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qttr'e, I. vi, ch.G, art. 7. Lettre* île quelques Juifs, \" partie, lettre 5, etc. 11 objecte, Iqu'il a été impossible aux Israélites de faire faire an veau d'or dans le désert. Il n'y a pas d'apparence, dit-il, qu'ils aient eu des fondeurs d'or, qui ne se trouvent que dans les grandes villes ; il est impossible de jeter un peau d'or en fonte et de le réparer en une nuit; il aurait fallu au moins trois mois pour achever un pareil ouvrage. Si ce critique avait lu plus attentivement l'histoire qu'il attaque, il aurait vu qu'environ un an après l'adoration du venu d'or, il se trouva dans le désert, et parmi les Israélites, deux fondeurs capables d'exécuter en or, en argent, et en bronze , tous les ornements et les vases du tabernacle, Exod., c. xxxi; sans doute ils avaient appris cet art en Kgyple où il était déjà connu et pratiqué pour lors. On peut s'assurer par le témoignage des artistes, que deux ou trois jours suffisent pour faire un moule et jeter en fonte un ouvrage quelconque, surtout lorsqu'il n'est pas d'un poids considérable, et que l'on n'y exige pas une grande perfection. L'histoire ne dit point que le veau d'or ait été fait en une nuit , ni qu'il ait été réparé au ciseau ou au burin; elle témoigne au contraire qu'il demeura tel qu'il avait été tiré du moule, c. xxxn, v. 2i. Les Israélites voulaient une idole qu'ils pussent transporter aisément, et l'on sait qu'encore aujourd'hui les nations idolâtres se contentent des figures les plus grossièrement travaillées.
2° Il n'est pas concevable, dit notre philosophe, que trois millions de Juifs qui venaient de voir et d'entendre Dieu lui-même, au milieu des trompettes et des tonnerres, voulussent sitôt, et en sa présence même, «1 ait ter son service pour celui d'un veau. — Réponse. Il est encore plus inconcevable de voir les anciens païens, et même les philosophes s'obstiner dans l'idolâtrie , malgré le spectacle de l'univers qui leur prêchait un seul Dieu, et malgré les leçons des docteurs chrétiens qui leur prouvaient cette vérité ; de voir encore aujourd'hui des athées pousser l'aveuglement et l'opiniâtreté plus loin; de voir enfin des hommes qui paraissent raisonnables, qui, après les plus belles résolutions faites dans une grande maladie, se replongent bientôt dans les mêmes désordres qui ont failli de les conduireautombeau ; cependant tous ces travers de l'esprit et du cœur humain n'en sont pas moins vrais.
3' L'on ne peut pas , continue notre critique, réduire l'or en poudre en le jetant au feu; on ne peut le dissoudre que par des procédés de chimie dont Moïse n'avait sûrement aucune connaissance. — Réponse. Quand il serait nécessaire d'attribuer à Moïse des connaissances supérieures en fait de chimie, nous n'hésiterions pas, puisqu'il est dit que ce législateur avait été instruit des arts et des sciences de l'Egypte : or, il est incontestable que celui dont nous parlons n'était pas inconnu aux Egyptien^. .Mais nous n'avons pas besoin de rien supposer par conjecture,, comme le fait à tout moment le cen-
seur de Yliistoire sainte. Elle dit seulement que Moïse, après avoir jeté le veau d'or au feu, le fil briser et moudre jusqu'à le pulvériser , et qu'il fit jeter cette poudre dans l'eau que buvaient les Israélites, c. xxxn, v. '20.
