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des yeux critiques el malins, que l'on en a discuté les dogmes, la morale, le culte, les litres et les monuments, que personne n'a pu l'embrasser par ignorance et sans lebien connaître. — h" Los erreurs grossières des différentes sectes de gnosliques nous montrent les services importants que la philosophie a rendus au genre humain, el les connaissances merveilleuses qu'elle a communiquées à ses sectateurs. Par là nous pouvons juger si saint Paul a eu tort de la mépriser, de l'appeler uue folie, et d'avertir les fidèles de s'en défier. Un fait certain, c'est que ie christianisme n'a point eu de plus grands ennemis que les philosophes ; ils ont combattu contre cette sainte religion pendant près de trois cents ans, sans vouloir ouvrir les yeux à la lumière ; plusieurs de ceux qui avaient fait semblant de l'embrasser entreprirent de changer la doctrine, et de lui substituer les rêves systématiques dont ils étaient infatués ; quand ils virent que leurs ruses, leurs sophismes, leurs écrits, n'aboutissaient à rien , ils finirent par souffler le feu de la persécution contre les fidèles. Heureusement quelques-uns furent plus sensés et de meilleure foi ; ils devinrent sincèrement chrétiens, ils furent les apologistes et les prédicateurs de la doctrine de Jésus- Christ ; ils montrèrent que c'était une philosophie plus sage et plus vraie que celle qu'avaient enseignée les plus grands génies du paganisme; tels furent saint Justin, Athénagore, Tatien, Hermias, saint Irénee, saint Théophile d'Antioche, Origène, Clément d'Alexandrie, etc. La plupart des systèmes philosophiques ne sont connus que par la réfutation qu'ils en ont faite. Aujourd'hui quelques censeurs bizarres leur savent mauvais gré d'avoir battu les philosophes par leurs propres armes. — 5° L'affectation des protestants de vouloir justifier tous les hérétiques aux dépens des Pères de l'Eglise, démontre que le caractère de l'hérésie est toujours le même; depuis dix-sept siècles il n'a pas changé. Quand on y regarde de près, on voit qu'il n'y a pas une très-grande différence entre la conduite des gnosliques et celle des prolestants. Les premiers, en vertu <!es lumières supérieuresqu'ils s'attribuaient, se vantèrent de mieux entendre et de mieux expliquer l'Ecriture sainte que les pasteurs «le l'Eglise catholique; les seconds prétendent au même privilège parle secours d'une grâce du Saint-Esprit, qui ne manque jamais à aucun particulier de leur secte. Les valrntiniens citaient à l'appui de leurs commentaires une tradition cachée et conservée parmi un petit nombre d'illuminés; les protestants ont soutenu que dans tous les siècles il y avait eu dans le sein de l'Eglise un certain nombre de partisans secrets de la vérité , mais qui n'osaient se déclarer ni faire profession publique de leur croyance; ils ont appelé ensuite à leur secours les manichéens, les albigeois, les vaudois, les hussites, les vicléfiles, révoltés comme eux contre l'enseignement de l'Eglise catholique. Les gnostiques liraient vanité de leurs con-
naissances philosophiques, ils préféraient l'autorité des philosophes à celle des apôtres et de leurs disciples; les prétendus réformateurs étalèrent avec faste l'érudition qu'ils s'étaient acquise par l'étude des langues, de la critique, de l'histoire, de la belle littérature ; on les crut supérieurs, même en fait de théologie , non-seulement au clergé qui enseignait pour lors, mais aux docteurs catholiques de tous les siècles. Cependant l'enseignement public, constant, uniforme de l'Eglise, a prévalu à tous les efforts des anciens hérétiques ; vinjit sectes plus récentes l'ont vainement attaqué depuis ce temps-là, il se soutient toujours et persévère comme au second siècle. Ce phénomène suffit pour nous faire comprendre où se trouve la vraie doctrine de Jésus-Christ.
VALÉSIENS, ancienne secte d'hérétiques dont l'origine et les erreurs sont peu connues ; saint Epiphane, qui en a fait mention, Hœr. 58, dit qu'il y en avait dans la Palestine, sur le territoire de la ville de Philadelphie, au delà du Jourdain. Ils tenaient quelques-unes des opinions des gnosliques, mais ils avaient aussi d'autres sentiments différents. Ce que l'on en sait, c'est qu'ils étaient tous eunuques, el qu'ils ne voulaient point d'autres hommes dans leur société. S'ils en recevaient quelques-uns, ils leur interdisaient l'usage de la viande, jusqu'à ce qu'ils se fussent mutilés; alors ils leur permettaient toute espèce de nourriture, parce qu'ils les croyaient dès ce moment à couvert des mouvements déréglés de la chair. On a cru aussi qu'ils mutilaient quelquefois par violence les étrangers qui passaient chez eux , mais ce fait n'est guère probable ; les peuples voisins se seraient armés contre eux, et les auraientexterminés. Comme saint Epiphane .a placé cette hérésie entre celle des nuétiens et celle des novaliens, l'on présume qu'elle existait vers l'an 240; mais elle n'a pas pu s'étendre beaucoup, ni subsislerlonglemps. Tillemont,,!/ cm. pour l'flist. ecclés., 1. 111, p. 262.
VALLOMBKEUSE. L'ordre des religieux de Vallombreuse est une réforme de celui de saint Benoît, par saint Jean Gualberl , et approuvéepar le pape Alexandre II, l'an 1070. Elle a pris son nom d'une vallée fort agréable de la Toscane, dans le diocèse de Fiésoli, et éloignée de Florence d'une demijournée de chemin. Saint Jean Gualbert-, moine de l'abbaye de saint Miniat, se relira dans celle solitude avec quelques ermites; il y fonda un monastère , y fit suivre la règle de saint Benoît dans toute son austérité primitive , et il y ajouta quelques constitutions. Il prit avec ses religieux un habit couleur de cendres ; il leur recommanda beaucoup la retraite , le silence , la pauvreté ; avanl sa mort, qui arriva l'an 1073, il eut la consolation de voir douze maisons qui suivaient son institut. On dit qu'il est le premier qui ait reçu des frères convers, usage qui fut bientôt suivi parles autres ordres, mais qui, dans la suite, a causé des abus.
VARIANTES. On appelle ainsi les différences de leçon qui se trouvent entre les divers