‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 188 sur 219 · VOI · texte numérisé non relu

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auxquelles !e clergé séculier no peut pas suffire, s'il n'y en avait pas un grand nombre des deux sexes qui le font par vœu et par motif do religion? Sans les vœux, aucun des établissements destinés à secourir l'hu- 7nanité souffrante, ne serait ni stable ni solide. Nous ajoutons encore que les ordres mêmes qui gardent la clôture n'ont jamais été plus nécessaires qu'aujourd'hui. Dans un siècle coi rompu par le luxe, par la lirence des mœurs et par l'irréligion , dans lequel les revers de fortune sont fréquents, les mariages difficiles et souvent malheureux, il faut des asiles où puissent se retirer ceux qui n'ont rien à espérer dans le monde , où la vertu pauvre et méprisée puisse se cacher et trouver le repos, où la simplicité des mœurs fasse prescription contre la perversité publique, et serve d'apologie à l'Evangile. En dépit des clameurs de nos politiques incrédules, ces saintes retraites , presque aussi anciennes que le christianisme , subsisteront autant que lui. Ce qui regarde la validité ou la nullité des dispenses, l'interprétation ou la commutation des vœux, est plus du ressort des canonistes que des théologiens.

Voeux du Baptême. On appelle ainsi les promesses que fait un catéchumène, lorsqu'avant d'être baptisé il renonce à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. Ce préliminaire a été prescrit dans la rigueur pour les adultes qui renonçaient à l'idolâtrie ou au culte des démons pour embrasser le christianisme. Lorsqu'on baptise un enfant, c'est le parrain et la marraine qui font ces promesses au nom du baptisé, alors elles ne regardent point le passé, mais l'avenir.

Parmi les hérétiques des derniers siècles, les uns avaient enseigné que les vœux du baptême annulaient tous les autres vœux; les autres, que les vœux du baptisé ne l'obligeaient pas à observer toute la loi chrétienne, mais seulement à croire en Jésus- Christ; le concile de Trente a condamné les uns et les autres, sess. 7, de Bapt. can. 7 «i 9.

Les théologiens appellent aussi vœu du baptême , la volonté ou le désir de recevoir ce sacrement, lorsqu'on ne peut pas le recevoir en effet; dans ce sens, ils disent que le baptême est absolument nécessaire, vei in re tel in voto, pour être sauvé. Voy. Baptême. Dans le discours ordinaire, vœu signifie souvent désir ou prière.

VOIE ou CHEMIN, se prend souvent dans l'Ecriture sainte dans un sens figuré. Entrer dans la voie de toute la terre , c'est mourir; la voie des nations, sont les usages et la religion : mais, lorsque Jésus-Christ dit à ses disciples, Matth., c. x, v. 5 : N'allez point dans la voie des nations, cela signifie, n'allez point prêcher l'Evangile aux païens; le moment n'en était pas encore arrivé. Voie se prend encore pour la conduite : il est dit, Prov., c. vi, v. 6 : Que le paresseux aille à la fourmi, et qu'il considère les voies de cet animal. Les voies de Dieu sont ses lois, ses volontés, ses desseins, la conduite

de sa Providence. Ps. en, v. 7, etc. Les voies de la paix, de la justice, de la vérité, sont les moyens qui y conduisent. Ce mot désigne aussi une profession , une secte , une religion ; Act., c. ix, v. 2, Saul demanda des lettres pour le grand prêtre , afin que s'il trouvait des gens de la secte chrétienne, huju* vice, ii les menât liés à Jérusalem. La voie large est une conduite relâchée qui conduit à la perdition; la voie étroite, une vie vertueuse et régulière qui mène au salut.

VOILE , pièce de crêpe ou d'étoffe légère qui couvre la tête et une partie du visage. L'usage d'avoir la tête couverte dans les temples n'a point été le même chez les différents peuples, même parmi les adorateurs du vrai Dieu : mais la coutume la plus générale chez les anciens a été que les sacrificateurs exerçassent leurs fonctions avec la tète couverte d'un pan de leur robe, afin qu'ils fussent moins distraits, et qu'ils ne pussent porter leurs regards ni à droite ni à gauche. Cornélius a Lapide et d'autres ont observé que , chez les Juifs, les prêtres ne priaient et ne sacrifiaient pointa tête découverte dans le tabernacle ni dans le temple, mais qu'ils la couvraient d'une tiare qui était un ornement. Quant aux usages modernes, le savant Assémani rapporte que le patriarche des nestoriens officie la tête couverte, que celui d'Alexandrie fait de même, ainsi que les moines de saint Antoine, les cophtes, lesAbyssins et les Syriens maronites. Cela n'est point étonnant chez les Orientaux qui ne se découvrent jamais la tête. En Occident, où c'est une marque de respect de se découvrir en présence d'une personne que l'on veut honorer, il a paru plus décent que les prêtres fissent leurs fonc ions la tête découverte.

A l'égard du commun des fidèles, saint Paul a décidé que les hommes doivent prier à visage découvert, et il veut que les femmes soient voilées dans les temples, / Cor., c. xi, v. 10. En Afrique, du temps de ïerlullien, les femmes allaient à l'église voilées; on permit aux filles d'y paraître sans voile: ce privilège les flatta, mais Terlullien soutint que c'était un abus, et fil à ce sujet son livre de Viryinibus velandis. Ceux qui en prenaient la défense prétendaient que cet honneur était dû à la virginité; qu'il caractérisait la sainteté des vierges ; qu'étant remarquables dans le temple du Seigneur, elles invitaient les autres à imiter leur exemple. Terlullien ne goûtait point ces raisons : où il y a de la gloire, dit-il, il y a de la vanité, de l'intérêt, de la contrainte, de la faiblesse; or la virginité contrainte est la source de tous les crimes. Clément d'Alexan lrie était d'avis que les filles doivent porter un voile dans l'église aussi bien que les femmes, afin de ne pas scandaliser les justes. 11 y a encore des provinces en France où les filles ne vont à l'église qu'avec un voile blanc, et les femmes avec un voile noir.

Parmi nous, prendre le voile c'est se faire religieuse, parce que c'.esl une marque dis-

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