VOEL
peut pas .'pprouver. Fausse décision. Lorsque J cob dit : Si le Seigneur daigne me protéger, me ramener sain et sauf, et m'aaorder ses bienfaits,- je lui donnerai la dime de tout ce que je posséderai. Ce n'est ni un marché ni une marque d'ambition, mais une promesse de reconnaissance; J.icob se prescrit à lui-même, et non à Dieu, une loi à laquelle il n'était pas tenu d'ailleurs. S'il n'avait reçu de Dieu aucun bien temporel, il n'aurait pas pu lui en paver la dime; si Anne, mère le Samuel, n'avait pas obtenu de Dieu un fils en conséquence de son vœu, elle n'aurai! pas été dans le cas de le consacrer au Seigneur; si les compagnons de Jouas n'avaient pas été sauvés du naufrage , ils n'auraient pas été dans l'obligation d'accomplir les vœux qu'ils avaient fa i s au fort de la tempête, Joan., ci, v. 10. Puisqu'il est louable de témoigner à Dieu de la reconnaissance, il est louable aussi de le lui promettre.
Puisqu'il a plu au Seigneur d'agréer les vaux des hommes sous la loi de nature et sous celle de Moïse, y a-t-il des raisons de croire qu'il n'en veut plus sous celle de l'Evangile ? Ce serait à ceux qui les blâment de le prouver. On ne peut pas ies envisager comme des pratiques de la loi cérémonielle, puisqu'ils sont plus anciens que celte loi, cl que les apôtres mêmes en ont fait. Postérieurement au concile de Jérusalem, dans lequel il avait été décidé que les cérémonies mosaïques ne servaient plus de rien au salut, -4c/., c. xv, saint Paul fit encore le vœu du nazaréat, et l'accomplit à Jérusalem, c. xviii, v. 18 ; c. xxi, v. 16. Au mot Célibat, nous avons cité ce qu'a dit Jésus-Christ de ceux qui l'ont embrassé pour le royaume des deux; qu'ils l'aient fait par un vœu ou par une résolution ferme et irrévocable, cela est égal. Puisque Jésus-Christ a donné des conseils de perfection, et qu'il y a du mériie à les pratiquer, il y en a aussi à les promettre par un vœu, et c'est à quoi engagent les vœux solennels de religion.
Ceux qui soutiennent le contraire ont prétendu que ces vœux ont été inconnus dans l'Eglise jusqu'au ive siècle, que c'est saint Basile qui les y a introduits, ou du moins qui eu a parlé le premier. Us sont dans l'erreur: 1° saint Paul, / Tim., c. v, v. 11 et 12, parlant des jeunes veuves qui veulent se remarier, dit qu'elles ont violé leur premier engagement : primant fidem irritant fecerunt. Nous soutenons que cela doit s'entendre d'un vœu ou d'une promesse solennelle que ci s femmes avaient fait de vivre dans la continence; ainsi l'entendent les interprèles cêtholiques et les protestants les plus sensés. On ne peut pas prouver que les filles d'un certain âge ne fussent pas admises dès lors à faire de même; saint Ignace les met de pair, t'.pisi. ad Smyrn., n. 13. 2" Au ni' siècle, Tertullien appelle les vierges, les épouses du Seigneur, des personnel consacrées au siècle futur, et qui ont mis un sceau à leur chair ; il fait mention expresse du vœu de conii ience, de Virgin, velandis, c. 11. S tint Cy-
prien, Epist, Ci i (al. k) ad Pompon., parlant des vierges, dit : « Si par un engagement de fidélité, ex fide, elles se sont consacrées à Jésus-Christ, qu'elles persévèrent en vivant dans la purelé et la chasteté. » Il regarde l'infidélité d'une vierge comme un adultère commis contre Jésus-Christ. Cela suppose une promesse ou un vœu qu'elles ont fait. 3' Le concile d'Ancyre, tenu l'an 313, avant l'épisco;al de saint Basile, décide, can. 19, que toutes celles qui violeront leur profession de virginité, seront soumises comme les bigames à un ou deux ans d'excommunication ; celui de Valence en Dàuphiné, l'an 37V, veut qu'on leur diffère la pénitence jusqu'à ce qu'elles aient pleinement satisfait à Dieu. 11 n'aurait pas été juste de leur infliger une peine, si elles n'avaient pas fait un vœu. Cette discipline fut confirmée par le concile général de Chalcédoine, et par plusieurs autres tenus en Occident ; elle était donc la même chez les Grecs et chez les Latins. Aussi la pratique des vœux monastiques a persévéré constamment et dure encore chez les nestoriens , chez les eutychiens ou jacobites, chez les maronites syriens et chez les Grecs schismatiques.
Si les prétendus réformateurs avaient été mieux instruits, ils n'auraient pas déclamé avec tant d'indécence contre les vœux en général, surtout contre les vœux solennels de religion, ils auraient respecté les monastères, et ils n'auraient pas fourni aux incrédules les invectives que ces derniers ne cessent de répéter. Us disent que c'est attenter aux droits de Dieu, de nous priver de la liberté naturelle qu'il nous a donnée; qu'il y a de la témérité à nous imposer nous-mêmes une obligation perpétuelle, sans savoir si nous aurons la force et la constance de la remplir. Ordinairement les vœux sont un elïet de la légèreté de la jeunesse, d'un accès de mé'ancolie passagère, de la séduction ou du despotisme des parents, et sont presque toujours suivis d'un repentir amer; loin d'être utiles à la société, ils la privent des services que pourraient lui rendre des personnes de l'un et de l'autre sexequise vouent à la clôture et à l'inutiliié. Folle censure s'il en fut jamais; déjà nous en avons démontré l'absurdité aux mois Célibat, Moine, Religieuse ; mais nous ne devons pas nous lasser de répondre à des reproches toujours renaissants et variés en cent manières. Ceux qui les font devraient commencer par prouver que l'homme est né avec une liberté naturelle illimilée, que c'est un bien pour lui, par conséquent que toute loi quelconque est un attentat contre ce don de la nature. Nous soutenons au couiraire qu'une telle liberté, serait pour lui à tous égards le plus grand de tous les maux. Comme la plupart de nos semblables sont nés avec plus de penchant au vice qu'à la vertu, le plus grand avantage pour eux et pour la société serait qu'ils lussent enchaînés d'abord; Dieu l'a ainsi décidé, en disant qu'il est bon à l'homme de porter le joug dés l'enfance, Thren., c. m, v. 27. Tel est devenu méchant et dépravé,
VULO