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venls , en particulier à Cer-froid , chef-lieu de l'ordre. Ceux qui s'y conforment ne portent point de linge, disent matines à minuit, no t'ont gras que le dimanche, etc.
Une faut pasconfondre avecles trinitaires, les Pères de la Merci, ou de la Rédemption des Captifs , institués dans le même dessein à Barcelone l'an 1223 , par saint Pierre Nolasque , gentilhomme français ; nous en avons parlé au mot Merci.
Un célèbre incrédule de notre siècle n'a pu s'empêcher de donner des éloges à celte inslilulion. Après avoir parlé de plusieurs congrégations dévouées au service du prochain : « II en est, dit il, une autre plus héroïque : car ce nom convient aux trinitaires de la rédemption des captifs , établis vers l'an 1Î20, par un gentilhomme nommé Jean de Matha. Ces religieux se consacrent depuis cinq siècles à briser les chaînes des chrétiens chez les Maures. Ils emploient à payer les rançons des esclaves leurs revenus et les aumônes qu'ils recueillent et qu'ils portent eux-mêmes en Afrique. » Essais sur l'Hist. gén.y c. 135.
Trinitaires , religieuses. Saint Jean de Mjtha avait établi d'abord en Espagne une congrégation de filles de la sainte Trinité, qui n'étaient que des oblales, et qui ne faisaient point de va^ux ; en 1201, l'infante Constance, fille de Pierre II, roi d'Aragon, leur fil bâtir un monastère, les engagea par son exemple à y faire la profession religieuse, et elle y fut la première supérieure. Arers l'an 1612, Françoise de Uomero , fille d'un lh'utenant-général des armées d'Espagne, voulant se consacrer à Dieu, rassembla des compagnes ; elles se mirent sous la direction du P. J. an-Baptiste de la Conception, qui avait établi les trinitaires déchaussés, elles prirent l'habit , et embrassèrent l'institut de cet ordre. Les religieux ayant refusé de se charger du gouvernement de ces filles, elles s'adressèrent à l'archevêque de Tolède, qui leur permit de vivre suivant la règle qu'elles avaient choisie. On ne nous dit point à quelle bonne œuvre particulière elles se destinèrent. — Enfin il y a encore un tiers-ordre de trinitaires. Yoy. Tiers-Ordre.
TRINITÉ. Le mystère de la sainte Trinité est Dieu lui-même subsistant en trois personnes, le Père, le Fils et le Sainl-Espril, réellement distingués l'un de l'autre, et qui possèdent tous trois la même nature divine, numérique e!. individuelle (1).
(1 ) Nous avonséludié les trois personnes divines chacune en particulier, aux mois Pèke, Fils, Esprit (Saint-) : mais pour avoir de la Trinité une idée ans m complète qu'il est donné à la nature humaine de la pusséder, il faut encore les mettre en rapport les unes avec les autres, donner de chaque personne une notion qui puisse la faire connaître suffisamment ; colin rechercher si une personne divine possède sur une autre personne divine quelque droit : il se manifeste surtout par la mission. De là les questions que nous avons à exaimner. Elles concernent les relations, les notions et les missions divines.
Relations tiivihes. — Qu'il y ait des relations
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Il n'y a qu'un seul Dieu; cette vérité est le
fondement de 1 ri foi chrétienne ; mais celte
même foi nous enseigne que l'unité même de
entre les personnes divines, c'est ce qui résulte évidemment de la génération du Verbe et de la procession du Saint-Esprit. Qui oserait nier qu'il y ait entre le Père et le Fils des rapports de paternité et de filiation? entre le Saint-Esprit et les deux autres personnes un rapport de spiration ? Personne, sans doute ; car contester la réalité de ces rapports ce serait nier la Trinité elle-même. Prétendre qu'ils ne sont qu'une idéalité, ce serait ôter toute réalité à la Trinité. Erreur monstrueuse, que nous avons combattue ailleurs, et que nous nous croyons dispensé de réfuter de nouveau, L'existence des relations divines est donc, pour tout bon catholique, un point de doctrine hors de toute espèce de doute.
