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tenue auv Malhurins à Paris, le 26 décembre, et couchée par écrit , signée ensuite et scellée le 2 janvier 133V. Les docteurs, après avoir protesté de leur respect et de leur attachement au pape , disent : « qu'ils ont appris par des témoignages dignes do foi que tout ce que le saint Père a dit sur la question présente, n'a été ni par forme d'assertion ni d'opinion, mais seulement en forme de narration.a Ils en écrivirent au pape loi-mémo dans les mêmes termes, en le priant de confirmer p ir son autorité leur sentiment, comme étant celui de tout le peuple chrélien. 3° La déclaration que donna Jean XXII, le 3 décembre suivant, lorsqu'il se sentit près de mourir, ou plutôt sa profession de foi qu'il fil en présence des cardinaux, est entièrement conforme à celle des docteurs de Paris , et conçue dans les termes les plus clairs ; il y a non-seulement de la témérité , mais de la malignité à supposer qu'elle ne fut pas sincère, que ce pape ne renonça point entièrement à son opinion , qu'il n'agit que parcrainlc de passer pour hérétique après sa mort. Benclt XII, son successeur, et témoin oculaire de ses dernières volontés, lui rendit plus de justice, en les publiant dans une bulle datée du 17 mars 1333. Les calomnies répandues con'.re lui , soit en France , soit en Allemagne , par les partisans de Louis de Bavière , son ennemi , ou par les fratricelles, sectaires révoltés contre lui, ne prouvent rien et ne méritent aucune attention. Enfin, quand il serait vrai que ce pape tenait à une opinion fausse, et qu'il ne l'a rétractée que par ta crainte de scandaliser l'Eglise, il serait à souhaiter que tous les hérésiarques 1 1 tous les sectaires eussent fait comme lui, il n'y aurait jamais eu de schismes, et les maux qu'ils ont causés n'auraient pas eu lieu.
Vision prophétique, dans les livres saints et chfz tous les écrivains eiclésiastiques, signifie une révélation qui vient de Dieu, à laquelle l'imaginalon ni aucune cause naturelle n'a pu avoir de part, soit qu'un homme l'ail reçue en songe, soit autrement. Ainsi la connaissance que Dieu donnait à ses prophètes des événements futurs est appelée vision, pane que Dieu leur avait fait voir l'avenir, et c'est ce litre que plusieurs oui mis à leurs prophéties. Mais toute vision n'est pas prophétique ; Dieu a souvent révélé à ses saints des choses passé, s ou présentes, desquelles ils n'étaient pas instruits, ou des vérités qu'ils ne pouvaient pas naturellement connaître , cl il leur a commandé des actions auxquelles ils ne se seraient pas portés d'eux-mêmes. Ainsi Dieu fil révéler par un ange à saint Joseph, pendant son sommeil, la pureté de Marie , la conception de Jésus en elle par l'opération du Suint-Esprit, la rédemption prochaine du monde par ce divin enfant; il lui fit commander de même de le transporter en Egypte avec sa mère , pour le soustraire à la cruauté d'Hérode, et ensuite de revenir dans la Judée. Nous ne savons pas si, lorsque saint Paul fut ravi au troisième ciel , il y apprit des événements DiCT. bf. Th£ol. doc.uatique. IV.
futurs. Dans P Apocalypse, Dieu lit couru» Hre à saint Jean des vérités cachées et des révolutions qui devaient arriver dans la suifr*. Certains critiques ont pensé que l'histoire de la tentation de Jésus-Christ au désert , rapportée par saint Matthieu, c. iv, v. 1, s'est plutôt passée en vision pendant le sommeil , qu'en fait et en réalité, et que PEvangélisle l'a ainsi entendu , lorsqu'il a dit que Jésus fut conduit au désert par Vesprit, pour être tenté par le démon. Mais cette opinion no s'accorde pas avec le texte de l'Evangile; ce n'est ni en songe ni en vision que Jés lis - Christ jeûna pendant quarante jours, qu'il eut faim, que les anges vinrent le servir, etc. Ces critiques ont cru que le démon avait transporté Jésus-Christ dans les airs, pour le placer sur une montagne et sur le sommet du temple, mais ils n'ont pas pris le sens du texte sacré. V oy. Tentation.
