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{le de croyance sont absolument les mêmes, jue c'est l'esprit particulier de chaque secte, 'espèce de tradition qui s'est formée clicz elle, et non le texte de l'Ecriture sainte Dr, le commencement de la réformation il fut question de savoir comment l'on doit entendre ces paroles de Jésus - Christ touchant l'eucharistie: Ceci est mon corps. L'BgliM catholique croyait comme elle croit encore que Jésus - Christ est réellement présent dans l'euchanslie par transsubstantiation ; Lulher et ses partisans décidèrent qu'il y est présent par impanalion, d'autres dirent par ubiquité : Carlostadl, Zwingle , Calvin , soutinrent qu'il n'y est pas présent réellement, mais seulement en ligure et par eflicacilé. Aujourd'hui les luthériens et les anglicans prétendent qu'il y est réellement présent par la foi, mais seulement dans l'action de le recevoir, ou dans la communion. Nous demandons comment et pourquoi ces paroles, Ceci est mon corps , sont plutôt la règle et le motif de la foi dans une de ces sociétés que dans l'autre , comment une même règle peut dicter des croyances si différentes. Un protestant répondra saus doute que ces paroles sont la seule règle et le seul motif de sa foi, puisqu'il leur donne tel sens, non parce que Lulher ou Calvin le leur ont aussi donné, mais parce qu'il lui est évident qu'ils ont eu raison de les entendre ainsi ; au lieu qu'un catholique les entend de telle manière, précisément parce que l'Eglise leveut et les explique de même.
Mais par quelle loi esl-il défendu à un catholique de juger que l'Eglise a eu raison d'expliquer ainsi les paroles du Sauveur? Si c'est l'évidence qui détermine un protestant, pourquoi un luthérien entend-il toujours ces paroles comme Lulher, et un calviniste comme Calvin ? On se moque de nous, lorsqu'on veut nous persuader qu'un luthérien «lui ne sait pas lire juge évidemment que le vrai sens de ces paroles est celui de Lulher et non relui de Calvin ni celui des catholiques. II est incontestable que le seul motif de son jugement est l'habitude qu'il a contractée dès l'enfance d'entendre les paroles de l'Ecriture comme on les entend dans la société dans laquelle il est né; qu'ainsi sa véritable règle esl la tradition de sa secte, et non la lettre du texte. Enfin , c'est une absurdité de dire que le texte d'un livre est ma règle , lorsque c'est à moi seul de juger par mes propres lumières du sens qu'il faut lui donner, dans les cas où il peutavoir plusieurs sens.
Un second moyen duquel les prétendus réformateurs se sont servis pour séduire les peuples, a ê'è de déguiser et de travestir la doctrine catholique. On peut prendre pour exemple la question même dont nous venons de parler, la manière d'envisager la règle de foi. De tout temps l'Eglise catholique a ensegnéquela règle de foi est la parole de Dieu, ou écrite ou non écrite; qu'ainsi l'Ecriture sainte n'est pas la seule règle de fui,v mais que. c'est l'Ecriture expliquée et entendue par la tradition et la croyance de
i'EflUtj JM quand an dogme ne serait pas formellement et évidemment enseigné dans l'Ecrilure sainte , nous sommes cependant obligés de le croire des qu'il est enseigné par la tradition constante et uniforme de I Eglise.
Par ce simple expose il esl clair qui; l'Ecriture sainte est toujours la règle de foi principale, et que la Iradil on n'en est que le supplément. Mais qu'ont fait les prot-slanh ? Ils ont dit, et ils le répètent encore, que nous prenons pour règle de foi, mu l'Ecriture sainte, mais la tradition ; que nous mettons ainsi la parole des hommes à la place et même au-dessus d» la parole <!e liieu;que nous laissons de côte l'Ecriture pour ne consulter que la tradition ; qu • ROUI suivons des traditions contraires à l'Ecriture, etc., etc. Au mot Éckitlr:-; sainte:. î: 5, nous avons démontré la fausseté de tous ces reproches. L'n autre exemple ré. eut de c lie mauvaise foi est l'accusation formée par Moshcim contre les caiholiques , ibid., £ 2o. Pour excuser les excès de Lulher louchant la justification et le mérite des bonnes œuvres, il dit que les théologiens papistes confondaient la loi avec l'Evangile, et représentaient le bonheur éternel comme la récompense de l'obéissance léga'e. Imposture grossière. La loi prise par opposition avec l'Evangile est la loi cérémonielle des Juifs; l'obéissance légale ne peut s'enteadre que de l'obéissance à celte même loi : or, quel esl le docteur catholique qui s'est jamais avisé de confondre la loi cérémoni Ile des Juifs avec l'Evangile , ou de représenter le bonheur élernel comme la récompense des cérémonies judaïques. Au mol OElvres, nous avons f.iit voir la clarté et la sainteté de la doctrine catholique décidée par le concile de Trente.
