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Si
disputes, soil avec les autres sectaires, soit avec les catholiques. Si le texte de l'Ecriture était si clair que tout homme de bon sens pût l'entendre, aurait-il fallu tant de disputes pour savoir à quoi s'en tenir, ce qu'il faut croire ou rejeter?
La vérité est que les premiers réformateurs ne commencèrent pas par étudier et consulter l'Ecriture sainte, sans préoccupation et sans préjugé, pour voir ce qui y était véritablement enseigné ; ils commencèrent par contredire la doctrine catholique à tort et à travers, et ils cherchèrent ensuite dans l'Ecriture des passages qu'ils pussent accommoder de gré ou de force avec lis nouveaux dogmes qu'ils avaient forgés. Depuis deux cents ans leurs disciples ont continué de faire de même; il n'est pas étonnant que tous «nient également réussi à étayer bien ou mal sur l'Ecriture sainte la croyance particulière de leur secte.
Mosheim dit que les confessions de foi, telles que celle d'Augshourg, donnent le sens et l'explication de l'Écriture sainte. Mais si tout homme qui a le sens commun peut entra,Ire les livres saints sans le secours d'aucun interprète, à quoi sert une confession de foi pour en donner le sens et l'explication, par conséquent pour l'inlerpréler ? A la vérité, il dit que ces livres sont clairs dans les choses néce<saires au salut. Mais de deux choses l'une : ou les questions sur lesquelles les réformateurs ont disputé entre eux et contre les catholiques étaient nécessaires au salut, ou ell.'s ne l'étaient pas ; si elles l'étaient, il est donc faux que l'Ecriture soil claire sur toutes ces questions, puisqu'il a t'a 1 1 u en donner le sens . t l'explication par des confessions de foi , et que depuis deux cents ans et plus elle est un sujet de dispute. Si elles ne l'étaient pas, il y avait de l'entêtement et de la frénésie de la part des réformateurs d'attaquer l'Eglise catholique , de faire schisme avec elle , d'allumer encore le feu de la guerre entre les différentes sectes pour des questions qui n'étaient pas nécessaires au* salut. U ajoute que les livres saints sont intelligibles pour tout homme qui possède la langue dans laquelle ils sont écrits; veut-il parler du texte ou des versions? Le lexîe est écrit en hébreu ou en grec; faut-il que tout chrétien possède ces deux langues? S'il s'agH de versions, qui lui garantira que celle qu'on lui met en main rend parfaitement le sens du texte? Les frères de Wallembourg ont prouvé qu'il n'y en a pas eu une seule sortie de la main des protestants, dans laquelle on ne puisse trouver au moins irente falsifications ; de Coutrov. tract., t. I, p. 713.
Enfin. Mosheim assure que les confessions de loi, telles que (elle d'Augshourg, n'ont point d'autre autorité que celle qu'elles tirent de l'Kcrilure sainte. C'est une fausseté qu'il réfute lui-même. Il convient, § 5 , que les ministres luthériens sont obligés de se conformer au catéchisme de Luther; que l'an 15GS on dressa un formulaire de doc- Irine pour avoir force de loi ecclésiastique,
§ 27 ; que l'an 1570 l'on employa la prison, l'exil, les peines aflliclives contre ceux qui penchaient au calvinisme, § 38 ; qu'en 1576 l'on dressa encore un formulaire d'union contre les calvinistes ; que l'on excommunia ceux qui refuseraient d'y souscrire , et que l'on employa contre eux la terreur du glaive, § 30, elc. Voilà donc des catéchismes, des confessions de foi , des formulaires d'union , qui ont eu non-seulement force de loi ecclésiastique , mais force de loi civile ; est-ce de l'Ecriture sainte que toutes ces pièces tirent cotte autorité ?
C'est ainsi que , pour établir la réforme, l'on a dune les ignorants. On commençait par protester que l'on ne voulait point d'autre règle de croyance que l'Ecriture sainte, que la pure parole de Dieu; on promettait au peuple , en lui mettant une lubie à la main, qu'il serait lui-même le juge et l'arbitre du sens de l'Ecriture sainte , qu'il serait affranchi sur ce point de loule autorité humaine. Mais indépendamment des infidélités de la version dont on voulait qu'il se servît , s'il s'avisait de l'entendre dans un sens différent de celui des caléchismes et des confessions de foi , on lui faisait redouter le glaive de la puissance séculière. Ainsi , en voulant s'affranchir de l'autorité de l'Eglise, il se Irouva réduit sous un joug cent fois plus dur.
Le même prestige a eu lieu chez les calvinistes et chez les anglicans ; Bayle , Locke, D. Hume, Baxter, Mandeville, Rousseau et d'autres le leur ont reproché. En 1503, la reine Elisabeth donna le fameux acte d'uniformité, et voulut que l'on employât toute la sévérité des lois et des châtiments contre les non-conformistes. La cour de la haute commission qu'elle établit fut une véritable inquisition. Mosheim , ibid., c. 2 , § 18 et 10. « Les cathoLques, dit Richard Steele, doivent s'apercevoir aujourd'hui que ce n'était pas luie nécessité pour eux de décider contre nous que l'Ecriture sainte n'est pas la seule règle de foi, et qu'il faut y ajouter l'autorité de l'Eglise ; il est évident que l'on peut parvenir au même but avec plus de bienséance. Car en même temps que nous soutenons contre eux avec chaleur que les peuples ont droit de lire , d'examiner et d interpréter eux-mêmes les Ecritures, nous avons soin de leur inculquer dans nos instructions particulières qu'ils ne doivent pas abuser de ce droit, qu'ils ne doivent pas prétendre être plus sages que leurs supérieurs , qu'il faut qu'ils s'étudient à entendre les textes particuliers dans le même sens que l'Eglise les entend, et que leurs guides , qui ont {'autorité interprétative, les expliquent. »Ce même auteur fait voir ensuite que chez les angli-r. cans les décisions du clergé, chez les calvinistes les synodes nationaux, cl eu particulier celui de Dordrecht , ont la même autorité que le concile de Trente chez les catholiques, et que les formulaires d'union ou les confessions de foi chez les luthériens.
Un seul exemple suffit pour démontrerque, d-ms toutes ces sociétés, les motifs et la rè-