Quel en est le nombre ? Pour établir le nombre des relations div.nes, il suffit de réfléchir un instant sur le fondement qui leur sert d'appui. Les motifs que nous avons développés en établissant leur existence, ont déjà fait comprendre que les relaiions divines sont fondées sur l'origine des personnes. Or, toute espèce de procession emporte nécessairement deux relations ; l'une, de la puissance génératrice à l'être engendré, et l'autre de l'é.re engendré à la puissance génératrice. Mais en Dieu il y :i deux processions, l'une du Fils et l'autre du Saint- Esprit. Il doit donc y avoir quatre relations, l'une du l'ère au Fils, c'est le rapport de paternité ; la seconde du Fils au Père, c'est un rapport de filiation ; la troisième du Père et du Fiis au Saint-Esprit, c'est un rapport de spiration active; la quatrième du Saint-Espiil au Père ei au Fils : c'est un rapport de spiration passive. Voilà les seules relations essentielles que nous puissions apercevoir entre les personnes divines. Nous les résumons en deux mots : la paternité, la filiation, la spiration active et la spiration passive.
Ici une question se présente naturellement. Que sont en Dieu ces relations ? Méritent-elles le nom de véritables perfections? Quoi qu'en aient dit quelques théologiens, nous ne craignons pas de nous déclarer poar l'affirmative. Les Pères, nos maître, dans la foi , nous assurent que le l'ère est parfait, non-seulement parce qu'il est Dieu, mais encore parce qu'il est Père (S. Cyril., Thesaur., lib. i, c. <>), que le mode d'existence d'une personne divine, ou la relation, est une perfection (S. Damasc., de Fid.f lib. i, c. 11). Ces autorités sont trop vendables pour que nuus osions les contredire. Ecoulons encore la raison sur ce sujet ; que nous dit-elle? Elle nous dit qu'un principe de léeondiié et de perfection est incontestablement une perfection. Ces propriétés conviennent parfaitement aux relations divines ; elles nous rappellent la fécondité du Père et du Fils. La subsistance relative du Fils a été un principe de perfection pour l'humanité du Cbiïsi. Par ces motifs, nous concluons que les relations divines sont de véritables perfections. — Il y a cependant une difficulté qui paraît embarrassante au premier abord. Si les relations divines sont de véritables peilections, il suit de là qu'une personne divine possède une perfection que les autres ne possèdent point. Les trois personnes de la Trinité ne sont donc pas aussi parfaites l'une que l'autre, comim; l'enseignent communément les catéchismes. N"US pourrions répondre que la relation que possède une personne divine égale en perfection celle dont il est privé, et que par là même l'égalité se trouve conservée. Pour résoudre la dilïicullé, nous aimons mieux énoncer une proposition que nous démon rerons dans qutl jues instants. Il n'y a aucune différence entre l'essence divine et les relaiions divines : or, l'essence divine est commune aux trous
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Dieu tsl leçon .le, que la nalure divine, sans cesser d'élre une, se communique par le Père au Fils, par le Père et le Fils au Sainl-
l ersonnos divines, donc les perfections qui y résident le sont aussi. — La réponse que nous venons de donner suppose qu'il n'y a aucune différence mire les relations et l'essence divine. Essayons de démontrer celte proposition. Il y a nn principe reconnu de tous les théologiens, ei longuement développé dans le Truite des atlriinits de Dieu, c'est que : dans les choses divines il faut admettre l'unité lorsiiu'il n'y a pas opposition de relation. Je cherche quelque "pposiliaa en re l'essence divine el les relations divines ; je n'en vois aucune. Il y a donc unité, et eonséquemmenl pas de différence. — Doiton aussi admettre qu'il n'y a pas de distinction entre les relati ms ? Les relations d'origine peuvent être mises en regard de relations opposées; telles la paternité avec la libation, la spiralion active avec la fcpiraticn passive ; alors il y a distinction réelle. S'il n'y avait aucune différence entre les relation?, il n'y en aurait pas entre les personnes divines, puis que les relations sont fondées sur la distinction des personnes. Si, an contraire, on vient à considérer les relations qui ne sont point opposé 'S, telle la paternité mise en regard de la spiralion active, alors il n'y a pas de distinction réelle. Le concile de Lair;m, tenu sous Inn cent III, a défini qu'il n'y a pas de quaierni;é en Dieu. Or, si U paternité et la filiation étaient distinctes de la spiralion active, il y aurait qualernilé, savoir, la paternité, la liliaiion, la spiralion active et la spiralion passive, puisque le nombre des personnes esl fondé sur le nombre des relations distinctes. Donc il n'y a en Dieu aucune distinction réelle et effective entre ces espèces de relations.
Des métaphysiciens d'une logique extrêmement subtile font des objections trop peu importantes pour que nous ies examinions.