Il n'est pas un seul article de doctrine sur lequel les prétendus réformateurs n'aient commis la même infidélité, de laquelle leurs sectateurs ne se sont pas encore corrigés. Ceux-ci ont cependant rougi de plusieurs erreurs grossières de leurs maîtres , ils en sont revenus aux opinions catholiques et modérées louchant la prédestination , le libre arbitre, le pouvoir de résister à la grâce , la nécessité des bonnes œuvres , etc.; opinions contre lesquelles Lulher , Calvin et les autres avaient lancé des ana thèmes, qu'ils avaient représentées comme des erreurs monstrueuses , et comme un sujet légitime <le rompre absolument avec l'Eglise catholique.
Calvin lui-même et Bèze exhortèrent les puritains d'Angleterre à tolérer , dans le clergé anglican, les mêmes prétentions et les mêmes rites qu'ils avaient censurés dans le clergé catholique comme des opinions et des usages damnables , Mosheim , c. 2 , § +3. Kingham, dans son Apologie de l'Eglise anglicane, prouve que Bucer , Capiton, Pierre Martyr , Scultet et plusieurs autres rc'formoteurs, étaient de même avis; ils disaient que l'on ne doit pas se séparer d'une église a cause de quelques rites et quelques abus qui s'y trouvent, à moins que ces usages ne
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soient formellement contraires à l'Ecriture
sainte et notoirement mauvais. Ainsi ils représentaient une opinion ou un usage comme damnante ou comme tolérable , suivant que l'intérêt de leur système dictait leur jugement. On conçoit que des docteurs si obstinés à calomnier la doctrine catholique ne pouvaient pas manquer de peindre sous les plus noires couleurs le clergé chargé de l'enseigner et de la défendre. Au mol Clergé, nous avons vu la manière dont les protestants nous le représentent dans tous les siècles , principalement dans ceux qui ont immédiatement précédé la réformation. Mais ces satires ne sontencore rien en comparaison des libelles diffamatoires et des invectives sanglantes répandues dans les écrits des premiers écrivains protestants. Bayie cl d'autres auteurs les leur ont reprochés plus d'une fois. Il n'est point d'histoires scandaleuses, point de fausses anecdotes, point de fables malicieuses, qu'ils n'aient forgées eon- Ire'les prêtres et contre les moines ; c'était là le sujet le plus ordinaire des sermons de leurs prédicateurs. Cela élait bien plus efficace pour émouvoir les peuples que des dissertations sur la doctrine, auxquelles le peuple n'entendait rien. Si on veut les en croire, le clergé n'était alors composé que d'hommes ignorants cl vicieux. Mais ils auraient dû nous apprendre dans quelles écoles leurs prédicants, dout la plupart avaient été des ecclésiastiques ou des moines, avaient puisé les connaissances sublimes dont ils onl fait, usige pour réformer l'Eglise. La profe-sioii de l'hérésie a-t-elle donc eu la vertu de transformer loul à coup des ignorants en docleurs et des hommes corrompus en modèles de sainteté? Voilà ce dont nous ne convenons pas.
Si l'on veut savoir au vrai ce qu'était le clergé catholique , surioul en France , au commencement du xvi* siècle, il faul lire le discours fait sur ce sujet, qui se trouve à la fin du 17' volume de l'Histoire de l'Eglise gallicane ; ou y verra qu'il y avait pour lors des théologiens instruits, et en assez grand nombre, et que les erreurs des protestants furent \ icîorieusement réfutées dès qu'elles parurent, surtout par la faculté de théologie de Pari-. , l'an 1521 : Mosheim lui-même a compté plus de vingt théologiens de marque qui parurent dans ce siècle, dont plusieurs disputèrent ou écrivirent contre Luther pendant sa vie; ce n'était certainement pas lui qui leur avait enseigné la théologie. On se convaincra dans celle même histoire, que le relâchement dans les mœurs publiques et dans celles du clergé n'était ni aussi général ni aussi étendu que ses ennemis le prétendent ; qu'il y avait alors une multitude d'évêques et d'ccclésias'iques très-respectables ; cl si nous avions un tableau aussi 0ilele des autres parties de L'Église catholique, nous serions convaincus que les réformateurs n'ont fait des prosélytes ni par la supériorité de leurs lumières, ni parla force de leurs raisons, ni par l'ascendant de leurs '• ertus, mais par l'attrait du libertinage d'es-
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prit et de cœur qu'ils ont introduit ; nous en verrons ci- après les preuves.
