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esprits bons ou mauvais. Quand ils en auraient été déjà persuadés par la philosophie, avant d'embrasser le christianisme, il leur aurait été impossible de renoncer à leur opinion, en la voyant aussi clairement confirmée par l'Ecriture sainte. Mais une preuve que les Pères ont eu plus de confiance à cette lumière qu'à celle de la philosophie, c'est qu'en traitant cette question ils ont cité les auteurs sacrés , et non les philosophes. Au lieu de censurer les Pères, les protestants feraient mieux de suivre leur exemple; mais, en se vantant de ne s'attacher qu'à la parole de Dieu , ils nous donnent souvent lieu de juger qu'ils négligent souvent de la consulter.
VESPERIE. Voy. Degré.
VÊTURE ou prise d'habit, cérémonie par laquelle un jeune homme ou une jeune fille, après avoir fait ses épreuves dans un monastère, y prend l'habit religieux pour commencer son noviciat. Les prières qui acecompagnent celte cérémonie sont différentes dans les divers ordres ou congrégations religieuses , mais en général elles sont instructives et édifiantes; elles font souvenir ceux qui prennent l'habil monastique des obligations qu'il leur impose, et des vertus par lesquelles. ils doivent l'honorer. Quant aux formalités nécessaires pour rendre cet acte authentique, elles appartiennent au droit canonique.
VEUVE. En parlant des vierges, nous verrous que, dès la naissance de l'Eglise, plusieurs filles chrétiennes se destinèrent par une promesse solennelle à garder leur virginité, et à mener une vie plus régulière que le commun des fidèles; elles furent regardées par les évêques comme une partie de leur troupeau, qui exigeait un soin particulier. On crut aussi que les veuves qui n'avaient eu qu'un seul mari devaient être admises à la même profession, lorsqu'elles le demandaient, et quelles renonçaient à un second mariage. Par leur âge, par leur expérience, par la gravité de leurs mœurs, ces femmes étaient les plus capables d'instruire les personnes de leur sexe, de veiller sur les vierges, de soigner les pauvres et les enfants abandonnés, de remplir les fonctions de diaconesses. Voy. ce mot. Par ces considérations, elles furent mises, comme les vierges, sous la tutelle.spécialede l'Eglise. On sait que Moïse, dans ses lois, avait ordonné avec le plus grand soin de consoler, de protéger, d'assister les veuves.
Mais on prit beaucoup de précautions dans le choix que l'on en fil ; saint Paul l'avait recommandé, / Tim., c. v, v. 3. « Honorez, les veuves qui sont véritablement telles (ou qui veulent demeurer dans leur état). Si une veuve a des enfants ou des neveux, quelle s'attache d'abord à gouverner sa famille et d soulager ses patents, c'est ce qui est le plus agréable à Dieu. Pour celle qui est véritablement veuve et abandonnée , quelle espère en Dieu, qu'elle s'occupe à prier jour et nuit; celle qui recherche les plaisirs eut plus morte que vivante. Ordonnez-leur de se rendre irrépréhensiblei. N'en choisissez aucune qui n'aiî
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au moins soixante ans, qui n'ait eu qu'un seul mari, qui ne soil connue par ses bonnes autres. Sachez si elle a bien élevé ses enfants, si elle a exercé l'hospitalité, si elle a lavé les pieds aux saints, si elle a soulagé les malheureux, si elle a pratiqué toute bonne œuvre. Pour les
jeunes veives, ne les fréquentez point Si
un fidile a des veuves, qu'il pourvoie à leur subsistance, afin que l'Eglise ne soit point surchargée , et qu'il re te assez pour sustenter celles qui sont véritablement veuves.
On ne mit donc au rang des truies adoptées par l'Eglise, que celles qui avaient déjà persévéïé dans le veuvage pendant plusieurs années, et dont la conduite édifiante était bien reconnue. Ou n'exigea cependant pas toujours l'âge de soixante ans; souvent on les admit à la profession du veuvage à l'âge de quarante ans, mais non plus tôt, et l'on ne choisit pour diaconesses que les plus âgées. Saint Paul voulait qu'elles n'eussent eu qu'un seul mari; ainsi les bigames étaient exclues; vainement les protestants ont cherchée détournerle sensdes parolesde l'Apôtre. 11 ne paraît pas que l'on ail observé d'abord pour leur consécration les mêmes cérémonies que pour celle des vierges, mais cela se fit dans la suite; Hingham a blâmé celle innovation très-mal à propos, Orig. ecclés., I. vu, c. k, § 9, tom 111, p. 111. On trouve dans le père Ménard, p. 173, les prières que faisait l'évêque dans celte circonstance; ce sont encore les mêmes donl on se serl à la vêlure et à la profession des religieuses. L'habit des vierges et celui des veuves était le même, et on le bénissait de la même manière.
Les veuves, dit l'abbé Fleury, étaient occupées à visiter et à soulager les malades et les prisonniers, particulièrement les martyrs ei les confesseurs, à nourrir les pauvres, à recevoir et à servir les étrangers, à enterrer les morts , et généralement à toutes les œuvres de charilé. Toutes les femmes chrétiennes en général, veuves ou mariées, s'y employaient beaucoup, elles ne sortaient guère de leur maison que pour ces bonnes œuvres et pour aller à l'église. Les évéques cl les prêtres avaient besoin de beaucoup de patience, de discrétion et de charilé pour gouverner toutes ces femmes, pour guérir et pour supporter les défauts communs à leur sexe, l'inquiétude, les jalousies, les murmures contre les pasteurs mêmes, enfin tous les maux qui suivent ordinairement la faiblesse du sexe, surtout quand elle est jointe à la pauvreté, à la maladie ou à quelques autres incommodités. Mœurs des chrét.t n. 27. Au mot Vierge, nous prouverons que les unes et les autres faisaient des vœux.
Toutes ces observations, copiées d'après les monuments ecclésiastiques, nous attestent que dès l'origine une charilé sans bornes a été le caracière distinciifdu christianisme, et que c'esl ce qui a le plus contribué à le rendre respectable aux yeux même des païens.
VIANDE. Moïse avait ordonné aux Juifs l'abstinence de plusieurs viawles, il leur avait défendu de manger des animaux répu-