II. Xolions divines. — Le but des notions divines, comme nous l'avons remarqué, est de faire connaître el distinguer les personnes divines. Pour qu'un caractère mérite réellement le nom de notio'i divine, il doit être revèlu de certaines conditions. Nous allons les énoncer. Il faul 1° qu'il ne soit point commun aux trois personnes divines; auireiurnl.ee ne seiail point une note distinctive. Il faut 2° qu'il concerne i'origine d'une personne divine, car l'origine esl le principe dislinctif des personnes de la Trinité. Il faut 5° qu'il soit un litre de dignilé. Un tel litre mérite seul d'être appliqué à une personne divine. L'improductivité du Saint- Esprit ne peul donc êlre donnée comme une notion divine. Il faut 4° qu'il désigne une qualité permanente, puisque la personne divine est stable el fixe par elle-même. — De ces conditions requises co umunément par les théologiens, nous pouvons déduire le nombre des notions divines. Nous en comptons cinq : l'innascibililé, la paternité, la filiation, la spiralion aciive et la spiralion passive. Deux motifs ont engagé les théologiens à admettre des notions divines ; 1° la nécessité de distinguer les personnes ; 2* le besoin d'en déterminer le nombre contre les hérétiques. Pour atteindre ce double but, il faul cinq notions divines. Il y en a quatre qui soni nécessaires pour distinguer les personnes : la paternité pour distinguer le Père du Fils, la filiation pour distinguer le Fils du Père, la spiralion active pour distinguer le Père et le Fils du Saint-Esprii, et la spiralion passive, pour distinguer le Saint-Esprit •lu l'ère el du Fils. Il faul une cinquième notion pour meure le dogme catholique en sùrelé contre les attaques des hérétiques , c'est l'innascibililé du Père. Car, pour ne pas adineilre plus de deux processions en Dieu, il est nécessaire de déclaier que I une des trois per?onne5 n'a pas été produite. C'est M que n'explique pas suffis miment U palernir,
Esprit, sans aucune division ou diminulion de ses attributs ou de ses perfections. Ainsi le mot Trinité signifie l'unité des trois personnes divines quant à la nature, el leur distinction réelle quant à la personnalité. Ce mystère est incompréhensible sans doute, mais il est formellement révélé dans l'Ecriture sainle cl dans la tradition. Nous devons donc, l°en apporter les preuves; 2° voir ce que les hérétiques y opposent ; 3° justifier le langage des Pères de l'Eglise el des théologiens. Dans l'article suivant, nous examinons si ce mystère esl tiré de la philosophie de Platon. § I'r. Preuves du dogme de la sainle Trinité. 1° Malth., c. xxvin, v. 19, Jésus-Chrisl dit à ses apôtres : Allez enseigner toutes les na- (ions; baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Le dessein de notre Sauveur ne fut ceitainetncnt jamais de faire bapliser les fidèles en un autre nom que celui de Dieu, ni de les consacrer à d'attirés) êtres qu'à Dieu ; voilà cependant trois [ e:sonnes au nom desquelles il veat que lo baptême soit donné : il faut donc que chacune des trois soit véritablement Dieu, sans qu'il s'ensuive de là qu'il y a trois dieux; par conséquent, que la nature ou l'essence divine soil commune à toutes les trois sans
puisqu'un père peut cire produit par un autre père. De là la nécessité d'admettre une cinquième notion divine, l'innascibililé, qui nous fail comprendre que le Père ne procède de personne.
III. Missions divines. — En engendrant une personne divine, le principe générateur peul avoir eu le dessein de l'employer à un effet temporel. C'est ce qui constitue la mission divine. Elle peul donc se définir : la destination à un effet temporel d'une personne divine par celle de qui elle procède. De notre définition nous pouvons déduire quelles sont les personnes de la Trinité qui soni soumises à la mission. Puisque la procession est nécessaire, le Père ne peut point y être soumis. Le Fils doit la recevoir du Père, et le Saint-Esprit du Père el du Fils. C'est une conséquence de leur procession. Nous en trouvons la preuve dans l'Ecriture : Sicut misil me vivens Pater, el ego vivo propler Palrem, dit Jésus-Christ (Joun. vi, 58). Spiritus sanclus quem millet Pater in nomine meo, ille vos doceblt omnia (Joan. xiv, 15). Cum venerit ille Paruclelus quem e;\o mitiam vobis a Pâtre, Spirilum veritalis qui a Pâtre procedit (Joan. xv).