Un troisième moyen qui leur a très-bien réussi a été la révolte contre toute autorité, les séditions, la guerre, les massacres, surtout le pillage des églises et des monasières. Aujourd'hui les ennemis de notre religion publient que c'est le clergé qui est la cause de ces désordres, qui a suggéré aux souverains les édits sanglants qu'ils ont portés contre les protestants , qu'il a ainsi réduit ceux-ci au désespoir et lésa rendus furieux. C'est une calomnie que nous avons réfutée au mot Calvinisme. Nous y avons fait voir, par des faits et par des témoignages irrécusables, que le dessein des prétendus réformateurs, dès l'origine , fut d'abolir entièrement la religion catholique , cl d'employer, pour en venir à bout, tous les moyens possibles. Ce fanatisme fut le même chez les luthériens en Allemagne, chez les calvinistes en Suisse, en France , en Angleterre et en É;osse, et chez les anglicans. Ainsi les divers gouvernements de l'Europe se sont trouvés dans la cruelle alternative ou de recevoir la loi de la paît des sectaires, ou de la leur faire par ia terreur des supplices, d'extirper l'hérésie ou de changer la religion dominante , de répandre du sang ou de voir bouleverser la constitution de l'Etal; d'autre part, le clergé et le peuple ont été réduits à choisir d'apostasier, de fuir ou d'être égorgés.
111. Cela sufût déjà pour nous faire comprendre quelles ont été les suites de celle révolution fatale que les protestants osent appeler la sainte et bienheureuse réformation. Nous les avons déjà exposées au mot Luthéranisme, § k. Le premier de ses effets, a été de produire des disputes furieuses et interminables,des haines nationales et intestines, des schismes sans cesse renaissants. Dans les cinquante premières années, on a déjà compîé parmi ces enfants révoltés de l'Eglise douze sectes différentes ; Mosheim luimême en a fait 1'énumération; ce nombre s'est augmenté de jour en jour, et la plupart de ces sectaires, de l'aveu du même auteur , onl été des fanatiques. Vainement les luthériens et les calvinistes ont eu ensemble des conférences et onl cherché à se rapprocher, vainement des théologiens plus modérés que les autres onl travaillé à les concilier, jamais ils n'ont pu en venir à bout. Voy. Luthériens.
Pour pallier ce scandale, les protestants nous disent que les athées font celle objection contre le christianisme en général, qu'il y a eu des disputes et des schismes dans l'Eglise primitive, qu'il y en aura tan) que les hommes ne seront ni infaillibles ni impeccables, qne l'union et l'unanimité ne sont point un signe de vérité, que c'est un mal duquel Dieu lire un bien, comme Tcrtullicn et saint Augustin l'ont remarqué. Mais nos adversaires sont-ils donc assez insensés pour s'applaudir d'ayoir fourni aux athées une objection de plus contra la religion, et d'avoir imité les hérétiques qui s'é
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levèrent contre lu doctrine des apôtres? En vérité, ce sentiment serait digne d'eux : parce que Dieu sait tirer le bien du mal, cela ne Justifie pas ceux qui fonl le mal, puisque, leur intention n'est pas de produire le bien que Dieu tirera de leurs désordres : et quand ils auraient cette intention, ils seraient encore coupables en faisant le mal: c'est la leçon de saint Paul- Jésus-Christ a dit qu'il faut qu'il arrive des scandales ; mais il ajoute : Malheur à celui par qui le scandale vient (Matth. xviii, 7)1 Si, en fait de religion, l'union et l'unanimité ne sont pas un caraetère «ie la véritable Eglise, Jésus-Christ a eu tort de vouloir en faire un seul bercail sous un seul et même pasteur, de demander à son Père l'unité ou l'unanimité entre tous ceux qui devaient croire en lui (Joan. x, 1G; xvn, 20) ; de recommander à ses disciples l'union et la paix, etc. Dieu a tiré un bien de la révolte des protestants, non pour eux, mais pour l'Eglise catholique, et c'est ainsi que l'ont entendu Terlullien et saint Augustin à l'égard des hérétiques en général.
Les protestants sont forcés d'avouer que le socinianisme n'est qu'une extension de leurs principes, mais ils disent que les sociniens les ont poussés trop loin. Qui peut donc prescrire la limite et planter la borne au delà de laquelle ces principes ne doivent pas être poussés ? Dans toutes les disputes qu'ils ont eues entre eux, les sociniens leur ont fait voir qu'ils sont mauvais raisonneurs et qu'ils contredisent le principe fondamental «le la reforme: avant de le poser, il aurait fallu eu prévoir les conséquences.
