REL
d'entrer dans les couvants do relîgiêUiet ; il y en avait donc déjà pour lors.
M. I. annuel a prouvé contre dom de Vert, que dès (origine les religieuse» onl eu un v>il(i et un habit qui les distinguaient dei antres personnes de leur sexe ; saint JérAme, snini Àmbroise, Optât de Milère en parlent. Ce dertiier dit qu'en Afrique elles portaient une mitre ou une couverture de tête qui était de laine et de couli ur de pourpre ; sainl Jérôme, ad Demetriad., l'appelle f'mnmeum virginale. Au m* siècle, Terlullien, dans son traité de V irginibus velandis, ne parlait pas seulement des vierges consacrées à Dieu , mais de toutes les jeunes filles, lorsqu'il voulait qu'elles eussent toujours le visage couvert. Dans les derniers siècles, les dfïérentes congrégations de religieuses qui se sont établies ont pris l'habit de deuil des veuves du pays où elles se sont formées, et cet extérieur les a toujours suffisamment distinguées des filles ou femmes séculières.
Au vu siècle, il arriva que des pères et des mères eurent la cruauté de contraindre leurs filles à se faire religieuses ; pour obvier à ce désordre, saint Léon 1er, l'an W8, défendit de donner le voile aux filles avant l'âge de quarante ans; l'empereur Majorien confirma cette défense par une loi, et le concile d'Agde, tenu l'an 500, l'adopta, can. 19. On cite encore en faveur de celte discipline un concile de Saragosse de l'an 592 ; mais il faut se souvenir que ces conciles ont été tenus sous la domination des rois visigolhs qui étaient ariens ; d'où nous pouvons conclure que le désordre auquel ils voulaient remédier était une suite de la grossièreté des mœurs et de l'irréligion que les Barbares avaient introduites dans l'Occident. La même discipline n'a plus été nécessaire lorsque les mœurs sont devenues plus douces, et que l'abus a cessé; conséquemment on a permis dans la suite la profession religieuse pour les filles à vingt-cinq ans. Le concile de Trente l'avait fixée pour le plus tôt à seize ans ; un édit du roi, du mois de mars 1708, l'a remise à l'âge de dix-huit ans.
Les lois ecclésiastiques les plus anciennes, concernant la clôture des religieuses, onl été très-sévères ; il y a des canons du ive siècle qui défendent, même aux évêques, d'entrer dans les monastères des vierges sans nécessité, et sans être accompagnés d'ecclésiastiques vénérables par leur âge et par la gravité de leurs mœurs. Cette sévérité était nécessaire surtout en Afrique et dans l'Orient, où les femmes ont toujours été plus renfermées que dans les contrées du Nord, et où la moindre familiarité avec les hommes suffisait pour rendre leur conduite suspecte. Dans nos climats septentrionaux, où les mœurs sont plus douces et la société plus libre entre les deux sexes, on s'est relâché de cette austérité , sans qu'il en soit arrivé de grands inconvénients. Il y a des maisons de filles non cloîtrées, où les mœurs sont aussi pures que dans celles qui gardent la clôture la plus sévère Mais ce n'est point une raison de donner atteinte à l'ancienne d'sri-
Ri:r.
plino, ni de blâmer les précaution! que l'Eglise a tonj iiirs prises pour entretenir une parfaite régularité dans le-, cloîtres. Les communautés les plus renfermées, el qui onl le moins de communication avec les personnes séculières , sont ordinairement les mieux régi es, les plus paisibles et les plus heureuses. On sait qu'il est défendu, sous peine d'excommunication , aux personnes séculières d'entrer dans les maisons des rr~ ligieuset . sans nécessité et sans la permission des supérieurs ecclésiastiques.
Dans l'origine, les personnes du sp*o qui onl embrassé la vie religieuse, n'ont point eu d'autre dessein que de servir Dieu plus parfaitement qoe dans le monde, et de se sanctifier par la prière, par le silence, par le travail , parles services de charilé mutuelle; c'est encore aujourd'hui toute l'occupation des religieuses dans l'Orient. Mais, après les divers malheurs survenus en Europe, il s'est formé différentes congrégations des deux sexes qui se sont consacrées au service du public. De pieuses vierges se sont chargées de soigner 1rs pauvres et les malades , soit dans les hôpitaux, soit ch"z eux ; d'élever et d'instruire les enfants abandonnés ou orphelins, de tenir les écoles de charité , de retirer du désordre les personnes de leur sexe, etc.
Un philosophe de notre siècle, quoique obstiné à déclamer contre les cloîtres , n'a pu s'empêcher d'admirer la charilé el le courage des hospitalières. Voy. ce mot. Mais cela n'empêche pas ses pare:ls de renouveler sans cesse les mêmes clameurs.
Ils demandent -. 1° pourquoi des couvents? Parce qu'il faut des asiles pour la vertu et de bons exemples habituels pour soutenir la piélé. 2" Pourquoi des verrous et des grilles ? Pour mettre les religieuses à couvert des insultes des libertins et leur réputation à l'abri des calomnies des méchants. 3° Pourquoi des vœux ? Four fixer l'inconstance naturelle de l'humanité el pour donner plus de mérite aux bonnes œuvres. &• Pourquoi un célibat perpétuel? Parce que les filles qui pensent à s'établir dans le monde onl d'autres soins que celui de se dévouer à des devoirs de charité et d'utilité publique ; l'un de ces desseins ne peut pas s'accorder avec l'autre.
On dit cependant et l'on écrit que les religieuses sont des sujets dérobés à la société civile el des filles mortes pour la patrie. Tout au contraire, la plupart se dévouent au service de la société civile ; plies sont donc plus utiles à la pairie que les filles qui vieillissent dans le monde et dans un célibat volontaire ou forcé. Ces dernières , si elles sont riches, passent pour l'ordinaire leur vie dans un cercle d'amusements puérils, cl meurent sans avoir rendu de services à la société ; si elles sont pauvres, eiles n'ont aucune ressource el sont exposées à périr de misère. On ajoute que leur trop grand nom- ~;bre dépeuple un Liât. La question est de savoir quel en doit être le nombre ; il est moindre aujourd'hui en France, toute pro-