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(lions ont fail profession d'avoir reçu la religion de Brahma ; que ce toit un dieu ou un homme, n'importe; aucun d'eux n'a dit qu'avant cette époque les Indiens étaient alliées. Si lirahma est le créateur, il a donné aux hommes la religion en les créant. Confuciusa protesté qu'il ne faisait que répéter les leçons des anciens sages de la Chine; il ne s'est donc pas donné pour auteur de la religion des Chinois. Zoroaslre a forgé son système pour tirer les Perses el les Chaldéens de l'idolâtrie, et non pour les guérir de l'athéisme. Moïse a enseigné aux Juifs à adorer le Dieu de leurs Pères, le Dieu d'Adam et de Noé, cl non un Dieu inconnu. Mahomet prétendit renouveler la religion d'Abraham etd'Ismaël parmi les Arabes, ou idolâtres, ou juifs, ou chrétiens. Pythagore ne s'est pas donné la peine de combattre l'athéisme, parce qu'il ne l'a trouvé établi nulle part. Où est donc le premier législateur qui a été obligé de commencer par là, avant de donner des lois ?
En second lieu, l'on a trouvé la notion de la Divinité et des pratiques de culte établies chez des peuples qui n'ont jamais eu de législateurs, chezd.s insulaires encore sauvages; l'on n/a même découvert jusqu'ici aucune peuplade absolument privée de ces nolions. Donc elles ne sont point l'ouvrage des sages, des législateurs, des politiques ni • les prôlres ; elles *oni plus anciennes qu'eux. Tous à la vérité ont recommandé la religion, lui ont donné une forme fixe, ont fonde les lois sur celle base, mais ils n'en sont pas les créateurs. Ils ont aussi appuyé les lois sur les sentiments de bienveillance mutuelle, sur l'amour de la patrie, sur le désir de la louange, sur la crainte dos peines; sont-ils pour cela les premiers auteurs de ces sentiments naturels? La société civile qu'ils ont établie a développé et fortifié ces principes , mais elle n'en a pas créé le germe; il en est de même de la religion.
En troisième lieu, ou ces législateurs croyaient eux-mêmes un Dieu, une religion, une autre vie, comme ils l'ont témoigné, ou ils n'y croyaient pas. S ils y croyaient, comment la même persuasion est-elle venue à l'esprit de tous, dans des temps, daus des lieux, dans des climals si différents, à la Chine el aux Indes, en Europe et en Afrique, au Nord et au Midi? Comment ont-ils jugé tous que celle croyance serait utile aux hommes pendant que, suivant les athées, elle leur est pernicieuse ? Qu'une même vérité ail subjugué tous les sages, cela se conçoit; qu'une même erreur les ait tous aveuglés, cela ne se comprend plus. S'ils n'y croyaient pas, tous ont donc été des athées fourbes, imposteurs, hypocrites; pas un seul n'a eu le courage d'être de bonne foi; ce sont eux qui, eu donnant pour leur seul intérêt une religion aux hommes, ont ouvert la boîte de Pandore, source de tous les malheurs. En vérité les athées font beaucoup d'honneur à leurs prédécesseurs. Mais de quelles raisons ces fourbes se sont-ils servis pour subjuguer des hommes encore sauva*-
gi'S, tous jaloux de la liberté et de l'indépendance, et pour leur mettre dam l'esprit les idées d'un Dieu et d'uni; religion qui n'v
étaient jamais rennes*? Quelle cause a pu déterminer tous ces sauvages à embrasser la
même erreur, si ce n'est la nature el la raison ?
