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linctive de cet état, cl cet usage est ancien, il date au moins de la (in du iv* siècle. Dans l'Histoire de l'Académie des Inscriptions, loin. V, i'n-12, p. 173, il y a un mémoire dans lequel il est prouvé que la réception du voile n'était jamais séparée de la profession religieuse ; qu'aucune (ille n'en était revêtue qu'au moment où elle prononçait ses vœuv, et que c'était l'évêque qui faisait cette cérémonie. — L'âge auquel les filles étaient admises à prendre le voile a varié dans les différents siècles. Vers l'an 1109, saint Hugues, abbé île Cluni, recommandant à ses successeurs l'abbaye' de Martigny qu'il avait fondée pour des religieuses, les exhorte à n'y recevoir aucun sujet avant l'âge de vingt ans. Deuxcenlsans après, sous Philippe le Long, l'on cite une charte de l'an 1317, par laquelle il earatt que l'on donnait quelquefois le voile à de jeunes personnes de l'âge de huit ans, mais elles ne recevaient pas la bénédiction solennelle qui était censée les attacher pour toujours à la vie religieuse; le voile n'était donc pas pour elles un engagement irrévocable. De même aujourd'hui la cérémonie delà vèlureet le voile blanc, que l'on donne aux novices, n'est pas un lien pour elles; c'est par la profession ou par l'émission solennelle des vœux qu'elles s'engagent pour toujours. Voy. Oelats.
Voii.e du Temple. H y avait dans le temple de Jérusalem un voile d'étoffe précieuse, suspendu à deux colonnes, qui séparait le sanctuaire ou leSaint des saints, dans lequel était l'arche d'aillance, d'avec le reste de l'enceinte nommée le saint; il était ainsi entre l'arche et l'autel sur lequel on brûlait les parfums. C'est ce voile qui se fendit du haut en bas, au moment de la mort de Jésus-Christ, Matth. c. 27, v. 51. Cette circonstance a paru remarquable aux Pères de l'Eglise ; Dieu, disent-ils, témoignait ainsi que le temple de Jérusalem n'était plus le sanctuaire dans lequel il voulait habiter désormais, et que cei édifice serait bientôt détruit; que le culte qu'il y avait reçu jusqu'alors allait faire place à un culte plus pur et plus agréable à ses yeux; saint Jean Chrysos., Homil. de Cœmet. et Cruce, n. 2, op., t. Il, p. kOï ; saint Léon, serm. 2 et 8, de Pass. Domini, etc. Jésus-Christ lui-même l'avait ainsi annoncé à la Samaritaine, Joan., c. iv. v . -21. '
Dans les églises chrétiennes on a f;iit usage de différentes espèces de voiles. On appelait ainsi le tapis dont on couvrait l'autel hors du temps de la célébration des saints mystères, et celui que l'on niellait sur les reliques d, s saints. Entre le chœur et la nef, Il y a v ;; i t un voile étendu pendant l'office divin, et les diacres l'ouvraient après la préface, lorsque le préire commençait le canon de la messe. On conserve encore aujourd'hui '■'ans plusieurs Eglises ces anciens usages. Voy. les Remarques du Père Ménard sur le Sacramentaire de saint Grégoire, p. 203.
VOIX HAUTE ou BASSE dans l'office divin. Voy. Seciikti:s.
VOL; c'est l'action d'enlever le bien d'au-
trui, soit par violence, soit en secret ou par surprise. Le premier exemple de ce crime dont il soit parlé dans l'Ecriture est le vol que fit Racbel des idoles de son père, et nous voyons que, dès ce temps-là, il était jugé digne do mort; Gen., c. xxxi, v. 19 et 32. Celui-ci était d'autant plus condamnable, qu'il parait avoirélé fait par un principe d'idolâtrie, et que Kachcl se mit à couvert du châtiment par un mensonge. L'Ecriture sainte ne dissimule aucune faute des personnages dont elle parle, afin de nous convaincre que Dieu, dans tous les temps, a usé de miséricorde et d'indulgence envers les hommes.
