‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 172 sur 219 · VER VER · texte numérisé non relu

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dée avec raison comme l'effet et la preuve ni parjure, ni oppresseur dc9 innocents et d'une ehafHé sincère, mirant celte parole qui ne fait <!e mal à personne. Il faut rc coude Jésus- Christ : Celui qui gardé mes cmn- naître néanmoins que si ce degré de vertu muuhments est celui qui m'aime véritable- est snlfisant pour le commun des chrétiens, ment Joaii. xiv, v. 15,21, 2V, etc.). Dieu exige quelque chose de plus de ceux

La liste des tartes morales serait fort qui par état .«-ont obligés de donner bon

longue; les anciens philosophes les rappor- exemple, et auxquels il accorde des grâces

taient à quatre principales, que l'on a nom- plus abondantes.

niées pour ce sujet vertus cardinale*; savoir : Parmi les théologiens, saint Thomas est la prudence, la justice, la force et la tempe- celui qui a distingué et défini le plus ex acte rance eu la modération; i's réduisaient à ment les vertus morales, et qui en a le mieux ces quatre chefs tous les devoirs de l'homme, détaillé les devoirs, dans la seconde partie de Mais les devoirs du chrétien sont beaucoup sa Somme Idéologique; il en a raisonné plus plus élrn ius, l'Evangile nous a enseigné des savamment que tous les anciens philosovertus dont les anciens moralistes n'avaient plies, parce qu'il connaissait la vertu mieux aucune idée, qu'ils regardaient même comme qu'eux, qu'il en parlait d'après l'Evangile, des défauts : l'humilité, le renoncement à et qu'il eu était lui-même un parfait modèle. nous-mêmes, l'amour des ennemis, le désir Au mot Morale des philosophes, nous des souffrances, etc., n'ont jamais été mis avons fait voir le ridicule et !a mauvaise foi par les philosophes au rang des devoirs de des incrédules qui nous donnent un poml'homme. Ils ne connaissaient pas les motifs peux recueil de morale tiré des écrits des surnaturels que la révélation nous propose : anciens sages de toutes les nations, dans le le désir de plaire à D:eu, seu'l juste estima- dessein de nous persuader que ces derniers leur de la vertu, de mériter une récompense ont donné des leçons de vertus plus justes, éternelle, de participer aux mérites d'un plus solides, plus raisonnables que celles des Dieu Sauveur, etc. Ils ne sentaient pas la auteurs sacrés. Cet artifice peut en imposer nécessité d'un secours surnaturel pour nous sans doute aux ignorants, mais non à ceux aider à pratiquer le bien. C'est donc avec qui ont lu les ouvrages des anciens tels raison que saint Augustin, dans ses livres qu'ils sont, et qui savent jusqu'à quel point contre les pélagiens, a démontré l'imperfec- le bon y est mélangé avec le mauvais. Nous tion des vertus enseignées et pratiquées par connaissons tout le mérite de ces prédicales philosophes; il a fait voir que la plupart leurs de morale philosophique, depuis que étaient infectées par le motif de la vaine quelques-uns d'entre eux ont entrepris de gloire, qu'aucune ne se rapportait à Dieu, {trouver que le vice contribue beaucoup ne pouvait par conséquent méri'er une ré- plus que la vertu au bien de la société et à compense éternelle. Mais il n'a jamais en- la prospérité des empires. Dans le même seigné, quoi qu'en disent certains théolo- article, nous avons répondu à la plupart de {liens, que toutes les actiens des infidèles sont leurs objections contre la morale chrétienne. des péchés, ci que toutes les vertus des philo- — D'autres, après avoir evaminé tous les sophes sont dis vices. Celle proposition a été systèmes de morale des différentes sectes de justement censurée par l'Eglise. Au con- philosophes , ont fait voir qu'aucun n'est traire, ce sainl docteur a souvent répété, solide ni raisonné, conséquemmenl que des conformément à l'Ecriture sainle, que Dieu vertus fondées sur une base aussi fragile no a souvent inspiré de bonnes actions aux sont que des illusions ; mais ils sont tombés païens, et les en a ensuite récompensés par dans un excès non moins absurde que les des bienfaits temporels. Exod., c. I, v. 17 précédents, ils ont conclu qu'il n'y eut jael 20; Josué, c. n, v. 11 el 12; Iiulh, c. I, v. mais de morale raisonnable que celle d'Epi- 8; Ezech., c. xxix, v. 18 el suiv.; Eslli., c. cure, que lui seul a fondé la vertu sur sa xiv, v. 13 ; c. xv, v. 1 1 ; Esdr., c. i, v. 1 ; c. vraie base, en lui donnant pour «inique mort, v, 22; c. vu, v. 27, etc. Certainement tif l'intérêt ou l'utilité personnelle. Mais il y Dieu ne peut inspirer des péchés à aucun a près de deux mille ans que Cicéron, Pluhomme ni l'en récompenser. larque, les stoïciens et les académiciens ont