Disons mieux; aucun législateur ne fut alhée, et aucun athée ne fut jamais capable d'être législateur. Celui qui aurailélabli la religion par pure politiqueel pour son seul intérêt particulier aurait enseigné, comme II >bbes, qu'elle doit dépendra absolument de la volonté du législateur, que le souverain doit en être le maître absolu; au contraire, lo i- ont supposé que c'est à Dieu seul de prescrire le culte qui lui est dû, et c'est pour cela que les imposteurs mêmes, tels que Zoroaslre et Mahomet, se sont donnés pour inspirés et envoyés de Dieu. Mais l'imposture eu fail de religion n'est pas une preuve d'athéisme. La conduite uniforme et unanime de Ions les législateurs démontre qu'il a été impossible de foiider les lois el la société civile sur une autre base que sur la religion. Vous bâtiriez plutôt une ville en l'air, dit Plotarque, que d'établir une république sans Dieu et sans religion. El puisque l'homme n'a point élé destiné par la nature à vivre sauvage el isole, il est évidemment né pour être religieux ; à moins de changer absolument la ualure humaine, les athées ne viendront pas à bout de faire goûter leur système insensé. Il est prouvé par les mêmes raisons (jue la religion ue fut jamais un effet de l'imposture des prêtres, puisqu'il est absurde de supposer qu'il y a eu des prêtres ou des ministres de la religion, avant qu'il y eût une religion. Avant de former des peuplades, les hommes ont eu du moins une famille, de laquelle ils étaient mailres absolus. Un père, avaut de donner une religion à ses enfants, a dû la recevoir lui-même d'ailleurs, ou il a élé obligé di la forger. Quel motif a pu l'y engager, si ce n'est sa propre persuasion ? Au mot Paganisme, nous avons fail voii que, par une impulsion générale de la nature, tous les hommes ont élé portés à croire que tout ce qui se meut est vivant el animé ; par conséquent à imaginer un esprit dans tous les corps où ils voient du mouvement. De là ils ont peuplé l'univers entier d'esprits, d'intelligences, de génies ou de démons qui produisent lous les phénomènes de la nature, bous ou mauvais. Comme ces phénomènes sont supérieurs aux forces de l'homme, et que son bien-être ou son mal-être en dépendent, il a conciu que, par des respects et des offrandes, il fallait gagner l'affection et prévenir la colère de ces esprits plus puissants que lui, et qu'il a nommes des dieux. 11 n'a donc pas élé nécessaire qu'un imposteur forgeât des dieux el un culte pour en iufaluer les autres , puisque ces notions vienneut à l'espril de l'ignorant le plus grossier. Un père prévenu de ces idées les a transmises naturellement a ses enfants, sans aucune envie de les tromper ; quand il ne les leur aurait pas enseignées positivement,
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ses enfants, on lui voyant pratiquer un culte, faire des offrandes, des libations, des génuflexions devant le soleil ou la lune, devant une pierre ou un tronc de bois, ont été portés à l'imiter : voilà une religion et un sacerdoce domestique institués, sans que l'intérêt, la politique, l'imposture, y soient entrés pour rien.
Lorsque les familles se sont rassemblées en une seule peuplade, elles étaient déjà imbues de ces notions et babiiuées à un eu te quelconque. Au lieu d'être simplement domestique, il est devenu public, parce que ttius les usages sont communs dans une même société. L'on a jugé que le culte de la divinité devait être confié à l'homme ie plus ancien, le plus respectable, et qui était réputé le plus sage; et par la même raison l'on s'en est rapporté à lui pour les affaires du gouvernement ; de là l'union du sacerdoce et de la royauté chez tous les anciens peuples. Où est ici l'artifice, la fourberie, l'imposture? elle ne se trouve pas où il n'en est pas besoin. Que, pour maintenir ou augmenter son autorité, un prètre-roi ait. dans ia suite forgé quelque fable ou quelque superstition particulière, cela est très-possible ; mais que dans la première origine la religion soit née de l'intérêt du sacerdoce, et non le sacerdoce du besoin de religion, c'est une absurdité complète.
IV. Les ennemis de la religion n'ont pas rou;;i d'assurer qu'elle est très-inutile aux. hommes, et que l'on pourrait très-bien s'en passer; nous soutenons au contraire qu'elle est absolument nécessaire, soit à l'homme considéré seul et relativemenlà son bonheur particulier, soit à la société à laquelle l'homme est destiné.
Déjà, au mot Athéisme, nous avons fait voir que ce système affreux, loin de procurer le bonheur et le repos à ses partisans, les remplit de trouble, d'inquiétude, de doutes et d'idées noires; qu'il ne leur laisse aucun motif solide d'être vertueux. C'est plus qu'il n'en faut pour prouver ce que nous avançons. Yoy. Athéisme.