Mais a-l-il commandé un vol aux Israélites, en leur ordonnant de demander aux Egyptiens des vases d'or et d'argent, et de les emporter avec eux en sortant de l'Egypte? Exod., c. xi, v. 2; c. xii, v. 35. Les incrédules l'assurent ainsi, et ils en concluent que les Israélites étaient comme les Arabes, une nation de voleurs et de brigands. Nous soutenons que ce ne fut pas un vol, mais une juste compensation; qu'il n'y eut de la part des Hébreux ni surprise ni violence ; que quand il y eu aurait eu, l'on ne pourrait pas encore les accuser d'injustice. C'était injustement, et contre le droit des gens, que les Egyptiens avaient réduit les Israélites en esclavage, qu'ils les avaient condamnés aux travaux publics, sans leur accorder aucun salaire, et qu'ils avaient voulu mettre à mort tous leurs enfants mâles : ceux-ci étaient donc en droit de les traiter comme des ennemis s'ils avaient élé les plus forts. Cependant ils se bornèrent à profiter de la consternation dans laquelle étaient les Egyptiens par la mort de leurs premiers-nés, et à leur demander un dédommagement qu'ils n'osaient pas refuser, dans la crainte dépérir de même. C'est la réponse de Philon, de Vita Mosis, p. 62i ; de saint Irénée, adv. Hœr.t I. iv, c.30; de Tertullien, adv. Marcion., I. n% c. 20, et I. iv ; de saint Augustin, I. lxxxiii, quœst., q. 35; contra Faust., I. xxu, c. 72, etc. Ainsi en jugeait l'auteur du livre de la Sagesse, lorsqu'il a dit que Dieu rendit aux justes la récompense de leurs travaux, c. x, v. 17.
On se trompe encore quand on cite Jephté comme l'exemple d'un chef de voleurs, qui parvint à se mettre à la tête de sa nation. Chez les anciens peuples, la profession des aventuriers braves, qui faisaient des excursions chez les ennemis et s'enrichissaient de leur butin, n'avait rien de déshonorant; les anciens philosophes grecs l'envisageaient comme une espèce de chasse, parce qu'ils regardaient hs étrangers comme des ennemis avec lesquels on était toujours en guerre. David en agit ainsi lorsqu'il lut obligé de fuir la persécution de Saiil; / lieg., c. xxvn, v. 8. Les Israélites furent souvent exposés à ces irruptions subites de leurs voisins ; IV Reg., c. xiii, v. 20, etc. C'était un fiéau, sans doute, mais il ne faut pas raisonner des mœurs des peuples anciens, sur celles qui règneut
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aujourd'hui chez les peuples policés, surtout chez les nations chrétiennes.
* VOLCANS. Les incré Iules du dernier siècle avaient fait, conlre l'antiquité attribuée au monde par Moïse, une objection tirée des volcans. Us disaient que l'énorme quantité de lave déposée an pied du Vésuve, de l'Etna, etc., prouvailque ces volcans avaient vomi des matières enflammées il y a plus de six mille ans. Les touilles qui ont élé faites, la découverte de l'ompéia, oni élé une réponse sans réplique. Il n'y a l»as deux mille ans que cette ville était florissante. Donc auparavant le sol qui l'environnait et qui était cultivé n'était pas couvert de laves.
VOLONTÉ, VOLONTAIRE. Le mot Volonté signifie tout à la fois la faculté et l'action de vouloir; ce double sens a toujours élé el sera toujours la source (l'une infinité de sophismes el d'erreurs ; si on veut les éviter, il faut nécessairement distinguer en nous différentes espèces d'aclions. 1° Les actes forcés par une violence extérieure : tel serait l'homicide commis par un homme auquel un plus fort que lui aurait conduit le hras, et lui aurait fait plonger son épée dans le sein du mort; il est clair que celte action ne peut être allribuée à celui qui a souffert la violence, mais à celui qui l'a faite. 2" Les actions purement spontanées qui viennent de nous, mais sans connaissance, comme sont les mouvements d'un homme plongé dans le sommeil ou dans le délire; on les altribuc plutôt au mécanisme animal qu'à la volonté. 3' Les actes volontaires sont ceux qui partent d'un principe intérieur ou de nous-mêmes, avec connaissance de ce que nous faisons: tel est le vouloir ou le désir de manger dans la faim, de dormir dans la lassitude, de fuir dans la peur; nous agissons ainsi, parce que nous savons que ce sont des moyens de nous délivrer du mal que nous éprouvons Acquiescer à une vérilé évidente, aimer noire bien eu général, sont des actes volontaires et non libres, ils ne sont ni louables ni dignes de récompense. 4° Enfin les actes libres sont ceux que nous faisons avec attention et réflexion, par choix cl par un motif, avec un vrai pouvoir de résister à ce molif cl de faire le contraire. Si un homme éprouvait une faim ou un désir de manger tellement violent qu'il ne lût plus le maître d'y tésister, il ne serait pas libre de manger ou de s'en abstenir; il agirait moins par un molif réfléchi que par une impulsion machinale; on n'hésiterait pas de dite qu'il l'a fait involontairement, quoique cette action vint de sa volonté. C'est donc un étrange abus des termes de confondre une action simplement volontaire avec une action libre.
