‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 161 sur 219 · VAL VAL · texte numérisé non relu

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égyptiens que de les imiler. — Sans avoir lequel habitait la Divinité : il y plaçait une

besoin de copier personne, Moïse a pu com- multitude d'éons, ou d'intelligences iramor-

prendre sans doute que les mêmes choses telles, au nombre de trente, les uns mâles,

dont on se sert pour laver et blanchir les les autres femelles ; il les distribuait en trois

habits, pouvaient servir de même à la pro- ordres : il les supposait nés les uns des au-

prelé des corps : or, la cendre, l'hysope, les très, leur donnait des noms et en faisait la

plantes odoriférantes ont été employées de généalogie. Le premier, selon lui, était By-

tout temps au premier de ces usages ; il a thos, la profondeur, qu'il appelait aussi

jugé avec raison que celle attention pour Propalor, le premier père ; il lui donnait

l'extérieur était un symbole très-convenable pour épouse Enno'ia, l'intelligence, aulre-

de la pureté de l'âme que les Juifs devaient ment Sigé, le silence ; de leur union étaient

apporter dans le culte divin; et Dieu n'a pas nés l'esprit et la vérité : ceux-ci avaient de

dédaigné d'approuver celte analogie. Voy. môme, deux enfants, etc.; Jésus-Christ et le

Purification. Saint-Esprit étaient les derniers de ces éons

VAL-DES-CHOUX, prieuré situé dans le et n'avaient point eu de postérité. Il serait

diocèse de Lan grès, à quatre lieues de Châ- inutile de faire un plus long détail de ces

lillon-sur-Seine, dans une affreuse solitude, personnages imaginaires, qui ne pouvaient

C'est un chef-d'ordre, mais peu considérable, avoir pris naissance que dans un cerveau

et qui est un détachement de celui de Saint- déréglé. Mais les savants conviennent que

Benoît : les religieux portent l'habit blanc. Vaienlin n'a pas été le premier auteur de ce

L'opinion la plus probable est qu'il fut fondé monstrueux système; que plusieurs chefs

sur la fin du douzième siècle par un nommé des gnostiques l'avaient enseigné avant lui,

Gui, religieux de la chartreuse de Lugny. qu'il n'avait fait que l'arranger à sa ma-

VAL-DES-ÉCOL1EUS, abbaye dans le dio- nière. cèse de Langres, près de Chaumont en Bas- Saint Irénée, qui a vécu peu de temps signy, et autrefois chef-d'ordre d'une con- après lui, et qui avait conversé avec plugrégalion de chanoines réguliers sous la rè- sieurs de ses disciples, s'est attaché à réfuter glc de saint Augustin. Vers l'an 1212, Guil- celte doctrine dans son ouvrage contre les laume, Richard et quelques autres docteurs hérésies ; il a fait voir que c'est un tissu de de Paris, dégoûtés du monde, se retirèrent rêveries, d'absurdités, de contradictions et dans cette solitude, avec la permission de d'erreurs grossières, un vrai polythéisme, l'évêque diocésain ; ils y furent bientôt sui- Cependant il s'est trouvé dans nuire siècle vis d'un grand nombre d'écoliers de la même des critiques assez obligeants pour vouloir université ; de là cet établissement reçut le réhabiliter la mémoire de Vaienlin et de ses nom de Val-des-Ecoliers. 11 s'augmenta si pareils; ils ont fait tous leurs efforts pour promptemenl que, suivant la chronique trouver de la raison et du bon sens dans un d'Albéric, en moins de vingt ans ils eurent chaos de rêveries que les Pères de l'Eglise seize maisons. Saint Louis fonda celle de ont regardé cwnmu les égarements de quel- Sainte-Catherine à Paris, et d'autres, soit ques esprits en délire. Beausohre en parti— en France, soit dans les Pays-Bas. Le prieur eulier, dans son Hist. du Munich., I. m, c.7, général de cette congrégation obtint du pape § 8, et c. 9, § 0 et suiv., a tenté cette entre- Paul III la dignité d'abbé pour lui et pour prise; i! soutient que le système de Valenses successeurs. Depuis l'an 1653, cet insli- fin n'est pas aussi ridicule qu'il le paraît tut a été uni à la congrégation des chanoi- d'abord; que c'était une méihode myslique nés réguliers de Sainte - Geneviève. Voy. et allégorique d'expliquer ies attributs et Gallia christ., tom. IV. Les Pètes dom Mar- les opérations de Dieu ; que cet hérétique tenne et dom Durand, bénediclins, ont fait les a personnifiés suivant la coutume des imprimer les' premières constitutions de ce philosophes de ce temps-là ; que ce sont les monastère, qui sont également instructives mêmes idées que celles de I'ythagorc el de et édifiantes. Voyages littéraires, tom. I, Platon, qui pouvaient les avoir empruntées i" pari. des Chaldéens. Il prétend que les Pères n'ont

