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Bingham et cl'aulres prolestanls ont soutenu que, dans les premiers temps, les vierges chrétiennes ne faisaient aucun vœu, qu'elles demeuraient libres de se marier; ils client en preuves ces paroles de saint Cyprien, Epist, 62, alias k, ad Pomponium : « Si p;ir un engagement de fidélité, ex fide, ces personnes se sont consacrées à Jésus- Christ, qu'elles persévèrent en vivant dans la purelé et la chasteté, sans faire parler d'elles, et qu'avec celte force et cette constance elles attendent la récompense de la virginité. Si elles ne peuvent ou ne veulent pas persévérer, il est mieux pour elles de se marier que de tomber dans le feu par leurs péchés. » La question est de prendre le vrai sens de ce passage. 1* Nous soutenons que par fides, saint Cyprien entend un engagement, une promesse, un vœu, comme saint Paul dont nous cilerons dans un moment les paroles, puisqu'il ajoute : Chr%*to se dedicaverunt, et qu'il regarde l'infidélité d'une vierge comme un adultère commis contre Jésus-Christ, ibid. Cela est confirmé par plusieurs expressions de Tertullien, qui appelle les vierges, les épouses du Seigneur, consacrées au siècle futur, et qui ont mis un% sceau à leur chair, etc. 2° Lorsque saint Cyprien dit : 11 est mieux pour elles de se marier, il entend, avant de faire profession de virginité, et non après, comme le prétendent les prolestanls; c'est encore la doctrine de saint Paul, que nous avons vue ci-devant. Nous prouvons ce sens par la discipline établie peu de temps après saint Cvprien. Le concile d'Ancyre, lenu l'an 313, cc.n. 19, décide que toutes celles qui violeront leur profession de virginité, seront soumises, comme les bigames, à un an ou deux d'excommunication. Celui de Valence en Dauphiné, de l'année 31k, veut qu'à celles qui s'étaient vouées à Dieu, et qui se sont ensuite mariées, l'on diffère la pénitence jusqu'à ce qu'elles aient pleinement satisfait à Dieu. Si elles n'avaient point fait de vœu, il aurait été injuste de leur infliger une peine. Ces mômes critiques allèguent mal à propos une loi des empereurs Léon el Majorien, qui était moins sévère ; elle porte : « On ne doit point juger sacrilège celle qui fera voir, parle désir d'un mariage honnête, qu'auparavant elle n'a .pas voulu ou n'a pas pu accomplir sa promesse, puisque, selon les règles e! la doctrine chrétienne, il est mieux do se marier que de violer par un feu impur la profession de chasteté. » Bingham observe lui môme qu'il était question là des vierges qui avaient été forcées par leurs parenls à prendre le voile, desquelles par conséquent le vœu était nul de plein droit. Mais aurait-on pu en regarder aucune comme sacrilège, si elle n'avait pas fait de vœu ? Orig. ccclés., 1. vu, ci, § 1 et suiv. Il n'est donc pas vrai que la discipline actuelle de l'Eglise romaine, à l'égard des vierges, soil fort différente de ce qu'elle était autrefois. De toul temps le vœu de virginité et île continence a été censé nul, lorsqu'il n'a pas été volontaire et libre; la seule diffé-
rence qu'il y ail, c'est qu'aujourd'hui le violement de ce vœu est un empêchement dirimant du mariage, et que l'on permet aux jeunes personnes de le faire avant l'âge prescrit par les anciens canons. Il est encore plus certain que les veuves qui embrassaient l'état de continence, s'y engageaient par un vœu. Saint Paul le témoigne évidemment, / Tim., c. v, v. 11, où il dit : Evitez les jeunes veuves. Comme elles ont vécu dans une espèce de luxe par les libéralités des fidèles, elles veulent se marier, et sont déjà condamnables, parcs qu elles ont violé leur premier engagement, primam fidem. Ce terme ne peut être entendu que d'une promesse solennelle de conlinence qu'elles avaient faite, pour être mises au rang des veuves nourries par l'Eglise. Nous nous servirons de ce passage pour répondre aux déclamations des protestants contre les vœux en général. Voy. Voeu.