Du socinianisme au déisme il n'y a qu'un pas, et il a été franchi par la plupart des protestants qui se sont piqués de raisonner ronséquemment. Au molERRKUR nous avons montré la chaîne qu'il a fallu suivre, et la foute par laquelle on passe insensiblement du protestantisme au déisme et à l'incrédulité. C'est donc à la prétendue réforme que nous sommes redevables de l'incrédulité et de l'irréligion répandues aujourd'hui dans l'Europe entière.
En effet, la très-grande partie des objections que les déistes et les alliées font contre le christianisme en général, sont les mêmes que les prédicants ont faites contre le catholicisme en particulier, et il n'en a rien coûté pour les généraliser. Quand on considère le îabîeau hideux que les protestants ont tracé de l'Eglise depuis sa naissance jusqu'à nous, comment pourrait-on y reconnaître une religion divine, formée, établie, cimentée par la puissance et la sagesse de Dieu? C'est dans ces histoires scandaleuses que les incrédules s'abreuvent encore tous les jours du fiel qu'ils vomissent contre le christianisme. Les protestants ont beau s'en défendre, ce sont eux qui ont été les précepteurs lies incrédules. Comment leur conduite n'aurait-elle pas produit i'indiiïerence de roi î j: on, ou l'irréligion absolue? A force de changer de principes, on ne lient plus à aucun, et, à force de passer d'un dogme ou d'une opinion à une autre, ou devient indif-
férent pour toute crovance. C'est (elle indifférence même que l'on a honorée du beau nom de tolérance. Après s'être battues pendant près de deux siècles, après avoir changé dix lois d'opinion cl de doctrine, les différentes sectes ont vu qu'elles n'avaient aucune arme solide pour attaquer, ni pour se défendre; elles se sont dune reposées par lassitude ; elles oui consenti à se tolérer, à se laisser mutuellement en paix. Mail Cette tolérance, que l'on nous vante comme u-i chefd'œuvre de sagesse et de modération, n'est dans le fond qu'un effet d'intérêt politique et d'indifférence de toute religion.
Si l'on imaginait que la prétendue réforme a contribué à rétablir la pureté des mœurs, on se tromperait bi aucoup ; à la vérité les novateurs se sont vantés souvent d'avoir introduit parmi eux des mœurs plus pan s que celles des catholiques; par leurs invectives continuelles contre la conduite du clergé et contre celle des papes, ils ont réussi à séduire les ignorants. Mais ce masque d'hypocrisie n'a pas pu se soutenir longtemps; l'auteur de l'Apologie pour les catholiques, t. II, c. 18, a cité les témoignages de Luther lui-même, de Calvin, d'Erasme, de Musculus, de Jacques André, de Capiton, de Thomas Edoard, tous protestants, qui attestent que les prétendus réformés, en général, étaient beaucoup plus déréglés que les catholiques ; qu'ils se persuadaient que la haine et les déclamations contre le papisme leur tenaient lieu de toutes les vertus ; qu'enfin la ré formation se terminait à une horrible diiïormalion. Dans un autre ouvrage intitulé le Renversement de la morale de Jésus-Christ, par les erreurs des calvinistes, il ajoute encore les aveux de Grolius et de Rivet, I. i, c. 5. Depuis ce temps-là les voyageurs les plus récents nous ont appris que les choses n'ont changé en mieux dans aucun des lieux où le protestantisme est la religion dominante.
De tout cela nous concluons qu'en examinant celte religion, soit dans les auteurs qui l'ont forgée, soit dans les moyens dont ils se sont servis pour l'établir, soit dans les effets qui en ont résulté, elle porte sur sou front toutes les marques possibles d'une religion fausse et réprouvée de Dieu. Voy. Anglican, Calvinisme, Luthéranisme, Luthérien.
REFORME DE RELIGIEUX ; c'est le rétablissement d'un ordre ou d'une congrégation religieuse dans toute l.i sévérité de son ancienne rèj;le, de laquelle elle s'est insensiblement relâchée ; ou c'est la démarche do quitter cette première règle pour en embrasser et en suivre une plus sévère. Ainsi la congrégation de saint Maur est une réforme de l'ordre de saint Benoît, parce qu'elle s'est rapprochée de la règle primitive établie par ce saint fondateur. Les feuillants elles religieux de la Trappe sont deux réformes de l'ordre deCileaux, etc. La nécessité de faire des réformes dans les ordres religieux lorsqu'ils sont déchus de leurpremière ferveur, ne prouve rien contre ccî état en général,