4° Moïse, dit-il enfin, à la tête de la tribu de Lévi, tue vingt-trois mille hommes de sa nation, qui sont tous supposés bien armés, puisqu'ils venaient de combattre les Amalécites; jamais un peuple entier ne s'est laissé égorger ainsi sans défense. Il observe d'ailleurs que si ce fait était vrai, c'aurait été de la part de Moïse un trait de cruauté inouïe. — Réponse. Nous avouons que la Vulgate porte vingt<trois mille hommes; mais il est évident que cette version est fautive, puisque le texte hébreu et le samaritain, les Septante, la paraphrase chaldaïque, les traductions d'Aquila, deSymmaqueet deThéodolion , les versions syriaque et arabe, mettent seulement environ trois mille hommes. C'est ainsi que les Pères, tels qucTertullien, saint Ambroise , Optât , Isidore de Séville, saint Jérôme et d'autres lisaient dans l'ancienne Vulgale latine: preuve évidente que le mot vingt-trois est une faute de copiste commise dans les siècles postérieurs. Outre qu'il est ridicule de supposer bien armés des hommes qui se livraient à la danse et à la débauche, l'histoire dit formellement que ces idolâtres étaient dépouillés de leurs habits, Exod., c. xxxn, v. 23. Nous soutenons que dans cette exécution il n'y eut ni injustice ni cruauté. Dieu, par sa loi, avait défendu l'idolâtrie sous peine de mort, et les Israélites s'y étaient soumis; ils ne pouvaient subsister dans le désert que par une providence surnaturelle, et Dieu ne la leur avait promise que sous condition d'obéissance; dès qu'ils se révoltaient contre la loi, Dieu en les abandonnant pouvait les faire tous périr, et il les en menaçait, ibid., v. 10. Moïse était donc obligé de faire un exemple des plus coupables, afin d'intimider les autres, d'obtenir grâce pour eux, et de sauver ainsi sa nation. Qu'y a-l-il à blâmer dans celte conduite?
D'autres critiques anciens et modernes ont dit que Aaron était le plus coupable de tous, que cependant il fut épargné , pendant que trois mille hommes portèrent la peine de son crime; nous avons réfuté ce reproche au mot Aaron. Aujourd'hui les juifs sont si persuadés de l'énormité du crime de leurs pères , qu'ils croient que Dieu s'en venge encore; ils disent que, dans toutes les calamités qui leur arrivent, il entre au moins une once de la prévarication du veau d'or; mais ils oublient que quinze cents ans après, leurs pères se sont rendus coupables d'un forfait beaucoup plus énorme et plus digne de la vengeance divine, en mettant à mort le Messie. Voy. Juifs, § G.
VEILLE. Voy. Vigilk.
VENDEURS DU TEMPLE. Il est rapporté dans les quatre évangélistes que Jésus étant entré dans le lernpic de Jérusalem, en chassa les marchands qui y vendaient les animaux
VExN
TER
que l'on devait offrir en sacrifice , et les changeurs qui fournissaient de la monnaie pour les offrandes ; qu'il leur reprocha de l'aire de la maison de son Père une caverne de voleurs, Jonn., c. 11, v. H, elc. Les incrédules, qui se sont fait un plan de censurer toutes les actions du Sauveur, demandent de quel droit il exerçait cet acte d'autorité. Les marchands, disent-ils , étaient irrépréhensibles ; ils ne se plaçaient dans le temple que pour la commodité du public : Jésus, dans cette circonstance , donna un exemple lie colère et d'emportement très-scandaleux. Quelques-uns ont ajouté qu'il avait mis l'argent et les marchandises au pillage.
Nous soutenons que Jésus , après avoir prouvé sa mission et sa qualité de Messie par une multitude de miracles, avait toute l'autorité de législateur et de prophète semblable à Moïse , par conséquent le droit de punir et de réprimer tous les désordres, lorsqu'il en trouvait. Or, c'en était un que la profanation du temple, dont les changeurs elles marchands se rendaient coupables, lis pouvaient se tenir hors du temple, la commodité publique aurait été la même ; en se plaçant dans l'intérieur pour leur propre commodité , ils y causaient un bruit et une indécence capables de troubler la piété de ceux qui venaient y prier ; et puisque Jésus- Christ les traita de voleurs , il s'était sûrement aperçu du monopole et de l'usure qu'ils exerçaient. Les chefs du peuple nel'auraient pas souffert , s'ils n'y avaient pas été intéressés pour quelque chose ; le même abus a régné et règne encore dans tous les pays du monde ; le Sauveur ne devait pas l'autoriser. Mais il est faux que , dans celte circonstance, il ait donné aucune marque d'emportement ni de colère : de simples exhortations n'auraient produit aucun effet sur ces hommes avides , il fallait un châiiment pour les intimider, et il n'est pas plus vrai qu'il ait mis les marchandises au pillage. Les principaux Juifs qui étaient présents, n'osèrent s'opposer à cet acte de sévérité, parce qu'ils en sentaient la justice et la nécessité, ils se bornèrent à demander à Jésus par quel signe, par quel miracle il prouvait son autorité. Détruisez ce temple, répondit le Sauveur, et dans trois jours je le relèverai. Probablement il loucha son propre corps, pour faire entendre qu'il parlait de sa résurrection, Joan., c. ii, v. 19. Mais il ne s'en tint pas là; un autre évangéiiste ajoute que Jésus, étant entré dans le leuiple, guérit des boileux et des aveugles; que le peuple s'écria : Hosanna, prospérité au Fils de David. Jésus ûl donc tout ce qu'exigeaient les Juifs, et cela ne servit qu'à les irriter davantage, Matth.,c. xxf, v. ii. Quoique les incrédules aient défiguré toutes ces circonstances pour y jeter du ridicule, ils n'y ont pas réussi.