11 y avait une cérémonie établie pour la consécration des vierges. Dans l'Occident, elles mettaient leur tête sur l'autel pour l'offrir à Dieu, et portaient loute leur vie des cheveux longs, avec un habit très- modeste et sans aucune parure. En Egyple et en Syrie, elles se faisaient couper leurs cheveux en présence d'un prêtre, et cet usage a été aussi adopté par les Occidentaux dans la suite, soit parce que saint Paul, / Cor., c. xi, v. 6, a représenté la chevelure comme le principal ornement des femmes, et que les vierges voulaient renoncer à tout ornement, soil parce que sous le règne des barbares une longue chevelure était le signe de la liberté, et que les vierges faisaient le sacrifice de la leur pour se donner à Dieu.
Vierge (La sainte). Voy. Marie.
VIGILANCE, héréiique du ive siècle de l'Eglise. 11 était Gaulois, né dans la capitale du pays de Comminges, appelée autrefois Lugdunum Convenarum , aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges. Il fil pendant sa jeunesse quelques progrès dans les lettres humaines, mais il ne paraît pas qu'il eût beaucoup étudié l'Ecriture sainte ni la tradition de l'Eglise ; il s'acquit néanmoins l'estime de saint Sulpice-Sévère et de saint Paulin de Noie. Ayant fail un voyage dans la Palestine pour visiter les saints lieux, il fut recommandé à saint Jérôme par saint Paulin. Il eut malheureusement l'imprudence de se mêler dans la dispute qu'avait pour lors saint Jérôme avec Jean de Jérusalem et Ruffin, qui l'accusaient d'origénisme, et de prendre le parti de ces derniers. Comme il reconnut sa faute quelque temps après, le saint vieillard la lui pardonna, et écrivit en sa faveur à saint Paulin, à son retour dans les Gaules. A peine y ful-il arrivé, qu'il renouvela ses accusations contre saint Jérôme, et il répandit contre lui des libelles pour le diffamer. Le saint docteur, averti de ce trait d'ingratitude et de malignité, en réprimanda l'auteur par une lettre sévère et sur un ton de mépris. Bientôt Vigilance, qui ôlail prêtre pour lors, commença de dogmatiser par l'ambition de faire
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du brull ; nous ne connaissons sos erreurs laquelle aucun particulier n'eut jamais droit que par la réfutation que saint Jérôme en a de s'élever. Mais puisque Barbeyrac voulait fiil. Il blâmait le culte religieux rendu aux attaquer directement saint Jérôme, il ne martyrs et à leurs reliques, comme un acte fallait pas tomber dans le même défaut (i'iiioiâtrie ; il traitait de fourberie, ou de qu'il lui reproche ; ce Père avait de trèsprestiges du démon, les miracles qui se fii- justes sujets de mécontentement contre Vigi~ saient à leur tombeau; il condamnait les lance, son censeur n'en a point eu d'au'ire veilles que l'on y célébrait, l'usage d'y allu- que le préjugé fanatique do sa secte contre mer des cierges et des lampes pendant le les Pères de l'Eglise.
Ijoui* ; il niait que les saints pussent inlci - Dans plusieurs endroits de ce Dictionceder pour nous et que Dieu écoutât leurs naire, nous avons fait voir que les divers prières. 1! déclamait contre les jeûnes, con- articles de croyanre et de pratique, blâmés tre le célibat des clercs, contre la vie mo- cl condamnés par Vigilance et par les pronostique, contre la pauvreté volontaire, con- testants, loin d'être contraires à l'Ecriture tre les aumônes que l'on envoyait à Jérusa- sainte, sont fondés au contraire sur des loin ; il ne voulait pas que l'on chantât aile- passages clairs et formels de ce livre divin ; luin, hors le temps de Pâques. que ce ne sont point des superstitions in- Quelqucs évêques furent accusés de s'ê- ventées au ive siècle, comme ils osent l'aftre laissé se luire par ce novateur, quoiqu'il Grmer, mais des sentiments et des usages ne soutint ses sentiments que par des décla- aussi anciens que le christianisme, et automalions et des sarcasmes ; mais il ne paraît risés par les apôtres mêmes. — On trouvera avoir eu pour sectateurs que quelques ec- une très-bonne notice de la conduite et des clésiastiques déréglés qui