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tendus étaient doc actions légitimes, que les
autres ont été suggérés par des passions impérieuses et non par amour de la religion.
Hei.igion nati nici.i.E. De nos jours on Q fait un étrange abus de ce terme. Les déistes soutiennent que l'on ne doit admettre aucune religion révélée; que toutes les révélations sont fausses, qu'il faut s'en tenir à la religion naturelle. Pour expliquer ce qu'ils cnlende.nl par là, ils disent que la religion naturelle est le culte que la raison, laissée à elle-uiéme et A ses propres lumières, nous appreu.l qu'il faut rendre à Dieu. Déjà aux mois Déisyik cl Raison, nous avons lait voir que celle déiinition est captieuse et fausse (1).
(\) Nous en avons vu d'autres qui Rejettent toute idée de religion naturelle. Nous croyons qu'il. n'y a qu'une seule religion qui est tout à la fois naturelle et révélée. « tille est naturelle, dit Bergier, eu ce qu'elle est conforme aux besoins de l'humanité, à la nature de Dieu et à la nature de l'homme; et que, lorsque nous en sommes instruits, nous pouvons, par les lumières de la raison, en sentir et en démontrer la vérité. Mais elle n'est point naturelle dans ce sens, qu'aucun homme soit parvenu par ses propres recherches à en découvrir tous les dogmes cl tous les préceptes, et à les professer dans leur puieté. personne ne l'a connue que ceux qui l'ont reçue par tradition. Le setd moyen d'estimer ce que l'homme peut faire, est d'examiner ce qu'il a l'ait d ms tous les lieux, dans toutes les circonstances où il s est trouvé.
i Aune chose est de découvrir une véiité par la seule réflexion, autre chose de se la démontrer lorsqu'elle est connue. Le» déistes affectent de confondre ces deux manières, c'est un paralogisme; les philosophes anciens et mo.lernes ont su en faire la distinction, i
< Dès qu'une chose nous est connue, dit Locke, elle ne nous paraît plus dillicile à comprendre, et nous croyons que nous l'aurions découverte par nousmèmrs sans le secours de personne; nous nous en mettons en possession comme d'un bien qui nous est propre, quoique nous ne l'ayons pas acquis par notre propre industrie.... Il y a quantité de choses dont la croyance nous a été inculquée i!ès le herceau, de sorte que les idées nous en étant dev nues familières et pour ainsi dire naturelles sous l'Évangile, nous les regardons comme des vérités qu'il et nisé devoir et de prouver jusqu'à la dernèie évidence, sans considérer que nous aurions pu en douter ou les ignorer pendant long-temps, si la révélation n'eu eut rien dit. Ainsi, plusieurs sont redevables à la révélation sans s'en apercevoir. » (Christ, raiu, l. 1, c. 14, pag. 294.)
Licéron a eu la même pensée sur un autre objet. • Il n'y a point, dit-il, d'esprit assez pénétrant pour découvrir par lui-même des vérités aussi sublimes, si on ne les lui montre pas; et cependant elles ne sont pas assez obscures pour qu'un bon esprit ne les comprenne parfaitement lorsqu'on les lui montre. » (De Oral., 1. ni, c. 51.)
« Les livres d'Luclide et les principes de Newton, dit un déiste anglais, contiennent sans doute des vérités naturelles et évidentes ; cependant il n'y a qu'un insensé qui ose prétendre que, sans ces livres, il aurait tout aussi bien découvert les vérités qu'ils renferment, et que nous n'avons aucune obligation à leurs auteurs. Ainsi les leçon* de Jésus-Christ nous paraissent des vérités très-naturelles et trèsraisonnables, depuis qu'il les a placées sous nos yeux dans le plus grand jour, et lorsque nous voulons les examiner avec une raison dégagée de préjugés. Cepen-
I h effet, par ta rail •/< iaiss t à tUe-wf.mr,
on l'on entend la raisin» d'un sauvage él dans len furéU parmi le1» animaux, qui n a r< çu m leçoni ni éducation de personne;
dans ce sens, nous demandons quelle eap de religion peut forger cette brute à figuicliumaine : ou l'on veut parler de la raison d'un ignorant né d :us le sein du paganisme; alors nous soutenons qu'il jugera que la religion païenne est la plus naturelle et la plus raisonnable. Ainsi en ont jugé les philosophes mômes dont la raison était d'ailleurs la plus cultivée et la plus éclairée. Lorsqu'on leur a prêché le culte d'un seul Dieu, pur esprit et créateur, ils oui décidé que cette religion était lauvc et conlr'aire à la raison.
Si l'on cn'eml la raison d'un philosophe élevé et instrqit dans le christianisme, c'est une absurii é de dire que sa raison a été laissée ù d!e -même et à ses propres lumières, puisque dès l'enfance elle a été éclairée par les leçons de la révélation : il n'est pas moins ridicule de nommer reliijion naturelle 1 s dogmes et le culte qu'un philosophe ansi instruit trouvera bou d'adopter. Il est donc évident que ia prétendue religion naturelle des déistes est une chimère qui n'a j imais existé que dans leur cerveau.
Appellera-l-on religion naturelle celle dont tous les dogmes et les préceptes sont démontrables. Nous n'en serons pas plus avancés. Ce qui est démontrable à un philosophe ne l'est pas à un ignorant; le dogme de la création que nous démontrons trèsbien, grâce à la révélation, a paru faux ri impossible à Ions les anciens philosophes. Faut-il donc bannir du langage théologique le nom de religion naturelle? Non sans doute, mais il faut en fixer le sens el en écarter l'abus. On peut très-bien appeler ainsi la religion primitive que Dieu a prescrite à notre premier père el aux patriarche--, ses descendants, puisqu'elle élail très-conforme à la nature de Dieu et à la nature île l'homme, dans les circonstances où l'humanité se trouvait pour lors. Mais elle étail
dam le pc îple n'en avait jamais ouï parler auparavant, et il n'en aurait jamais rien su sans le secours de ce Maitre divin. ((.Morgan, Moral philosopher, ton» I, p. lli.)
L'auteur des Pensées sur l'inler pré talion de la triture , a fait à peu près la même observation. (N. r.8, p. 9-2.) Bayle la confirme. (Contin. des pensées div., §. 21, pag. 210.)
e Vainement les déistes disent que les devoirs de la religion naturelle sont fondés sur des relations essentielles entre Dieu el nous, entre nous el nos semblables; et qu'ils sont gravés dans le coeur de tous les hommes. Si l'éducation, les leçons de nos maîtres, l'exemple de nos concitoyens ne nous accoutument point à en lire les caracières, c'est un livre fermé pour nous. Une exj érieuce générale, et qui date de six mille ans, doit nous convaincre que la raison humaine, privée du secours de la révélation, n'est qu'un aveugle qui marche à tâtons dans le plus grand jour. > (Traité de la Religion, lom. I, pag. 7S, élit, de Besançon, an 1820.) Voyez aussi les articles Certitude, Evidence, Foi, Langage, Lot naturelle, Mt t àputsjque, PhilosOphi», etc.