Une autre preuve est la persuasion dans laquelle sont la plupart des athées, que la religion est venue à l'homme du sentiment de ses peines, qu'il a cherché une consolalion en ioiagia .ni un Dieu qui peut le secourir, el qui ;ôl ou lard le dédommagera de sc> souffrances. D'où il s'e::suit que toute consolation, toute e-pérance est morte pour les athées, el quelques-uns ont été forcés d'eu convenir. Puisque tous les hommes sont expoxés a souffrir sur la terre plus ou moins, c'«-st un traii d3 démence de renoncer de saug-froid aox ressources que la raison nous offre. Que l'on compare un athée souffrant, avec un personnage tel que Job, rempli de s ni mission, de résignation, de confiance en Dieu, el que l'on nous dise lequel des deux est le plus à craindre*
Dès que je suis convaincu que Dieu a créé
le monde, je couço;s que son pouvoir est
infini ; avec ce p w voir il n'a besoin (Je rien ;
il n'a donc pas produit les êtres sensibles
Dict. 02 Théol. dogmatique. IV.
pour son bonheur, mais pour le leur. S'il ne leur accorde pis un plus haut degré de bienêtre, ce n'est ni par impuissance ni par malice, mais pour des raisons sages, desquelles il n'est pas obligé de me rendre compte. Dès lors je comprends que toutes les objections el les plaintes des athées contre le mal physique et moral qu'il y a dans le monde sont absurdes, elles ne m'inquiètent plus. Si je suis malheureux moimême, c'est-à-dire moins heureux que je ne voudrais l'être, je me persuade que Dieu, qui n'est ni injuste, ni cruel, ni insensé, le veut ainsi pour le mieux ; qu'il faut réprimer mes désirs, supporter mes peines, espérer un meilleur avenir, du moins après cette vie. Un athée ne sait pas si dans quelques moments l'univers ne retombera pas dans le chaos, si les hommes ne deviendront pas lout à coup des monstres de méchanceté, si lui-même ne se trouvera pas au comble du malheur. Pour moi qui crois une Providence, je compte sur la perpétuité de l'ordre physique qu'elle a établi, encore plus sur la constance de l'ordre moral dont Dieu est l'auteur. La loi elles principes de justice, les sentiments de bienveillance générale que je sens gravés dans mon cœur, sont les mêmes dans tous les hommes ; c'est le gage d'une sûreté et d'une confiance mutuelle. Dès que je connais des hommes qui croient aussi bien que moi un Dieu juste, une loi naturelle, une autre vie, je ne cours aucun risque de m'associer avec eux : au milieu d'une société d'athées, sur quoi pourrais je fonder ma confiance ? Nous persistons à soutenir contre eux qu'il est impossible de fonder la société humaine sur une autre base solide que la religion; et déjà ils l'ont suffisamment avoué, en supposant que la religion a élé une invention de la politique des législateurs, parce qu'ils en ont senti le besoin pour réunir pardes lois les hommes en société. En effet, si l'on en excepte Confucius, philosophe moraliste plutôt que législateur, on ne trouvera pas un seul des anciens sages qui n'ait regardé la volonté de Dieu, législateur suprême, comme le seul et unique fondement de toutes les lois et de tous les devoirs de l'homme. Aux mots Loi el Morale, nous avons fait voir que l'on ne peut pas les concevoir autrement.
