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leurs ces mêmes usages se sont retrouvés aux deux extrémités du monde chez dos sauvages isolés et privés de tout commerce avec les autres nations ; donc ils ne leur sont pas venus par emprunt, mais par un instinct naturel. Or, rien n'était plus naturel aux Orientaux encore nomades, qui passaient les nuits à la garde de leurs troupeaux, que de \oiravee satisfaction le renouvellement de la lune dont la lumière leur était si nécessaire, d'annoncer ce phénomène par des démonstrations de joie et par le son de leurs instruments rustiques. Jusque-là cette fêle n'avait rien de hlâmable, elle était conforme à l'intention du Créateur, Gcn.,c. i, v. IV. Elle n'est devenue superstitieuse que quand ces mêmes peuples ont commencé à prendre les astres pour leurs dieux. Mais les patriarches n'adoraient point les astres, Job> c. xxxi, v. 2o, el Moïse avait sévèrement défendu ce culte aux Juifs, Dent., c. n, v. 19; c, xvn, v. 3. Il n'aurait certainement pas conservé les néoménies, s'il les avait regardées comme des fêles païennes dans l'origine, et comme des pratiques d'idolâtrie. 2° L'on raisonne encore plus mal en disant : Moïse a pris les plus grandes précautions pour que les néoies des Hébreux ne fussent consacrées qu'an vrai Dieu, et pour en bannir toute pratique d'idolâtrie et de superstili jii ; donc il a imité au fond les fêtes des païens, il n'en a retranché que les abus. Pour que celte conséquence fût juste, il faudrait prouve r solidement que les païens ont céiébro les néotiiénies avant les adorateurs du vrai Dieu : voilà ce que Spencer n'a pas fait et ce qu'il lui était impossible de faire. Il n'a pas prouvé non plus que du temps de Moïse les nations idolâtres annonçaient les néoménies par le son des trompettes ; il n'a pu citer que des auteurs profanes postérieurs de mille ans au moins à ce législateur : étaient-ils en état de noas apprendre ce qui s'est passé, pendant cet intervalle, chez les nations dont ils parlaient ? 3° Nous avons des témoignages positifs plus anciens pour faire voir que les Israélites ont observé les néoménies et les ont annoncées par le son des trompettes, longtemps avant Moïse. David, qui ;; précédé de pLis de cinq cents ans tous les historiens profanes, dit aux Juifs, Psul. l\\\, v. i : Sonnez de lu trompette à la néoménie, à ae grand jour de solennité ; c'est un précepte pour Israël et une ordonnance du Dieu de Jacob. Il Va imposée à sa postérité, lorsqu'elle entra en Egypte, où elle entendit une tangue qu'elle ne connaissait pus; où son dus fut cuurbé sous le poids des fardeaux, où ses bras furent fatigués par le travail. Nous s tvons que la Vulgate porte : lorsqu'elle est sortie de ï Egypte; mais nous traduisons conformément au texte hébreu, et la suite du passage exige évidemment ce sens. Il en résulte que Jacob et sa postérité ont observé les néoménies deux cents ans avant que la loi en fût portée ou renouvelée par Moïse. '*" Spencer soutient que les Israélites, accablésdo trivauxen Egypte,
n'ont pas pu y conserver les moeurs et les usages de leurs aïeux, et qu'ils ont eu tout le temps de les oublier. Il se trompe. L'Ecriture atteste qu'ils ont conservé en Egypte la vie pastorale, que c'est pour cela qu'ils habitaient dans le canton de Gessen, pays de pâturages, et qu'ils en sortirent avec de nombreux troupeaux, Exod., c. xn, v. 38. Ce peuple, composé de six cent mille hommes faits, ne pouvait être employé tout entier et en même lemps aux travaux publics, mais par bandes qui se succédaient. 11 est donc certain qu'il conserva dans la terre de Gessen les usages, les mœurs, le langage de ses aïeux. D'ailleurs il n'y a aucune preuve que chez les Egyptiens les néoménies fussent annoncées par le son des ira peltes. 5° Ce même critique a encore tort de dire que chez les Hébreux rassemblés ci corps de nation, il aurait été plus convenable d'annoncer par des affiches le commencement de l'année civile, que par le son des trompettes ; qu'il faut donc que cela se soit fait à l'imitation des autres peuples. Fausse remarque et fausse conséquence. Après la sortie d'Egypte, les Israélites demeurèrent dans le désert pendant quarante ans ; ils continuèrent à y mener la vie pastorale* quoiqu'ils campassent les uns près des autres. Ils y conservèrent tout leur bétail ; ie Psalmiste nous apprend que la quant n'en diminua point. Ps. evr, v. 38. Au sortir du désert, les tribus de Uuben et de G ad, riches en troupeaux, demandèrent de demeurer à l'orient du Jourdain, pays do pâturages, Num., c. xxx.'i, v. i ; et, selon les relations des voyageurs, il est encore tel aujourd'hui. En second lieu, les peuples qai passent à l'état de civilisation ne quittent pas pour cela leurs anciens usages, à irioL;s qu'ils n'y soient obligés par de grande.* r< son-, el ils tiennent encore plus fort aux pratiques de religion qu'aux autres. Il y avait longtemps que les Romains étaient policés, lorqu'ils allaient encore en cérémonie planter un clou au capitole au commencement de l'année : ce vieil usage, qu'ils tenaient de leurs aïeux, était beaucoup plus ridicule que celui d'annoncer le commencement de l'année par le son des trompettes. 11 ne serait pas difficile de montrer que nous conservons encore des restes des mœurs qui furent apportées dans nos climats par les Francs, il y a plus de treize cents ans. En troisième lieu, Moïse voulait que les Israélites fussent instruits de ce qu'ils devaient faire, non par des affiches, mais par les leçons des prêtres et par la lecture de ses lois : méthode beaucoup plus sûre et plus convenable que toute autre.
Pour prendre le véritable esprit des lois et des coutumes des Hébreux , il ne sert à rien de les comparer à celles des Grecs, des Romains et des autres nations qui ont figuré dans le monde mille ou douze cents ans après Moïse ; il faut remonter plus haut , el connaître les mœurs , les usages, les habitudes des peuples nomades, surtout des Orientaux ; et le meilleur guide que l'on puisse