VALENT1NIENS, ancienne secte de gnos- pas pris le vrai sens de ce que disaient les

tiques, née au commencement du second ralcntinicns, et qu'ils ont cherché mal à pro-

siècle de l'Eglise, peu de temps après la pos à rendre cel'e doctrine odieuse,

mort du dernier des apôtres. Vaienlin, chef Mosheim, après l'avoir examinée, n'a pas

de celte hérésie, était originaire d Egypte; été de cet avis : Ilist. Christ., sœc. n, § 53,

on croit communément qu'il commença de et Hist. eccl.,n° siècl., n* part., c. 5, § 1G el

dogmatiser dans sa patrie; mais ayant vou- 17, il est convenu que de quelque manière

lu répandre ses erreurs à Borne, il fut chas- que l'on envisage cette doctrine, l'on no

se de celle église et se retira dans L'ile de pourra jamais y montrer une apparence de

Cypre, où ii jeta les fondements de su secte; bon sens et d'orihodoxie, et que tous ceux

de là elle se répandit dans une partie de qui y ont travaillé ont perdu leur peine.

l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Nous Nous pensons de même, el nous n'aurons

sommes instruits de ses opinions par les an- pas besoin d'une longue discussion pour le

ciens Pères qui les ont rélulées, et par quel- prouver. 1° C'est en vain que l'on voudrait

ques fragments de ses ouvrages ou de ceux prendre les éons de Vaienlin pour des idées

de ses disciples, qu'ils nous ont conservés. métaphysiques el abstraites des attributs et

il admettait uo séour éternel de lumière, des opérations de la Divinité ; par la ma-

qu'il nommait pleroma, ou plénitude, dans nière dont il en parlait, par les actions el

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les caractères qu'il leur attribuait^ on voit évidemment qu'il les donnait pour des êtres réellement subsistants ; le nom mémo d'éon, (|ui signifie un être vivant, intelligent et immortel, en est la preuve : en quel sens peuton le donnera des qualités abstraites ï Si l'on excepte les br ami nés indiens et les mythologues grecs, personne n'a poussé à cet excès la licence de personnifier tous les êtres ; Pylhagore ni Platon ne s'en sont jamais avisés. Les vulenliniens devaient sentir que le style poétique des f.ibles n'était pas fait pour expliquer un système théologique ; il ne pouvait servir qu'à tromper le peuple et à le rendre polythéiste, comme ont fait les hramines et les poètes. Quand on s'obstinerait à supposer le contraire, il n'y aurait encore ni justesse ni raison dans la généalogie des éons. Mien de plus bizarre d'abord que d'appeler Dieu, ou le premier être, la profondeur, et de lui donner pour séjour la plénitude ; ce sont deux idées contraires. Qu'il soit nommé le premier Pîre et qu'il ail eu pour compagne l' intelligence , à la bonne heure; mais que celle intelligence soit en même temps le silence, c'est une erreur grossière. Dieu, intelligence étemelle, n'a jamais été sans penser ; il n'a donc jamais été sans Verbe ou sans sa parole intérieure; ce Verbe est éternel comme lui : c'est pour cela que les plus anciens Pères ont dit que ce Verbe n'est point émané du silence , saint Ignace, Epist. ad Magnes., n. 8, puisque, selon saint Jean, il était en Dieu, et il était Dieu. 11 n'y a pas plus de bon sens à faire naîlie du premier Père et de l'intelligence l'esprit et la vérité. Si l'espril est la substance intelligente, c'est Dieu lui-même, ce n'est donc p;is son Fils ; si c'est la faculle de penser, c'est l'intelligence même, l'une n'est donc pas fille de l'autre ; la vérité n'est qu'un terme abstrait, il est absurde de lui donner un père e> une mère. Le resle de la généalogie des éons n'est pas moins ridicule : saint Irénée l'a démontré. — 2° L'affectation de Valentin, de rejeter le sens littéral des passages les plus clairs de l'Evangile, de vouloir tout entendre dans un sens mystique, allégorique et cabalistique, est inexcusable. 11 prétendait trouver ses trente éons dans les trente années que Jésus-Christ a passées sur la terre, dans les différentes heures auxquelles le père de famille envoya des ouvriers travailler à sa vigne, Ma th., c. xx, etc. Ces allusions arbitraires et forcées caractérisent un fourbe qui, sans croire au christianisme , voulait persuader aux chréliens qu'il avait puisé sa doctrine dans leurs livres. Aussi les commentaires de ses disciples sur l'Evangile de saint Jeun, dont les Pères nous ont donné des fragments, sont un chaos de rêveries inintelligibles, uniquement destinées à étonner les ignorants.— 3° Il ne pouvait pas nier que sa doctrine ne fût directement contraire à l'Evangile, comme il était entendu par les chréliens, par conséquent à la croyance universelle des fidèles. Il avait beau soutenir qu'il l'avail reçue par des instructions secrètes

