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iii.r
ont employé les mémei moyens pour séduire. Ainsi les uns n'ont pas eu plus de mission divine que les autres.
Quant aux qualités personnelles des prétendus réformateurs , nous n'oserions en tracer de nous-mémei le portrait, on nous accuserait de prévention et d'inlidelité ; mais il nous est permis de copier celui qu'eu ont fait les protestants eux-mêmes, et en dernier lieu le célèbre Ifosbeim el son traducteur, Ilist. ecclés., xvr siècle, secl. 3, n* part. c. 1 et 2.
Mosbeim convient que, pour opérer le grand ouvrage de la réforme, ces grands hommes ne Curent pas inspirés, mais conduits par leur sagacité naturelle; que leurs progrès furent lents dans la théologie et leurs vues très-imparfaites ; qu'ils se sont instruits par leurs disputes, soit entre eux, soit avec les catholiques, ibid., § 12 et 14. Une preuve qu'ils étaient mauvais théologiens, c'est que l'on ne suit plus aujourd'hui une bonne partie de leurs sentiments. Il avoue que, parmi les commentateurs, plusieurs furent attaqués de l'ancienne maladie d'une imagination irrégulière et d'un jugement borné; que leurs notions, dans la morale, u'étaient ni aussi exactes ni aussi étendues qu'elles auraient dû l'é re ; que les controversistes mirent trop d'amertume el d'animosité dans leurs actions et dans leurs écrits, § 1G, 18. Voiià cependant les hommes que les protestants soutiennent avoir été suscités de Dieu pour renouveler la face de l'Eglise, pour rétablir le christianisme dans sa pureté primitive, et pour faire la leçon à tous les docteurs de l'Eglise catholique. Le tableau de leurs vertus est encore plus original. On sait d'abord que la plupart furent des moines apostats, sortis du cloître par incontinence et par aversion de toute règle. Si les monastères d'alors étaient la sentine de tous les vice<, comme le prétendent les protestants, il faut que l'apostasie ait eu une vertu miraculeuse, pour changer tout à coup en apôtres des hommes aussi corrompus. Mais voyons si cela est arrivé.
Au jugement de notre historien, Luther était un disputeur fougueux ; il traita ses adversaires avec une rudesse brutale, il ne respecta ni rang ni dignité. Muncer, Slorckius, Slubner, chefs des anabaptistes, étaient des fanatiques séditieux. Carlosladt, auteur de la secte des sacramenlaires, était un esprit imprudent, impétueux, violent, disposé au fanatisme. Schwenckfeldt avait le même caractère, il manquait de prudence et de jugement, § 19, 24. Jean Agricola fut un homme rempli d'orgueil, de présomption et de mauvaise loi. Mélancbten manquait de courage el de fermeté, il craignait toujours de déplaire aux personnes en place; il portait trop loin l'indifférence pour les dogmes et pour les rites, il fut rarement d'accord avec Luther. Slrigélius , disciple de Mélancblon, fut si peu ferme dans ses sentiments, que l'on ne sait pas si on doit le mettre au nombre des sectateurs de Luther ou de Calvin, § 25, 32. Matthieu Flacius, ad-
versaire de Slrigélius, était un docteur turbulent, fougueux, téméraire et opiniâtre.
Osiaudcr , théologien visionnaire , orgueilleux, insolent, continuellement eu contradiction avec lui-même, s • distingua par so;: arrogance, par sa singularité et par son amour pour les nouvelles opinions. Stancarus, son adversaire, disputeur turbulent i l impétueux, donna dans I excès opposé; il excita quantité de troubles en Pologne, tu il se relira, § 31, 36. Calvin fut d'un caractère hautain, emporté, violent, incapable de souffrir aucune contradiction, ambilieus d.i dominer sans rivaux, Uè/e , son disciple , et lui, vomirent toutes les injures possibles contre Caslalion, et le Grent passer pour un scélérat, parce qu'il ne pensait point comme eux sur la prédestination. Bèze eu agit de même contre Bernardin Ochin, c. 2, § 40 et 42; liayle, Diel. Crit., art. Castalion, G.
Encore une lois, sonl-ce doue la les bommes que Dieu avait destinés à reformer l'Eglise? Quand Mosbeim et sou traJuc;eur auraient conspiré pour couvrir d'opprobre la prétendue ré formation dans son berceau, ils n'auraient pas pu y mieux réussir. Us conviennent qu'entre les divers partis les controverses furent traitées d'une manière contraire à la justice, à la chante et a la modération. Mais ils excusent les combattants, parce qu'ils venaient seulement de sortir des ténèbres de la superstition el de la tyrannie papale, § 45. Celle excuse est trèsluusse. Il y avait près d'un siècle que Luther avait commencé a prêcher, lursque ses sectateurs se livrèrent aux plus grands excès de haine el de fureur contre leurs adversaires. 11 esl prouve par la que le nouvel Evangile n'avait pas une graude veitu, puisque dans uu espace de quatre-vingts ans il u'elail pas venu à bout de guérir l'emportement de ses sectateurs.
Les mêmes critiques nous feront connaître une bonne partie des moyens dont on s'est servi pour l'établir, el celle seconde considération ne contribuera pas à uous eu donner une idée favorable.
11. De quel moyen s'est-on servi pour établir lu prétendue réformation ou le proies'tantismef Nous les réduisons a trois : savoir, la contradiction entre les principes et la conduite, les calouiuies contre la doctrine catholique et coulre le clergé, les séditions et la violence.
Eu premier lieu, les réformateurs ont pose pour maxime fondamentale que 1 écriture sainte esl la seule règle de croyance et de morale, et que, dans toutes les choses nécessaires au salut, ces livres divins sont si clairs el si intelligibles, que loul homme qui a le sens commun, el qui possède la langue dans laquelle iis sonl écrits, peut les eutendre sans le. secours d'aucun interprète. Mosbeim, tbid., c. 1, § 22. Il y a déjà ici de la fausseté el de la supercherie. Noire auteur lui-même dit que les premiers réformateurs ont lail des progrès liôs-leuls d.ius la théologie, qu'ils >e suit instruits, non par la clarté de l'Ecriture saiule, mais par leurs
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