La volonté, considérée comme faculté, est certainement active el agissante par elle-même; nous en sommes convaincus par le sentiment intérieur qui est la plus invincible de toutes les preuves. Ce n'est donc pas le pouvoir de recevoir d'ailleurs des inclinations, des déterminations, des vouloirs, comme le prétendent les matérialistes, mais la puissance de les produire; le sentiment intérieur nous fait distinguer très-clairement les cas dans lesquels nous agissons, d'avec ceux.
dans lesquels nous sommes purementpassifs. Non-seulement nous sentons que celte faeullé est acl've, cause efficiente el proprement dite de nos vouloirs, mais nous sommes témoins à nous-mêmes qu'elle est libre, maîtresse de son choix et de ses déterminations dans tous ses actes réfléchis et délibérés : nous l'avons prouvé au mol Liberté. Celte vérité de conscience ne peut êlre attaquée que par des sophismes de métaphysique, qui, dans un esprit sensé, ne prévaudront jamais au sentiment intérieur. A la vérilé la volonté n'agil point sans molif ou sans raison d'agir, mais aucun motif n'entraîne celte faculté, de manière qu'elle ne puisse y résister par un autre motif. Ce serait une absurdité d'envisager un molif, qui n'est qu'une idée ou une réflexion, comme la cause physique de nos vouloirs, et de lui attribuer l'activité plutôt qu'à la faculté qui agit sans cesse en nous, et dont la conscience nous rend témoignage à chaque instant. Il est encure évident que notre volonté ne peut pas être contrainte, forcée ou violentée par aucune cause extérieure. On peut nous forcer de dire ou de faire ce que nous ne voulons pas, mais aucune puissance humaine ne peut nous contraindre à vouloir. Les menaces, la crainte, les tourments, les supplices, ne peuvent mettre dans notre âme une pensée, une croyance, un vouloir que nous n'avons pas, tous ces mobiles n'ont de prise que sur nos actions extérieures ; au milieu des plus cruelles tortures, la faculté de vouloir ou de ne pas vouloir demeure invincible: on l'a vu dans les martyrs. Ceux qui prétendent que nos vouloirs sont libres, dès qu'ils ne sont pas contraints ou forcés, disent une absurdité, puisqu'ils ne peuvent jamais l'être. Dieu seul peut donc agir immédiatement sur notre volonté, non en lui faisant violence, puisque cela est absurde, mais en nous donnant des idées que nous n'avions pas, des motifs auxquels nous ne pensions pas, une force qui nous manquait, un attrait que nous ne sentions pas auparavant; telle est l'influence de la grâce. C'est dans ce sens que Dieu opère en nous nos volontés ou nos vouloirs et les bonnes actions qui s'ensuivent: ces actions sont donc lout à la fois l'ouvrage de Dieu et le nôtre. Imaginer que sous l'impulsion de la grâce notre volonté est purement passive, c'est supposer que Dieu défait en nous ce qu'il a fait en nous créant, et que la grâce délruit la nalure. Lorsqu'il est dit dans l'Ecriture sainte que Dieu tient le cœur de l'homme dans sa main, qu'il le tourne comme il lui plaît ; qu'il change le cœur; qu'il y met un dessein ou une volonté; qu'il crée en nous un nouvel espril et un nouveau cœur; qu'il opère en nous le vouloir et l'action, etc. , ce sont des expressions qu'il ne faut pas prendre dans la dernière rigueur; cela signifie seulement que Dieu qui connaît l'esprit et le cœur de l'homme mieux que l'homme lui-même, peut lui suggérer des motifs assez puissants pour déterminer son espril, el l'aider par des grâces au xquellcs sa tofoKie'ne résistera pas, quoique