‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 169 sur 219 · Y LU · texte numérisé non relu

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tamenl n'onl pas dû se servir de prétendues métaphores pour nous enseigner les articles fondamentaux de notre loi; c'était le cas de parler clairement et simplement ; les simples fidèles ne sont pas obligés d'avoir autant de sagacité que les sociniens, pour découvrir le sens du langage oriental. II est absurde de soutenir d'un côté que l'Ecriture est la seule règle de leur foi, et, de l'autre, que le style en est métaphorique, lors même qu'il s'agit des dogmes les plus nécessaires à savoir.

§ 11. Le nom de Dieu est donné au Verbe divin, non dans tin sens impropre et abusif, mais dans toute la rigueur et la propriété du terme Cette vérité est déjà solidement prouvée, soit par les passages de l'Ecriture que nous venons de citer, soit par ceux que nous avons rassemblés au mot Fils de Dieu ; mais l'opiniâtreté de nos adversaires nous oblige à multiplier les preuves. En premier lieu, il n'est pas aisé de concevoir en quel sens les sociniens appellent Jésus-Christ Dieu et Fils de Dieu. Il est Dieu, disent-ils, parce qu'il règne dans le ciel; mais, selon saint Jean, il était déjà Dieu avant d'avoir fait le monde , avant que le ciel et la terre lussent existants. Un être qui n'est pas Dieu par naissance, ne peut pas le devenir, ils ne diront pas qu'il est Dieu, parce qu'il est créateur, puisqu'ils n'admettent pas la création. Suivant leur doctrine , Jésus , Verbe divin, est Fils de Dieu, parce que Dieu lui a donné une âme qui est plus parfaite que tous les esprits inférieurs à Dieu, et parce qu'il a formé son corps dans le sein de Marie sans, l'intervention d'aucun homme. Mais Adam est aussi nommé fils de Dieu , Luc, c. m, v. 38, par<e que Dieu a formé le corps de ce premier homme de ses propres mains, et lui a donné une âme faite à son image et à sa ressemblance. Cependant Jésus-Christ s'est appelé lui-même Fils unique de Dieu, y.owysvn;t Joan., c. m, v. 18, etc. Quelle est donc cette filiation singulière qu'il s'attribue et qui ne convient qu'à lui ? Il faut que l'âme de Jésus-Christ soit sortie de Dieu ou par création ou par émanation, ou qu'elle soit écrnelle comme Dieu : nos adversaires croient la création impossible; les émanalions sont absurdes ; Dieu pur esprit, être simple et immuable, ne peut rien détacher de sa substance. D'ailleurs une émanation dn ine se serait f.iite nécessairement, donc de toute éternité : or ies sociniens prétendent que l'âme de Jésus-Christ n'a commencé d'exister qu'avant la création du monde; ils ont bien senti que si elle était coéternelle à Dieu, elle lui serait consubstantielie , et un seul Dieu avec le Père. Enfin saint Jean dit que le Fils unique , qui est dans le sein du Père, nous a révélé Dieu, c. i, v. 18; comment peut-il y être encore , s'il en est sorti par émanation? Les philosophes qui ont ainsi conçu la naissance des esprits n'ont jamais pensé qu'en sortant du sein de Dieu, ils y étaient cependant restés. Les sociniens ont beau faire , ils n'éviteront jamais les mystères révélés dans l'Ecriture sainte ,

qu'en forgeant d'autres mystères cent fois plus inintelligibles. — En second lieu, l'Ecriture attribue au Verbe divin , au Fils de Dieu, à Jésus-Christ, non-seulement des qualités divines , mais les attributs de la Divinité incommunicables à une créature.

1° L'éternité, suivant le passage des Proverbes, c. v, v. 22, que nous avons cités. Le prophète Michée l'a répété, c. v, v. 2; il prédit qu'il sortira de Bethléem un dominateur d'Israël dont la naissance est du commencement et des jours de l'éternité. L'hébreu holam signifie l'éternité de Dieu , Gen., c. xxi, v. 23 ; Ps. lxxxix, v. 2; Isa., c. xl, v. 28, etc. En parlant du passé, il n'exprime jamais une durée bornée. Voy. la Synopse des critiques sur ce passage. 2° Le pouvoir créateur, ou la puissance d'opérer par le seul vouloir, suivant le mot de saint Jean , toutes choses ont été faites par lui, et selon l'expression du Psalmisle, il a dit, et tout a été créé; c'est le caractère essentiel et définitif de la divinité. 3° L'immensité; nous lisons dans saint Jean, c. m, v. 13 : Personne n'e>t monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l'homme qui est dans le ciel. Il était donc tout à la fois dans le ciel et sur la terre. 4° Le souverain domaine sur toutes choses ; il dit lui-même, Joan., c. xvi, v. 15. Tout ce qu'à mon Père est à moi ; c. xvri, v. 2 : Mon Père, glorifiez votre Fi:S uuquel vous avfz donné la puissance sur toute chair ; v . 10 : Tout ce qui est àmoi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi. S.iint Paul nous assure, flebr., c. i, v. 2 et 3, que D eu a établi son Fils héritier de toutes clios(s, et que ce Ftls soutient tout par sa puissance ; c. il, v. 8, que Dieu lui a soumis toutes choses sans exception; v. 10, que toutes choses sont non-seulement par lui, mais pour lui ; conséquemment Jésus-Christ dit dans Y Apocalypse, c. xxn , v. 12 : Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le principe et la fin. Dieu lui-même, pour donner aux hommes une idée de sa grandeur et de sa majesté suprême, a-t-il rien dit de plus fort dans toute l'Ecriture sainte? En troisième lieu, si le nom de Dieu n'était donné à Jésus-Christ que dans un sens impropre et abusif, saint Paul n'aurait jamais osé dire, Coloss., c. n, v. 0 , qu'en lui habile corporellemenl toute la plénitude de la Divinité; Rom., c. ix, v. 5, qu'il est par-dessus tout le Dieu béni dans tous les siècles; ni saint Jean, Epist. I, c. v, v. 20, qu'il est le vrai Dieu et la vie éternelle. Une créature ne peut pas être le vrai Dieu. Le Sauveur lui-même n'aurait jamais osé prétendre au culte suprême, qui n'est dû qu'à Dieu seul. Or, il a dit, Joan., c. v, v. 22 : Le Père a donné à son Fils le droit déjuger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père; c. x, v. 30 : Mon Père et moi nous sommes une même chose. Les anges disent de lui, Apoc. , c. v, v. 12 : L'agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloiie.la bénédiction. Cependant Dieu a dit dans sa loi : Vous n'aurez point d'autre Dieu que moi ; je suis le Dieu jaloux,

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