que Jésus-Christ avait données à quelques uns de ses apôtres, et que ceux-ci avaient confiées à des disciples affidés : si elles devaient être secrètes, il avait tort do les publier. Par un nouveau trait d'imposture, il se vantait de les avoir puisées dans un livre écrit par saint JMaihias, et d'avoir été instruit par un certain Tbéodat, disciple d<- Paul. Ce personnage n'était pas plus réel que le prétendu livre de saint Malhias. Loin d'avoir eu, comme les philosophes, une double doctrine, l'une pour le peuple, l'autre pour des disciples discrets, Jésus -Christ s'élail attaché principalement à instruire le simple peuple, il avait commandé à ses apôtres de prêcher l'Evangile à toute créature. Marc, c. xvi, v. 15; de publier au grand jour ce qu'il leur avait dit à l'oreille, Malth., c. x, v. 27; il rendait grâces à son Père de ce que la vérité était révélée aux simples et aux ignorants, pendant qu'elle demeurait cachée aux sages et aux savants, Luc, c. x, v. 21. Il avait donc condamné d'avance les orgueilleuses prétentions des gnostiques et de tous les prétendus illuminés. — k° Valentin concevait Irès-mil la nature divine : il n'attribuait au premier Père ni la connaissance de toutes choses, ni la toute-puissance, ni la présence hors du plcroma, ni la providence universelle, ni le talent de maintenir la paix et le bon ordre entre les éons qui composaient sa famille. Suivant le système des valentiniens, les éons étaient sujets aux passions et aux vices de l'humanité, à la jalousie, à la vaine curiosité, à l'ambition, à l'orgueil, à la révolte contre la volonté de Dieu. Celui d'entre eux qui avait fabriqué le monde, l'avait l'ait à l'insu de Dieu et contre son gré ; la manière dont Valentin expliquait la naissance de l'univers était d'une absurdité pitoyable. 11 pensait, comme Platon, que les aslres étaient animés, que l'homme a deux âmes, l'une animale et sensilive, l'autre spirituelle et immortelle; mais il ne disait point d'où ces âmes étaient venues, si c'était encore autant de nouveaux éons ; il ne concevait pas mieux que les philosophes païens la nature des substances spirituelles ; Beausobre avoue lui-même que les valentiniens ne reconnaissaient aucune substance tout à fait incorporelle. — 5° Suivant ce fabuleux système, l'éon fabricateur du monde conçut tant d'orgueil de son ouvrage, qu'il entreprit de se faire reconnaître pour seul Dieu ; il y réussit à l'égard des Juifs, en leur envoyant des prophètes qui leur persuadèrent qu'il n'y avait point ti'aulre Dieu que le créateur du ciel et de la terre. Les autres esprits, placés dans les astres et dans les différentes parties de l'univers, suivirent son exemple et se firent adorer par les païens. Ain>i la connaissance du vrai Dieu se perdit entièrement parmi les hommes, et la corruption des mœurs y devint générale. Conséquemiiu ni les valentiniens regardaient l'Ancien Testament, non comme l'ouvrage de Dieu, mais comme la production d'un ennemi de Dieu : erreur que suivirent les marcioniles cl les manichéens. Mais comme il est certain

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que, depuis la création du monde jusqu'au temps de Valentin, il n'y a eu que deux religions sur la terre, savoir, celle des adorateurs du Créateur et celle des païens, qui rendaient leur culte aux génies ou aux esprits moteurs de la nature, il s'ensuit que pendant quatre mille ans le prétendu vrai Dieu des valenliniens n'a été connu de personne, et que dans aucun temps il n'a été adoré par aucune créature. Pendant celte multitude de siècles il dormait sans doute dans le pleroma, sans s'embarrasser de ce qui se passait sur la terre. Pourquoi en effet aurait-il pris soin d'un monde qui avait été fabriqué sans son aveu, ou de la race des liommes dont il n'était pas le père? et à quel titre ceux-ci auraient-ils été intéressés à lui rendre un culte? Telle est la ridicule notion que les valenliniens voulaient donner aux hommes, de leur prétendu vrai Dieu.— 6° Cependant, après ce long sommeil, Dieu conçut enfin le dessein de remédier aux maux qu'avait causés l'éon formateur du monde ; il fit naître deux autres éons plus parfaits que les autres, savoir, le Christ et le Saint- Esprit, Pour envoyer le Christ sur la terre, il y fit paraître Jésus sous les apparences extérieures d'un homme; mais Jésus n'avait qu'un corps subtil et aérien, qui ne fit que passer par le sein de Marie , comme l'eau passe par un canal ; au reste il avait deux âmes comme les autres hommes, l'une animale, l'autre spirituelle. Lorsqu'il fut baptisé dans le Jourdain, le Christ descendu en lui sous la forme d'une colombe, et lui communiqua une vertu surnaturelle par laquelle il opéra des miracles. Il enseigna aux hommes que, pour plaire au vrai Dieu et parvenir au souverain bonheur, il ne fallait plus adorer le Dieu des Juifs ni ceux des païens, mais le Père, en esprit et en vérité'. Par là Jésus encourut la haine de ces divers éons ou génies, qui, pour se venger, excitèrent les Juifs à !e faire mourir. Mais il ne fut crucifié et ne mourut qu'en apparence ; revêtu d'un corps subtil et impassible, il ne pouvait souffrir ni mourir réellement.

