 11e concile de Lyon et de celui de Florence, par lesquels il est décidé que la récompense des justes et la punition dos méchants ne sont point retardées jusqu'au jugement dernier. L'hypothèse des transmigrations est opposée à ce qui est dit dans l'Ancien et le Nouveau Testament, des résurrections miraculeuses ; dans celte hypothèse, pour ressusciter un homme, il aurait fallu en tuer un autre. Il s'ensuivrait qu'aucun pécheur ne serait «lamné, parce que tous seraient punis par des transmigrations ; Jésus-Christ dit au contraire que les méchants iront au supplice éternel , el les justes à la vie éternelle. Matlh., c. xxv, v. 46. Origèno a très-bien vu celle conséquence, t. XIII, in Matlh., si. 1. En second lieu, l'antiquité ne donne aucun poids aux erreurs, mais elle rend la mérité plus respectable ; or, la foi des patriarches qui désiraient cl qui espéraient de dormir avec leurs pères., Gen., xlvii, v.30, est beaucoup plus ancienne que les rêveries des philosophes transplantaleurs des âmes. Après bien des transmigrations, ceux-ci ne pouvaient rien espérer de mieux que d'être absorbés dans l'essence divine, où ils ne sentiraient plus rien. La pluralité des suffrages prouve encore moins, el elle est ici faussement supposée ; la métempsycose n'a pour elle que les suffrages des philosophes païens el des Indiens, le purgatoire a celui des écrivains sacrés, des Juifs, des Pères et de toute l'Eglise catholique. Enfin il est faux que ce dogme ail produit d'aussi mauvais effets que l'erreur précédente. La transmigration des âmes, admise parles Indiens, leur fait envisager les maux de cdlc vie-,
non comme une épreuve utile à la venu, mais contins la pun îion des crimes commis dans un aulre corps; n'ayant aucun souvenir de ces crimes, leur croyance ne peut servir à leur en faire éviier aucun. Elle fait condamner les veuves à un célibat perpétuel, cl'e inspire de l'horreur pour la cas'c ou la tî ibu des parias, parce que l'on suppose que ce sont des hommes qui onl commis des crimes affreux dans une vie précédente. Elle donne aux Indiens plus de charité pour les animaux, même nuisibles, que pour les hommes, et une aversion invincible pour les Européens, pane qu'ils luent les animaux el en mangent la viande. La multitude des transmigrations fait envisager les récompenses de la vertu dans un si grand éioignemcnt, que l'on n'a plus le courage de les mériter, etc. Au mot Purgatoire, nous avons fait voir que ce dogme n'a jamais produit les mauvais effets que les protestants lui attribuent.
Si l'on demande à quel dessein Beausobre a rassemblé tant d'impostures et tant d'absurdités à ce sujet, il l'a fait assez connaître : il vou'ait, aux dépens des Pères do l'Eglise el des catholiques, justifier les manichéens et les autres hérétiques qui onl enseigné la transmigration des âmes.
Les Juifs ont appelé transmigration de Babylone, leur retour dans la Judée après la captivité : mais il esl faux qu'ils aient fait du dogme que nous venons de réfuter, la base de leur religion, comme quelques demiphilosophes très-mal instruits l'ont dit au hasard dans les relations récentes, en parlant des Indiens.
TRANSSUBSTANTIATION. Voy. Eucharistie , § 2.
TUAPPE, célèbre abbaye de l'étroile observance de Cîtcaux, située dans le Perche, aux confins de la Normandie, à quatre lieues de Morlagne, vers le nord. Elle fut fondée l'an 1140, sous le pontificat d'Innocent II el sous le règne de Louis YTI, par Botrou, comte du Perche, et fut d'abord de l'ordre de Savigny. L'an 1148, cet ordre se réunit à celui de Gîteaux, à la sollicitation de saint Bernard. Celle maison fut d'abord distinguée par la sainteté de ses religieux : quoiqu'elle eût été saccagée plusieurs fois par les Anglais pendant les guerres que nous avions pour lors avec eux, les moines eurent le courage d'y demeurer encore pendant quelque temps ; enfin la continuité du danger auquel ils étaient exposés les en fit sortir. La guerre ayant cessé, ils y revinrent tous ; mais ils avaient eu le temps de se relâcher dans le monde, et de perdre leur première ferveur. En 1526 la Trappe eut des abbés commendataires ; en 1662 l'abbé Armand Jean Le Boulhillier de Hancé, qui la possédait, entreprit d'y mettre la réforme, et il en vint à bout; il y rétablit l'étroite observance de la règle de sainl Bernard en l'embrassant lui-même, cl depuis ce temps-là elle s'y est soutenue jusqu'à nos jours. Si l'on veut voir un détail abrégé el Irès-édifiaiil de la vie de ces religieux, on le trou-