L'inégalité des personnes semble êlre une suile de la proposition que nous venons d énoncer. .Mai- , pour peu qu'on réfléchisse sur la nature divine, on comprend bientôt qu'il n'y a pas d'inégalité, liabert fail à ce sujet une observation fort judicieuse. Jamais, dit il, une personne divine n'est envoyée sans que l'autre, qui est soumise à la mission, n'arrive en même temps, el que le Père ne vienne, à cause de l'intime union qui existe cnlre les personnes divines par la circumincession. Et de plus, les elTels temporels, objets de la mission, sont communs à toutes les personnes, puisqu'ils procèdent et la toute puissance. Cependant, à raison de l'espèce de^ eiïels temporels, ils sont appropriés à telle ou telle personne divine. Dans les dons qui regardent l'intelligence, c'est au Fils ; dans ceux qui concernent la volonté, c'est a.i Saini-Kspril. Ou doit comprendre pourquoi une perso.jne esl dile envoyée plutôt qu'une au:re.
Nous ne non-, arrêterons pas plus longtemps à développer une matière fort obscure, et que da guùis ibédogionj louchent à peine.
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aucune division. Aussi les Fores de l'Eglise «t les théologiens observent que Jésus-Christ a dit, au nom, sans se servir du pluriel, afin de marquer l'unité de la nature divine; qu'il ajoute, du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, en répétant la c injonction copulative, afin de faire sentir l'égalité parfaite de ces trois personnes distinctes. Ce ne sont donc pas ici trois dénominations seulement, trois manières d'envisager une seule et même personne, trois attributs relatifs à ses différentes opérations , comme le prétendent quelques sociniens : que signifierait le baptême donné au nom de trois attributs ou de trois opérations de la Divinité? Il est dit ailleurs qu'il est donné au nom de Jésus- Christ; il faut donc que ce divin Sauveur soit l'une des trois personnes qu'il désigne, *\l que les deux autres soient des Etres aussi réellement subsistants que lui. Voy. Personne.
On nous objecte que le nom de personne n'est donné dans l'Ecriture ni au Fils ni au Saint-Esprit. Mais il n'y est pas non plus attribué au Père : aucun hérétique n'a cependant nié que Dieu le Père ne fût une personne, un Etre subsistant et intelligent. D'ailleurs, lorsque saint Paul, Philipp., ci ir, v. 6, dit de Jé^us-Christ, Qui cum in forma Dei esset, etc., nous soutenons qu'il faut traduire, qui étant une personne divine, puisque cela ne peut pas signifier qu'il avait la figure, l'extérieur, les apparences de la Divinité. Et lorsque le même apôtre dit, // Cor., c. il, v. 10': Si j'ai accordé quelque chose, je l'ai fait dans la personne de Jésus-Christ, cela signifie évidemment, je l'ai fait de sa part, par son autorité, comme le représentant et tenant sa place. Ce ne sont point là «le simples dénominations.
2° Nous lisons dans saint Jean, Epist. I, c. v, v. 7 : // y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel; le Père, le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une unité, unum; v. 8, et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois sont une même chose. L'esprit, Ve.ciu et le sang sont les dons miraculeux du Saint-Esprit, le baptême et le martyre. Si les trois témoins du v. 7 étaient de même espèce, ils ne rendraient point témoignage dans le ciel, mais sur la terre, comme ceux du v. 8. Or, dans le temps auquel l'apôtre parlai!, le Père, le Verbe et le Saint- Esprit étaient certainement dans le ciel. Nous savons que l'authenticité du v. 7 est contestée , non-seulement par les socinieus , mais encore par de savants catholiques, il ne se trouve point, disent-ils, dans le trèsgrand nombre des anciens manuscrits; il a donc été ajouté dans les autres par des copistes téméraires. Mais il y a aussi des manuscrits non moins anciens, dans lesquels il se trouve. On conçoit aisément que la ressemblance des premiers et des derniers mots du v. 7 avec ceux du v. 8 a pu donner lieu à des copistes peu attentifs de sauter le septième; mais qui aurait été l'écrivain assez hardi pour ajouter au texte de saint
Jean un \erset qui n'y était pis? Une preuve que la différence des manuscrits est venue d'une omission involontaire et non d'une infidélité préméditée, est que, dans plusieurs, le v. 7 est ajouté à la marge, de la propre main du copiste. En second lieu, dans le v. G, l'Apôtre a déjà fait mention de l'eau, du sang et de l'esprit qui rendent témoignage à Jésus-Christ : est-il probable qu'il ait répété tout de suite la même chose dans le v. 8, sans aucun intermédiaire? L'ordre et la clarté du discours exigent absolument que le v. 7 soit placé entre deux. Enfin ceux qui soutiennent que le 7e verset est une fourrure, sont obligés de soutenir que ces mots du verset 8, sur la terre, ont encore été ajoutés au texte, parce qu'il* sont relatifs à ceux du verset précédent, d uns le ciel. C'est pousser trop loin la témérité des conjectures. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au me siècle, près de cent ans avant le concile de Nicée, Tertullien et saint Cyprien ont cité ces mots du v. 7, ces trois sont un, le premier, lib. adv. Prax., c. 2; le second, lit», de Unitaie EccL, p. 196. Nous n'avons point de manuscrits qui datent de si loin. Aussi les plus habiles critiques, soit catholiques, soit prolestants, soutiennent l'authenticité de ce passage; dom Calmet les a cités dans une dissertation sur ce sujet, Bible d'Avignon, t. XVI, p. 462.