Conséquemment les valenliniens n'admettaient ni la génération éternelle du Verbe, ni son incarnation, ni la divinité de Jésus- Christ, ni la rédemption du genre humain, dans le sens propre. Ils faisaient seulement consister celte rédemption eti ce que Jésus- Christ était venu soustraire les hommes à l'empire des éon<, leur avait donné des leçons et des exemples de vertu, et leur avait enseigné le vrai moyen de parvenir au bonheur éternel. Mais s'ils croyaient véritablement que Jésus-Christ était l'envoyé de Dieu, ils auraient dû avoir plus de respect <ït de docilité pour sa parole. Comme ils attribuaient la formation de la chair de l'hom-

me, non a

Dieu, mais au fabricateur du

monde, ils la regardaient comme une substance essentiellement mauvaise; ils n'admettaient point qu'elle dût ressusciter un jour.

Noos avons déjà remarqué que Valenlin Ue fu> pas le premier auteur de toutes

ces erreurs ; soit avant, soit après lui, elles furent enseignées par d'autres enthousiastes qui les arrangèrent chacun selon son goût. On lui donne pour disciples Ptolémée, Secundus, Héracléon, Marc, Colarbase, Bardesanes, etc. Nous avons parlé de ces personnages sous les noms des sectes qu'ils fondèrent. Les ophiles, les docèles, les sévériens, les apostoliques, les adamiies, les caïnites, les séthiens, etc., furent autant de branches qui sortaient du même tronc; mais on ne peut marquer avec précision ni la date de leur naissance, ni le r>ays dans lequel ils dogmatisaient, ni la différence qu'il y avait entre leurs opinions. Comment aurait pu régner l'uniformité entre des fanatiques qui avaient autant de droit les uns que les autres de forger des erreurs et des fables ?

Saint Irénée les a tous réfutés en prouvant contre eux l'unité de Dieu, seul créateur et gouverneur de la matière et du monde, l'absurdité de la généalogie des éons, la nullité des prétendues traditions secrètes opposées à la tradition publique et constante des églises fondées par les apôtres, la génération éternelle du Verbe et son incarnation, la rédemption du monde parJésus-Christ,etc.Ilne serait pas nécessaire de répéter lesarguments dont il s'est servi, si les protestants avaient été plus équitables. Mais comme plusieurs soutiennent que, dans cette dispute, les Pères ont souvent mal raisonné, qu'ils ont mal pris le sens des expressions de leurs adversaires, ou qu'ils en ont défiguré exprès les opinions afin de les rendre plus odieuses et plus aisées à réfuter, il est important de justifier ces saints docteurs. Nos adversaires en veulent surtout à saint Irénée, parce que les principes qu'il a posés ne sont pas moins forts contre les hérétiques modernes que contre les anciens ; une courte analyse do sou ouvrage contre les hérésies suffira p^ur démontrer l'injustice de leur critique.

Dans son 1er livre, le saint docteur expose ce que les valentiniens disaient des éons el de leur généalogie, les passages de l'Ecriture dont ils abusaient, les diverses branches dans lesquelles leur secte était partagée, les différentes erreurs que chacune avait adoptées. Ce qu'il en rapporte est coufirmé par Clément (i'Alexandrie , par TertuIIien, par Origène, par saint Epiphane, p.;r les extraits qu'ils ont donnés de plusieurs ouvrages des vnlentiniens ; son récit ne peut donc pas être suspect.