Pour le démontrer de nouveau, nous n'avons besoin que d'exposer le système des athées sur le fondement de la société. Considérant l'homme comme sorti forluilemen du sein de la terre, ils disent que par sa ni ture il n'a aucun droit ni aucun devoir à l'égard de son semblable, que chacun adroil à tout ce doni il peut s'emparer par force ; mais comme cet état n'e^t pas avantageux aux hommes, ils ont senti qu'il était mieux pour eux de vivre en société, et ils y uni consenti; ils sont convenus d'établir, des règles de justice et d'équité, des lois de propriété et de subordination, auxquelles ils se sont librement soumis. Ainsi la société est fondée sur ce te convention, et c'est co que l'on appelle le pacte ou contrat social. Kiên
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de plus frivole que colle théorie. — 1 Comme que dfl vivre 4a fruit* ou de légumes, aumi il esl abtnrde d'imaginer que l'homme est conforme à In raison d'imMer les brutes qoe né par hasard, il est évidemment la prodoe- dfl suivre les imeurs des peuples polir**, lion d'une cause intelligente, puissante et Dès qu'il n'y a point d'autres loi j (jne celle* Base, puisque sa constitution est un chef- delà société, rien ne l'oblige à faire telle loi d'ouvré d'industrie. G'esl donc celte même plutôt que la loi contraire. — '•>' Dans celle cause que nous appelons Dieu, qui a Lit même hypolhèsc l'homme ne peut être en- 1 homme de manière qu'il lui eaj plus av t.- gagé à observer les lois que par son in'érêt ta"cux de vivre m société, que de vivre seul présent; si sr>n intérêt s'y oppose, s'il peut r-t sans relation avec ses semblables ; donc violer une loi sans courir aucun danger, Dieu, en créant l'homme, l'a destiné à tUre s'il est assez rusé rour s'v soustraire, ou en société. Or, il n'a pas pu le destiner à assez fort poury résisler, il en est le maître, cet étal, sans lui imposer 1 s devoirs et les sa conscience ne peut pas le condamner. obligations sans lesquels la société ne pour- Puisque c'e-l l'intérêt seul qui a dicté le rail pas subsister, puisqu'il n'a pas pu von- contrat social, 1' nlérél seul peut autoriser loir la fin sans vouloir les moyens. Donc aussi un homme à le violer. — 0° Supposons c'est cette même volonté du créateur qui esl mémo qu'un membre de la société, en viola loi primitive cl fondamentale, la loi na- ] a 1 1 1 une loi, ait asi coulre son in'érél, on lurclle, à laquelle l'homme est soumis en pourra dire qu'il est iiwnsé. mais non qu'il naissant, qui prévient toute convention libre est criminel. Dans l'hvp >lhèse d'une loi di de sa part, qui lui assure des droits, pour- vine cl naturelle, il y a des circonstances où voit à sa sûreté cl à son bien-êlre, avant c'est un acte de vertu héroïque de sarrifier qu'il soit capable de les connaître, qui oblige notre intérêt, de renoue r à ce qui nous ses semblables à l'aimer, à le conserver, à flatte le plus, de nous faire \iolence à nonsnc poinl lui nuire, parce qu'il est homme. mêmes, de résister à la sensibilité physique. •- 2° Quelle force pourrait avoir une cou- de renoncer même à la vie. Suivant les prinvenlion faite entre plusieurs hommes mu- cipes des alliées. cesera:enl là autant d'ados tuellemenl indépendants , s'il n'y avait pas de démence contraires à l'humanité. On une loi antérieure qui oblige chaque parti- peut pousser à l'infini les conséquences réculier à garder sa parole, à exéculer fidèle- voilantes de leur système, menl ses conventions? Il est absurde qu'un Tour prouver que la religion esl inutile, homme s'oblige ou se force lui-même, que sa jl§ n'ont qu'une seule objection, c'est que la volonté s'impose ui\q loi; la même cause religion n'cmpêcbeet neprévient pas tousles; qui aurait créé la loi cl l'obligation, pourrait crimes, et que l'on peut en reprocher à cent la rompre quand il lui plaira. I. Le mot loi, mêmes qui ont ou qui paraissent avoir In ou lien de volonté, exprime un maître, un p](is de religion. Conséquemmenl, ils font pouvoir supérieur à celui qui est lié, con- l'étalage de lous les désordres qui rècnppl Irainl ou obligé. Ainsi, malgré ie pacte so- chcz les nations chrétiennes, aussi b:en <;■>■. cm/, tout particulier demeurerait maître de chez les