‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 159 sur 219 · LUS · texte numérisé non relu

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dans le xn' et le xiir siècle, est un mono*

ment authentique ilu zèle dont les ecclésiastiques ont toujours été animés pour l'instruction des jeunes gens, pour la conservation et le progrès des études. Dès l'origine, les universités oui été établies sous L'autorité des souverains pontifes , aussi bien que du gouvernement, parce que l'on a regardé celte institution comme un acte de religion, et l'étude de la religion comme l'une des plus importantes. Les chaires des différentes facultés lurent d'abord remplies par des clercs ou par des moines, parce qu'ils étaient alors les seuls qui eussent conservé du goût pour les sciences. Yoy. Lettres, Science. De toutes les universités de l'Europe, celle de Paris est incontestablement la plus célèbre, elle jouit de sa réputation depuis six cents ans. Sans vouloir déroger au mérite des autres facultés, la théologie est celle qui a fourni le plus grand nombre de savants distingués. Si la gloire de cette école paraît moins brillante aujourd'hui qu'autrefois, ce n'est pas que les connaissances y soient plus bornées, les talents plus rares, les professeurs moins habiles qu'autrefois, mais c'est que la multitude des hommes instruits ayant beaucoup augmenté dans tous les éjtals delà société, il est plus difficile à un savant de se faire remarquer dans la foule, et d'effacer ses contemporains, que dans les siècles précédents, lorsque les sciences étaient moins cultivées qu'à présent. Ce n'est point à nous .de faire l'histoire de celte école fameuse, ni de parcourir les divers étals par lesquels elle a passé ; ce sujet lient plus à la littérature qu'à la parlie dont nous sommes chargés. Mais quiconque aura lu {"Histoire de l'Eglise gallicane, ou V Histoire littéraire de la France, verra que dans tous les siècles écoulés depuis son institution, presque lous les savants qui se sont fait un nom dans le royaume étaient membres ou élèves de l'universilé de Paris.

Les critiques, soit catholiques, soit protestants, qui ont examiné l'état des sciences parmi nous dans les bas siècles, à commencer depuis le xi*, nous paraissent avoir fait avec trop de rigueur la censure des défauts qu'ils ont cru apercevoir dans l'enseignement public. En blâmant les abus, il n'aurait pas f.illu perdre de vue le fond des éludes et l'utilité qui en a résulté. Il est constant que, dans les temps les plus ténébreux, l'élude de l'Ecriture sainte el de la tradition, vraies sources de la théologie, n'a jamais élé interrompue, el qu'elle s'est ranimée depuis la fondation des universités. Peut-être le commun des étudiants cl des maîtres se bornait-il à la scolastiqne, qui était le goût dominant; mais ce n'est pas par le degré de capaciié des théologiens du commun qu'il faut juger du mérite des hommes de génie qui oui reçu en naissant la vocation à l'étude de celle science. Parmi ceux même qui étaient chargés de l'enseigner, et forcés de s'assujettir à la mélhode régnante, il y en a eu plusieurs qui en ont secoué le joug dans des ouvrages détachés, qui y ont mon-

tré une capacité et des connaissances supérieures; il n'est aucun siècle dans lequel ou ne puisse en ciler. Y oy. Scolastique

Aujourd'hui que les secours pour les divers genres d'érudition sont multipliés , les méthodes abrégées el perferlionnées, le nombre des livres augmenté à l'infini, l'on esl élonné de ce qu'il y a si peu d'hommes qui se distinguent dans les universités pat des talents éminents. Disons sans hésiter qu'il y en aurait davantage, si on le voulait. Que l'on rétablisse les motifs d'émulation qui subsistaient dans les siècles précédents, que les places et les dignités ecclésiastiques soient données au mérile, aux services et non à la naissance, nous pourrons espérer de voir renaître parmi nous des hommes tels que Petau, Sirmond, Mabillon, Arnaud et Bossuet.

URIM et THUMMIM. Yoy. Oracle.

URSUL1NES, religieuses instituées à Bresso en Lombardie, l'an 1537, par la bienheureuse Angèle, femme pieuse de celte ville. Ce ne fut d'abord qu'une congrégation de filles et de veuves qui se consacraient à l'éducation chrétienne des jeunes personnes de leur sexe. Paul III, convaincu de l'utilité de cet institut, l'approuva, l'an 1544, sous le nom de compagnie de Sainte-Ursule. En 1572, Grégoire XIII l'érigea en < rdro religieux, sous la règle de saint Augustin, à la sollicitation de saint Charles Borromée, et obligea ces filles à la clôture. Aux trois vœux de religion elles en ajoutèrent un quatrième, de s'occuper à l'instruction gratuite des enfants de leur sexe. Leur premier établissement en France se fit à Aix en Provence, l'an 159i, avec la permission de Clément VIII. En 1608, l'on en fit venir deux filles pour en former une maison à Paris; elles y furent fondées en 1611, par Madeleine Lhuillier, dame de Sainte-Beuve; Paul V approuva cet établissement l'an 1612, et il fut autorisé celle année par lettres patentes du roi. La maison de Paris, rue Saint-Jacques, a élé le berceau et le modèle de toutes celles qui ont élé fondées depuis dans le royaume ou ailleurs. L'utilité de cet ordre l'a fait multiplier promplement ; il est actuellement divisé en onze provinces, dont celle de Paris contient quatorze monastères : on en compte près de trois cents en France. — Il paraît qu'en 1572, lorsque Grégoire XIII fit des ursulines un ordre religieux, quelques-unes de leurs communautés ne voulurent point changer de régime, mais demeurer dans le même état dans lequel elles avaient élé instituées par la bienheureuse Angèle do Bresse, et qu'il y en eul qui s'établirent ainsi eu Bourgogne. Ce qu'il y a de certain, c'est tju'en 1606 la mère Anue de Santonge , de Dijon, en forma des maisons en Franche- Comté, où elles sont encore; elles ne gardent point la clôture , quoiqu'elles vivent très-retirées , et ne font vœu de stabilité qu'après un certain nombre d'années; elles soûl velues comme l'étaient les veuves dans celte province il y a deux cents au», et elles

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