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Les religieux, ne se relâchent ordinnirement qu'à proportion et par l'influence de la corruption des mœurs publiques ; il n'est pas étonnant que les vices qui infectent la sociélé pénètrent insensible nent dans les cloîtres. Mais c'est justement lorsque les mœurs publiques sont les plus mauvaises, qu'il est nécessaire d'avoir des asiles où puissent se réfugier ceux qui craignent de ne pouvoir échapper au danger de se corrompre.
On dit que les réformes sont inutiles ; que la faiblesse humaine, qui tend toujours au relâchement, est cause qu'elles ne sont jamais durables; mais elles sont du moins uiiles pendant un temps, et c'est autant de gagné pour la vertu et pour l'édification publique. C'est mal raisonner que de ne vouloir pas faire du bien, parce qu'il ne pourra pas subsister toujours. Un moine qui refuserait de se réformer lorsque son ordre en a besoin, serait certainement coupable el digne de châtiment. Vainement il dirait qu'il n'a fait vœu d'observer la règle que selon l'usage du monastère dans lequel il fait son noviciat et sa profession. La règle a dû lui être communiquée ; en li Usa t, il a dû comprendre que tout usage qui y donne quelque atteinte est un relâchement et un abus, à moins qu'il n'ait été permis et approuve par autorité ecclésiastique; l'abus ne prescrit jamais contre la règle, et la règle réclame toujours contre l'abus. Si donc un religieux avait mis dans ses vœux une restriction contraire à la règle, ce serait un prévaricateur qui se serait joué de la sainteté du serment, cl cette fraude, loin de le justifier, le rendrait plus coupable.
Il est bon de considérer que les réform s les plus sages ont presque toujours été failes par un seul homme zélé el courageux :
preuve que la vertu conserve toujours de l'empire sur les esprits el sur les cœurs, lorsqu'elle est solide et constante. 11 n'est donc aucun désordre auquel on ne puisse remédier, quand on veut s'en donner la peine. Mais, dans noire siècle philosophe, on juge qu'il est mieux de détruire que de réformer. C'est que, pour détruire, il ne faut ni lumières, ni sagesse, ni verlu; il suffit d'être dur et opiniâtre : l'homme le plus borne, lorsqu'il est armé de la force, peut tout anéantir pour montrer son pouvoir ; pour réformer, il faut de la prudence, de la patience, le talent de la persuasion, un courage à l'épreuve, elc, cl ces vertus ne sont pas communes.
REFUGE (villes de refuge). Moïse, dans ses lois, désigna six vil es de la Palestine, dans lesquelles pouvaient se retirer ceux qui, par h. isard el sans le vouloir, avaient tué un homme, afin qu'ils pussenl prouver leur innocence devanl les juges, sans avoir à craindre la vengeai». e des parents du mort. Si le meurtrier ne prouvait pas que l'homicide qu'il avait commis était involoni ire, il était puni selon la rigueur des lois; s'il était reconnu innocent, il devait encore demeurer captif dans la ville de refuge jusqu'à la mort du grand prêtre; alors il récu-
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pérait sa liberté. Si, avant ce temps-lâ. il sortait de la ville de refuge, il pouvait élre mis à mort impunément par le rédempteur du sang, ou par le plus proche parent du défunt, qui avait le droit de venger sa mort. Pour inspirer aux Juifs une plus grande horreur de l'homicide, Moïse crul devoir le punir par une espèce d'exil, lors môme qu'il étail involontaire.
Refuge, religieuses de Notre-Dame du Uefuge, ordre ou congrégation de religieuses qui se sont dévouées à la conversion des femmes el des filles débauchées, el à préserver du désordre celles qui sont en danger d'y tomber. Ce pieux institut a commencé à Nancy, en Lorraine, par le zèle d'une vertueuse veuve nommée Mad. deRanfaig, qui, avec ses Irois filles, eut le courage de se consacrer à celle bonne œuvre. Il fut approuvé par le cardinal de Lorraine, évoque de Toul, l'an 1629, par le pape Urbain VIII en 163V, et par Alexandre Vil en 1662, sous la règle de saint Augustin. Les filles pénitentes y sont admises à prendre l'habit el à faire profession, lorsque l'on voit en elles des marques solides de conversion et de vocation ; mais elles ne peuvent remplir les premières places de la maison. On y reçoit à pénitence, non-seulement les personnes qui entrent dans le monastère de leur plein gré, mais encore celles que l'on y renferme par autorité des magistrats ou du gouvernement.
Cet ordre n'a que douzemaisons en France, parce que, dans la plupart des grandes villes, ony a suppléé par d'autres établissements qui ont le même objet. A Paris, les filles du Sauveur, rue de Vendôme, au Marais ; celles de Sainte-Pélagie, au faubourg Saint-Marceau ; celles du Bon-Pasteur, rue du Cherche-Midi; celles de Sainte-Valère, rue do Crénelle; les religieuses de Notre-Dame de Charité, ou filles de Saint-Michel ; les pénitentes de Saint-Magloire font la même chose que les religieuses du Refuge. Hélyot, Hist. des Ordres relig. [Edit. Migne].
* RÉGALE. C'était un droit en vertu duquel le? rois de France jouissaient du revenu des évècbés et des archevêchés pendant la vacance du siège , jusqu'à ce que les nouveaux pourvus eussent prêié serinent de fidélité. En vertu de ce droit, le roi nommait aux bénéiiees qui dépend lient de l'évêque. La régale pouvait être une source de très-grands abus : pour jouir plus longtemps des revenus îles évéchés, les rois retardaient la nomination aux sièges vacants et confiaient les bénéiiees, plutôt à des courtisans qu'à des hommes sincèrement attachés à l'Eglise. Aussi Fleury remarque «pie < le roi, quoiqu'il n'exerce que le droit de l'évêque, l'exerce bien plus librement «pie ne le ferait l'évêque lui-même; tout cela, dit-on, parce que le roi n'a point de supérieur dans son royaume, comme si le droit de conférer des bénéiiees étail parement temporel. • Le droit de régale ne s'étendait pas sur toute la France. Nos rois tentèrent de l'y étendre; ce qui donna lieu aux graves démêlés qui s'élevèrent entre la cour de France et la cour de Uome, et amenèrent la laineuse assemblée de 1082.
RÉGÉNÉRATION , renaissance, changement par lequel on reçoit une nouvelle vie ;
RF.G