Dans le second livre, cl, il commence par démontrer que Dieu, étant le premier Etre ou l'Etre éternel, est nécessairement seul Dieu, que rien n'a pu borner son essence, sa puissance, sa connaissance, ni ses autres attributs ; qu'il est absurde de le supposer renfermé dans le pleroma, et de lui ôter la connaissance de ce qui était au delà ; qu'il n'y a pas plus de raison d'admettre deux, trois, ou trente éons, que d'en supposer mille; que leur généalogie est remplie de contradictions. Déjà Ton voit que saint Irénée a très-bien saisi les conséquences do l'idée d'Etre nécessaire , existant de soi-

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même; conséquences qu'aucun dr| aurions

hérétiques ni des philosophes n'a su apercevoir, et qui sapent par le fondement loas lfurs systèmes. Tertullien les a développées de ruème dans son livre contre Uermogènc. Par esprit de contradiction , Beausohre a essayé de justifier deux ou trois articles de la généalogie des éons, mais il n'a pas tenté de réfuter les contradictions que saint Irénée y a montrées ; il n'a pas attaqué le principe fondamental pose par ce saint docteur, duquel il résulte que s'il y a eu des éons, ou dis êtres subsistants distingués de Dieu , co sont des créatures, et non des éires nécessaires et éternels; que Dieu par conséquent a été le maître de borner leur connaissance, leur puissance, leur nature , comme il lui a plu.

Chap. 2, ce Père fait voir que Dieu, dont la puissance, n'a point de bornes, n'a eu besoin ni de coopérateurs, ni d'instrument, ni de matière préexistante pour faire le monde, qu'il a tout fait par son Verbe, ou par son seul vouloir : dixit et facta sunt; qu'il a ainsi créé les esprits et les corps, les anges, les hommes et les animaux, initium creationis donans, expression remarquable, il répèle la même chose, c. 9 et 10. Telle a été, dit-il, c. 9, la croyance du genre humain fondée sur la tradition de notre premier père, et telle est encore celle de l'Eglise, instruite par les apôlres. Il est étonnant que nos ad\ersaires n'aient jamais daigné remarquer combien celle métaphysique sublime des anciens l ères de l'Église est supérieure à celle de tous les philosophes ; où l'ont- ils prise, sinon dans les livres saints? et l'on veut que les philosophes aient été leurs maîtres 1 — Loin d'admettre le système des émanations , comme les valentiniensf saint Irénée le réfute, c. 13, 15, 17, sous toutes les faces sous lesquelles on peut l'envisager, parce que Dieu étant un Lire simple, pur esprit, toujours le même, rien n'a pu être détaché de sa substance. Osera-t-on encore nous dire que les anciens Pères n'ont point eu l'idée de la parfaite spiritualité? ils l'ont puisée dans le dogme même de la création; l'un n'a jamais pu êireconçn sansl'autre.

Chap. ik, saint Irénée soutient que les valentinitns ont emprunté leurs éons et leurs fables des auleurs grecs, des poêles , des 'philosophes , particulièrement de Platon et des stoïciens , qu'ils n'ont fait que changer les noms des personnages, afin de persuader qu'ils en étaient les invenleurs, et il le montre en détail. C'est donc fort inutilement que Ucausobrc s'est attaché à prouver que ce système n'était autre chose qu'une théologie philosophique cl un pur platonisme, Ilist. du Munich., [. II, |. v, c. 1, § 11 et 12 ; saint Irénée l'a vu avant lui et l'a démontré. Or, Platon n'a pas représenté les esprits, les génies ou les dieux qu'il plaçait dans les astres et ailleurs , comme d«'s êtres abstraits et métaphysiques, mais comme des personnages réels ;'donc Beausobre est forcé d'avouer que les vnlenlintens ont pensé de même. A il leste, soit que ces hérétiques aient pris leurs

visions dans Platon, comme le veut Fieausohre, soit qu'ils les aient reçues des philosophes orientaux, comme Brucker et Mosheim le soutiennent, les arguments que saint Irénée fait contre eux n'en sont pas moins solides. Il s'ensuit toujours que ce Père n'a été rien moins que platonicien , puisqu'il a cru attaquer directement le platonisme en réfuta nL les valentiniens.

Chap. 20 et suiv., il fait sentir l'ineptie des allusions par lesquelles ces hérétiques voulaient tirer leurs éons et leurs fables do quelques passages de l'Ecriture sainte,; il montre le ridicule de leur méthode d'argumenter sur la valeur numérique des lettres de l'alphabet, comme les juifs cabalistes ont fait dans la suite. Chap. 27 et 28, il dit que l'on doit chercher la vérité dans ce que l'Ecriture sainte a de plus clair, et non dans des paraboles auxquelles on peut donner telle explication que l'on veut. Il s'en faut donc beaucoup que saint Irénée ait été aussi prévenu qu'on le prétend en faveur des explications allégoriques et mystiques de l'Ecriture; s'il s'en est servi quelquefois, c'était pour en tirer des leçons de morale, et non pour appuyer des dogmes, comme faisaient les hérétiques.