« Nous connaissons, dit Origène, I. r, contra Cels., n. 46, plusieurs hommes qui ont embrassé le christianisme comme malgré eux; l'esprit de Dieu les frappait par des itsions ou par des songes, et changeait tellement leur coeur, qu'au lieu de détester comme auparavant la religion chrétienne, ils formaient le dessein de mourir pour elle. Nous en avons plusieurs exemples dont nous avons été témoin oculaire, mais que les incrédules regarderaient comme des impostures , et tourneraient en ridicule si nous les rapportions. Au reste, nous attestons Dieu , qui voit le fond des consciences , que nous n'avons aucune envie de forger des fables rour confirmer la vérité de la doctrine de Jésus-Christ. »
Mais nous avons à parler principalement des visions prophétiques. Or, on ne peut pas douter que les dons miraculeux du Saint- Esprit, et surtout celui de prophétie, n'aient clé communs parmi les chrétiens du temps des apôtres ; saint Paul le témoigne, 1 Cor., c. xn, v. Setseq. Il règle l'usage que les fidèles doivent faire de ces dons divers , il pies rit 'es précautions néc> ssaircs pour que ces grâces ne leur inspirent point d'orgueil et ne causent aucune division parmi eux. c. xui et xiv. La question est de savoir si Dieu a continué la même assistance à son Eglise dans les siècles suivants, et pendant combien de temps elle a duré.
Dodwel , dans sa quatrième Dissertation sur saint Cyprien, s'est attaché à prouver que les révélations prophétiques n'ont pas cessé dans le christianisme à la mort des apôtres, mais qu'elles y uni duré jusqu'au temps de Constantin et à la paix qu'il donna à son Eglise; mais que depuis celle époque il n'y en a plus de vestiges, parce que ce secours devient moins nécessaire qu'auparavant à la propagation de l'Evangile. Il le prouve par l'exemple dTlermas , dont le livre intitulé le Pasteur est rempli de visions prophétiques; mais la plupart des auteurs protestants les regardent comme les rêveries d'un fanatique. Voy. Hermas. Saint Clément de Home, dans sa première lettre aux. Corinthiens tx\. kS, dit : «Qu'un homme ait la
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foi, qu'il soil doué de connaissance , qu'il juge des discours avec sagesse, qu'il soit pur en loutes choses; plus il paraît grand, plus il doit être humble. » Dodwel soutient que par la foi il faut entendre celle qui opère des miracles, que la connaissance est l'intelligence des mystères, que le jugement des discours est le discernement des esprits, comme l'a expliqué saint Paul, / Cor., c. xnr, v. 2, autant de dons surnaturels desquels il ne voulait pas que les Gdèles conçussent do l'orgueil.
Saint Ignace, dans sa lettre aux Philadeljihiens, n. 7, s'exprime ainsi : « J'atteste celui pour lequel je suis enchaîné, que je n'ai point connu ces choses de moi-même, mais que c'est l'Esprit qui me les a révélées et qui m'a dit : Ne faites rien sans l'évéque. » Dans la lettre circulaire que l'Eglise de Smyrne écrivit au sujet du martyre de saint Polycarpe, il est dit, n. 5 et 9, que ce saint martyr eut une vision pendant son sommeil, qui lui fit comprendre qu'il serait brûlé vif , et qu'en entrant dans le stade on entendit unevoix du ciel qui lui dit: Courage, Polycarpe, sois constant. Eusèbe , Hist. ecclés. , 1. m, c. 37, rapporte que , dans ce même temps , Quadralus et les filles de Philippe étaient doués du don de prophétie, et que les prédicateurs de l'Evangile avaient celui d'opérer des miracles. — Saint Justin , Dial. cum Triph., n. 52 et 82, fait observer que depuis la venue de Jésus-Christ il n'y a plus de prophète chez les Juifs, et que l'esprit prophétique a élé communiqué aux chréliens.
Saint Irénée , contra Hœr., lib. n , c. 32 (al. kl), n. 4, atteste que, de son temps, Dieu répandait sur les fidèles, avec abondance, les dons du Sainl-Esprit; que les uns chassaient les démons, ou étaient doués de l'esprit prophétique; que les autres guérissaient les malades ou ressuscitaient les moris. « On ne peut pas compter, dit-il , le nombre des grâces que l'Eglise répand tous les jours au nom de Jésus-Christ , pour l'avantage de toutes les nations. » Il ajoute que ees divers prodiges contribuaient beaucoup à convertir les gentils.