VENGEANCE, peine causée à un offenseur pour la satisfaction personnelle de l'offensé. Il ne faut pas confondre , comme on le fait assezsouvent, la vengeance avec la punition : punir est le devoir et la fonction d'un homme revêtu d'autorité, et qui agit pour l'intérêt
public, pour le repos et le bon ordre de la société; la vengeance au contraire est exercée par celui qui n'a aucune autorité ; il en Use pour satisfaire sont ressentiment particulier, sans aucun égard à l'intérêt général. Si les philosophes qui ont disserté sur ce sujet avaient fait attention à ces deux différences, probablement ils auraient évité les erreurs dans lesquelles ils sont tombés. Il faut encore distinguer la vengeance d'avec la défense personnelle : celle-ci a pour but de nous préserver du mal qu'un ennemi veut nous faire; la première se propose de lui rendre le mal pour le mal qu'il nous a fait. Mais si la peine qu'il souffrira ne peut ni soulager ni réparer celle que nous avons ressentie, quel motif légitime pouvons-nous avoir de la lui causer? Rendre calomnie pour calomnie, injustice pour injustice, cri me pour crime , est-ce un moyen de rien réparer ?
On a enseigné dans l'ancienne Encyclopédie, que « la vengeance est naturelle, qu'il est permis de repousser une véritable injure, de se garantir par là des insultes, de maintenir ses droits, et de venger les offenses où les lois n'ont point porté de remède ; qu'ainsi la vengeance est une espèce de justice. » Cette morale fausse e! scandaleuse n'est fondée que sur un abus des termes. La vengeance est naturelle, si l'on entend qu'elle e>t inspirée par la répugnance naturelle que nous avons de souffrir; mais si l'on veui dire que c'est un droit ou une loi naturelle, cela est faux. Qui nous a donné ce droit, ou imposé celte loi ? 11 est permis de repousser une injure, de nous garantir d'une insulte, c'est-à-dire de nous en préserver, et de les prévenir quand nous le pouvons; mais user de représailles lorsque nous les avons reçues, c'est le vrai moyen de nous en allirer de nouvelles, plutôt que de nous en mettre à couvert ; ceia ne sert qu'à aigrir un ennemi et à le rendre encore plus furieux. S'aperçoit-on que les vindicatifs évitent plus aisément la haine, les injures, les insultes que les hommes doux et modérés? H est encore faux qu'il soit permis de venger les offenses auxquelles les lois n'onl point apporté de remède ; la vengeance ne peut être un remède dans aucun sens, elle ne répare rien et ne dédommage de rien : elle satisfait peul-êlre pour un moment la colère et la haine, mais où est la nécessité et la permission de les satisfaire ? Ce n'est point à un particulier, à un homme agité par le ressentiment, de suppléer au défaut des lois , de se rendre juge dans sa propre cause, de proportionner la peine au délit. On ne voit que trop souvent exercer des vengeances atroces pour une injure très-légère , ou pour ut; affront imaginaire.
< L'auteur de cet article scandaleux n'a pas assez corrigé son erreur, en avouant qu'au jugement des sages il est beau de pardonner, que l'on doit de l'indulgence aux fautes légères, et du mépris à ceux qui nous ont réellement offensés. La voix des sages ne fait pas loi, mais Dieu en a l'ail une qui dé-