Dans son m' livre, le saint docteur s'attache à réfuter le subterfuge des valentiniens, qui prétendaient avoir reçu leur doctrine de Jésus-Christ même par des traditions secrèles, par des instructions qu'il n'avait données qu'à quelques-uns de ses disciples les plus intelligents. C'est une absurdité, dit-il, c. 1, 2 et 3, de supposer que Jésus-Christ a confié sa doctrine à d'autres qu'aux apôtres qu'il avait chargés de prêcher son Evangile et de fonder des églises : or, ceux-ci n'ont commencé à prêcher et à mettre l'Évangile par écrit qu'après avoir reçu le Saint-Esprit qui devait leur enseigner toute vérité. Il n'est pas moins ridicule d'imaginer que les apôlres ont confié la doctrine de Jésus-Christ à d'autres qu'aux pasleurs qu'ils ont établis pour enseigner et gouverner les églises après eux. C'est donc dans la tradition et dans l'enseignement constant de ces églises , qu'il faut chercher la vérité; il faudrait encore y avoir recours et s'y attacher, quand même les apôtres ne nous auraient rien laissé par écrit. Or, celle tradition n'est conservée et annoncée nulle part avec plus de certitude et plus d'éclat que dans l'Eglise romaine, fondée par les apôtres saint Pierre et sainl Paui, et dans laquelle la succession des évoques a été constante depuis ces apôlres jusqu'à nous. — Les protestants, qui ont pris pour principe fondamental de leur secte qu'il faut chercher la vraie doctrine de Jésus-Christ dans l'Ecriture seule, sans avoir aucun égard à la tradition ou à renseignement de l'Eglise ; qui soutien* nenl que celle de Home a introduit parmi les chrétiens , dans la suite des siècles , une infinité de nouveaux dogmes , ne peuvent pardonner à sainl Irénée d'avoir établi une règle touîe contraire ; c'est pour cela qu'ils ont laul déprimé se» talents et ses écrits.

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Mais leurs clameurs ni leurs reproches ne donneront jamais atteinte à la solidité des réflexions et des raisonnements de ce Père. A quoi servait de citer l'Ecriture seule à des hérétiques qui pervertissaient le sens de tous les passages? qui, pour les entendre comme il leur plaisait , s'attribuaient des lumières supérieures à celles de tous les docteurs de l'Eglise, même à celles desapôtres ? S. Iren., \Hd.y c. 2, § 2. Comment les confondre, sinon en démontrant la sagesse et la solidité du plan que Jésus-Christ avait suivi pour perpétuer l'enseignement de sa doctrine dans son Eglise? Ce plan est toujours le même depuis dix-sept siècles, et il servira toujours également à réfuter les hérétiques, de quelque secte qu'ils soient.

Ch. 5 et suiv., saint Irénée fait voir que nos quatre Evangiles, qui sont les seuls authentiques, et les autres écrits des apôtres , renferment une doctrine tout opposée à celle des valentiniens. Ils nous apprennent à connaître un seul Dieu, qui a tout créé par son Verbe; un seul Jésus-Christ, Fils unique de Dieu , vrai Dieu et vrai homme , né de la Vierge Marie; un seul Saint-Esprit, Dieu et Seigneur comme le Père et le Fils. 11 montre que la même foi , la même doctrine , a été enseignée par les prophètes de l'Ancien Testament; d'où il conclut qu'ils ont été envoyés et inspirés par le même Dieu qui a dans la suite envoyé son Fils unique pour nous instruire, et non par un esprit ennemi de Dieu, comme les valentiniens osaient le «lire. Il réfute de temps en temps les objections de ses adversaires, et les fausses interprétations qu'ils donnaient aux prophéties.

Dans le w livre, il continue à démontrer qu'il y a une conformité parfaite entre l'Ancien Testament et le Nouveau, d'où il résulte que le même Dieu est également auteur de l'un et de l'autre ; il concilie les divers endroits que les hérétiques prétendaient être opposés ; il réfute les reproches qu'ils faisaient contre les saints personnages de l'ancienne loi , et que les incrédules répètent encore aujourd'hui. Il se fonde principalement sur la conduite de Jésus-Christ ; ce divin Sauveur a constamment nommé son Père le Créateur, et il l'a fait connaître aux hommes comme le seul Dieu , comme le même que les patriarches ont adoré, et qui a inspiré les prophètes, et il a déclaré que leurs oracles ont été accomplis dans sa personne. Loin de détruire la loi ni les prophètes, il est venu pour en démontrer la vérité; il a confirmé la loi morale du décalogue dans tous ses points. Quoique cette discussion soit assez longue , saint Irénée n'y a point recours à des explications mystiques, allégoriques ni arbitraires, semblables à celles des valentiniens , il ne s'appuie que sur le sens littéral et naturel du texte sacré.