On nous demande pourquoi il n'a pas été allégué parles Pères du ive siècle, dans leurs disputes contre les ariens , et dans leurs traités sur la Trinité. 1" Saint Hilaire répond pour nous que la foi des chrétiens était suffisamment fondée sur la forme du baptême, 1. il de Trinit., n. 1. 11 ajoute qu'il ne faut pas blâmer une omission, lorsque l'on a l'abondance pour choisir, I. vi, n. 41. 2° Contre les arions il n'était pas question de prouver la divinité des trois personnes, mais seulement celle du Fils. 3" Ces hérétiques, sophistes aus>i pointilleux que ceux d'aujourd'hui, en comparant le v. 7 avec le v. 8, auraient conclu que les trois personne» divines n'avaient entre elles qu'une unité do témoignage, comme l'esprit, l'eau et le sang. 4° Plusieurs des Pères ont pu avoir des exemplaires dans lesquels le v. 7 était omis. Mais enfin sommes-nous obligés de rendre raison de tout ce que les Pères ont dit ou n'ont pas dit? Jamais question de cri:ique n'a mieux prouvé que celle-ci la nécessité de nous en tenir à la tradition , ou à l'enseignement commun cl constant de l'Eglise, louchant le nombre, l'authenticité, l'intégrité des livres de l'Ecriture sainte et de toutes leurs parties. 3° Le dogme de la sainte Trinité est fondé sur tous les passages que nous avons c;lés pour prouver la divinité du File, de Dieu et celle du Saint-Esprit. Voyez ces deux mots. Bai ni Paul, // Cor., c. xm-, v. 13, salue ainsi les fidèles : Que la grâce de Notre- Seigneur Jésus-Christ, r amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soit avec vous tous. Saint Pierre, Epist. I, c. n, v. 1, parie à ceux qui sont élus, selon la presciefice de Dieu le Père, pour être sanctifiés par l'esprit, ,
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/;oi/r /«u o6#«r e* pour f't/e lavés pur le sflBtg obligés do nier l'incarnation du Verbe et la (/e Jésus-Christ, Voilà dos opération! qui no ditinilé de Jésus-Chris», la rédemption du peuvent èl:e attribuées qu'à des personnes monde dans le sens propre, les mérites inou à des êtres subsistants, finis de ce divin Sauveur, la satisfaction Los expl calions fonces que 1rs sociniens qu'il a fuite à la justice divine pour les pédonnent à tous ces passages, les subtilités chés de tous les hommes ; plusieurs ont enpar lesquelles ils en détournent le sens, dé- scigné qu'on ne doit pas lui rendre le culte montrent qu'ils sont dans l'erreur; jamais suprême ou l'adoration proprement dite. !1 des interprétations aussi extraordinaires a l'ai u nier le péché origine!, ou du moins n'ont pu venir à l'esprit des premiers tidè- sa communication à tous les enfants d'Adam, les. Si les apôtres avaient parlé le langage le besoin qu'ils avaient d'une rédemption et de ces hérétiques, ils auraient tendu à leurs d'une grâce sanctifiante pour être rétablis prosélytes un piége inévitable d'erreur. Ce- dans la justice, la validilé du baptême des pendant, s'il y a une question essentielle au enfants, l'efficacité des sacrements, la néchristianisme, c'est de savoir s'il y a un cessilé d'un secours naturel pour faire des Dieu ou s'il y en a trois. Comment peut-on œuvres méritoires, etc. lin ajoutant à toutes soutenir d'un côté que l'Ecriture sainte est ces erreurs celles des protestants, les sociclaire cl très-intelligible sur tous les articles nions ont réduit leur christianisme à un pur fondamentaux ou nécessaires au salut, et de déisme, et plusieurs n'en sont pas demeurés l'autre, prêter aux écrivains sacrés un shle là. Voy. Socimanismk. Après ce progrès d'imaussi énigiuatique? piété qui avait été prévu par les théologiens,