nations infidèles ; les mœurs, dison obligation, il ne pourrait donc être sent-ils, ne pourraient pas être pin» maucontrainl que par la force; or, la force des vaises, quand tous les peuples seraient innutres ne nous impose aucun devoir de crédules et athées. Mais il y a bien peu de conscience ; si nous pouvons nous y sous- réflexion dans celte minière de raisonner, traire ou y résister, cela nous esl permis, En premier lieu, lorsqu'un homme religieux à moins qu'une loi suprême ne nous or- pèche grièvement , il résiste non-seu'ement donne d'y obéir. Donc, sans la loi divine, le à tous les motifs par lesquels la religion l'en pacte social ne peut rien opérer. — 3° Quand détourne, mais encore à tous ceux (tue li il pourrait obliger celui qui l'a fait, il n'o- raison peut suggérer, tels que. l'Intérêt bien bligerait pas ceux qui n'y ont point eu de entendu, l'amour bien réglé de soi-même, le part, ceux qui n'étaient pas encore nés. Dès désir de l'estime d'autrui . la crainte du que l'homme est supposé indépendant par blâme, elc. Les athées soutiennent que res nature, qui a droit de contracter pour lui ? derniers motifs suffisent sans la religion, personne. Un père n'a pas plus d'autorité pour rendre les hommes vertu- ux ; cepond'obliger ses enfants, que les enfants n'en danl ils ne suffisent pas p'us que les motifs ont de contraindre leur père. Un enfant de religion pour détourner un chrétien du naissant ne doit rien a la société, puisqu'il crime, puisqu'il les surmonte tous à la bis. n'a pis contracté avec elle, el la société ne Si donc il s'ensuit que la religion est inutile, lui doil rien, elle peut le laisser périr ou il faut on conclure aussi l'inutilité de la l'étouffer sans violer aucun devoir, lixé- raison, de la conscience, de l'éducation, des crable conséquence, qui devrait laire rougir lois, des récompenses et des peines, elc. les athées. — h" Dans cet état de choses, il L'argument des alhées retombe de lout son n'y a point de vertus, sinon ce que las lois poids sur leur propre svstème. Par une suciviles commandent, point de vices que ce percherie grossière ils supposent que la qu'elles défendent; les coutumes, les usages, religion étouffe dans un croyant les moti.'s les habitudes des peuples les plus barbares naturels par lesquels la raison nous porte à sont légitimes, dès que leur société les ap- la vertu et nous détourne du crime ; c'esl prouve. Il esl aussi beau de tuer ses enfants une fausseté : la religion ne réprouve aueun pour s'en débarrasser que de les nourrir, de ces motifs lorsqu'ils sont bien réglés; ils aussi louable de manger de la chair humaine -sont tioac lout a-assi puissant* snr le coeur
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d'un croyant que sur celui d'un athée ; nous l'avons prouvé ailleurs. Voy. IfoiULB. Us doivent mémo agir plus puissamment sur le premier, puisqu'ils sont renforcés parles motifs de la religion ; c'est une absurdité de soutenir l'inutilité des uns plutôt que celle des autres.
Kn second lieu, l'homme doué de réflexion et de liberté, mais sujet à mille passions différentes, n'est pas fait pour agir par force, p mr être contraint comme les animaux, pour tenir comme eux une conduite uniforme; il est inconstant par nature, par conséquent capable de passer souvent de la vertu au vice, et du vice à la veitu. Plus il a de tenlali mis et d'occasions de chute, plus il a besoin de motifs divers pour s'en préserver; loin de lui ôler ceux de la religion ou ceux de la raison, il fau Irait en imaginer encore d'autres s'il était possible. Autrefois, en raisonnant comme les athées d'aujourd'hui, les épicuriens s'efforçaient de prouver l'inutilité de la raison dans l'homme, puisqu'elle ne le guérit ni de ses passions ni de ses vices : ils soutenaient qu'il serait mieux pour lui d'être né semblable aux animaux.
V. La haine aveugle des incrédules contre toute religion les a poriés à faire tous leurs efforts pour prouver que c'est un préjugé pernicieux à l'humanité, qu'il a été, qu'il est et qu'il sera toujours la principale cause des maux et des crimes du genre humain. Les invectives sanglantes qu'ils se sont permises à ce sujet dévoilent toute la malignité de leur cœur.
