VEU
toute éternité, av nit la Haïssante de fa terri', des abîmes de la mer, des collines, des montiiqnes, du globe entier, j'étais déjà n:e, ou en' gendrée. J'étais présente lorsqu'il réglait l'étendue des cieur, qu'il donnait à la mer ses bornes, et à lu tme son équilibre; fattafl*qeais tnutnr*c in : je témoignais ma joie de pouvoir habiter sur la terre et parmi les enfants des hommes. Or, selon les livres saints, le Verbe lui-même est la sagesse divine, et rôi lé sa naissance otornelle clairement exprimée par Salortion. — 2J Saint Jean l'a conçue de mémo ; il ;>it qu'n'f commencement, ou au moment de la création , le Verbe était en Dieu, ou avec Dieu, et qu't/ était Dieu, il était donc avant le temps puisque le temps n'a commencé qu'à la créaiion : or, ce qui était avant le temps est éternel.— 3° Le Verbe ne signifie point ici la parole extérieure, mais ce qui était dans l'entendement divin , puisqu'il était en Dieu, on avec Dieu ; Jésus- Christ n'est donc pas appelé le Verbe, parce qu'il était destiné à annoncer aux hommes la parole et les volontés de Dieu ; avant lui les prophètes et Jean-Baptiste, après lui les a poires et leurs successeurs ont rpmpli ce ministère ; ils ne sont pas appelés pour cela les rer&e* ou les paroles de Dieu : celte expression est inouïe dans l'Ecrilure sainte. Lorsque l'évangé'iste ajoute qu't"/ était avec Dieu, cela ne peut pas signifier qu'il n'élait connu que de Dieu; avant la prédication de Jean-Baptiste, Jésus avait é:6 reconnu comme Messie et comme Sauveur par les bergers de Bethléem, à qui des anges l'avaient annoncé comme te! ; par les mages, qui élaient venus l'adorer; par Sîméon et parla prophétesse Anne ; Zacharic et Elisabeth lui avaient rendu leurs hommages lorsqu'il était encore dans le sein de Marie. V" Le Verbe était Dieu; c'est aux écrivains sicrés, et non à de nouveaux docteurs, que nous devons nous en rapporter pour savoir en quel sens saint Paul, Colos., c. n, v. 9, dit qu'en Jésus- Christ habite toute la plénitude de la Divinité ; llcbr., c. I, v. 3, qu'il c t la splendeur de la gloire et la figure de la substance de Dieu; v. G, que Dieu a ordonné aux anges de l'adorer ; Rom., c. ix, v. 5, qu'il est pardessus tout ie Dieu béni dans lous les siècles; Apoc, c. xix, v. 13, qu'il est le Verbe de Dieu , / Joan., c. v, v. 22, qu'il est le vrai Dieu et la vie éternelle. Quelles que soient les qualités divines dont une cré :ture puisse être revêtue , aucun de ces titres ne peut êire vrai â son égard. Nous connaissons toutes les finesses de grammaire, les transpositions, les ponctuations arbitraires par lesquelles les sociniens pervertissent le sens de tous ces passages; mais qui les a établis arbitres souverains du texte des livres saints? les lisent -ils mieux que les disciples des apôtres? — 5° Si ces paroles : Toutes choses ont été faites par lie, le monde a été fait par lui, doivent s'entendre du monde spirituel compose des adoi.i'eurs du vrai Dieu, il est absurde de dire que le Verbe était dans le monde, et que le monde ne l'a pas connu. Il ne pouvait être
dans le. monde spirituel, avant qu'il ne l'eût formé lui-même ; ce monde n'est composé que de ceux qui le reconnaissent pour le Filé de Dieu et qui l'adorent en celle qualité. D'ailleurs, nous venons de prouver par l'Ecriture qu'il s'agit ici de la première création de l'univers, fi» Le V erbe s'est fait chair , ou s'est fait homme. Socin a bien vu que ce sens ne s'accordait pas avec son opinion; il a traduit, le Verbe a clé chair, c'est à-dirc sujet aux humiliations, aux infirmités, aux souffrances de l'humanité, lui premier lieu, saint Paul l'entend autrement. R >m., c. i, v. 3, il dit que Jésus-Chïist, Fils de Dieu, lui a été fait de la race de D.ivid selon la chair. En second lieu, dans quelques passages de l'Ancien Testament, la chair signifie à la vérité les infirmités humaines, la fragilité de la vie ; mais il n'a le même sens dans aucun lieu du Nouveau Testament ; il désigne plutôt les faiblesses humaines dans le sens moral, les inclinations vicieuses, les penchants déréglés de 'a nature. Or, le Verbe incarné n'y a pas été sujet ; il a été semblable à nous, dit saint Paul, par toutes sortes d'épreuves, maisd l'exception du péché, Hehr., c. iv, v. 15. En troisième lieu, l'évangéliste ajoute incontinent : Et nous avons vu sa gloire, telle que celle du Fils unique du Père. Cette gloire ne consistait certainement pas dans les humiliations et les souffrances.
Nous suivons exactement la rcyle que nous prescrivent nos adversaires, nous expliquons l'Ecriture par l'Ecriture; s'ils faisaient de même, ils n'en pervertiraient pas si souvent ie sens.
De toutes ces observations, il résulte que, dans le texte de saint Jean, le Verbe n'est point une simple dénomination, ni un titre d'honneur, ni une commission que Dieu a donnée à Jésus-Christ, mais une personne subsistante qui était avec Dieu le Père, qui agissait avec lui en créant le monde, qui existait par conséquent avant le monde et de toute éternité. Celle doctrine de saint Jean et de saint Paul n'est pas nouvelle ; l'auteur du livre de la Sagesse dit comme eux , que cette sagesse divine est V éclat de la lumière éternelle, le miroir pur de la majesté de Dieu, elVima'je de sa bonté (S'ip. vit, 26); il dit, c. ix, v. 1 : Seigneur miséricordieux, qui avez tout fait par votre Verbe, ïôy;>, et qui avez forr.é l'homme par voire sagesse ; il ajoute, v. 9, avec Salomon, que cette sagesse était présente lorsque Dieu faisait le monde.
David ne sî borne point à dire que la parole de Dieu (hébr. deber, gr. \ôto;) a fait les deux et l'armée des astres, qu'elle a rassemblé les eaux dans les mers, etc. Ps. xxx:î, v. G; il représente celte parole comme un messager que Dieu envoie pour exécuter ses volontés, i's. evi, v. 20; Ps. cxlvi, v. 18. Dieu dit par lsaïe,c. lv, v. 11 : Ma parole ne reviendra point à moi sans effet, elle opérera toutes les choses pour lesquelles je l'ai envoyée , etc.
Les sociniens diront sans doute que ce sont là des hébraïsmes, des métaphores, des expressions hardies, familières aux Orientaux; mais les écrivains du Nouveau Tes-