‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 185 sur 219 · VOEL · texte numérisé non relu

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transformés en son image, et nous allons de clarté en clarté, comme éclairés par C esprit rie Dieu. Coloss., c. m, v. 10 : RevHez-vous de l'homme nouveau qui devient tel par la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé. Ce n'est point là une conformité dans la gloire. 4° Enfin, lorsque saint Augustin dit que tous n'ont pas été appelés selon le dessein de Dieu, il entend évidemment que tous n'ont pas correspondu à ce dessein; et qu'en citant le mot beaucoup d 'appelés, mais peu d'élus, il a entendu comme 1 Evangile et comme saint Paul , que peu de personnes ont correspondu à leur vocation à la foi , puisque saint Paul nomme constamment les fidèles, les élus de Dieu. Voyez Prédestination. .

L'on convient généralement que, pour embrasser l'état ecclésiastique ou l'état religieux, il faut y être anpelé par une vocation spéeiale de Dieu. Comme ces deux états imposent des devoirs particuliers et souvent pénibles à ceux qui y sont engagés , on ne peut espérer de las remplir à moins que l'on ne reçoive de Dieu les grâces nécessaires, et il y aurait de la témérité à les attendre , si l'on avait disposé de soi-même contre la volonté de Dieu. Sans doute il ne révèle point à chaque particulier le soi t qu'il lui destine, mais il y a des signes par lesquels on peut juger prudemment que l'on est appe'é à tel état plutôt qu'à tel autre. Une inclination constante et longtemps éprouvée à s'y consacrer, un goût décidé pour les pratiques et les devoirs qu'il impose, un long exercice des vertus qu'il exige, un détachement absolu de tout intérêt et de tout motif temporel, voilà des marques non équivoques d'une vocation solide. C'est pour s'e;» assurer qu'ont été établis les divers ordres de la Héricature et les séminaires pour l'état ecclésiastique, les épreuves et le noviciat pour l'état religieux. Ceux qui ont de la peine à s'y soumettre doivent se défier beaucoup de leur vocation, et craindre que les engagements qu'ils formeront ne soient pour eux une source de malheurs pour ce monde et pour l'autre. Ces considérations nous font comprendre la grièvetédu crime des parents qui veulent forcer la vocation de leurs enfants, et de ceux que séduisent ces derniers et leur peisuadent faussement que tel état leur convient, qui leur en représentent ies avantages, sans leur en exposer les devoirs et les inconvénients, etc. Mais, par la vigilance et les précautions qu'apportent les pasteurs dans l'examen des sujets, le malheur des fausses vocations est beaucoup plus rare qu'on ne le croit communément dans le monde.

VOEU, promesse que l'on fait à Dieu d'une chose que l'on croit lui être agréable, et à laquelle on n'est pas obligé d'ailleurs. C'est ce qu'entendent les théologiens, lorsqu'ils disent que le vœu est promissio de melioribono. Promettre à Dieu d'accomplir tel «ommandement qu'il nous fait , ou d'éviter telle chose qu'il nous défend , ce n'est pas

un vœu , parce que nous y sommes obligés d'ailleurs par sa loi.

Est il permis et louable de faire des vœux, et lorsqu'on <n a fait est-on obligé de les accomplir? Cela ne peut être mis en question que par ceux qui ne veulent pas avouer qu'il y a de bonnes œuvres de surérogation, que Jésus-Christ nous a donné des conseils de perfection , et qu'il y a du mérite à les pratiquer. C'est une erreur des prolestants, que nous avons réfutée ailleurs. Voy. OF.cvres, Conseils évangéliques. Quand le bon sens ne suffirait pas pour nous persuader le contraire, l'histoire sainte nous en convaincrait. En effet, Dieu n'a pas dédaigné les vœux (jue lui ont faits les patriarches ; Jacob promet à Dieu de lui offrir la dîme de tous les biens que sa providence daignera lui accorder, et ce vœu est agréé de Dieu, Gen., c. xxviii, v. 22; c. xxxi, v. 13. Ainsi en avait agi Abraham, en donnant à Melchisédech la dîme des dépouilles qu'il avait reprises sur les rois qu'il avait vaincus, c. xiv, v. 20. David fait vœu de bâtir un temple au Seigneur, et Dieu lui promet que cela sera exécuté par s n fils. // Eeg., c. vu, v. 13; Ps. cxxxi, v. 2. Les principaux Israélites s'obligent à contribuer aux frais de cet édifice, et ils accomplissent leur vœu, 1 Parut., c. xxix, v. 9.

Les livres de Moïse contiennent plusieurs lois touchant les différents vœux que l'on pouvait faire, touchant l'obligation et la manière de les accomplir. Nous voyons, Levit., c. xxvn, v. 1, qu'un homme ou une femme libre pouvait se vouer au service du Seigneur dans son tabernacle, qu'un père pouvait y consacrer un de ses enfants ou un esclave. Dans la suite on nomma ces derniers nathinéens, donnés à Dieu. Voy. ce mot. S'ils n'accomplissaient pas ce vœu, ils devaient être rachetés par un prix que la loi avait fixé. Nous lisons encore, Num., c. vi, v. 1, qu'un homme ou une femme pouvait faire le vœu du nazaréat pour un temps ou pour toujours, et que ce vœu les obligeait à certaines abstinences : il est dit, v. 8, qu'un nazaréen est consacré à Dieu. Sanctus Domino ; Samson , Samuel, Jean-Bap'iste, en sont des exemples. Voy. Nazaréat, Kéchabites. Nous avons parlé de la fille de Jephté en son lieu. Voy. Jephté. L'obligation d'accomplir les vœux est clairement établie, Dent., c. xxin, v. 21 ; Job, c xxn, v. 27; Ps. lxv, v. 13 ; Eccl., c. v, v. 3, etc.

Quoique les protestants aient beaucoup déclamé contre les vœux en général, les commentateurs anglais de la Bible de Chais, dans leurs notes sur le Lévitique et sur les Nombres, ont très -bien expliqué la nature des vœux dont il y est parlé ; ils en ont reconnu la saii.teté et l'obligation de les accomplir. Cependant quelques incrédules ont prétendu qu'un vœu conditionnel , tel que celui de Jacob, est indécent ; c'est, disentils, une espèce de marché fait avec la Divinité, par lequel l'homme semble lui imposer des lois et lui prescrire des conditions : conduite intéressée et mercenaire que Dieu ne

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