Le vc livre est une suite du précédent : ce Père y continue de prouver par des passages du Nouveau Testament les divers articles

de notre foi contestés et contredits par les hérétiques.

Après celle courte analyse, nous ne craignons plus de demander aux critiques si les arguments de saint Irénée contre les valentiniens sont frivoles . sans justesse et sans solidité; si ces hérétiques étaient en état do les détruire ; si ceux qui se croient aujourd'hui plus savants que les Pères sont capables d'en donner de meilleurs. Ils diront sans doute que ce petit nombre de vérités est noyé dans une infinité de choses accessoires. Suit. Etait-il possible de faire autrement, en écrivant contre cinq ou six sectes hérétiques, qui ne s'accordaient que dans le fond du système, et qui en variaient les accessoires à l'infini? Dans tout son ouvrage, le saint docteur ne perd jamais de vue ce qu'il avait à prouver , l'unité de Dieu, son pouvoir créateur, sa providence générale, toujours sage et bienfaisante dans la dispensalion des lumières de la révélation, dans l'ouvrage de la rédemption et du salut des hommes. — Ils en reviendront peut-être à leur subterfuge ordinaire, en disant que ce Père n'a pas bien compris les opinions des valentiniens. Mais il nous assure lui-même qu'il avait disputé plus d'une fois avec eux, liv. n, chap. 17, n. 9. Ces sectaires étaient donc là pour s'expliquer et pour le contredire, s'il leur avait attribué faussement quelque erreur ; Terlullien , Cément d'Alexandrie, saint Epiphane , leur attribuent les mêmes opinions que saint Irénée. Celui-ci a écrit dans les Gaules, Terlullien en Afrique, Clément en Egypte, presque en même temps ; se sont-ils donné le mot pour en imposer de même, ou ont-ils été trompés par la même iilusion ? Clément avait lu les livres de Valenlin, puisqu'il les cite, et qu'il rapporte un long fragment de Théodole, l'un des disciples de Valenlin. Oiigène a donné plusieurs extraits du commentaire d'Héraciéon sur l'Evangile de saint Jean. Grabe, Spicil. Hœret., sect. 2. Il aurait été impossible à saint Irénée d'entrer dans un si grand détail des opinions différentes des gnosliques, s'il n'avait pas vu leurs écrits.

Tout cela ne persuade point nos adversaires. « Je ne saurais croire , dit Beausobre, que Valentin fût assez fou pour imaginer que des passions , qui ne sont que des modifications d'une substance , fussent des substances réelles... Je ne croirai jamais que des philosophes, et de savants philosophes, aient pensé d'une manière si absurde et si contradictoire. » llist. du manich., liv. v, ch. I, § 11. Ce critique était le maître de croire tout ce qui lui plaisait, et de nommer grands philosophes une troupe d'insensés ; tel était son entêtement. Selon lui, les hérétiques ont été incapables d'enseigner des absurdités ; mais il n'est aucun Père de l'Eglise qui n'ait été capable de leur en attribuer, malgré la notoriété publique, soit par défaut d'intelligence, soit par défaut de bonne foi. Ce fanatisme de Beausobre ressemble beaucoup à celui des valentiniens. — Mosheim , plus modéré, s'est borné à dire ou"

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les anciens docteurs, trompés par la variété des nom9, ont souvent divisé mal à propos une secte en plusieurs branches ; que l'on peut douter s'ils nous ont toujours instruits au vrai de la nature et du sens «les opinions dont ils parlent, llist. ecclc's., il* siècle, ir part., chap. 5. § 18. Encore une fois , <c n'est pas la faute des Pères, si dans une troupe de raisonneurs, dont les uns dogmatisaient en Asie, les autres en Europe, et qui tous se prétendaient illuminés, il n'y en avait pas deux qui pensassent absolument de même, ou qui aient persévéré longtemps dans les mêmes opinions. Les Pères n'ont pu savoir que ce que disaient ces sectaires dans leurs écrits et dans les disputes que l'on avait avec eux: c'est donc à ces derniers qu'il faut s'en prendre, s'ils ne se sont pas expliqués aussi clairement que le voudraient les critiques modernes.