Tous ces monuments regardent la fin du I" et le commencement du ne siècle. Los écrivains téméraires qui ont avancé que depuis les apôtres il n'y avait point eu parmi les chréliens d'autres visions prophétiques que celles de Monlan et de ses disciples, n'ont pas consulté les dates. Cet hérésiarque n'a paru que vers le milieu du ne siècle, et plusieurs des témoignages quenous venons de citer concernent des personnages qui ont vécu longtemps avant lui. Ces sectaires ne firent que s'attribuer une partie des dons miraculeux qu'ils voyaient répandus parmi les fidèles. Mais à peine eurent-ils publié leurs prétentions et leurs erreurs, qu'ils lurent réfutés par des écrivains ecclésiastiques. De ce nombre furent Méiitou, Miiliade, Sérapion , évéque d'Antioche , Apollonius , Astérius Urbanus, Apollinaire d'Hicraples , Caïus, prêtre de Home, etc.; Eu èbc et Pliolius nous ont conservé les titres de leurs ou-
vrages, et en on( donné des extraits. Ils démontrèrent la différence essentielle qu'il y avait entre les vraies révélations communiquées aux fidèles, et les fausses visions dont se vantaient les hérétiques.
Au iue siècle, Dodwel ne veut pas citer Terlullien , parce qu'il se laissa séduire par les montanistes ; mais il avait écrit son Apologétique avant d'avoir embrassé 1 urs erreurs ; or , il dit, c. 23 et ailleurs, que les chréliens par leurs exorcismes forçaient les démons à confesser , par la bouche des possédés, qu'ils u'étaienl pas des dieux , mais de mauvais esprits, et à rendre ainsi témoignage à la croyance des chrétiens. Il ajoute que cette espèce de révélation ne pouvait pas être suspecte aux païens. Au reste, Dodwel allègue avec confiance l'auteur des Actes du martyre des saintes Perpétue et Félicité, qui a éciit l'an 202, qui rapporte leurs visions prophétiques, et qui, loin de favoriser les montanistes,, semble argumenter contre eux. Peu de temps après , Origène , contre Celse, 1. j, n. 4-6, témoignait que, de son temps, il restait encore chez les chréliens des signes évidents des dons du Saint-Esprit, qu'ils chassaient les démons, qu'ils guérissaient les maladies, qu'ils prédisaient lesévénemeuls futurs, par la volonté du Verbe divin. Il dit en avoir vu plusieurs exemples, et il prend Dieu à témoin de la vérité de son récil. Il en parle encore, l.vn, n. 8. Saint Denis d'Alexandrie, son condisciple , dans une de ses lettres rapportée par Eusèbe, Hist. ecclés., 1. vi, cap. ki), proteste devant Dieu qu'il n'a fui pendant la perséculion do Dèce, que par une inspiration et un ordre exprès de Dieu. On peut trouver au moins dix exemples semblables dans saint Cyprien. Il suffit de citer sa lettre neuvième (al. 10 ) ad Clerum. « Dieu , dit - il , ne cesse de nous réprimander le jour el la nuit. Indépendamment des vbions nocturnes, des enfants même, dans l'innocence de l'âge, ont des extases en plein jour, dans lesquelles ils voient, entendent et déclarent les choses dont Dieu veut nous avertir cl nous instruire. Vous saurez toul lorsque je serai de retour, par la grâce de Dieu qui m'a commandé de m'éloigner. » Ce saint martyr fut averti de même, avant la persécution qui recommença sous Gallus et Volusien, et il fut convaincu de sa propre mort prochaine. Dieu en agissait ainsi, afin de préparer les fidèles aux épreuves auxquelles ils allaient bientôt être exposés ; et la publicité que l'on donnait d'abord à loutes ces révélations, leur uniformité et l'événement qui s'ensuivait, concouraient à démontrer que l'illusion ni l'imposture n'y avaient aucune pari. On apportait d'ailleurs les plus grandes précautions pour n'y pas être trompé ; saint Paul les avait prescrites, / Cor., c. xn el seq. 1° L'on ne faisait attention aux visions prophétiques que quand elles venaient de la part des personnes dont les mœurs, la piété et les autres vertus étaient connues d'ailleurs, et qui avaient tous les caractères sous lesquels saint Paul avait désigné la charité, ibid. ,