Quelques moralistes modernes ont observé démontré la perversité cl les pernicieuses

que les plus sublimes vertus sont négatives, conséquences de cette prétendue morale,

c'est-à-dire qu'elles consistent plutôt à ne plus convenable à des animaux qu'à des

faire jamais de mal à personne, qu'à faire hommes; ils ont fait voir qu'elle n'a jamais

du bien à tous; que ce sont aussi les plus produit un seul homme vertueux ni un bon

difficiles à pratiquer, parce qu'elles sont citoyen. — Enfin, quelques déistes ont été

sans Ostentation, et qu'elles ne nous procu- d'assez bonne foi pour convenir de ce que

rent point le plaisir, si doux au cœur de nous avons établi ; savoir, que les prédica-

l'hommc, d'en rcnvnjcr un autre conleni de leurs de vertu qui n'admettent ni Dieu, ni

nous. Ce sont en effet celles auxquelles on loi naturelle, ni une autre vie après celle-ci,

fait le moins d'attention dans la société. Celle, sont des hypocrites cl des imposteurs. Nous

remarque est confirmée par le portrait que pouvonsdonc nous en tenir à ce dernier aveu.

David a tracé d'un juste o;: d'un homme Sur le sujet que nous traitons, l'on a droit

\erlucux, Ps. xiv; c'est celui, dit-il, qui est de reprocher aux protestants une impru-

sans reproche, qui exerce la justice, qui dit dence qui n'est guère pardonnable. Ils ont

toujours la vérité, qui ne trompe ni ne ca- eu grand soin de remarquer que la plupart

lomuie :on prochain, qui n'csl ni usurier, des anciens l'ères de l'Eglise croyaient que

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les vertus morales et chrétiennes nous sont inspirées par de bons anges, au lieu que les vices et les mauvaises actions sont suggérés aux hommes par des démons qui les obsèdent. Celte opinion, disent les censeurs des Pères, était une conséquence du platonisme, auquel les Pères n'avaient pas renoncé en se faisant ebréliens. Mosheim, Notes sur Cudworth, c. 4, § 33, n. (/). — Avant de décider dans quelle source ces Pères avaient puisé leur sentiment, il aurait fallu examiner s'il n'a aucun fondement dans l'Ecriture sainte. Or, il y est souvent parlé du ministère des bons anges, de l'assistance qu'ils donnent aux hommes, et fréquemment ils se sont rendus visibles pour ce sujet. Ainsi Abraham, Jacob, Moïse, Josué, le jeune Tobie, Daniel, etc., ont été instruits, dirigés, secourus par des anges revêtus d'une forme humaine, et ils ont compté sur cette assistance, lors même qu'elle n'était pas sensible. Cette croyance est confirmée par plusieurs passages du Nouveau Testament. Matt., c. xvni, v. 10; Joan., c. v, v. h; Act., c. xn, v. 15 et 23; Hebr., c. xn, v. 22, etc. C'est plus qu'il n'en fallait pour persuader les Pères. Voy. Ange. — Ils n'ont pas été moins convaincus par l'Ecriture des malignes influences des démons, non-seulement sur les corps, en les possédant ou en les obsédant, mais sur les âmes. Luc, c. vin, v. 12, Jésus- Christ attribue au démon la stérilité de la parole de Dieu dans un grand nombre d'auditeurs; Joan., c. vir, v. 44, il rapporte à la même cause l'incrédulité des Juifs. Il est dit, Joan., c. xm, v. 2, que le diable avait rais dans le cœur de Judas le dessein de trahir son maître; // Cor., c. iv, v. 4, saint Paul accuse le dieu de ce siècle d'avoir aveuglé les païens; Ephes., c. iv, v. 27, il exhorte les fidèles à ne point donner entrée au démon; et c. f>, \. 13, à résisleràses embûches. / Petr., c. v, v. 8, saint Pierre les avertit que cet ennemi du salut, semblable à un lion rugissant, tourne autour d'eux pour les dévorer, etc., etc. Voy. Démon.

L'on dira peut être que ces passages doivent être pris dans un sens figuré; que les auteurs sacrés ont été dans l'usage de personniiier tous les êtres abstraits et métaphysiques; qu'ils ont nommé anges les vertus et les inclinations louables des hommes, et démons les maladies cruelles, les péchés et les vices; qu'en cela ils se sont conformés aux opinions populaires et au langage usité chez toutes les nations. Au mot Démons, nous avons réfuté cette explication téméraire, empruntée des saducéens et des épicuriens; nous avons fait voir, 1° que Jésus-Christ, qui s'est nommé la vérité par excellence, ni ses apôtres, n'ont pu autoriser aucune erreur, quelque accréditée qu'elle fût d'ailleurs; 2* que les Pères n'auraient pu donner ce sens au texte, sans faire violence à la lettre, et sans contredire des faits dont ils étaient témoins oculaires.

Ils n'ont donc pas eu besoin de consulter les philosophes pour savoir ce qu'ils devaient penser louchant le pouvoir et l'action des

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