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tain que dans les trois premiers siècles, à lianisme tel que Jésus Christ et les apôtres
dater depuis les apôtres, le culte de latrie, l'ont prêché, et à prévenir la chaîne d'er-
le culte suprême, l'adoration prise en ri- reurs que nous venons d'exposer; à sou-
gueur, a été rendu aux trois personnes de mettre à la parole de Dieu notre raison et
la sainte Trinité, cl à chacune en particulier; notre intelligence, hommage le plus pro-
donc l'on a cru que chacune est véritable- fond et le plus pur qu'une créature puisse
meut Dieu. Nous pourrions le prouver par rendre à son souverain maître; à nous ins-
celui de nos ennemis. Or, il est constant que notre religion n'est pas l'ouvrage des
que Praxéas et Sabellius ont accusé les or- hommes, puisque l'idée qu'elle nous donne
thodoxes de trithéisme, à cause de cette de la Divinité n'a jamais pu leur venir ra-
adoration, TerluUiun. ad Prax., c. 2, 3 et 13. turellemenl à l'esprit; aucun d'eux n'était
L'auleur du dialogue intitulé Pliilopalris , capable de former un système de croyance
qui a écrit sous le règne de Trajan, au corn- si bien lié, que l'on ne peut en nier un seul
mencement du u' siècle, tourne les chré-» article sans renverser tous les autres, à
tiens en ridicule, au sujet de ce même culte, moins que l'on ne veuille se contredire, il
« Jure-moi, dit-il, par le Dieu du ciel, cter- est démontré que si celui des sociniens était
nel, et souverain Seigneur, par le Fils du vrai, le christianisme, tel que nous le pro-
Père, par l'Esprit qui procède du Père, un fessons, serait une religion plus faussa et
en trois, et trois en un; c'est le vrai Jupiter plus absurde que le mahometisme; qu'à eu
et le vrai Dieu. » 11 fallait que la croyance juger par l'événement, la venue de Jésus-
des chrétiens fût déjà bien connue, pour Christ sur la terre y aurait produit plus de
qu'un païen pût l'exprimer ainsi. Cette foi mal que de bien. Voy. Abauie, Traité de la
était d'ailleurs attestée par la forme du bap- divinité de Jésus-Christ.
tome; le 50e canon des apôtres ordonne de § 11. Objections des hétérodoxes. Oii nous
l'administrer par trois immersions, et avec demande s'il y a de la raison et du bon sens
les paroles de Jésus-Christ; c'était, selon les à croire ce que nous ne concevons pas; nous
Pères, une tradition des apôtres et un rit répondons qu'il n'y aurait ni raison ni bon
établi pour marquer la distinction des trois sens à refuser de croire. Nous imitons la
personnes divines. Voy. les Notes de Bévé- conduite d'un enfant qui, instruit par sou
ridge sur ce canon. D,.ns la sube on ajouta père, croit à ses leçons, quoiqu'il ne les
la doxologie, le Irisation, le Kyrie répété comprenne pas, parce qu'il compte sur les
trois fois en l'honneur de chaque per- connaissances, sur la droiture et sur la ten-
sonne , etc., pour inculquer toujours la dresse de son père; celle d'un avcugle-ne
même vérité. qui croit ce qu'on lui dit touchant la lu-
5e Une preuve non moins frappante de la inière et les couleurs, auxquelles il ne con-
vérilé du dogme catholique touchant ce çoil rien, parce qu'il sent que ceux qui ont
mystère, est le chaos d'erreurs dans lequel des jeux n'ont aucun intérêt à le tromper,
les sociniens se sont plongés, dès qu'ils l'ont et que tous ne peuvent pas se réunir pour
attaqué; erreurs qui sont les conséquences lui en imposer; celle d'un voyageur qui,
l'une de l'autre. Des ce moment ils on! été obligé de marcher dan» un pays inconnu,
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