On nous demandera encore comment les valenliniens et les autres gnosliques ont pu f;i i re des prosélytes, en enseignant des erreurs aussi absurdes. Saint Irénée et Terlullien nous l'apprennent; ils peignaient les pasteurs de l'Eglise comme des ignorants et des esprits faillies, incapables d'entendre la véritable doctrine; ils vantaient les lumières supérieures des maîtres par lesquels ils prétendaient avoir été instruits ; ils affectaient d'abord un air mystérieux, afin d'exciter la curiosité; ils promcltaient de s'expliquer plus clairement dans la suite; ils faisaient espérer à leurs prosélytes que bientôt ils en sauraient plus que les docteurs; ils leur recommandaient un secret inviolable. Ils citaient au hasard quelques passages de l'Ecriture dont ils tordaient le sens , etc. Ce manège a été celui de la plupart des hérétiques , et il n'a pas mal réussi aux fondateur du proiestanlisme. Rien n'est plus inintelligible que les commentaires des valenliniens sur les Evangiles ; plus ils étaient obscurs, plus ils étaient admirés parles esprits superficiels. On en serait moins étonné, si Ton considérait jusqu'à quel point la philosophie païenne avait aveuglé et perverti la plupart des esprits.

Nous ne parlerons point de la morale des valenliniens, elle était la même que celle des antres gnosliques ; nous l'avons exposée en son lieu, et nous en avons fait voir les pernicieuses conséquences. Saint Irénée nous assure que plusieurs en enseignaient une détestable , et l'on ne peut pas douter qu'un très-grand nombre ne l'aient suivie dans la ; pratique. Mais les anciens ne nous apprennent point en quoi le culte extérieur de ces hérétiques était différent de celui des orthodoxes. Quoi qu'il en soil, l"s opinions et la conduite de ces anciennes sectes nous donnent lieu de faire îles réflexions plus importantes que les observations critiques des protestants ; on doit nous pardonner de les avoir répétées plus d'une fois. 1° Ces hérésies sont aussi anciennes que le christianisme , elles remontent au temps des apô très; leurs chefs n'avaient aucun respect pour les disciples de Jésus-Christ, puis-

qu'ils les regardaient comme des ignorants qui n'avaient aucune teinture de philosophie, et qui n'avaient pas su prendre le vrai sens de la doctrine de leur Maître. Mais si ces illuminés refusaient l'intelligence aux apôtres, ils ne contestaient pas leur bonne foi, ils ne rejetaient pas leur témoignage touchant les faits delà naissance, de la prédication, des miracles, de la mon, de la résurrection et de l'ascension de Jésus-Christ. Ils avouaient que tout cela s'était fait en apparence; ils ne soutenaient donc pas quo tout cela était faux , que les apôtres et les évangélislcs en avaient imposé, que l'histoire qu'ils en avaient écrite était fabuleuse. S'il y avait eu quelque preuve ou quelque témoignage contraire , quelque moyen d'attaquer la narration des évangélislcs , ces sectaires n'auraient pas manqué de s'en prévaloir pour l'intérêt de leur système. Puisqu'ils ne l'ont pas Fait, il faut que les faits publiés parles apôtres aient été d'une notoriété incontestable. S'ils sont vrais, la divinité du christianisme est démontrée. — 2° Il s'ensuit encore que l'aulhenticilé de nos quatre Evangiles était universellement reconnue , puisque les gnosliques ne niaient pas qu'ils eussent été écrits par les quatre auteurs dont ils portent les noms. Saint Irénée témoigne que les valenliniens admettaient en particulier celui de saint Jean, et cela est prouvé par les commentaires d'Héracléon sur cet Evangile. Ils lui donnaient probablement la préférence , parce qu'il avait été écrit le dernier de tous, et parce que saint Jean rapporte plus au long que les auires évangélistes les discours du Sauveur; mais ils ne prétendaient point que les trois autres fussent des livres supposés. On disputait sur le sens de ces livres , chaquo parti prétendait y trouver sa propre doctrine ; ce n'étaient donc pas des écrits apocryphes ou inconnus. Lorsque les hérétiques osèrent en forger d'autres dans la suite, les docteurs chrétiens ne furent pas dupes de cette imposture. Ils s'en rapportèrent au témoignage des églises fondées par les apôtres, qui avaient reçu d'eux nos Evangiles, et non d'autres, comme authentiques et inspirés de Dieu. Telle est la règle qui a servi à prouver la canonicité "de tous les écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament. — 3" Lorsque les incrédules ont dit que, pendant les i rois premiers siècles, le christianisme s'est établi dans les ténèbres, à l'insu du gouvernement romain et des magistrats, ils ont montré une profonde ignorance de ce qui s'est passé pour lors. On disputait sur la doctrine chrétienne à Home, en Afrique, en Egypte et dans toutes les provinces de l'Orient ; Gelse l'a reproché aux chrétiens, et luus les monuments de l'histoire ecclésiastique en déposent. Il est impossible que ces contestations n'aient pas fait du bruit, et n'aient excité souvent l'attention du gouvernement. Loin d'être scandalisé de ces déb ;ts, nous bénissons la providence de les avoir permis; ils démontrent «jue dès sa naissauce le christianisme a été examiné avec

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