se lassaient du erreurs de Vigilance, dans Vllist. lillér. de célibat. L'inondation des barbares, quiarriva la France, tome II, p. 57. Voyez encore dans ce lemps-là dans les Gaules, produisit VUist. de VEg. gai lie, tomel, Lui, an 40G; d'autres malheurs plus capables d'occuper Tillemont, Fleury, Pluquet, etc. tous les esprits que les égarements d'un sec- VIGILE ou VEILLE (terme de calendrier taire. On sait d'ailleurs que Vigilance se re- ecclésiastique, qui signifie le jour qui prétira dans le diocèse de Barcelone, et y fut cède une fêle). L'origine de celle dénommachargé du soin d'une Eglise ; de là on pré- lion n'est pas difficile à découvrir. De-, que Bume que la réfutation de ses écrits, faite le christianisme eut f iit des progrès , il par saint Jérôme, le fil rentrer en lui-même, excita la haine des juifs et des païens ; ils et arrêta les progrès de sa doctrine. se firent un point de religion de le détruire, Comme les protestants l'ont embrassée ils persécutèrent ceux qui en faisaient prodans nos derniers siècles, ils ont fait de fession. Les chrétiens furent donc obligés Vigilance un de leurs héros ; c'était, disent- de cacher leur culte, de ne s'assembler que ils, un homme distingué par son savoir et la nuit, ou dans des lieux inconnus à leurs par son éloquence, un ecclésiastique animé ennemis. Celle conduite même donna lieu à du louable esprit de la ré ormalion , un des calomnies, on leur reprocha ces assemhomme de bien qui aurait voulu déraciner Idées nocturnes, on les accusa d'y commetles abus, les erreurs, la fausse piété par tre des crimes, on les appela par dérision lesquels la multitude ignorante et crédule nation ténébreuse, et qui fuyait le grand se laissait séduire ; mais les partisans de la jour, etc. Minut. Félix, c. 8; Plin., Epis t. superstition se trouvèrent plus forts que ad Trajan., Terlull., Apolog., c. 2, clc. A lui, ils arrêtèrent les effets de son zèle, ils cette raison de nécessité se joignirent des le forcèrent au silence et le mirent au motifs de religion ; dès l'origine, la fête de rang des hérétiques. D'aulre part ils ont Pâques fut la principale des solennités chrépcinl saint Jérôme comme un docteur fou- tiennes ; les fidèles p issaienl la nuit du gueux cl fanatique, animé par le seul motif samedi au dimanche à célébrer les sainls d'un ressentiment personnel, qui traita son mystères cl à y participer, à chanter des adversaire avec un emportement scanda- psaumes, à écouler des lectures et des inleux, qui ne lui opposa que des invectives , slructions pieuses, et demeuraient assemblés qui travestit ses opinions pour les rendre jusqu'au lever du soleil, qui était l'heure de odieuses, qui ne put le combattre par l'E- la résurrection de Jésus-Christ. Peu à peu crilurc sainte ni par aucun argument solide, celte manière de célébrer les veilles s'élen- Barbcyrac surtout a vomi contre ce saint dit aux autres fêles des mystères et même
.docteur un torrent de bile. Traité de lamo- aux anniversaires des martyrs. On y joignit raie des Pères, c. lo, § lti et 3M. — Il serait le jeûne, comme à la fêle de Pâques, et lout à souhaiter sans doute que saint Jérôme le monde convient que telle a été aussi I ocûl écrit contre Vigilance avec moins de rigine des offices de la nuit. De là enfin est chaleur, et que son ouvrage eût été plus né l'usage de commencer le jour ecclési asliimdité, mais il nous apprend c.u'il fut obligé que depuis les vêpres ou le soir, jusqu'au <!e le faire dans une seuie nuit ; et, comme lendemain à pareille heure, au lieu que le son adversaire n'avait attaqué les usages de jour civil ne commence qu'à minuit ; et on l'Eglise que par des traits de salire ei par a nommé vigile ou veille loul le jour qui un ton de mépris, le saint docteur ne cuit (recède une solennité, pendant lequel on pas qu'il rnériiât une réponse plus sérieuse; observe l'abstinence et le jeûne, il se contenta de lui opposer la pratique Ou ne pcul pas disconvenir que cette pracnnstanlc cl universelle de l'Eglise, contre lique ne lui très- pieuse et tres-edifiante,