1° Ils disent que la religion tourmente l'homme par les frayeurs continuelles d'un supplice éternel et de la justice inexorable d'un Dieu toujours irrité; (tue celte perspective le rend peureux et lâche, l'occupe tout cn'ier des choses de l'autre vie et lui fait négliger les intérêts de celle-ci. Nous leur répondons que si les hommes n'avaient rien à craindre, ni dans ce monde ni dans l'autre, un grand nombre seraient des malfaiteurs très-redoutables, avec lesquels il serait impossible de vivre en société; que si la vertu n'avait rien à espérer dans l'autre vie, à peine se trouverait-il quelques âmes assez courageuses pour la pratiquer; suivant l'expression île saint Paul, les saints seraient les plus malheureux de tous les hommes. Nous ne doutons pas que les incrédules ne soient souvent effrayés et ne tremblent en pensant à la justice de Dieu et aux supplices éternels, puisqu'ils n'ont aucune certitude que ce soient là des f i blés ; cela prouve que leur conscience n'est pas neitc : mais ils ont tort d'attribuer la môme inquiétude aux hommes sincèrement religieux ; ceux-ci savent que Dieu est miséricordieux aussi bien que juste, et qu>- l'enfer n'e«>l destiné qu'aux méchants. En effet, la vraie religion, loin de nous peindre Dieu comme toujours irrité, le représente comme tuu;our> apaisé par le repentir des pécheurs, qu'il les recherche, qu'il les invile, qu'il ne les punit que pour les amener a la pénitence. Voy. Misék:cokue de Dieu. Nous vouJrions que nos adversaires
citassent, parmi ceux qui n'ont aucune religion, des hommes aussi courageux, aussi intrépides, aussi zélés pour le bien public, et qui aient rendu autant de services au genre humain que l'ont fait les saints par pur motif de religion. Suivant le témoignage de toute l'antiquité, les épicuriens, les sceptiques, les pyrrhoniens furent les plus inutiles et les plus ineptes de tous les hommes. Parfaits modèles de ceux d'aujourd'hui, ils n'étaient bons qu'à déprimer la vertu et à tourner en ridicule le zèle du bien public. La religion nous apprend que le moyen le plus sûr d'assurer notre bonheur éternel est de nous consacrer en ce monde au service de nos frères.
2° Ils prétendent que la religion divise les hommes, cause des haines nationales, arme les peuples lun contre l'autre, etc. Nous soutenons que cela est faux. Les peuples sauvages, qui ont à peine quelques notions religieuses, sont plus divisés entre eux et plus acharnés à s'entre- détruire que les nations policées et adoucies par la religion. Pendant que toutes étaient prévenues des mêmes erreurs, toutes polythéistes et idolâtres, elles se sont fait la guerre avec plus d'obstination el de cruauté qu'aujourd'hui. La vraie cause des haines nationales est dans les passions des hommes, l'orgueil, la jalousie , une ambition insatiable, la manie des conquêtes, l'intérêt du commerce, etc.; c'est ce qui les mettait aux prises, lorsque Jésus- Christ est venu leur prêcher la paix et la charité fraternelle, les réunir dans son Eglise, comme des brebis dans un seul bercail sous un même pasteur. De quel front peut-on soutenir que celte religion sainte tend à les diviser? Si, malgré sa morale douce et pacifique, les nations, même chrétiennes, se font encore la guerre, cela prouve que leurs passions sont incurables ; et ce n'est certainement pas l'athéisme qui les guérirait. Nous convenons que la religion des Juifs tendait à les séparer des autres nations, parce que celles-ci étaient parvenues au plus haut degré d'aveuglement et de corruption. Mais les peuples contre lesquels ils ont eu des guerres à soutenir n'étaient pas mieux d'accord entre eux qu'avec les Juifs. Depuis l'expulsion des Chauanécns, la loi de Moïse n'a jamais ordonné aux Juifs d'aller troubler le repos de leurs voisins. La haine que les nations païennes avaient conçue contre eux venait d'une aveugle prévention, et non d'aucun sujet de plainte que les Juifs leur eussent donné.
3° L'on objecte que la religion favorise le despotisme di-s princes et commande l'esclavage aux peuples. A l'anicle Despotismic, nous avons fait voir la fausseté de cette calomnie. Elle ne prouve rien, sinon la haine des incrédules contre toute espèce d'autorité aussi bien que contre la religion.
k" Nos censeurs atrabilaires ont fouillé dans toutes les histoires pour-rassembler les crimes que le zèle de re'igion a fait commettre. Au mol ZELE ue ukligio*, nous fe* rois voir que plusieurs de ces crimes pré-
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